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ESCRITORES

A descobretado mundo

Autor: Clarice Lispector
Título: A descobretado mundo, La decouverte du monde
Idiomas: port, fra
Tradutor: Jacques et Teresa Thiériot (fra)
Data: 28/12/2004

LA DÉCOUVERTE DU MONDE

1967

19 AOÛT 1967

Clarice Lispector


LES SALES GOSSES

Je ne peux pas. Je ne peux pas, penser à la scène que j’ai vue, de mês yeux vue, et qui est réelle. L’enfant le soir souffre de la faim et dit à sa mère: Maman, j’ai faim. Elle répond avec douceur: Dors. Il dit: Mais j’ai faim. Elle insiste. Dors. Il dit: je ne peux pas, j’ai faim. Elle répète, exaspérée: Dors. Il insiste. Elle crie, douloureuse: Dors, sale gosse! Tous deux gardent le silence dans le noir, immobiles. Peut-être qu’il dort? pense-t-elle, éveillée. Et lui a trop peur pour se plaindre. Dans la nuit noire, tous deux n’arrivent pas à fermer l’œil. Finalement, à bout de douleur et de fatigue, tous deux somnolent, dans le nid de la résignation. Et moi je ne supporte pas la résignation. Ah, comme je dévore avec appétit et plaisir la révolte.

LA SURPRISE

Se regarder dans la glace et se dire ravie: Comme je suis mystérieuse. Je suis vraiment délicate et forte. Et l’arc des lèvres garde l’innocence.
Il n’y a aucun homme ni aucune femme qui, s’étant regardé pas hasard dans une glace, ne se soit étonné de soi-même. Pendant une fraction de seconde on se voit comme un objet fait pour être regardé. On pourrait appeler cela narcissisme, mais moi je l’appellerais: joie d’être. Joie de trouver dans la figure extérieure les échos de la figure interne. Ah, alors c’est vrai que je ne me suis pas imaginée: j’existe.


JOUER À PENSER

L’art de penser sans riques. Sans las chemins de l’émotion auxquels conduit la pensée, penser aurait été déjà catalogué comme une des façons de se divertir. On n’invite pas des amis pour ce jeu à cause de la cérémonie qu’il y a à penser. Le mieux c’est d’inviter simplement pour une visite et, comme si on me s’y attendait pas, on pense ensemble, sous le déguisement des mots.
Toutefois il s’agit là d’un jeu superficiel. Car pour penser profondément – ce qui est le degré le plus haut du hobby – il faut être seul. En effet, s’abandonner à penser est une grande émotion et on n’a le courage de penser en face d’ «autrui» que lorsque la confiance est grande au point qu’on n’éprouve aucune gêne à se servir, si c’est nécessaire, du mot « autrui». En otre, on exige beaucoup de celui qui nous regarde penser: qu’il ait un grand cœur, amour, affection, et l’expérience de s’être livré lui aussi à l’acte de penser. On exige tout autant de celui qui entend les mots et les silences qu’on exigerait pour sentir. Non, ce n’est pas vrai. Pour sentir on exige davantage.
Bien, mais pour ce qui est de penser comme divertissement, l’absence de risques le met à la portée de tous. Qu’il y ait un risque, c’est évident. On s’amuse et on peut se retrouver le cœur lourd. Mais, en général, une fois prises les précautions intuitives, in n’y a pas de danger.
Comme hobby, il offre l’avantage d’être par excellence transportable. Encore qu’en plein air il soit encore meilleur, à mon avis. À certaines heures de l’après-midi, par exemple, où la maìson pleine de lumière semble plutôt vidée par la lumière, tandis que toute la ville vibre au travail et que nous sommes seuls à travailler à la maison, mais personne ne le sait – à ces moments où la dignité se referait si nous avions un atelier de réparations ou une salle de couture –, à ces moments-là: on pense. Ainsi: on commence à partir du point exact où l’on se trouve, même si ce n’est pas l’après-midi; sauf que la nuit, je ne le conseille pas.
Une fois par exemple – à l’époque où j’envoyais le linge à laver à la blanchisserie –, j’ étais en train de dresser la liste. Peut-être à cause de l’habitude de donner un titre ou d’une soudaine envie d’avoir un cahier bien tenu comme à l’école, j’écrivus: Liste de… Et ce fut à cet instant que surgit l’envie de ne pas être sérieuse. C’est là le premier signal de l’animus brincandi, en matière de penser comme hobby. Et je m’amusai à écrire: Liste de sentiments. Ce que je voulais dire par là, j’ai dû remettre à plus tard le soin de l’examiner – un autre signal qu’on est sur la bonne voie, c’est de ne pas se désespérer parce qu’on ne comprend pas; l’attitude à prendre: on ne perd pas pour attendre, on ne perd pas pour ne pas comprendre.
Alors je commençai une petite liste de sentiments dont je ne sais pas le nom. Si je reçois un cadeau donné avec affection par une personne que je n’aime pas, comment s’appelle ce que je ressens? Le regret qu’on a d’une personne qu’on n’aime plus, ce chagrin et cette rancœur, comment cela s’appelle-t-il? Être occupée, et soudain s’arrêter parce que je me suis sentie en proie à un rassérénant et béat désœuvrement, comme si une lumière miraculeuse était entrée dans la pièce: comment s’appelle ce que j’ai ressenti?
Mais je dois vous prévenir. Parfois on commence à jouer à penser, et voilà qu’à l’improviste c’est le jeu qui se met à jouer avec nous. Ce n’est pas bon. C’est tout an plus fructifère.

COSMONAUTE SUR LA TERRE

Avec bien du retard, je réfléchis à propos des cosmonautes. Ou plutôt à propos du premier cosmonaute. Moins d’un jour après Gagarine, nos sentiments étaient déjà attardés, pris à contre-pied par la vitesse avec laquelle l’évérement nous dépassait. Maintenant, donc, c’est avec un retard accru que je repense à cette question – une question difficile à saisir.
Un jour, un petit garçon, prévenu que la balle avec laquelle il jouait pouvait tomber sur le parquet et importuner les voisins du dessous, répondit: Mais non, le monde maintenant est automatique; quand une main jette en l’air la balle, l’autre est automatique et l’attrape elle ne tombe pas.
Le problème c’est que notre main n’est pas encore suffisamment automatique. Quand Gagarine est morté, il avait peur, car si l’automatique du monde ne fontionnait pas, la balle ferait plus que déranger les voisins du dessous. Et moi j’ai eu peur que ma main guère automatique tremble devant la possibilité de ne pas être suffisamment rapide et laisse l’«événement cosmonaute» m’échapper. La responsabilité de le saisir était importante, la responsabilité de ne pas laisser tomber la balle qu’on nous a lancée.
Le besoin de rendre tout un peu plus logique – ce qui d’une certaine façon équivant à l’automatique – m’oblige à analyser pertinemment la peur salutaire qui m’a saisie:
– Dorénavant, quand je parlerai de la Terre, je ne dirai plus indistinctement «le monde». Je considérerai l’expression «carte mondiale» comme impropre. Quand je dirai «mon monde», je me rappellerai avec un frisson de joie que ma carte elle aussi doit être refondue et que personne ne me garantit que, vu du dehors, non monde n’est pas bleu. Considérations: avant le premier cosmonaute, tout un chacun avait raison de dire, se référant à sa propre naissance: «Je suis venu au monde.» Mais ce n’est que depuis peu que nous naissons pour le monde. Presque gênés.
– Pour voir le bleu, nous regardons le ciel. La terre est bleue aux yeux de qui la regarde du ciel. Le bleu est-il une couleur en soi, ou une question de distance? Ou une question de grande nostalgie? L’innaccessible est toujours bleu.
– Si j’étais le premier cosmonaute, ma joie ne se renoucellerait que lorsqu’un deuxièure homme reviendrait du monde de l’espace: car lui aussi aurait vu. Parce que aucune description ne peut se substituer à «avoir vu». Jusqu’à ce qu’un autre homme ait vu également, je garderais en moi un grand silence, même si je parlais. Considération: j’émets l’hypothèse que quelqu’un dans le monde a déjà vu Dieu. Et n’en a jamais dit un mot. Car, si personne d’autre ne l’a vu, il est inutile d’en parler.
– La grande gr6ace du hasard: être encore vivants quand le grand monde a commencé. Pour ce qui est à venir: nous devons moins fumer, mieux prendre soin de nous, afin d’avoir davantage le temps de vivre et de voir un plus; outre demander aux scientifiques de se hâter – car notre temps personnel est pressant.

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. La decouverte du monde. Chroniques traduites du brésilien par Jacques et Teresa Thiériot. Paris, Des Femmes, 1984, p. 11-17.

A DESCOBERTA DO MUNDO

1967

19 DE AGOSTO

Clarice Lispector


AS CRIANÇAS CHATAS

Não posso. Não posso pensar na cena que visualizei e que é real. O filho está de noite com dor de fome e diz para a mãe: estou com fome, mamãe. Ela responde com doçura: dorme. Ele diz: mas estou com fome. Ela insiste: durma. Ele diz: não posso, estou com fome. Ela repete exasperada: durma. Ele insiste. Ela grita com dor: durma, seu chato! Os dois ficam em silêncio no escuro, imóveis. Será que ele está dormindo? – pensa ela toda acordada. E ele está amedrontado demais para se queixar. Na noite negra os dois estão despertos. Até que, de dor e cansaço, ambos cochilam, no ninho da resignação. E eu não agüento a resignação. Ah, como devoro com fome e prazer a revolta.


A SURPRESA

Olhar-se ao espelho e dizer-se deslumbrada: Como sou misteriosa. Sou tão delicada e forte. E a curva dos lábios manteve a inocência.
Não há homem ou mulher que por acaso não se tenha olhado ao espelho e se surpreendido consigo próprio. Por uma fração de segundo a gente se vê como a um objeto a ser olhado. A isto se chamaria talvez de narcisismo, mas eu chamaria de: alegria de ser. Alegria de encontrar na figura exterior os ecos da figura interna: ah, então é verdade que eu não me imaginei, eu existo.


BRINCAR DE PENSAR

A arte de pensar sem riscos. Não fossem os caminhos de emoção a que leva o pensamento, pensar já teria sido catalogado como um dos modos de se divertir. Não se convidam amigos para o jogo por causa da cerimônia que se tem em pensar. O melhor
modo é convidar apenas para uma visita, e, como quem não quer nada, pensa-se junto, no disfarçado das palavras.
Isso, enquanto jogo leve. Pois para pensar fundo – que é o grau máximo do hobby – é preciso estar sozinho. Porque entregar-se a pensar é uma grande emoção, e só se tem coragem de pensar na frente de outrem quando a confiança é grande a ponto de não haver constrangimento em usar, se necessário, a palavra outrem. Além do mais exige-se muito de quem nos assiste pensar: que tenha um coração grande, amor, carinho, e a experiência de também se ter dado ao pensar. Exige-se tanto de quem ouve as palavras e os silêncios – como se exigiria para sentir. Não, não é verdade. Para sentir exige-se mais.
Bom, mas quanto a pensar como divertimento, a ausência de riscos o põe ao alcance de todos. Algum risco tem, é claro. Brinca-se e pode-se sair de coração pesado. Mas de um modo geral, uma vez tomados os cuidados intuitivos, não tem perigo.
Como hobby, apresenta a vantagem de ser por excelência transportável. Embora no seio do ar ainda seja melhor, segundo eu. Em certas horas da tarde, por exemplo, em que a casa cheia de luz mais parece esvaziada pela luz, enquanto a cidade inteira estremece trabalhando e só nós trabalhamos em casa mas ninguém sabe – nessas horas em que a dignidade se refaria se tivéssemos uma oficina de consertos ou uma sala de costuras – nessas horas: pensa-se. Assim: começa-se do ponto exato em que se estiver, mesmo que não seja de tarde; só de noite é que não aconselho.
Uma vez por exemplo – no tempo em que mandávamos roupa para lavar fora – eu estava fazendo o rol. Talvez por hábito de dar título ou por súbita vontade de ter caderno limpo como em escola, escrevi: rol de… E foi nesse instante que a vontade de não ser séria chegou. Este é o primeiro sinal do animus brincandi, em matéria de pensar – como – hobby. E escrevi esperta: rol de sentimentos. O que eu queria dizer com isto, tive que deixar para ver depois – outro sinal de se estar em caminho certo é o de não ficar aflita por não entender; a atitude deve ser: não se perde por esperar, não se perde por não entender.
Então comecei uma listinha se sentimentos dos quais não sei o nome. Se recebo um presente dado com carinho por pessoa de quem não gosto – como se chama o que sinto? A saudade que se tem de pessoa de quem a gente não gosta mais, essa mágoa e esse rancor – como se chama? Estar ocupada – e de repente parar por ter sido tomada por uma súbita desocupação desanuviadora e beata, como se uma luz de milagre tivesse entrado na sala: como se chama o que se sentiu?
Mas devo avisar. Às vezes começa-se a brincar de pensar, e eis que inesperadamente o brinquedo é que começa a brincar conosco. Não é bom. É apenas frutífero.


COSMONAUTA NA TERRA

Extremamente atrasada, reflito sobre os cosmonautas. Ou melhor, sobre o primeiro cosmonauta. Quase um dia depois de Gagárin, nossos sentimentos já estavam atrasados em contraposição à velocidade com que o acontecimento nos ultrapassa. Agora, então, é atrasadíssima que repenso no assunto. É um assunto difícil de se sentir.
Um dia desses um menino, advertido de que a bola com que brincava cairia no chão e amolaria os vizinhos de baixo, respondeu: ora, o mundo já é automático, quando uma mão joga a bola no ar, a outra já é automática e pega-a, não cai não.
A questão é que nossa mão ainda não é bastante automática. Foi com susto que Gagárin subiu, pois se o automático do mundo não funcionasse a bola viria mais do que transtornar os vizinhos de baixo. E foi com susto que minha mão pouco automática tremeu à possibilidade de não ser rápida bastante e deixar o “acontecimento cosmonauta” me escapar. A responsabilidade de sentir foi grande, a responsabilidade de não deixar cair a bola que nos jogaram.
A necessidade de tornar tudo um pouco mais lógico – o que de algum modo equivale o automático – me faz tentar criteriosamente o bom susto que me pegou:
– De agora em diante, me referindo à Terra, não direi mais indiscriminadamente “o mundo”. “Mapa mundial”, considerarei expressão não apropriada; quando eu disser “o meu mundo”, me lembrarei com um susto de alegria que também meu mapa precisa ser refundido, e que ninguém me garante que, visto de fora, o meu mundo não seja azul. Considerações. antes do primeiro cosmonauta, estaria certo alguém dizer, referindo-se ao próprio nascimento, “vim ao mundo”. Mas só há pouco tempo nascemos para o mundo. Quase encabulados.
– Para vermos o azul, olhamos para o céu. A terra é azul para quem a olha do céu. Azul será uma cor em si, ou uma questão de distância? Ou uma questão de grande nostalgia? O inalcançável é sempre azul.
– Se eu fosse o primeiro astronauta, minha alegria só se renovaria quando um segundo homem voltasse lá do mundo: pois também ele vira. Porque “ter visto” não é substituível por nenhuma descrição: ter visto só se compara a te visto. Até um outro ser humano ter visto também, eu teria dentro de mim um grande silêncio, mesmo que falasse. Consideração: suponho a hipótese de alguém no mundo já ter visto Deus. E nunca ter dito uma palavra. Pois se nenhum outro viu, é inútil dizer.
– O grande favor do acaso: estarmos ainda vivos quando o grande mundo começou. Quanto ao que vem: precisamos fumar menos, cuidar mais de nós, para termos mais tempo de viver e ver um pouco mais; além de pedirmos pressa aos cientistas – pois nosso tempo pessoal urge.

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. A descoberta do mundo. Rio de Janeiro. Nova Fronteira, 1984. p. 9-15.

 
 

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ESCRITORES

A hora da estrela

Autor: Clarice Lispector
Título: A hora da estrela, L’Heure de L’Étoile
Idiomas: port, fra
Tradutor: Marguerite Wünscher relui par Sylvie Durastanti (fra)
Data: 28/12/2004

L’HEURE DE L’ÉTOILE


Clarice Lispector

 

En ce monde, tout a commencé par un oui. Une molécule dit oui à une autre, et la vie naquit. Mais avant la préhistoire, il y eut la préhistoire de la préhistoire et il y eut le méant et il y eut le oui. Toujours il y eut – quoi, je ne sais, mais je sais que jamais l’univers n’eut de commencement.
Que nul ne se méprenne: je n’atteins à la simplicité qu’au terme d’un long travail.
Tant que j’aurai des questions à poser, tant que je n’aurai pas de réponse, je continuerai à écrire. Comment aborder l’origine, si les choses adviennent avant d’advenir? Si, avant la préhistoire, il y eut déjà des monstres apocalyptiques? Si cette histoire n’existe pas encore, elle finira par exister. Penser est un acte. Sentir est un fait. Et leur résultante, c’est moi qui écris ce que je suis en train d’écrire. Dieu est le monde. La vérité est toujours inexplicable révélation intérieure. Dans sa vérité même, ma vie est insasissable, rigoureusement intérieure: nul mot ne saurait l’exprimer. Mon cœur s’est vidé de tout désir pour se réduire à son dernier ou premier battement. Le mal de dents qui traverse cette histoire nous a bel et bien ferrés en pleine bouche. Je chante donc d’une voix forte et perçante une mélodie stridente et syncopée – c’est ma douleur à moi, à moi qui porte un monde en mal de bonheur. Bonheur? Jamais je ne vis mot plus insensé, inventé par les nordestines qui hantent nos contrées.
Je voudrais vous dire que cette histoire est le fruit d’une lente révélation – depuis deux ans et demi, je découvre peu à peu le pourquoi des choses. C’est la révélation de l’imminence. De quoi? Le saurai-je jamais? Comment pourrais-je écrire au moment même où l’on me lit? Si je ne commence point par la fin, susceptible de justifier le commencement – tout comme la mort semble justifier la vie – c’est que je dois rapporter les faits antérieus.
J’écris en cet instant non sans gêne, à l’idée de vous imposer un récit aussi étranger, aussi explicite. Cependant, le sang palpitant de la vie même parviendra peut-être à s’en échapper pour se coaguler aussitôt en nappes figées et tremblantes. Cette histoire sera-t-elle un jour mon caillot? Qu’en sais-je? Si elle contient quelque vérité – car bien sûr, cette histoire est vraie, quoiqu’inventée – chacun l’éprouvera en lui-même: car nous ne faisons qu’un, car qui n’est pas pauvre de richesses est pauvre d’esprit ou avide d’une chose plus précieuse que l’or – à certains fait défaut l’impalpable essentiel.
Comment puis-je savoir tout ce qui va suivre en l’ignorant encore, faute de l’avoir vécu? Il se trouve que dans une rue de Rio j’ai entrevu, l’espace d’un instant, une jeune nordestine à l’air perdu. Or, dans mon enfance, j’ai justement été élevé dans le Nordeste. On peut aussi bien apprendre les choses en les vivant. Qui vit sait – fût-ce sans savoir qu’il sait. Ainsi, vous autres, vous en savez plus que vous n’imaginez, même si vous jouez aux imbéciles.
Je ne compte rien écrire de difficile, même si je dois user de mots de nature à vous sustenter. Cette histoire – déciderai-je avec un prétendu libre arbitre – comptera six ou sept personnages dont je ne serai pas l’un dess moindres, bien entendu. Moi, Rodrigo S. M. Récit classique, car je ne veux pas adopter un style moderne ou forger des néologismes pour faire original. Aussi, contrairement à mês habitudes, tenterai-je d’écrire une histoire comprenant début, développement et grand final, suivi de silence et de pluie battante.
Histoire étrangère et explicite, assurément, mais non dénuée de secrets – à commencer par l’un des sous-titres, « Quant à l’avenir », précédé d’un point final et suivi d’un autre point final. Non par caprice – peut-être comprendez-vous ainsi qu’il est nécessaire d’assigner des bornes aux choses. (J’entrevois encore mal la fin que – compte tenu de mês limites – je voudrais grandiose.) Si le sous-titre était suivi de points de suspension, et non d’un simple point, il laisserait place à toutes vos interprétations, fussent-elles cruelles ou malsaines. Bon, il est vrai que, moi aussi, je suis sans pitié pour mon personnage principal, la nordestine: ce récit, je le veux froid. Mais moi, j’ai le droit d’être douloureusement froid et vous pas. Pour toutes ces raisons, je ne vous laisserai pas la parole. Il s’agit moins de narration, que d’une vie primaire, qui, respire, respire et respire. Matière poreuse, je vivrai un jour ici la vie d’une molécule capable d’exploser en atomes. Ce que j’écris dépasse toute invention, je dois conter cette jeune fille entre des milliers d’autres. J; ai le devoir, même si je n’ai pas grand talent, de lui révéler la vie.
Car on a bien le droit de crier.
Alors je crie.
Cri pur, n’exigeant point d’aumône. Je sais qu’il est deu jeunes filles qui vendent leur corps, seul bien qu’elles possèdent, pour s’offrir un bon dîner, au lieu d’un sandwich à la mortadelle. Mais la personne dont je parle n’a pas même de corps à vendre. Nul n’en voudrait. Elle est vierge, inoffensive et ne fait défaut à personne. Et d’ailleurs, je m’en aperçois en cet instant, moi non plus je ne fais défaut à personne. Et encore, ce que j’écris, un autre pourrait l’écrire. Un autre écrivain, assurément: mais encore faudrait-il que ce soit un homme, car une femme risque de larmoyer des fadaises.
Il y a des milliers de jeunes filles telles que cette nordestine, isolées en pension, seules dans leur lit ou travaillant jusqu’à épuisement derrière un comptoir. Elles ignorent qu’elles se valent les unes les autres, et qu’elles pourraient tout aussi bien ne pas exister qu’exister. Rares sont celles qui s’en plaignent. Et, pour autant que je sache, nulle ne s’outrage de ne pas même savoir à qui s’en plaindre. D’ailleurs, existe-t-il seulement, celui-là?
Me voilà en train de m’échauffer avant de m’y mettre, de me frotter les mains pour me donner du courage. Il me souvient à présent qu’à une époque, je priais pour m’échauffer l’esprit: le mouvement est esprit. Par la prière, je pouvais rentrer en moi-même, silencieusement, à l’insu de tous. En priant, je faisais en mon âme le vide – vide qui est bien tout ce qui sera jamais à ma portée. Et rien de plus. Mais le vide possède la valeur et l’apparence du plein. Pour trouver, autant ne pas chercher; pour avoir, autant ne rien exiger, et autant se contenter de penser que le silence que je crois en moi vient répondre à mon – à mon mystère.
Ainsi que je l’ai déjà laissé entendre, j’ai l’intention d’aller vers la simplicité. D’ailleurs, trop pauvres et trop modestes sont les matériaux dont je dispose, trop rares et trop confuses les informations touchant mês personnages, informations ne me venant qu’`a grand-peine, tandis que je les charpente.
Assurément; gardons-nous cependant d’oublier que pour écrire quoi que ce soit, mon matériau premier, c’est la langue. Aussi cette histoire sera-t-elle faite de mots, assemblés en phrases, dont se dégagera un sens secret, transcendant mots et phrases. Evidemment, comme tout écrivain, je suis tenté d’utiliser des termes savoureux: je connais des adjectifs somptueux, des substantifs charnus et des verbes si acérés qu’ils fendent l’air en filant vers l’action. Or la parole est action, vous en conviendrez. Mais je ne vais pas enjoviler les mots, car si je touche au pain de la jeune fille, ce pain se changera en or – et la jeune personne (qui a dix-neuf ans), la jeune personne ne pourra plus y mordre, et donc mourra de faim. Il me faut donc en parler simplement, afin d’en capter l’existence dans sa fragilité et sa vacuité même. Je me contenterai humblement – mais sans faire étalage de mon humilité, car alors ce n’en serait plus –, je me contenterai de raconter les aventures quelconques d’une jeune fille dans une ville tout entière faite contre elle. Elle qui n’aurait jamais dû quitter son sertão d’Alagoas, dans sa méchante robe de toile. Et sans la moindre notion de dactylographie: à peine savait-elle écrire, n’ayant point terminé ses études primaires. Quand elle tapait à la machine, son ignorance l’obligeait à frapper laborieusement, touche après touche – c’est sa tante qui lui avait appris les rudiments de la dactylographie. Alors la jeune fille avait trouvé une dignité: elle était enfin dactylo. Ce qui ne l’empêchait pas, apparemment, de désapprouver que deux consonnes puissent se suivre et, en transcrivant la belle écriture ronde de son chef de bureau bien-aimé, d’écrire le mot désigner, désinier, comme ça se prononce.
Pardonnez-moi, mais je vais continuer à parler de moi, qui suis mon propre mystère. Et tout en écrivant, je ne suis pas peu surpris de découvrir que j’ai un destin. Qui ne s’est jamais demandé, d’aventure: suis-je un monstre ou bien ce qu’on appelle une personne?
Je veux tout d’abord vous assurer que cette jeune fille ne sait rien d’elle-même, sinon à l’occasion de ce qui pent bien lui arriver çà ou là. Si elle avait la sottise de se demander: « qui suis-je? » induit une nécessité. Et comment satisfaire à la nécessité? S’interroger révèle un manque.
La personne dont je vais parler est si maise qu’elle sourit parfois aux autres dans la rue. Nul ne lui rend son sourire, car nul ne la regarde.
Mais pour en revenir à moi: ce que je vais écrire ne saurait satisfaire des esprits exigeants et avides de raffinements. Car ce que je vais dire sera, purement et simplement. Même si je garde en toile de fond – et dès à présent – la pénombre tourmentée dans laquelle baignent mês rêves, quand la nuit, tourmenté, je dors. N’espérez donc point découvrir d’étoiles dans ce qui suit: nul santillement. Mais une matière opaque, méprisable par sa nature même. Point de méloide qui se puisse fredonner en cette histoire progressant par à coups, selon un rythme parfois irrégulier. Et puis, il y a les faits. Je me suis subitement passionné pour les faits bruts, les faits durs comme pierres, les faits qu’il n’est pas moyen de fluir. D’ailleurs, agir m’intéresse plus que penser.

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. L’Heure de L’Étoile. Traduit du brésilien par Marguerite Wünscher relui par Sylvie Durastanti. Paris, Des Femmes, 1977. p. 13-9.

A HORA DA ESTRELA

 

Clarice Lispector

 

Tudo no mundo começou com um sim. Uma molécula disse sim a outra molécula e nasceu a vida. mas antes da pré-história havia a pré-história da pré-história e havia o nunca e havia o sim. Sempre houve. Não sei o que, mas sei que o universo jamais começou.
Que ninguém se engane, só consigo a simplicidade através de muito trabalho.
Enquanto eu tiver perguntas e não houver resposta continuarei a escrever. Como começar pelo início, se as coisas acontecem antes de acontecer? Se antes da pré-pré-história já havia os monstros apocalípticos? Se esta história não existe, passará a existir. Pensar é um ato. Sentir é um fato. Os dois juntos – sou eu que escrevo o que estou escrevendo. Deus é o mundo. A verdade é sempre um contato interior e inexplicável. A minha vida a mais verdadeira é irreconhecível, extremamente interior e não tem uma só palavra que a signifique. Meu coração se esvaziou de todo desejo e reduz-se ao próprio último ou primeiro pulsar. A dor de dentes que perpassa esta história deu uma fisgada funda em plena boca nossa. Então eu canto alto agudo uma melodia sincopada e estridente – é a minha própria dor, eu que carrego o mundo e há falta de felicidade. Felicidade? Nunca vi palavra mais doida, inventada pelas nordestinas que andam por aí aos montes.
Como eu irei dizer agora, esta história será o resultado de uma visão gradual – há dois anos e meio venho aos poucos descobrindo os porquês. É visão da iminência de. De quê? Quem sabe se mais tarde saberei. Como que estou escrevendo na hora mesma em que sou lido. Só não inicio pelo fim que justificaria o começo – como a morte parece dizer sobre a vida – porque preciso registrar os fatos antecedentes.
Escrevo neste instante com algum prévio pudor por vos estar invadindo com tal narrativa tão exterior e explícita. De onde no entanto até sangue arfante de tão vivo de vida poderá quem sabe escorrer e logo se coagular em cubos de geléia trêmula. Será essa história um dia o meu coágulo? Que sei eu. Se há veracidade nela – e é claro que a história é verdadeira embora inventada – que cada um a reconheça em si mesmo porque todos nós somos um e quem não tem pobreza de dinheiro tem pobreza de espírito ou saudade por lhe faltar coisa mais preciosa que ouro – existe a quem falte o delicado essencial.
Como é que sei tudo o que vai se seguir e que ainda o desconheço, já que nunca o vivi? É que numa rua do Rio de Janeiro peguei no ar de relance o sentimento de perdição no rosto de uma moça nordestina. Sem falar que eu em menino me criei no Nordeste. Também sei das coisas por estar vivendo. Quem vive sabe, mesmo sem saber que sabe. Assim é que os senhores sabem mais do que imaginam e estão fingindo de sonsos. Proponho-me a que não seja complexo o que escreverei, embora obrigado a usar as palavras que vos sustentam. A história – determino com falso livre arbítrio – vai ter uns sete personagens e eu sou um dos mais importantes deles, é claro. Eu, Rodrigo S. M. Relato antigo, este, pois não quero ser modernoso e inventar modismos à guisa de originalidade. Assim é que experimentarei contra os meus hábitos uma história com começo, meio e “gran finale” seguido de silêncio e de chuva caindo.
História exterior e explícita, sim, mas que contém segredos – a começar por um dos títulos, “Quanto ao futuro”, que é precedido por um ponto final e seguido de outro ponto final. Não se trata de capricho meu – no fim talvez se entenda a necessidade do delimitado. (Mal e mal vislumbro o final que, se minha pobreza permitir, quero que seja grandioso.) Se em vez de ponto fosse seguido por reticências o título ficaria aberto a possíveis imaginações vossas, porventura até malsãs e sem piedade. Bem, é verdade que também eu não tenho piedade do meu personagem principal, a nordestina: é um relato que desejo frio. Mas tenho o direito de ser dolorosamente frio, e não vós. Por tudo isto é que não vos dou a vez. Não se trata apenas de narrativa, é antes de tudo vida primária que respira, respira, respira. Material poroso, um dia viverei aqui a vida de uma molécula com seu estrondo possível de átomos. O que escrevo é mais do que invenção, é minha obrigação contar sobre essa moça entre milhares delas. E dever meu, nem que seja de pouca arte, o de revelar-lhe a vida.
Porque há o direito ao grito.
Então eu grito.
Grito puro e sem pedir esmola. Sei que há moças que vendem o corpo, única posse real, em troca de um bom jantar em vez de um sanduíche de mortadela. Mas a pessoa de quem falarei mal tem corpo para vender, ninguém a quer, ela é virgem e inócua, não faz falta a ninguém. Aliás – descubro eu agora – também eu não faço a menor falta, e até o que escrevo um outro escreveria. Um outro escritor, sim, mas teria que ser homem porque escritora mulher pode lacrimejar piegas.
Como a nordestina, há milhares de mocas espalhadas por cortiços, vagas de cama num quarto, atrás de balcões trabalhando até a estafa. Não notam sequer que são facilmente substituíveis e que tanto existiriam como não existiriam. Poucas se queixam e ao que eu saiba nenhuma reclama por não saber a quem. Esse quem será que existe?
Estou esquentando o corpo para iniciar, esfregando as mãos uma na outra para ter coragem. Agora me lembrei de que houve um tempo em que para me esquentar o espírito eu rezava: o movimento é espírito. A reza era um meio de mudamente e escondido de todos atingir-me a mim mesmo. Quando rezava conseguia um oco de alma – e esse oco é o tudo que posso eu jamais ter. Mais do que isso, nada. Mas o vazio tem o valor e a semelhança do pleno. Um meio de obter é não procurar, um meio de ter é o de não pedir e somente acreditar que o silêncio que eu creio em mim é resposta a meu – a meu mistério.
Pretendo, como já insinuei, escrever de modo cada vez mais simples. Aliás o material de que disponho é parco e singelo demais, as informações sobre os personagens são poucas e não muito elucidativas, informações essas que penosamente me vêm de mim para mim mesmo, é trabalho de carpintaria.
Sim, mas não esquecer que para escrever não-importa-o-quê o meu material básico é a palavra. Assim é que esta história será feita de palavras que se agrupam em frases e destas se evola um sentido secreto que ultrapassa palavras e frases. É claro que, como todo escritor, tenho a tentação de usar termos suculentos: conheço adjetivos esplendorosos, carnudos substantivos e verbos tão esguios que atravessam agudos o ar em vias de ação, já que palavra é ação, concordais? Mas não vou enfeitar a palavra pois se eu tocar no pão da moça esse pão se tornará em ouro – e a jovem (ela tem dezenove anos) e a jovem não poderia mordê-lo, morrendo de fome. Tenho então que falar simples para captar a sua delicada e vaga existência. Limito-me a humildemente – mas sem fazer estardalhaço de minha humildade que já não seria humildade – limito-me a contar as fracas aventuras de uma moça numa cidade toda feita contra ela. Ela que deveria ter ficado no sertão de Alagoas com vestido de chita e sem nenhuma datilografia, já que escrevia tão mal, só tinha até o terceiro ano primário. Por ser ignorante era obrigada na datilografia a copiar lentamente letra por letra – a tia é que lhe dera um curso ralo de como bater à máquina. E a moça ganhara uma dignidade: era enfim datilógrafa. Embora, ao que parece, não aprovasse na linguagem duas consoantes juntas e copiava a letra linda e redonda do amado chefe a palavra “designar” de modo como em língua falada diria: “desiguinar”.
Desculpai-me mas vou continuar a falar de mim que sou meu desconhecido, e ao escrever me surpreendo um pouco mais pois descobri que tenho um destino. Quem já não se perguntou: sou um monstro ou isso é ser uma pessoa?
Quero antes afiançar que essa moça não se conhece senão através de ir vivendo à toa. Se tivesse a tolice de se perguntar “quem sou eu?” cairia estatelada e em cheio no chão. É que “quem sou eu?” provoca necessidade. E como satisfazer a necessidade? Quem se indaga é incompleto.
A pessoa de quem vou falar é tão tola que às vezes sorri para os outros na rua. Ninguém lhe responde ao sorriso porque nem ao menos a olham.
Voltando a mim: o que escreverei não pode ser absorvido por mentes que muito exijam e ávidas de requintes. Pois o que estarei dizendo será apenas nu. Embora tenha como pano de fundo – e agora mesmo – a penumbra atormentada que sempre há nos meus sonhos quando de noite atormentado durmo. Que não se esperem, então, estrelas no que se segue: nada cintilará, trata-se de matéria opaca e por sua própria natureza desprezível por todos. É que a esta história falta melodia cantabile. O seu ritmo é às vezes descompassado. E tem fatos. Apaixonei-me subitamente por fatos sem literatura – fatos são pedras duras e agir está me interessando mais do que pensar, de fatos não há como fugir.

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. A hora da estrela. Rio de Janeiro, Francisco Alves, 1993. p. 25-32.

 
 

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ESCRITORES

A maçã no escuro

Autor: Clarice Lispector
Título: A maçã no escuro, The Apple in the Dark
Idiomas: port, eng
Tradutor: Gregory Rabassa (eng)
Data: 28/12/2004

THE APPLE IN THE DARK


Part I

How a man is made

Chapter 1


Clarice Lispector

This tale begins in March on a night as dark as night can get when a person is asleep. The peaceful way in which time was passing could be seen in the high passage of the moon across the sky. Then later on, much deeper into night, the moon too disappeared.
There was nothing now to distinguish Martim’s sleep from the slow and moonless garden. When a man slept so deeply, he came to be the same as that tree standing over there or the hop of a toad in the darkness.
Some of the trees there had grown with rooted leisure until they reached the top of their crowns and the limit of their destiny. Others had burst out of the earth in quick tufts. The flowerbeds had an order about them that was concentrating in a great struggle to achieve some kind of symmetry. Although this order was discernible from up on the balcony of the large hotel, a person standing at the level of the flowerbeds could not make it out. The driveway, detailed in small cut stones, lay between the flowerbeds.
Off in one turn of the drive the Ford had been parked for so long a time that it was already part of the great interwoven garden and its silence.
By day, however, the countryside was different, and the crickets, vibrating hollow and hard, left the entire expanse open, shadow less. All the while there was that dry smell of crumbling stone that daytime has in the country. Yet on that very day Martim had been standing on the balcony, uselessly obedient, so as not to miss anything that was going on. But not very much was going on. Before one’s eyes reached the beginning of the road, which disappeared into the dust suspended in the sunlight, there was only the garden to be contemplated, comprehensible and symmetrical from up on the balcony, tangled and confused when one became part of it – and the man had been playing for two weeks now with what he could remember of it, carefully nurturing it, saving it for eventual use. For any other kind of attention, however, the day was untouchable, like a point designed upon the point itself. The voice of the cricket was the very body of the cricket, and it told nothing. The only advantage of daytime was that in the bright light the car was becoming a little beetle that could easily get to the highway.
But while the man was sleeping, the car was becoming enormous in the way that an idle machine is gigantic. And at night the garden was filled with the secret weaving that darkness lives on, work whose existence is suddenly made clear by fireflies. A certain dampness also betrayed the secret of the work. And night was an element in which life, by becoming strange, became recognizable.
It was on that night that the motor of the car vibrated and reached out to the empty and sleeping hotel. The darkness slowly began to move.
Instead of waking up and listening directly, Martim passed over to the other side of darkness through an even deeper sleep, and there he heard the sound the wheels made as they spat up the dry sand. Then his name was spoken, clearly and cleanly, in some way pleasant to hear. It was the German who had spoken. In his sleep Martim enjoyed the sound of his own name. And then the violent cry of a bird whose wings had been frightened into immobility, the way fright can seem to be joy.
When it became silent within the silence again, Martim was sleeping even farther away. And yet in the depths of his sleep something had echoed with difficulty, trying to organize itself. Until the sound of the car in all of its finest details was repeated in his memory, without any sense, and free from the inconvenience of having to be understood. The idea of the car alerted a soft warning that he did not immediately understand. But now a vague alarm had spread out into the world, and its center of radiation was the man himself: “So me, then,” his body thought, touched with pity. He remained lying down, remotely enjoying it.
The man had arrived at the hotel two weeks before, finding it in the middle of the night with almost no surprise. Exhaustion makes everything like that possible. It was an empty hotel, with only the German and the servant, if he was a servant. And for two weeks, while Martim was getting his strength back in almost uninterrupted sleep, the car had remained parked in one of the driveways, its wheels buried in the sand – so motionless, so resistant to the man’s habit of incredulity and his care not to let himself be deceived that Martim had finally ended up feeling that it was at his disposal.
But the truth is that even on that night when he had staggered in – when he had at last let himself drop half dead onto a real bed with real sheets – even then the car had represented the security of new flight, in case the two men should seem to be too curious about the identity of the guest. And he had fallen asleep confidently as if nobody would ever be able to wrest from his firm grasp the imaginary rim of a steering wheel as he clutched the sheet in his hands.
The German, however, had not asked him anything, and the servant, if that was what he was, had scarcely glanced at him. Their reluctance to take him in had not come from any distrust but from the fact that the hotel had not been a hotel for some time – ever since it had been fruitlessly put up for sale, the German had explained to him. And so as not to cause suspicion, Martim had nodded his head, smiling. Before the new highway had been built, cars had passed by there, and the isolated big house could not have been better situated as an obligatory stopping place for the night. When the new highway had been put through thirty miles away, it detoured all the cars that used to pass, and the whole town had died. So there was no reason any more for anyone to have use for a hotel in a place that had been turned over to the winds. But in spite of the apparent indifference of the two men Martim’s obstinate quest for security became tied to that car over which the spiders too had executed their perfect aerial work, which had been tranquilized by all of its varnished immobility.
That was the car that had uprooted itself with a hoarse sound in the middle of the night.
In the silence which was once more intact, the man now stared stupidly at the invisible ceiling, which in the darkness was as high as the sky. Stretched out on his back upon the bed, he tried with an effort of gratuitous pleasure to reconstruct the sound of the wheels, for he did not feel pain, but pleasure in a general way. He could not see the garden from his bed. A little mist was coming in through the open Venetian blinds, and the man could tell that it was there from the smell of damp cotton and from a certain physical yearning for happiness that fog induces. It had only been a dream, then. Skeptical, however, he got up.
In the darkness he could see nothing from the balcony, and he could not even guess the symmetry of the flowerbeds. A few splotches darker than the darkness itself showed the probable location of the trees. The garden remained as nothing but an effort of memory, and the man stared quietly, sleepily. Here and there a firefly made the darkness even vaster.
Having forgotten about the dream that had drawn him out onto the balcony, the man’s body found that it was a pleasant feeling to sense itself in a healthy upright position. The air was in suspension, and the dark position of the leaves was little changed. He let himself stand there, then, docile, bewildered, with the succession of unoccupied rooms behind him. Those empty rooms multiplied themselves until they disappeared off to where the man could no longer see anything more. Martim sighed inside his long waking sleep. Without too much insistence he tried to grasp the notion of the rooms farthest away, as if he himself had grown too large and had spread out too much, and for some reason that he had already forgotten – for some obscure reason – it had become essential to retreat so that he could think or perhaps feel. But he could not get himself to do it, and it was very pleasant. So he stayed there, with the courteous air of a man who has been hit over the head. Until – just as when a clock stops ticking and only thus makes us aware that it had been ticking before – Martim perceived the silence and his own presence within the silence. Then by means of a very familiar lack of comprehension the man at last began to be himself in an indistinct sort of way.
Then things began to get reorganized, beginning with him: the darkness was beginning to be understood, branches were slowly taking shape under the balcony, shadows dividing up into flowers, undefined as yet. With their edges hidden by the quiet lushness of the plants, the flowerbeds were outlined, full and soft. The man grunted approvingly. With some difficulty he had just recognized the garden, which at intervals during those two weeks of sleep had constituted his irreducible vision.
It was at that moment that a faint moon passed out of a cloud in great silence, silently spread itself over the calm stones, and silently disappeared into the darkness. The moonlit face of the man turned then toward the drive where the Ford ought to be standing motionless.
But the car had disappeared.
The man’s entire body suddenly woke up. With a sharp glance his eyes covered the whole darkness of the garden – and without a sign of warning he wheeled around toward his room with the soft leap of a monkey. Nothing was moving, however, in the cavity of the room, which had become enormous in the darkness. The man stood breathing heavily, alert and uselessly fierce, with his hands held in front of him against attack. But the silence of the hotel was the same as that of night. And without visible limits the room prolonged the darkness of the garden with the same exhalation. To wake himself up the man rubbed his eyes several times with the back of one hand while keeping the other one free for defense. His new sensibility was of no use. In the darkness his wide-open eyes could not even see the walls.
It was as if he had been set down alone in the middle of a field. And as if he had finally remembered a long dream in which a hotel, now broken up in pieces on the empty ground, had figured, a car imagined only through desire, and – above all – as if the reason for a man to be all expectant in a place was also a form of expectancy.
All that he had left of reality was the wisdom that had made him take a leap in vague defense, the instinct that was now leading him to calculate with unexpected lucidity that if the German had gone to turn him in, it would take some time for him to get there and return with the police.
Which still left him free temporarily – unless the servant had been assigned to watch him. And in that case the servant, if that is what he was, would at this very moment be outside the door of that very room with his ear alert to the slightest movement on the part of the guest.
That is what he was thinking. And when he stopped his reasoning, which he had reached with the malleability an invertebrate uses to become smaller in order to slip away, Martim plunged into the same previous absence of reason and the same obtuse impartiality, as if nothing had anything to do with him and as if the species would take care of him. Without looking back, guided by a slippery adroitness of movement, he began to climb down the balcony by placing his unexpectedly flexible feet on the outcroppings of the bricks. In his attentive remoteness the man could smell, as if he would never forget it, the malevolent odor of the broken ivy near his face. Now only his spirit was alert, and it could not distinguish between what was and what was not important, and he gave the same scrupulous consideration to every operation.
With a soft jump that made the garden gasp as it held its breath, he found himself right in the middle of a flowerbed, which ruffled up and then closed down. With his body alert the man waited for the message of his jump to be transmitted from secret echo to secret echo, until it would be transformed into distant silence. His thud would end by breaking on the side of some mountain. No one had taught the man to have that intimacy with things that happen at night, but a body knows.
He waited a while longer, until nothing was happening. Only then did he carefully feel for the glasses in his pocket. They were intact. He sighed carefully and finally looked around. The night was delicately vast and dark.

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. The Apple in the Dark. Transl. from the Portuguese by Gregory Rabassa. New York: Alfred A. Knopf, 1967. p. 3-9.

A MAÇÃ NO ESCURO


Primeira Parte
Como se faz um homem
1


Clarice Lispector

Esta história começa numa noite de março tão escura quanto é a noite enquanto se dorme. O modo como, tranqüilo, o tempo decorria era a lua altíssima passando pelo céu. Até que mais profundamente tarde também a lua desapareceu.
Nada agora diferenciava o sono de Martim do lento jardim sem lua: quando um homem dormia tão no fundo, passava a não ser mais do que aquela árvore de pé ou o pulo do sapo no escuro.
Algumas árvores haviam ali crescido com enraizado vagar até atingir o alto das próprias copas e o limite de seu destino. Outras já haviam saído da terra em bruscos tufos. Os canteiros tinham uma ordem que procurava concentradamente servir a uma simetria. Se esta era discernível do alto da sacada do grande hotel, uma pessoa estando ao nível dos canteiros não descobria essa ordem; entre os canteiros o caminho se pormenorizava em pequenas pedras talhadas.
Sobretudo numa das alamedas o Ford estava parado há tanto tempo que já fazia parte do grande jardim entrelaçado e de seu silêncio.
No entanto, de dia a paisagem era outra, e os grilos vibrando ocos e duros deixavam a extensão inteiramente aberta, sem uma sombra. Enquanto o cheiro era o seco cheiro de pedra exasperada que o dia tem no campo. Ainda nesse mesmo dia Martim ficara de pé na sacada procurando, com inútil obediência, não perder nada do que se passava. Mas o que se passava não era muito: antes de começar a estrada que se perdia em suspensa poeira de sol, apenas o jardim nada mais que contemplável; compreensível e simétrico do alto da sacada; emaranhado quando se fazia parte dele – e esta lembrança o homem há duas semanas guardava nos pés com aplicação cuidadosa, conservando-a para um uso eventual. Por mais atenção, no entanto, o dia era inescalável; e como um ponto desenhado sobre o mesmo ponto, a voz do grilo era o próprio corpo do grilo, e nada informava. A única vantagem do dia é que na extrema luz o carro se tornava um pequeno besouro que facilmente alcançaria a estrada.
Mas enquanto o homem dormia o carro se tornava enorme como é gigantesca uma máquina parada. E de noite o jardim era ocupado pela secreta urdidura com que o escuro se mantém, num trabalho cuja existência os vaga-lumes inesperadamente traem; certa umidade também denunciava o labor. E a noite era um elemento em que a vida, por se tornar estranha, era reconhecível.
Foi nessa noite que, atingindo o hotel vazio e adormecido, o motor do carro se sacudiu. Lentamente o escuro se pusera em movimento.
Em vez de acordar e diretamente ouvir, foi através de um sono ainda mais profundo que Martim passou para o outro lado da escuridão e ouviu o ruído que as rodas fizeram cuspindo areia seca. Depois seu nome foi pronunciado, destacado e limpo, de algum modo agradável de se ouvir. Era o alemão quem falara. No sono Martim fruiu o som do próprio nome. Em seguida o arrebatado grito de uma ave, cujas asas haviam sido espantadas na sua imobilidade, esse modo como o espanto parece com a grande alegria.
Quando o silêncio se refez dentro do silêncio, Martim adormeceu ainda mais longe. Embora no fundo do sono alguma coisa ecoasse difícil, tentando se organizar. Até que, sem nenhum sentido e livre do incômodo de precisar ser compreendido, o ruído do carro se refez na sua memória com as minúcias mais finamente discriminadas. A idéia do carro despertou um aviso suave que ele não entendeu de pronto. Mas que já espalhara pelo mundo um vago alarme, cujo centro irradiador era o próprio homem: “assim, pois, eu”, pensou seu corpo se comovendo. Continuou deitado, remotamente gozando.
Há duas semanas aquele homem viera para o hotel, encontrado no meio da noite quase sem surpresa, de tal modo a exaustão tornava tudo possível. Era um hotel vazio, só com o alemão e o criado, se criado era. E durante duas semanas, enquanto Martim recuperava as forças num sono quase ininterrupto, o carro continuara parado numa das alamedas, com as rodas enterradas na areia. E tão imóvel, tão resistente ao hábito de incredulidade do homem e ao seu cuidado em não se deixar ludibriar, que Martim terminara finalmente por considerá-lo à sua disposição.
Mas a verdade é que já naquela noite de pés cambaleantes – quando ele enfim se deixara cair meio morto numa cama verdadeira com verdadeiros lençóis – já naquele instante o carro representara a garantia da nova fuga, caso os dois homens se mostrassem mais curiosos pela identidade do hóspede. E este tombara confiante no sono como se ninguém jamais conseguisse tirar de sua firme garra, que prendia apenas o lençol, a roda imaginária de um volante.
O alemão, no entanto, nada lhe havia perguntado, e o criado, se o era, mal o olhara. A relutância com que o tinham aceito não vinha da desconfiança, mas do fato do hotel não ser mais hotel havia muito tempo – há tanto tempo quanto estava inutilmente à venda, explicara-lhe o alemão, e, para não ter um ar suspeito, Martim balançara a cabeça sorrindo. Enquanto não tinham construído a estrada nova, era por ali que passavam os carros, e o casarão isolado não poderia estar melhor situado como pouso forçado para pernoites. Quando a nova estrada fora traçada e asfaltada a cinqüenta quilômetros dali, desviando para longe o curso de passagem, o lugar todo morrera e não avia mais motivo de alguém vir a precisar de hotel na zona agora entregue ao vento. Mas apesar da indiferença aparente dos dois homens a obstinada procura de segurança de Martim se ancorara naquele carro sobre o qual também as aranhas, tranqüilizadas pela imobilidade envernizada, haviam executado o aéreo trabalho ideal.
Era esse carro que em plena noite se desenraizara com rouquidão.
Dentro do silêncio de novo intato, o homem agora olhou estupidamente o teto invisível que no escuro era tão alto quanto o céu. Largado de costas na cama, tentou num esforço de prazer gratuito reconstituir o ruído das rodas, pois enquanto não sentia dor era de um modo geral prazer que ele sentia. Da cama não via o jardim. Um pouco de bruma entrava pelas venezianas abertas, o que se denunciou ao homem pelo cheiro de algodão úmido e por uma certa ânsia física de felicidade que a cerração dá. Fora apenas um sonho, então. Cético, embora, ele se ergueu.
Nas trevas nada viu da sacada, e nem sequer adivinhou a simetria dos canteiros. Algumas manchas mais negras que o próprio negrume indicaram o provável lugar das árvores. O jardim não passava ainda de um esforço de sua memória, e o homem olhou quieto, adormecido. Um ou outro vaga-lume tornava mais vasta a escuridão.
Esquecido do sonho que o guiara até a sacada, o corpo do homem achou bom se sentir saudavelmente de pé: é que o ar suspenso mal alterava a escura posição das folhas. Ali, pois, deixou-se ficar, dócil, atordoado, com a sucessão de quartos desocupados atrás de si. Sem emoção aqueles quartos vazios repetiam-no e repetiam-no até se apagarem aonde o homem já não se alcançava mais. Martim suspirou dentro de seu largo sono acordado. Sem insistir demais, tentou atingir a noção dos últimos quartos como se ele próprio se tivesse tornado grande demais e espalhado, e, por algum motivo que já esquecera, precisasse obscuramente se recolher para talvez pensar ou sentir. Mas não conseguiu, e estava muito aprazível. Assim ele ficou, com o ar cortês de um homem que levou uma pancada na cabeça. Até que – como quando um relógio pára de bater e só então nos adverte que antes batia – Martim percebeu o silêncio e dentro do silêncio a sua própria presença. Agora, através de uma incompreensão muito familiar, o homem começou enfim a ser indistintamente ele mesmo.
Então as coisas passaram a se reorganizar a partir dele próprio: trevas foram sendo entendidas, ramos começaram lentamente a se formar sob o balcão, sombras se dividiram em flores ainda irresolutas – com os limites ocultos pelo viço imóvel das plantas, os canteiros se delinearam cheios, macios. O homem grunhiu aprovando: com certa dificuldade acabara de reconhecer o jardim que nessas duas semanas de sono constituíra em intervalos a sua irredutível visão.
Foi nesse momento que uma lua desfalecida perpassou uma nuvem em grande silêncio, em silêncio derramou-se sobre pedras calmas, desaparecendo em silêncio na escuridão. A cara enluarada do homem se dirigiu então para a alameda onde o Ford estaria imóvel.
Mas o carro desaparecera.
O corpo inteiro do homem subitamente despertou. Num relance astuto seus olhos percorreram a escuridão toda do jardim – e, sem um gesto de aviso, ele se virou para o quarto em leve pulo de macaco.
Nada porém se mexia no oco do aposento que de escuro se tornara enorme. O homem ficou resfolegando atento e inutilmente feroz, com as mãos avançadas para o ataque. Mas o silêncio do hotel era o mesmo da noite. E sem limites visíveis, o quarto prolongava no mesmo exalar-se a escuridão do jardim. Para se despertar o homem esfregou várias vezes os olhos com o dorso de uma das mãos enquanto deixava a outra livre para a defesa. Foi inútil sua nova sensibilidade: nas trevas os olhos totalmente abertos não viram sequer as paredes.
Era como se o tivessem depositado solto num campo. E enfim ele acordasse de um longo sonho do qual haviam feito parte um hotel agora desmanchado num chão vazio, um carro apenas imaginado pelo desejo, e sobretudo tivessem desaparecido os motivos de um homem estar todo expectante num lugar que também este era expectativa.
De real só lhe restou a sagacidade que o fizera dar um pulo para indistintamente se defender. A mesma que o levava agora a raciocinar com inesperada lucidez que se o alemão tivesse ido denunciá-lo levaria algum tempo para ir e voltar com a Polícia.
O que ainda o deixava temporariamente livre – a menos que o criado tivesse sido encarregado de vigiá-lo. E nesse caso o criado, se o era, estaria neste mesmo instante à porta daquele mesmo quarto com o ouvido atento ao menor movimento do hóspede.
Assim pensou ele. E findo o raciocínio, ao qual chegara com a maleabilidade com que um invertebrado se torna menor para deslizar, Martim mergulhou de novo na mesma ausência anterior de razões e na mesma obtusa imparcialidade, como se nada tivesse a ver consigo mesmo, e a espécie se encarregasse dele. Sem um olhar para trás, guiado por uma escorregadia destreza de movimentos, começou a descer pela sacada apoiando pés inesperadamente flexíveis na saliência dos tijolos. Na sua atenta remotidão o homem sentia perto da cara o cheiro malévolo das heras quebradas como se nunca o fosse esquecer. Sua alma agora apenas alerta não distinguia o que era ou não importante, e a toda operação ele deu a mesma consideração escrupulosa.
Num pulo macio, que fez o jardim asfixiar-se em suspiro retido, ele se achou em pleno centro de um canteiro – que se arrepiou todo e depois se fechou. Com o corpo advertido o homem esperou que a mensagem de seu pulo fosse transmitida de secreto em secreto eco até se transformar em longínquo silêncio; seu baque terminou se espraiando nas encostas de alguma montanha. Ninguém ensinara ao homem essa conivência com o que se passa de noite, mas um corpo sabe.
Ele esperou um pouco mais. Até que nada aconteceu. Só então tateou com minúcia os óculos no bolso: estavam inteiros. Suspirou com cuidado e finalmente olhou em torno. A noite era de uma grande e escura delicadeza.

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. A maçã no escuro. 7ª.ed. Rio de Janeiro: Nova Fronteira, 1982. p. 11 – 16.

 

 
 

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ÁGUA VIVA

Autor: Clarice Lispector
Título: Água Viva, Agua Viva
Idiomas: port, fra
Tradutor: Regina Helena de Oliveira Machado
Data: 28/12/2004

ÁGUA VIVA 
Clarice Lispector
É com uma alegria tão profunda. É uma tal aleluia. Aleluia, grito eu, aleluia que se funde com o mais escuro uivo humano da dor de separação mas é grito de felicidade diabólica. Porque ninguém me prende mais. Continuo com capacidade de raciocínio – já estudei matemática que é a loucura do raciocínio – mas agora quero o plasma – quero me alimentar diretamente da placenta. Tenho um pouco de medo: medo ainda de me entregar pois o próximo instante é o desconhecido. O próximo instante é feito por mim? ou se faz sozinho? Fazemo-lo juntos com a respiração. E com uma desenvoltura de toureiro na arena.
Eu te digo: estou tentando captar a quarta dimensão do instante-já que de tão fugidio não é mais porque agora tornou-se um novo instante-já que também não é mais. Cada coisa tem um instante em que ela é. Quero apossar-me do é da coisa. Esses instantes que decorrem no ar que respiro: em fogos de artifício eles espocam mudos no espaço. Quero possuir os átomos do tempo. E quero capturar o presente que pela sua própria natureza me é interdito: o presente me foge, a atualidade me escapa, a atualidade sou eu sempre no já. Só no ato do amor – pela límpida abstração de estrela do que se sente – capta-se a incógnita do instante que é duramente cristalina e vibrante no ar e a vida é esse instante incontável, maior que o acontecimento em si: no amor o instante de impessoal jóia refulge no ar, glória estranha de corpo, matéria sensibilizada pelo arrepio dos instantes – e o que se sente é ao mesmo tempo que imaterial tão objetivo que acontece como fora do corpo, faiscante no alto, alegria, alegria é matéria de tempo e é por excelência o instante. E no instante está o é dele mesmo. Quero captar o meu é. E canto aleluia para o ar assim como faz o pássaro. E meu canto é de ninguém. Mas não há paixão sofrida em dor e amor a que não se siga uma aleluia.
Meu tema é o instante? meu tema de vida. Procuro estar a par dele, divido-me milhares de vezes em tantas vezes quanto os instantes que decorrem, fragmentária que sou e precários os momentos – só me comprometo com vida que nasça com o tempo e com ele cresça: só no tempo há espaço para mim.
Escrevo-te toda inteira e sinto um sabor em ser e o sabor-a-ti é abstrato como o instante. É também com o corpo todo que pinto os meus quadros e na tela fixo o incorpóreo, eu corpo-a-corpo comigo mesma. Não se compreende música: ouve-se. Ouve-me então com meu corpo inteiro. Quando vieres a me ler perguntarás por que não me restrinjo à pintura e às minhas exposições, já que escrevo tosco e sem ordem. É que agora sinto necessidade de palavras – e é novo para mim o que escrevo porque minha verdadeira palavra foi até agora intocada. A palavra é a minha quarta dimensão.
Hoje acabei a tela de que te falei: linhas redondas que se interpenetram em traços finos e negros, e tu, que tens o hábito de querer saber por quê – e porque não me interessa, a causa é matéria de passado – perguntarás por que os traços negros e finos? é por causa do mesmo segredo que me faz escrever agora como se fosse a ti, escrevo redondo, enovelado e tépido, mas às vezes frígido como os instantes frescos, água do riacho que treme sempre por si mesma. O que pintei nessa tela é passível de ser fraseado em palavras? Tanto quanto possa ser implícita a palavra muda no som musical.
Vejo que nunca te disse como escuto música – apóio de leve a mão na eletrola e a mão vibra espraiando ondas pelo corpo todo: assim ouço a eletricidade da vibração, substrato último no domínio da realidade, e o mundo treme nas minhas mãos.
E eis que percebo que quero para mim o substrato vibrante da palavra repetida em canto gregoriano. Estou consciente de que tudo o que sei não posso dizer, só sei pintando ou pronunciando, sílabas cegas de sentido. E se tenho aqui que usar-te palavras, elas têm que fazer um sentido quase que só corpóreo, estou em luta com a vibração última. Para te dizer o meu substrato faço uma frase de palavras feitas apenas dos instantes-já. Lê então o meu invento de pura vibração sem significado senão o de cada esfuziante sílaba, lê o que agora se segue: “com o correr dos séculos perdi o segredo do Egito, quando eu me movia em longitude, latitude e altitude com ação enérgica dos elétrons, prótons, nêutrons, no fascínio que é a palavra e a sua sombra”. Isso que te escrevi é um desenho eletrônico e não tem passado ou futuro: é simplesmente já.
Também tenho que te escrever porque tua seara é a das palavras discursivas e não o direito de minha pintura. sei que são primárias as minhas frases, escrevo com amor demais por elas e esse amor supre as faltas, mas amor demais prejudica os trabalhos. Este não é um livro porque não é assim que se escreve. O que escrevo é um só clímax? Meus dias são um só clímax: vivo à beira.
Ao escrever não posso fabricar como na pintura, quando fabrico artesanalmente uma cor. Mas estou tentando escrever-te com o corpo todo, enviando uma seta que se finca no ponto tenro e nevrálgico da palavra. Meu corpo incógnito te diz: dinossauros, ictiossauros e plessiossauros, com sentido apenas auditivo, sem que por isso se tornem palha seca, e sim úmida. Não pinto idéias, pinto o mais inatingível “para sempre”. Ou “para nunca”, é o mesmo. Antes de mias nada, pinto pintura. E antes de mais nada te escrevo dura escritura. Quer como poder pegar com a mão a palavra. A palavra é objeto? E aos instantes eu lhes tiro o sumo da fruta. Tenho que me destituir para alcançar cerne e semente de vida. O instante é semente viva.
A harmonia secreta da desarmonia: quero não o que está feito mas o que tortuosamente ainda se faz. Minhas desequilibradas palavras são o luxo de meu silêncio. Escrevo por acrobáticas e aéreas piruetas – escrevo por profundamente querer falar. Embora escrever só esteja me dando a grande medida do silêncio.
E se eu digo “eu” é porque não uso dizer “tu”, ou “nós” ou “uma pessoa”. Sou obrigada à humildade de me personalizar me apequenando mas sou o és-tu.
Sim, que a palavra última que também é tão primeira que já se confunde com a parte intangível do real. Ainda tenho medo de me afastar da lógica porque caio no instintivo e no direto, e no futuro: a invenção do hoje é o meu único meio de instaurar o futuro. Desde já é futuro, e qualquer hora é hora marcada. Que mal porém tem eu me afastar da lógica? Estou lidando com a matéria-prima. Estou atrás do que fica atrás do pensamento. Inútil querer me classificar: eu simplesmente escapulo não deixando, gênero não me pega mais. Estou num estado muito novo e verdadeiro, curioso de si mesmo, tão atraente e pessoal a ponto de não poder pintá-lo ou escrevê-lo. Parece com momentos que tive contigo, quando te amava, além dos quais não pude ir pois fui ao fundo dos momentos. É um estado de contato com a energia circundante e estremeço. Uma espécie de doida, doida harmonia. Sei que meu olhar deve ser o de uma pessoa primitiva que se entrega toda ao mundo, primitiva como os deuses que só admitem vastamente o bem e o mal e não querem conhecer o bem enovelado como em cabelos no mal, mal que é o bom.
Fixo instantes súbitos que trazem em si a própria morte e outros nascem – fixo os instantes de metamorfose e é de terrível beleza a sua seqüência e concomitância.
Agora está amanhecendo e a aurora é de neblina branca nas areias da praia. Tudo é meu, então. Mal toco em alimentos, não quero me despertar para além do despertar do dia. Vou crescendo com o dia que ao crescer me mata certa vaga esperança e me obriga a olhar cara a cara o duro sol. a ventania sopra e desarruma os meus papéis. Ouço esse vento de gritos, estertor de pássaro aberto em oblíquo vôo. E eu aqui me obrigo à severidade de uma linguagem tensa, obrigo-me à nudez de um esqueleto branco que está livre de rumores. Mas o esqueleto é livre de vida e enquanto vivo me estremeço toda. Não conseguirei a nudez final. e ainda não a quero, ao que parece.
Esta é a vida vista pela vida. Posso não ter sentido mas é a mesma falta de sentido que vem a veia que pulsa.
Quero escrever-te como quem aprende. Fotografo cada instante. Aprofundo as palavras como se pintasse, mais do que um objeto, a sua sombra. Não quero perguntar por quê, pode-se perguntar sempre por que e sempre continuar sem resposta: será que consigo me entregar ao expectante silêncio que se segue a uma pergunta sem resposta? Embora adivinhe que em algum lugar ou em algum tempo existe a grande resposta para mim.
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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Água viva. Rio de Janeiro, Francisco Alves, 1994. p. 13-8.
AGUA VIVA
Clarice Lispector
C’est avec une joie si profunde. C’est un tel alléluia. Alléluia, crié-je, alléluia qui se fond au plus obscur hurlement humain de la douleur de séparation, mais c’est un cri de félicité diabolique. Parce que personne ne me retient plus. Je suis encore capable de raisonnement – j’ai déjà étudié les mathematiques qui sont la folie du raisonnement – mais maintenant je veux le plasma – je veux me nourrir directement du placenta. J’ai un peu peur: peur encore de m’abandonner car l’instant prochain est l’inconnu. L’instant prochain est-il fait par moi? ou se fait-il tout seul? Nous le faisons ensemble par la respiration. Et avec une désinvolture de torero dans l’arène.
Je te dis: j’essaie de capter la quatrième dimension de l’instant-déjà qui d’être si figitif, n’est plus, car maintenant est devenu un nouvel instant-déjà qui à son tour n’est plus. Chaque chose a un instant où elle est. Je veux m’emparer du est de la chose. Ces instants qui s’écoulent dans l’air que je respire: en feux d’artifice ils éclatent muets dans l’espace. Je veux posséder les atomes du temps. Et je veux capturer le présent qui, par sa nature même, m’est interdit: le présent me fuit, l’actualité m’échappe, l’actualité c’est moi toujours dans le déjà. C’est seulement dans l’acte d’amour – par la limpide abstraction d’étoile de ce que l’on sent – que l’on capte l’inconnue de l’instant qui est durement cristaline et vibrante dans l’air, et la vie est ce instant incomptable, plus grand que l’événement en soi: dans l’amour l’instant d’impersonnel joyau resplendit dans l’air, gloire étrange de corps, matière sensibilisée par le frisson des instants – et ce que l’on sent est, en même temps qu’immatériel, si objectif que cela se passe comme hors du corps, étincelant en haut, joie, joie, est matière de temps, et par excellence, l’instant. Et dans l’instant est le est de l’instant liu-même. Je veux capter mon est. Et je chante alléluia dans l’air ainsi que fait l’oiseau. Et mon chant est à personne. Mais il n’est pas de passion soufferte en douleur et amour qui ne soit suivie d’un alléluia.
Mon thème est l’instant? mon thème de vie. Je cherche à lui être pareille, je me divise des milliers de fois en autant de fois que d’instants qui s’écoulent, fragmentaire que je suis et précaires les moments – je ne me compromets qu’avec la vie qui naît avec le temps et avec lui grandit: c’est seulement dans la temps qu’il y a de l’espace pour moi.
Je t’écris tout entière et je sens une saveur à être et ta saveur-à-toi est abstraite comme l’instant. C’est aussi avec tout le corps que je peins mês tableaux et sur la toile je fixe l’incorporel, moi corps à corps avec moi-même. La musique ne se comprend pas: s’entend. Entends-moi alors avec ton corps entier. Quand tu arriveras à me lire, tu demanderas pourquoi je ne m’en tiens pas à la peinture et à mês expositions, puisque j’écris rude et sans ordre. C’est que maintenant je sens la nécessité de mots – et c’est nouveau pour moi ce que j’écris parce que ma vraie parole est restée jusqu’à présent intouchée. La parole est ma quatrième dimension.
Aujourd’hui j’ai fini la toile dont je t’ai parlé: lignes rondes qui s’interpénètrent et traits fins et noirs, et toi, qui as l’habitude de vouloir savoir pourquoi – et le pourquoi ne m’intéresse pas, la cause est matière de passé –, tu demanderas pourquoi les traits noirs et fins? c’est à cause du même secret qui me fait maintenant écrire comme si c’était à toi, j’écris rond, emmêlé et tiède, mais parfois glacé comme les instants frais, eau du ruisseau qui toujours tremble de soi-même. Ce que j’ai peint sur cette est-il susceptible d’être phrasé en mots? Autant que peut être implicite la parole muette dans le son musical.
Je vois que jamais je ne t’ai dit comment j’écoute la musique – je pose légèrement la main sur l’électrophone et la main vibre répandant des ondes à travers tout le corps: ainsi j’entends l’électricité de la vibration, substrat ultime dans le domaine de la réalité, et le monde tremble dans mês mains.
Et voilà que je m’aperçois que je veux pour moi le substrat vibrant du mot répété en chant grégorien. Je suis consciente du fait que tout ce que je sais, je ne peux le dire, je ne sais qu’en peignant ou prononçant des syllables aveugles de sens. Et si je sois ici t’utiliser toi des mots, ils doivent faire un sens presque uniquement corporel, je suis en lutte avec la vibration ultime. Pour te dire mon substrat, je fais une phrase de mots uniquement faits des instants-déjà. Lis alors mon invention de pure vibration sans signifié hors celui de chaque syllable sibilante, lis ce qui suit maintenant: « au cours des siècles j’ai perdu le secret de l’Egypte, quand je me mouvais en longitude, latitude et altitude par l’action énergétique des électrons, protons, neutrons, dans la fascination qu’est la parole et son ombre ». Ceci, que je t’ai écrit, est un dessin électronique et n’a ni passé ni futur: c’est simplement déjà.
Je dois aussi t’écrire parce que ton champ est celui des paroles discursives et non le direct de ma peinture. Je sais qu’elles sont primaires mês phrases, j’écris avec trop d’amour pour elles et cet amour supplée aux fautes, mais trop d’amour nuit aux travaux. Ceci n’est oas un livre parce que se n’est pais ainsi qu’on écrit. Ce que j’écris n’est qu’un sommet? Mês jours ne sont qu’un sommet je vis au bord.
Lorsque j’écris je ne peux fabriquer comme en peinture, quand je fabrique artisanalement une couleur. Mais j’essaie de t’écrire avec tout le corps, envoyant une flèche qui se fiche au point tendre et névralgique du mot. Mon corps inconnu te dit: dinosaures, ichtyosaures et plésiosaures, avec un sens seulement auditif, sans qu’ils deviennent pour autant paille sèche, mais humide. Je ne peins pas de idées, je peins le plus intangible « pour toujours». Ou « à jamais», c’est la même chose. Avant tout, je peins la peinture. Et avant tout je t’écris la dure écriture. Je veux comme pouvoir prendre le mot avec la main. Le mot est un objet? Et des instants je tire le jus de fruit. Je dois me destituer pour atteindre cœur et semence de vie. L’instant est semence vivante.
L’harmonie secrète de la disharmonie: je veux, non ce qui est fait, mais ce qui tortueusement se fait encore. Mês mots déséquilibrés sont le luxe de mon silence. J’écris par pirouettes acrobatiques et aériennes – j’écris à cause de mon profond vouloir parler. Quoique écrire ne me donne que la grande mesure du silence.
Et si je dis « je » c’est parce que je n’ose pas dire « tu », ou « nous » ou « une personne ». Je suis obligée à l’humilité de me personnaliser, me rapetissant, mais je suis le es-tu.
Oui, je veux la parole ultime qui est aussi tellement première qu’elle se confond déjà avec la partie intangile du réel. J’ai encore peur de m’éloigner de la logique parce que je tombe dans l’instinctif et dans le direct, et dans le futur: l’invention de l’aujourd’hui est mon unique moyen d’instaurer le futur. Des déjà, c’est futur, et toute heure est l’heure dite. Quel mal y a-t-il pourtant à ce que je m’éloigne de la logique? Je travaille la matière première. Je suis derrière ce qui est derrière la pensée. Inutile de vouloir me classifier: je me dérobe simplement, sans laisser faire, le genre ne me saisit plus. Je suis dans un état tout à fait nouveau et vrai, curieux de soi-même, si attirant et personnel que je ne peux le peindre ni l’écrire. Cela ressemble à des moments que j’ai eus avec toi, quand je t’aimais, au-delà desquels je n’ai pu aller car j’ai été au fond des moments. C’est un état de contact avec l’énergie environnante et je frémis. Une espèce de folle, folle harmonie. Je sais que mon regard doit être celui d’une personne primitive qui s’abandonne tonte au monde, primitive comme les dieux qui n’admettent largement que le bien et le mal et ne veulent pas connaître le bien emmêlé comme écheveau au mal, mal qui est le bon.
Je fixe des instants subits qui portent en eux la propre mort et d’autres naissent – je fixe les instants de métamorphose et c’est d’une terrible beauté, leur séquence et concomitance.
Maintenant le jour se lève et l’aurore est de brume blanche sur les sables de la plage. Tout est à moi, alors. Je touche à peine aux aliments, je ne veux pas me réveiller au-delà du réveiller du jour. Je vais croissant avec le jour qui, de croître, me tue certain vague espoir et m’oblige à regarder face à face le dur soleir. Le vent souffle et dérange mês papiers. J’entends ce vent de cris, râle d’oiseau ouvert en vol oblique. Et moi ici, je m’oblige à la sévérité d’un langage tendu, je m’oblige à la nudité d’un squelette blanc qui est libre d’humeurs. Mais le squelette est libre de vie, et tant que je vis, je frémis toute. Je n’atteindrai pas la nudité finale. Et je ne la veux pas encore, semble-t-il.
Celle-ci est la vie vue par la vie. Je peux ne pas avoir de sens mais c’est le même manque de sens qu’a la veine qui bat.
Je veux t’écrire comme qui apprend. Je photographie chaque instant. J’approfondis les mots comme si je peignais, plus qu’un objet, son ombre. Je ne veux pas demander pourquoi, on peut demander toujours pourquoi et toujours continuer sans réponse: arriverai-je à m’abandonner au silence expectant qui suit une question sans réponse? Pourtant je devine que quelque part, ou en quelque temps, existe la grande réponse pour moi.
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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Agua Viva. Traduit du brésilien par Regina Helena de Oliveira Machado. Paris, Des Femmes, 1973. p. 9-25.

 
 

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LAÇOS DE FAMÍLIA

Autor: Clarice Lispector
Título: Laços de Família, Family Ties, Liens de Famille
Idiomas: port, eng, fra
Tradutor: Giovanni Pontiero(eng), Jacques et Teresa Thiériot(fra)
Data: 28/12/2004

LAÇOS DE FAMÍLIA

MISTÉRIO EM SÃO CRISTÓVÃO

Clarice Lispector

Numa noite de maio – os jacintos rígidos perto da vidraça – a sala de jantar de uma casa estava iluminada e tranqüila.
Ao redor da mesa, por um instante imobilizados, achavam-se o pai, a mãe, a avó, três crianças e uma mocinha magra de dezenove anos. O sereno perfumado de São Cristóvão não era perigoso mas o modo como as pessoas se agrupavam no interior da casa tornava arriscado o que não fosse o seio de uma família numa noite fresca de maio. Nada havia de especial na reunião: acabara-se de jantar e conversava-se ao redor da mesa, os mosquitos em torno da luz. O que tornava particularmente abastada a cena, e tão desabrochado o rosto de cada pessoa, é que depois de muitos anos quase se apalpava afinal o progresso nessa família: pois numa noite de maio, após o jantar, eis que as crianças têm ido diariamente à escola, o pai mantém os negócios, a mãe trabalhou durante anos nos partos e na casa, a mocinha estava se equilibrando na delicadeza de sua idade, e a avó atingiu um estado. Sem se dar conta, a família fitava a sala feliz, vigiando o raro instante de maio e sua abundância. Depois foi cada um para o seu quarto. A velha estendeu-se gemendo com benevolência. O pai e a mãe, fechadas todas as portas, deitaram-se pensativos e adormeceram. As três crianças, escolhendo as posições mais difíceis, adormeceram em três camas como em três trapézios. A mocinha, na sua camisola de algodão, abriu a janela do quarto e respirou todo o jardim com insatisfação e felicidade. Perturbada pela umidade cheirosa, deitou-se prometendo-se para o dia seguinte uma atitude inteiramente nova que abalasse os jacintos e fizesse as frutas estremecerem nos ramos – no meio de sua meditação adormeceu.
Passaram-se horas. E quando o silêncio piscava nos vaga-lumes – as crianças penduradas no sono, a avó ruminando um sonho difícil, os pais cansados, a mocinha adormecida no meio de sua meditação – abriu-se a casa de uma esquina e dela saíram três mascarados.
Um era alto e tinha a cabeça de uma galo. Outro era gordo e vestira-se de touro. E o terceiro, mais novo, por falta de idéias, disfarçara-se em cavalheiro antigo e pusera máscara de demônio, através da qual surgiam seus olhos cândidos. Os três mascarados atravessaram a rua em silêncio.
Quando passaram pela casa escura da família aquele que era um galo e tinha quase todas as idéias do grupo, parou e disse:
— Olha só.
Os companheiros, tornados pacientes pela tortura da máscara, olharam e viram uma casa e um jardim. Sentindo-se elegantes e miseráveis, esperaram resignados que o outro completasse o pensamento. Afinal o galo acrescentou:
— Podemos colher jacintos.
Os outros dois não responderam. aproveitaram a parada para se examinar, desolados e procurar um meio de respirar melhor dentro da máscara.
— Um jacinto para cada um pregar na fantasia, concluiu o galo.
O touro agitou-se inquieto à idéia de mais um enfeite a ter que proteger na festa. Mas, passado um instante em que os três pareciam pensar profundamente para resolver, sem que na verdade pensassem em coisa alguma – o galo adiantou-se, subiu ágil pela grade e pisou na terra proibida do jardim. O touro seguiu-o com dificuldade. O terceiro, apesar de hesitante, num só pulo achou-se no próprio centro dos jacintos, com um baque amortecido que fez os três aguardarem assustados: sem respirar, o galo, o touro e o cavalheiro do diabo perscrutaram o escuro. Mas a casa continuava entre trevas e sapos. E, no jardim sufocado de perfume, os jacintos estremeciam imunes.
Então, o galo avançou. Poderia colher o jacinto que estava à sua mão. Os maiores, porém, que se erguiam perto de uma janela – altos, duros, frágeis – cintilavam chamando-o. Para lá o galo se dirigiu na ponta dos pés, e o touro e o cavalheiro acompanharam-no. O silêncio os vigiava.
Mal porém quebrara a haste do jacinto maior, o galo interrompeu-se gelado. Os dois outros pararam num suspiro que os mergulhou em sono.
Atrás do vidro escuro da janela estava um rosto branco olhando-os.
O galo imobilizara-se no gesto de quebrar o jacinto. O touro, quedara-se de mãos ainda erguidas. O cavalheiro, exangue sob a máscara, rejuvenescera até encontrar a infância e o seu horror. O rosto atrás da janela olhava.
Nenhum dos quatro saberia quem era o castigo do outro. Os jacintos cada vez mais brancos na escuridão. Paralisados, eles se espiavam.
A simples aproximação de quatro máscaras na noite de maio parecia ter percutido ocos recintos, e mais outros, e mais outros que, sem o instante no jardim, ficariam para sempre nesse perfume que há no ar e na imanência de quatro naturezas que o acaso indicara, assinalando hora e lugar – o mesmo acaso preciso de uma estrela cadente. Os quatro, vindos da realidade, haviam caído nas possibilidades que tem uma noite de maio em São Cristóvão. Cada planta úmida, cada seixo, os sapos roucos aproveitaram a silenciosa confusão para se disporem em melhor lugar – tudo no escuro era muda aproximação. Caídos na cilada, eles se olhavam aterrorizados: fora saltada a natureza das coisas e as quatro figuras se espiavam de asas abertas. Um galo, um touro, o demônio e um rosto de moça haviam desatado a maravilha do jardim… Foi quando a grande lua de maio apareceu.
Era um toque perigoso para as quatro imagens. Tão arriscado que, sem um som, quatro mudas visões recuaram sem se desfitarem, temendo que no momento em que não se prendessem pelo olhar novos territórios distantes fossem feridos, e que, depois da silenciosa derrocada, restassem os jacintos – donos do tesouro do jardim. Nenhum espectro viu o outro desaparecer porque todos se retiraram ao mesmo tempo, vagarosos, na ponta dos pés. Mal, porém, se quebrara o círculo mágico de quatro, livres da vigilância mútua, a constelação se desfez com terror: três vultos pularam como gatos as grades do jardim, e um outro, arrepiado e engrandecido, afastou-se de costas até o limiar de uma porta, de onde, num grito, se pôs a correr.
Os três cavalheiros mascarados, que por idéia funesta do galo, pretendiam fazer uma surpresa num baile tão longe do carnaval, foram um triunfo no meio da festa já começada. a música interrompeu-se e os dançarinos, ainda enlaçados, entre risos, viram três mascarados ofegantes parar como indigentes à porta. Afinal, depois de várias tentativas, os convidados tiveram que abandonar o desejo de torná-los os reis da festa porque, assustados, os três não se separavam: um alto, um gordo e um jovem, um gordo, um jovem e um alto, desequilíbrio e união, os rostos sem palavras embaixo de três máscaras que vacilavam independentes.
Enquanto isso, a casa dosa jacintos iluminara-se toda. A mocinha estava na sala. A avó, com os cabelos brancos entrançados, segurava o copo d’água, a mãe alisava os cabelos escuros da filha, enquanto o pai percorria a casa. A mocinha nada sabia explicar: parecia ter dito tudo no grito. Seu corpo apequenara-se claro – toda a construção laboriosa de sua idade se desfizera, ela era de novo uma menina. Mas na imagem rejuvenescida de mais de uma época, para o horror da família, um fio branco aparecera entre os cabelos da fronte. Como persistisse em olhar em direção da janela, deixaram-na sentada a repousar, e, com castiçais na mão, estremecendo de frio nas camisolas, saíram em expedição pelo jardim.
Em breve as velas se espalhavam dançando na escuridão. Heras aclaradas se escolhiam, os sapos saltavam iluminados entre os pés, frutos se douravam por um instante entre as folhas. O jardim, despertado no sonho, ora se engrandecia, ora se extinguia; borboletas voavam sonâmbulas. Finalmente a velha, boa conhecedora dos canteiros, apontou o único sinal visível no jardim que se esquivava: o jacinto ainda vivo quebrado no talo… Então era verdade: alguma coisa sucedera. Voltaram, iluminaram a casa toda e passaram o resto da noite a esperar.
A mocinha aos poucos recuperou sua verdadeira idade. Somente ela não vivia a perscrutar. Mas os outros, que nada tinham visto, tornaram-se atentos e inquietos. E como o progresso naquela família era frágil produto de muitos cuidados e de algumas mentiras, tudo se desfez e teve que se refazer quase do princípio: a avó, de novo pronta, a se ofender, o pai e a mãe fatigados, as crianças insuportáveis, toda a casa parecendo esperar que mais uma vez a brisa da abastança soprasse depois de um jantar. O que sucederia talvez noutra noite de maio.

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. “Mistério em São Cristóvão”. In: Laços de Família: contos. 11ª ed. Rio de Janeiro, J. Olympio, 1979, p. 131-137.

MISTERY IN SÃO CRISTÓVÃO

From Family Ties

Clarice Lispector

On a autumn evening, with tall, erect hijacinths beside the windowpane, the dining room of a house was lit up and peaceful.

Around the table, motionless for a moment, the father, mother, grandmother, three children, and a slender nineteen-year-old girl. The cool perfumed night air of São Cristóvão members of the household were grouped inside the house precluded everything except an intimate family circle on such a cool May evening.

There was nothing special about the gathering: they had just had dinner and they sat talking round the table, while mosquitoes circled the light. What made the scene so particularly complete and the expression of everyone there so relaxed, was the fact that after many years one could almost feel, at long last, the progress of this family. Now, on this autumn evening, after dinner, here are the children who diligently attend school each day, the father who devotes himself to his business, the mother who for many years has been bearing children and doing the house work, the young girl who has been adapting herself to a delicate phase pf maturity, and the grandmother who has reached her old age. Without realizing it, the family gazed upon that room with deep satisfaction, watching the rare moment of May and its abundance.

Then each retired to his room. The old woman stretched herself out, sighing with benevolence. The father and mother, after locking up the house, lay down pensively and fell asleep. The three children, choosing the most awkward positions, slept in three beds, as on three trapezes. The young girl in her cotton nightdress opened her window and inhaled the whole garden, restless yet happy. Disturbed by the fragrant humidity, she lay down, promising herself a completely new outlook tomorrow which would shake the hyacinths and make the fruits tremble on the branches – and in the midst of her meditation she fell asleep.

The hours passed. And when the silence twinkled in the glow of fireflies – the children suspended in their sleep, the grandmother, pondering over a difficult dream, the parents fatigued, the young girl asleep in the midst of her meditation – the doors of a house on the corner opened and three masqueraders stepped out.

The first was tall and wore the head mask of a rooster. The second was fat and was dressed up as a bull. And the third, who was younger, for want of a better idea, had disguised himself as an ancient knight and wore a demon’s mask, trough which appeared two innocent eyes. The three masqueraders crossed the road in silence.
When they passed the house of our family, which was now in darkness, the man masquerading as a rooster (who invented nearly all the ideas for that trio) suddenly stopped and nudged his companions.

‘Just take a look.’

His companions, reduced to patience by the utter discomfort of their masks, obeyed him and saw a house with a garden. Feeling elegant, but miserable, they waited patiently for their leader to continue with what he had to say. Finally the rooster said, ‘We can gather hyacinths.’

The other two made no reply. They took advantage of their halt in order to examine, in discomfort, their appearance and to find some way of breathing more freely inside those masks.

‘A hyacinth for each of us to pin on to his costume’, the rooster conclused.

The bull fidgeted nervously at the idea of yet another decoration to keep an eye on during the festivities. But, after a moment in which the three of them seemed to be deeply absorved in reaching a decision, without, in fact, deciding anything, the rooster strode ahead, gingerly climbed over the railings, and stepped on to the forbidden territory of the garden. The bull followed him with some difficulty. But the knight, although hesitant, with one mighty leap landed right among the hyacinths with a dull thud that riveted all three of them to the spot in terror. Too frightened to breathe, the rooster, the bull, and the demon knight scrutinized the darkness. But the house remained among shadows and toads. And in the garden, suffused with perfume, the hyacinths trembled unconcerned.

Then the rooster advanced. He could pick the hyacinth that was within his reach. The larger flowers, however, which grew beside a window – tall, brittle, fragile – stood glittering and beckoned to him. On tiptoe, the rooster made his way toward them, the bull and the knight following behind. The silence kept watch over them.

But just as he was on the point of breaking the stalk of the largest hyacinth, the rooster froze in his tracks. The other two halted with a sigh that plunged them into sleep.

Behind the dark glass of the window a white face was watching them.

The rooster had frozen in the gesture of plucking the hyacinth. The bull remained with his hands still uplifted. The knight, ashen under his mask, became a little boy again confronting the fears of his childhood. The face behind the window steadily watched them.

None of the four would ever know which was the punishment of the other. The hyacinths gradually seemed to become whiter in the darkness.

Paralysed, the masqueraders stood peering at each other. The simple encounter of four masks on that autumn evening seemed to have touched deep recesses, then others, and still others which, had it not been for the moment in the garden, would have remained forever with this perfume which is in the air and in the immanence of those four natures which fate had designated, assignig the hour and place – the same precise fate of a falling star. These four, having come from reality, ahd become subject to the possibilities an autumn evening possesses in São Cristóvão. Each humid plant, each pebble, the hoarse toads – all of them exploiting the silent chaos in order to arrange themselves in a better spot – everything in that darkness silently approached. Having fallen into the ambush, they looked at each other in fear: the nature of things had been surprassed and the four figures spied each other with open wings. The rooster, the bull, the demon, and the girl’s face had unravelled the marvels of the garden. That was when the great May moon appeared.

It was a dangerous moment for the four images. So fraught with danger that, without a murmur, the four mute apparitions retreated without taking their eyes off each other, fearing that the moment they no longer held each other in their gaze, new remote territories would be ravaged, and that after their silent defeat the hyacinths would remain in possession of the garden’s treasure. No spectre saw the other disappear because they all withdrew at the same time, slowly, on tiptoe. No sooner, however, had the magic circle of the four been broken, liberated from their mutual vigilance, than the stars dissolved in terror. Three figures sprang like cats over the garden railings, and another, petrified and enlarged, drew away backward as far as the threshold of a doorway, where, screaming, it started to run.

The three masked gentlemen who, at the rooster’s fatal suggestion, animed to cause some surprise at a ball in a season so remote from Carnival, caused a sensation in the midst of the festivities that were already under way. The band stopped playing and the dancers, still holding their partners, saw, among peals of laughter, three breathless masqueraders fumble like beggars in the entrance. Finally, after sveral attempts, the guests ahd to abandon the idea of making them the main attraction of the evening, because in their terror the masqueraders refused to let go of one another: the tall one, the fat one, the young one, the fat one, the young one, the tall one, contrast and unity, their sppechless faces beneath three masks which faltered independently.

Meanwhile, the house of the hyacinths was now all lit up. The young girl was sitting in the hall. The grandmother, with her withe hair in braids, held a glass of water, her hand smoothing the girl’s dark hair while the father chased through the house. The young girl was unable to explain: she appeared to have said everything with her scream. Her face grew small and bright – the whole laborious structure of her years had dissolved and she was a child once more. But in her rejuvenated image, to the horror of the family, a white strand had appeared among the hairs on her forehead. Since she persisted in staring in the direction of the window, they left her to rest and, armed with candlesticks and shivering with cold in their nightgowns, they went out to explore the garden.

Soon the candles scattered, dancing in the darkness. The ivy plants exposed to light immediately curled up, the toads illuminated, jumped among their feet, fruits were golden for a second among the leaves. The garden, aroused from a dream, now seemed to expand, now to fade away; butterflies hovered like sleepwalkers. Finally, the old lady, long familiar with the flowerbeds, pointed to the only visible sign in the garden that shunned discovery: the hyacinth – still alive but with its stalk broken… Then it was true: something had happened. They returned indoors, put on all the lights in the house, and spent the rest of the night – waiting.

Only the three children continued to sleep ever more soundly; the young girl gradually recovered her true years. She alone did not continue to look for something. But the others, who had seen nothing, became watchful and unsettled. And since the progress in that family was the fragile product of many solicitudes and some deceptions, everything dissolved and had to be restored almost from the beginning: the grandmother once again quick to take offence, the father and mother fatigued, the children intolerable, the whole house appearing to lie in wait for that breeze of plenitude to blow once more after dinner. Perhaps it would happen some other autumn evening.

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Fonte: Lispector, Clarice. “Mistery in São Cristóvão”. In: Family Ties. Translated with an afterword by Giovanni Pontiero. Manchester [Inglaterra]: Carcanet, 1985. 140p. p. 108-13.

LIENS DE FAMILLE

MYSTÈRE A SÃO CRISTOVÃO

Clarice Lispector

Une nuit de mai – les jacinthes rigides derrière les carreaux – la sale à manger d’une maison était éclairée et tranquille.
Autour de la table, pour un instant figés, se trouvaient le père, la mère, la grand-mère, trois enfants et une jeune fille maigre de dix-neuf ans. Le serein parfumé de São Cristovão n’était pas dangereux mais leur façon de se grouper à l’intérieur de la maison faisait courir un risque à ce qui n’aurait pas été le sein d’une famille par une nuit fraîche de mai. Il n’y avait rien de particulier dans cette réunion: on avait fini de dîner et on bavardait autour de la table, les moustiques autour de la lumière. Ce qui rendait cette scène singulièrement abondante et si épanoui le visage de chacun, c’est qu’après bien des années, finalement on palpait pour ainsi dire le progrès de cette famille: car par une nuit de mai, après le dîner, voyez: les enfants sont allés tous les jours à l’école, le père fait marcher ses affaires, la mère a travaillé durant des années à ses accouchements et à sa maison, l’adolescente trouve son équilibre dans la grâce de son âge et la grand-mère a atteint un palier. Sans s’en rendre compte, la famille contemplait la pièce heureuse, attentive à ce rare instant de mai et à son abondance.
Ensuite chacun gagna sa chambre. La vieille s’étendit en gémissant de bon gré. Le père et la mère, une fois fermées toutes les portes, se couchèrent pensifs et s’endormirent. Les trois enfants, après avoir choisi les positions les plus acrobatiques, s’endormirent chacun dans son lit comme sur un trapeze. L’adolescente, dans sa chemise de nuit en coton, ouvrit la fenêtre de sa chambre et respira tout le jardin, insatisfaite et heureuse. Troublée par l’humidité odorante, elle se coucha en se promettant pour le lendemain une attitude entièrement nouvelle qui fléchirait les jacinthes et ferait frémir les fruits sur les branches – au milieu de sa méditation, elle s’endormit.
Des heures passèrent. Et alors que le silence clignotait dans les lucioles – les enfants suspendus au sommeil, la grand-mère ruminant un rêve difficile, les parents fatigués, l’adolescente endormie au milieu de sa méditation –, la maison du coin de la rue s’ouvrit et il en sortit trois personnages déguisés.
L’un était grand et avait une tête de coq. Le deuxième était gros et s’était travesti en taureau. Et le troisième, plus jeune, par manque d’imagination, s’était déguisé en chevalier d’autrefois et avait mis un masque de diable à travers lequel apparaissaient ses yeux candides. Les trois personnages parcoururent la rue en silence.
Quand ils arrivèrent devant la maison obscure de la famille, celui qui était un coq et qui prenait presque toutes les initiatives de la bande s’arrêta et dit:
— Regardez!
Ses compagnons, rendus patients par la torture du masque, regardèrent et virent une maison et un jardin. Se sentant élégants et misérables, ils attendirent résignés que l’autre compléte sa pensée. Finalement le coq ajouta:
— Et si on cueillait des jacinthes?
Les deux autres ne répondirent pas. Ils profitaient de la halte pour s’examiner, déconfits, et chercher un moyen de mieux respirer sous leur masque.
— Une jacinthe chacun, que nous épinglerons à notre costume, conclut le coq.
Le taureau s’agita, inquiet à l’idée d’avoir un affiquet de plus à protéger dans la fête. Mais, passé l’instant où ils donnèrent l’impression de réfléchir profondément avant de se décider – même si en réalité ils ne pensaient à rien –, le coq s’avança, franchit avec agilité la grille et foula la terre interdite du jardin. Le taureau le suivit, non sans mal. Le troisième, encore qu’hésitant, d’un seul bond se retrouva au beau milieu des jacinthes, et le bruit amorti de sa chute les cloua de peur, sur le qui-vive: retenant leur souffle, le coq, le taureau et le chevalier du diable scrutèrent l’obscurité. Mais la maison continuait, veillée par les ténèbres et les crapauds. Et dans le jardin suffoqué de parfum, les jacinthes frémissaient, intouchables.
Alors le coq avança. Il aurait pu cueillir la jacinthe qui était à sa portée. Les plus grandes, toutefois, qui se dressaient devant une fenêtre – hautes, dures, fragiles –, l’appelaient de leur scintillement. Le coq s’en approcha sur la pointe des pieds, le taureau et le chevalier sur ses talons. Le silence les guettait.
A peine le coq eut-il cassé la hampe de la plus grande jacinthe qu’il dut s’interrompre, glacé. Les deux autres s’arrêtèrent avec un soupir qui les ensommeilla.
Derrière la vitre opaque de la fenêtre apparaissait un visage blanc qui les regardait.
Le coq s’était pétrifié dans le geste de casser la jacinthe. Le taureau avait gardé les mains en l’air. Le chevalier, exsangue sous son masque, avait rajeuni jusqu’à retrouver l’enfance et son hourreur. Le visage derrière la fenêtre regardait.
Aucun des quatre n’aurait su dire qui était le châtiment de l’autre. Les jacinthes de plus en plus blanches dans l’obscurité. Paralysés, ils s’epiaient.
Le simple rapprochement de quatre masque das la nuit de mai semblait avoir percuté des enceintes creuses, et d’autres, d’autres encore qui, sans cet instants dans le jardin, seraient restées à jamais dans le parfum qu’il y avait dans l’air et l’immanense de quatre natures que le hasard avait désignées, indiquant l’heure et le lieu – le même hasard précis d’une étoile filante. Tous quatre, venus de la réalité, étaient tombés dans les possibilités que recèle une nuit de mai à São Cristovão. Chaque plante humide, chaque caillou, les crapauds enroués profitaient de la silencieuse confusion pour se disposer à une meilleure place – tout dans le noir était un rapprochement muet. Tombés dans le piège, ils se regardaient terrorisés: la nature des choses avait été dépassée et les quatre figures se dévisageaient, ailes ouvertes. Un coq, un taureau, le diable et un visage de jeune fille avaient dénoué la merveille du jardin… C’est alors que la grande lune de mai apparut.
Être touché par sa clarté était dangereux pour les quatre images, si risqué que, sans le moindre son, quatre oisions muettes reculèrent sans se quitter des yeux, de crainte que, au moment où elles ne se lieraient plus par le regard, de nouveaux territoires lointains ne fussent blessés, laissant ainsi, après la silencieuse déroute, les jacinthes maîtresses du trésor du jardin. Aucun spectre n’en vit un autre disparaître car tous se retirèrent au même moment, lentement, sur la pointe des pieds. Cependant, à peine brisé le cercle magique des quatre, libérés de leur surveillance mutuelle, la constellation se défit sous le coup de la terreur: trois silhouettes sautèrent comme des chats les grilles du jardin et une autre, horripilée et grandie, s’écarta et gagna à reculons le seuil d’une porte d’où, poussant un cri, elle se mit à courir.
Les trois chevaliers masqués qui, selon une idée funeste du coq, prétendaient causer la surprise dans ce bal si éloigné du carnaval, furent accueillis triomphalement dans la fête déjà commencée. La musique s’arrêta et les danseurs, encore enlacés, parmi des rires, virent trois personnages masqués, pantelants, se planter comme des mendiants à la porte. Alors les invités voulurent en faire les rois de la fête, mais après plusieurs vaines tentatives finirent par y renoncer parce que le trio, encore sous le coup de la frayeur, ne se défaisait pas: un grand, un gros et un jeune, un gros, un jeune et un grand, déséquilibre et union, les visages sans mots derrière trois masques qui oscillaient indépendamment.
Pendant ce temps, toute la maison des jacinthes s’était éclairée. L’adolescent était assise dans le salon. La grand-mère, avec ses cheveux blancs nattés, tenait un verre d’eau, la mère lissait les cheveux noirs de sa fille, tandis que le père parcourait la maison. L’adolescente était incapable d’expliquer: apparemment elle avait tout dit dans son cri. Son visage s’était rapetissé, éclairci. Toute la construction laborieuse de son âgé écroulée, elle était de nouveau une petite fille. Mais dans l’image rajeunie de bien d’autres époques, aux yeux horrifiés de la famille, un fil blanc était apparu dans sa frange. Comme elle n’arrêtait pas de regarder du côté de la fenêtre, ils la laissèrent se reposer, assise, et, des chandeliers à la main, grelottant de froid dans leurs chemises de nuit, ils sortirent en expédition dans le jardin.
Très vite les bougies s’éparpillèrent en dansant dans le noir. Des lierres éclairés se recroquevillaient, les crapauds révélés par la lumière sautaient entre les pieds, des fruits se doraient un instant parmi les feuilles. Le jardin, réveillé en plein rêve, tantôtgrandissait, tantôt s’éteignait. Des papillons voltigeaient, somnambules. Finalement l’aïeule, qui connaissait bien les parterres, montra la seule trace visible dans le jardin qui se dérobait: la jacinthe encore vivante cassée sur la tige… C’était donc vrai: quelque chose s’était passé. Ils rentrèrent, illuminèrent toute la maison et vécurent le reste de la nuit à attendre.
Seuls les trois enfants dormaient encore plus profondément.
L’adolescente peu à peu retrouva son âge véritable. Elle fut la seule à ne plus passer sa vie à scruter. Mais les autres, qui n’avaient rien vu, devinrent attentifs et inquiets. Et comme le progrès dans cette famille était le fragile produit de multi ples précautions et de quelques mensonges, tout se défit et dut se refaire presque du début: la grand-mère encore une fois prête à se vexer, le père et la mère fatigués, les gosses insupportables, toute la maison avait l’air d’attendre qu’une fois de plus la brise de l’abondance souffle après un dîner. Ce qui arriverait peut-être une autre nuit de mai.

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. “Mystère a São Cristovão”. In: Liens de Famille. Traduits du brésilien par Jacques et Teresa Thiériot. Paris, Des Femmes, 1989, p. 175-183.

 
 

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ESCRITORES

O lustre

Autor: Clarice Lispector
Título: O lustre, Le Lustre
Idiomas: port, fra
Tradutor: Jacques et Teresa Thiériot (fra)
Data: 28/12/2004

LE LUSTRE: ROMAN

Clarice Lispector

 

Elle serait fluide toute sa vie durant. Mais ce qui avait accusé ses contours et les avait attirés vers un centre, ce qui l’avait illuminée contre le monde et lui avait donné un intime pouvoir, ç’avait été le secret. Secret auquel elle ne saurait jamais penser en termes clairs, de crainte d’envahir et de dissoudre son image. Et qui pourtant avait cristallisé au plus profond d’elle-même un noyau lointain et vivant et jamais n’avait perdu sa magie – l’alimentant dans son flou insoluble comme la seule réalité qui à ses yeux devrait toujours être perdue. Debout sur le pont fragile, tous deux se penchaient sur la rivière et Virginia, inquiète, se sentait flageoler comme si ses pieds nus flottaient sur les remous calmes des eaux. C’était un jour sec et violent, fait de larges aplats; les arbres grinçaient au vent tiède crispé par de brusques refroidissements. Sa robe mince et déchirée de gamine était traversée par des frissons d’air frais. La bouche sérieuse, pressée sur la branche morte du pont, Virginia plongeait ses yeux distraits dans le eaux. Soudain elle se figea, tendue et légère:
? Regarde!
Daniel avait tourné rapidement la tête – accroché à une pierre, un chapeau trempé, alourdi et foncé par l’eau, que le flux de la rivière essayait brutalement d’entraîner, et qui résistait. Jusqu’à ce qu’il perdît ses dernières forces, et, emporté par le courant rapide, disparût en tressautant dans les bouillons d’écume, content eût-on dit. Ils hésitaient, sous le coup de la surprise.
? Nous ne pouvons en parler à personne, finit par chuchoter Virginia, d’une voix distante et vertigineuse.
? Oui…, même son frère avait eu peur, il acquiesçait… et les eaux continuaient leur course. Même si on nous questionne à propos du noy…
? Oui, faillit crier Virginia… Et ils se turent de toutes leurs forces, les yeux écarquillés et farouches.
? Virginia…, dit Daniel, lentement, avec une crudité qui rendait son visage tout auguleux, je vais jurer.
? Oui… mon Dieu, mais on jure toujours…
Daniel réfléchissait tout en la regardant et elle ne bougeait pas son visage, dans l’attente qu’il trouvât en elle la réponse.
? Par exemple… que tout ce que nous sommes… se change en rien… si on en parle à quelqu’un.
Il avait dit des mots si graves, si beaux, la rivière roulait, la rivière roulait. Les feuilles couvertes de pousière, les feuilles épaisses et humides des berges, la rivière roulait. Elle voulut répondre et dire oui, oh oui! ardemment, presque heureuse, en riant malgré ses lèvres sèches… mais elle ne pouvait parler, elle ne savait plus respirer, tant elle était troublée. Les pupilles dilatées, le visage soudain étréci et décoloré, précautionneusement elle fit un signe d’assentiment de la tête. Daniel s’écarta, Daniel s’éloignait. Non! Elle voulait crier et lui dire de l’attendre, de ne pas la laisser seule sur la riivère, mais il continuait. Le cœur battant dans un corps subitement vidé de son sang, le cœur débridé, tombant furieusement, les eaux qui couraient, elle essaya d’entrouvrir ses lèvres, de souffler ne fût-ce qu’un mot blafard. Tel le cri impossible, dans un cauchemar, aucun son ne s’entendit et les nuages glissaient, véloces dans le ciel, vers un destin. Sous ses pieds les eaux murmuraient – et en proie à une claire hallucination elle pensait: ah oui, ainsi donc elle allait tomber et se noyer, ah oui. Quelque chose d’intense et de livide comme le terreur mais de triomphant, une certaine joie folle et attentive emplissait à présent son corps et elle s’attendait à mourir, la main crispée comme pour toujours sur la branche du pont. Alors Daniel se retourna:
? Viens, dit-il l’air étonné.
Elle le regarda du fond tranquille de son silence.
? Viens, espèce d’idiote, répéta-t-il en colère.
Un temps mort étira longuement les choses. Elle et Daniel étaient deux points silencieux et immobiles à jamais. Mais je suis déjà morte, semblait-elle penser tandis qu’elle se déprenait du pont comme si elle en avait été coupée par une faux. Je suis déjà morte, répétait sa pensée, et sur des pieds étranges son visage blanc courait lourdement vers Daniel.
Une fois sur la route – son sang s’était remis à pulser régulièrement dans ses veines –, ils s’éloignèrent en marchant rapidement, côte à côte. Dans la poussière, on voyait la trace hésitante de l’unique automobile de Brejo Alto. Sous le ciel lustré le jour vibrait en ce dernier moment avant la nuit, dans le sentiers et dans les arbres le silence se concentrait, lourd de touffeur – elle sentait sur son dos les derniers rayons tièdes du soleir, les nuages épais d’un or intense. Pourtant il régnait un vague froid, comme venu du boqueteau déjà plongé dans l’ombre. Ils regardaient devant eux le corps élancé – il y avait une menace de transition dans l’air qu’ils respiraient… L’instant suivant allait apporter un cri et quelque chose confusément se détruirait, ou bien la nuit légère calmerait soudain cette existence excessive, fruste et solitaire.
Ils avançaient à grands pas. Un parfum flottait qui dilatait le cœur. Les ombres peu à peu couvraient le chemin et quand Daniel poussa le lourd portail du jardin, la nuit reposait déjà. Les lucioles trouaient la pénombre de points livides. Ils s’arrêtèrent un moment dans le noir, indécis, avant de se mêler à ceux qui ne savaient pas, échangèrent un regard comme pour la dernière fois.
? Daniel, murmura Virginia, même à toi je ne peux pas en parler?
? Non, dit-il, surpris par sa propre réponse.
Ils hésitèrent un instant, délicats, paisibles. Non, non!… elle disait non à la peur qui s’approchait, comme pour gagner du temps avant de se précipiter. Non, non, disait-elle en évitant de regarder à l’entour. La nuit était tombée, la nuit était tombée. Ne pas se précipiter! Mais soudain quelque chose ne se contint plus et commença d’arriver. Oui, là même allaient se lever les vapeurs de l’aube maladive, pâle, comme la fin d’une douleur – Virginia les voyait, saisie d’un calme soudain, soumise et pensive. Chaque branche sèche se cacherait sous une luminosité d caverne. Cette terre au-delà des arbres, castrée en bourgeon par le brûlage, apparaîtrait à travers le brouillard mou, noircie et difficile comme à travers un passé – elle la voyait maintenant paisible et inexprenssive, comme privée de mémoire. L’homme mort glisserait pour la dernière fois entre les arbres endormis et glacés. Telles des heures sonnant au loin, Virginia sentirait sur son corps le toucher de sa présence, elle se lèverait de son lit très lentement, sûre et aveugle comme une somnambule, et dans son cœur un point pulserait faiblement, presque défaillant. Elle lèverait la vitre de la fenêtre à guillotine, les poumons envahis par la brume froide. Plongeant son regard dans le noir aveuglant, ses sens frémissant dans l’’space glacé et coupant, elle ne percevrait rien sinon la quiétude ombreuse, les branches tordues et immobiles… la longue étendue perdant ses limites dans un soudain et insondable brouillard – la était la limite du monde posible! Alors, fragile comme un souvenir, elle entreverráit la tache fatiguée du noyé s’éloigner, disparaître et réapparaître parmi des brumes, plonger enfin dans la blancheur. Pour toujours! soufferait l’ample vent dans les arbres. Elle l’appellerait, presque sans voir: eh l’homme, vous, l’homme! pour le retenir, pour le ramener! Mais c’était pour toujours et même si Granja Quieta s’étiolait et que de nouvelles terres surgissent indéfiniment, jamais cet homme ne reviendra, Virginia, jamais, jamais, Virginia. Jamais. Elle s’arracha de la somnolence où elle avait glisée, ses yeux acquirent une vie perspicace et chatoyante, des exclamations contenues lancinaient dans sa poitrine étrécie, l’incompréhension ardue et asphyxiée précipait son cœur dans le noir de la nuit. Je ne veux pas que la chouette ulule, se cria-t-elle dans un sanglot muet. Mais la chouette aussitôt émit un chuintement noir sur une blanche. Elle sursauta – n’avait-elle pas ululé avant sa pensée? Ou au même instant? Je ne veux pas entendre les arbres, disait-elle en tâtonnant en elle-même, en avançant stupéfaite. Et les arbres, sous l’effet d’un coup de vent subit, bougeaient avec une rumeur lente de vie étrange et haute. Ou bien n’avait-ce pas été un pressentiment? s’implorait-elle. Je ne veux pas que Daniel bouge. Mais Daniel bougeait. Le souffle léger, dotée d’une ouïe nouvelle et surprise, elle semblait capable de pénétrer les choses, de s’en évader en silence comme une ombre, faible et aveugle, elle sentait la couleur et le son de ce qui était sur le point d’arriver. Elle avançait, tremblante, devant elle-même, elle volait avec ses sens en avant, traversant l’air tendu et parfumé de cette nuit nouvelle. Je ne veux pas que l’oiseau vole, se disait-elle à présent, avec dans sa poitrine une quase-lumière malgré sa terreur, et par une perception lasse et difficile, elle pressentait les mouvements à venir des choses juste un instant avant qu’ils ne résonnent. Et, l’eût-elle voulu, elle dirait: je ne veux pas entendre le roulement de la rivière, il n’y avait à proximité aucune rivière mais elle entendrait ses pleurs assourdis sur de petites pierres… et maintenant… maintenant oui!…
? Virginia! Daniel!
Pêle-même tout se précipitait, affolé et obscur, l’appel de leur mère sourdait du fond de la demeure et faisait surgir entre eux une nouvelle présence. La voix n’avait pas alteré le silence de la nuit mais avait réparti son obscurité comme si le cri avait été un éclair blanc. Avant d’avoir conscience de ses mouvements, Virginia se retrouva à l’intérieur de la maison, derrière la porte refermée. Le salon, l’escalier se perdaient dans un silence sombre et indistinct. Les flammes des lampes à huile vacillaient, épuisées par le souffle insistant et muet du vent qui les mouvait. A ses côtés se trouvait Daniel, les lèvres exsangues, dures et ironiques. Dans la quiétude de la Granja un cheval en liberté foulait lentement les herbes de ses pattes fines. Dans la cuisine on remuait des couverts, le son subit d’une cloche et le pas d’Esmeralda traversèrent rapidement une chambre… La lampe allumée vacillait calmement, l’escalier endormi respirait. Alors – ce n’était ni de soulagement ni d’avoir mis fin à la frayeur, mais en soi inexplicable, vivant et mystérieux – alors elle sentit une longue clarté, un haut instant ouvert en elle-même. Caressant de ses doigts froids la vieille bâde de la porte, elle entrouvrit les yeux, tout en souriant malicieusement, profondément satisfaite.

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Le Lustre: roman. Traduit du brésilien par Jacques et Teresa Thiériot. Paris, Des Femmes, 1990. p. 7-13.

O LUSTRE: ROMANCE

 
 
 

Clarice Lispector

Ela seria fluida durante toda a vida. Porém o que dominara seus contornos e os atraíra a um centro, o que a iluminara contra o mundo e lhe dera íntimo poder fora o segredo. Nunca saberia pensar nele em termos claros temendo invadir e dissolver a sua imagem. No entanto ele formara no seu interior um núcleo longínquo e vivo e jamais perdera a magia – sustentava-a na sua vaguidão insolúvel como a única realidade que para ela sempre deveria ser a perdida. Os dois se debruçavam sobre a ponte frágil e Virgínia sentia os pés nus vacilarem de insegurança como se estivessem soltos sobre o redemoinho calmo das águas.
Era um dia violento e seco, em largas cores fixas; as árvores rangiam sob o vento morno crispado de céleres friagens. O vestido ralo e rasgado de menina era atravessado por estremecimentos de frescura. A boca séria premida contra o galho morto da ponte, Virgínia mergulhava os olhos distraídos nas águas. De súbito imobilizara-se tensa e leve:
– Olhe!
Daniel voltara a cabeça rapidamente – preso a uma pedra estava um chapéu molhado, pesado e escuro de água. O rio correndo arrastava-o com brutalidade e ele resistia. Até que perdendo a última força foi levado pela correnteza ligeira e em saltos sumiu entre espumas quase alegre. Eles hesitavam surpresos.
– Não podemos contar a ninguém, sussurrou finalmente Virgínia, a voz distante e vertiginosa.
– Sim… – mesmo Daniel se assustara e concordava… as águas continuavam correndo – Nem que nos perguntem sobre o afog…
– Sim! quase gritou Virgínia… calaram-se com força, os olhos engrandecidos e ferozes.
– Virgínia…, disse o irmão devagar numa crueza que deixava seu rosto cheio de ângulos, vou jurar.
– Sim… meu Deus, mas sempre se jura…
Daniel pensava olhando-a e ela não movia o rosto à espera de que ele encontrasse nela a resposta.
– Por exemplo… que tudo o que a gente é… vire nada… se a gente falar disso a alguém.
Ele falara tão grave, ele falara tão belo, o rio rolava, o rio rolava. As folhas cobertas de poeira, as folhas espessas e úmidas das margens, o rio rolava. Quis responder e dizer que sim, que sim! ardentemente, quase feliz, rindo com os lábios secos… mas não podia falar, não sabia respirar; como perturbava. Com os olhos dilatados, o rosto de súbito pequeno e sem cor, ela assentiu cautelosamente com a cabeça. Daniel afastou-se, Daniel afastava-se. Não! queria ela gritar e dizer que esperasse, que não a deixasse sozinha sobre o rio; mas ele continuava. O coração batendo num corpo subitamente vazio de sangue, o coração jogando, caindo furiosamente, as águas correndo, ela tentou entreabrir os lábios, soprar uma palavra pálida que fosse. Como o grito impossível num pesadelo, nenhum som se ouviu e as nuvens deslizavam rápidas no céu para um destino. Sob os seus pés rumorejavam as águas – numa clara alucinação ela pensava: ah sim, então ia cair e afogar-se, ah sim. Alguma coisa intensa e lívida como o terror mas triunfante, certa alegria doida e atenta enchia-lhe agora o corpo e ela esperava para morrer, a mão cerrada como para sempre no galho da ponte. Daniel voltou-se então.
– Vem, disse ele surpreendido.
Ela olhou-o do fundo tranqüilo de seu silêncio.
– Venha, sua idiota, repetiu ele colérico.
Um instante morto estendeu longamente as coisas. Ela e Daniel eram dois pontos quietos e imóveis para sempre. Mas eu já morri, parecia pensar enquanto se desprendia da ponte como se dela fosse cortada como uma foice. Eu já morri, ainda pensava e sobre pés estranhos seu rosto branco corria pesadamente até Daniel.
Andando pela estrada, o sangue voltara a bater com ritmo nas suas veias, eles se adiantavam depressa, juntos. Na poeira via-se a marca hesitante do único automóvel de Brejo Alto. Sob o céu brilhante o dia vibrava no seu último momento antes da noite, nos atalhos e nas árvores o silêncio se concentrava pesado de mormaço – ela sentia nas costas os últimos raios mornos de sol, as nuvens grossas tensamente douradas. Fazia um vago frio no entanto, como se viesse do bosque em sombra. Eles olhavam para a frente o corpo aguçado –, havia uma ameaça de transição no ar que se respirava… o próximo instante traria um grito e alguma coisa perplexamente se destruiria, ou a noite leve amansaria de súbito aquela existência excessiva, bruta e solitária. Eles caminhavam rápidos. Fazia um perfume que dilatava o coração. As sombras iam aos poucos cobrindo o caminho e quando Daniel empurrou o pesado portão do jardim a noite repousava. Os vagalumes abriam pontos lívidos na penumbra. Pararam um momento indecisos na escuridão antes de se misturarem aos que não sabiam, olhando-se como pela última vez.
– Daniel…, murmurou Virgínia, nem com você eu posso falar?
– Não, disse ele surpreendido com a própria resposta.
Hesitaram um instante, delicados, quietos. Não, não!…, negava ela o medo que se aproximava, como para ganhar tempo antes de se precipitar. Não, não, dizia evitando olhar ao redor. A noite descera, a noite descera. Não se precipitar! mas de repente algo não se conteve e principiou a suceder… Sim, ali mesmo iam-se erguer os vapores da madrugada doentia, pálida, como um fim de dor – enxergava Virgínia de súbito calma, submissa e absorta. Cada galho seco se esconderia sob uma luminosidade de caverna. Aquela terra além das árvores, castrada nos brotos pela queimada seria vista através da mole neblina, enegrecida e difícil como através de um passado – via ela agora quieta e inexpressiva como sem memória. O homem morto deslizaria pela última vez entre as árvores adormecidas e geladas. Como horas soando de longe, Virgínia sentiria no corpo o toque de sua presença, levantar-se-ia da cama vagarosamente, sábia e cega como uma sonâmbula, e dentro de seu coração um ponto pulsaria fraco, quase desfalecido. Ergueria a vidraça da janela, os pulmões envolvidos pela névoa fria. Mergulhando os olhos na cegueira da escuridão, os sentidos pulsando no espaço gelado e cortante; nada perceberia senão a quietude em sombra, os galhos retorcidos e imóveis… a longa extensão perdendo os limites em súbita e insondável neblina – lá estava o limite o mundo possível! Então, frágil como uma lembrança, vislumbraria a mancha cansada do afogado afastando-se, sumindo e reaparecendo entre brumas, mergulhando enfim na brancura. Para sempre! sopraria o largo vento nas árvores. Ela chamaria quase muda: homem, mas homem!, parece retê-lo, para trazê-lo de volta! Mas era para sempre, Virgínia, ouça, para sempre e mesmo que Granja Quieta murche e novas terras surjam indefinidamente jamais o homem voltará, Virgínia, jamais, jamais, Virgínia. Jamais. Sacudiu-se do sono em que deslizara, os olhos ganharam uma vida perspicaz e cintilante, exclamações contidas doíam no seu peito estreito; a incompreensão árdua e asfixiada precipitava seu coração no escuro da noite. Não quero que a coruja pie, gritou-se num soluço sem som. E a coruja imediatamente piou negro num galho. Sobressaltou-se – ou piara antes de seu pensamento? ou no mesmo instante? Não quero ouvir as árvores, dizia-se tateando dentro de si própria, avançando estupefata. E as árvores a um súbito vento mexiam-se num rumor vagaroso de vida estranha e alta. Ou não fora um pressentimento? implorava-se ela. Não quero que Daniel se mova. E Daniel movia-se. A respiração leve, os ouvidos novos e surpresos, ela parecia poder penetrar e fugir das coisas em silêncio como uma sombra; fraca e cega, sentia a cor e o som do que quase sucedia. Avançava trêmula adiante de si mesma, voava com os sentidos para a frente atravessando o ar tenso e perfumado da noite nova. Não quero que o pássaro voe, dizia-se agora quase uma luz no peito apesar do terror, e numa percepção cansada e difícil pressentia os movimentos futuros das coisas um instante antes deles soarem. E se quisesse diria: não quero ouvir o rolar do rio, e não havia perto nenhum rio mas ela ouviria seu choro surdo sobre pequenas pedras… e agora… agora… sim…!
– Virgínia! Daniel!
Em confusão tudo se precipitava assustado e escuro, o chamado da mãe brotava dos fundos do casarão e rebentava entre os dois numa nova presença. a voz não alterara o silêncio da noite mas repartira sua escuridão como se o grito fosse um raio branco. Antes que tivesse consciência de seus movimentos, Virgínia achou-se dentro de casa, atrás da porta cerrada. A sala, a escadaria estendiam-se em silêncio indistinto e sombrio. Os candeeiros acesos vacilavam no fio sob o vento prolongado movimento mudo. Ao seu lado estava Daniel, os lábios exangues, duros e irônicos. Na quietude da Granja algum cavalo solto movia vagaroso as ervas com pernas finas. Na cozinha mexiam em talheres, um súbito som de sino e os passos de Esmeralda atravessaram rapidamente um quarto… o candeeiro aceso vacilando calmo, a escadaria dormente respirando. Então – não era de alívio nem de fim de susto, mas em si mesmo inexplicável, vivo e misterioso – então ela sentiu um longo claro, alto instante aberto dentro de si. Alisando com os dedos frios a velha aldraba da porta, entrecerrou os olhos sorrindo com malícia e profunda satisfação.

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. O Lustre: romance. 8ª. ed. Rio de Janeiro, Francisco Alves, 1992. p. 7-12.

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ESCRITORES

ONDE ESTIVESTES DE NOITE

Autor: Clarice Lispector
Título: Onde estivestes de noite, Ou étais-tu pendant la nuit ?
Idiomas: port, fra
Tradutor: Genevieve Leibrich et Nicole Biros(fra)
Data: 28/12/2004

ONDE ESTIVESTES DE NOITE

 

A procura de uma dignidade

 

Clarice Lispector

A Sra. Jorge B. Xavier simplesmente não saberia dizer como entrara. Por algum portão principal não fora. Pareceu-lhe vagamente sonhadora ter entrado por uma espécie de estreita abertura em meio a escombros de construção em obras, como se tivesse entrado de esguelha por um buraco feito só para ela. O fato é que quando viu estava dentro.
E quando viu, percebeu que estava muito, muito dentro. Andava interminavelmente pelos subterrâneos do Estádio do Maracanã ou pelo menos pareceram-lhe cavernas estreitas que davam para salas fechadas e quando se abriam as salas só havia uma janela dando para o estádio. Este, àquela hora torradamente deserto, reverberava ao extremo sol de um calor inusitado que estava acontecendo naquele dia de pleno inverno.
Então a senhora seguiu por um corredor sombrio. Este a levou igualmente a outro mais sombrio. Pareceu-lhe que o teto dos subterrâneos eram baixos.
E aí este corredor a levou a outro que a levou por sua vez a outro.
Dobrou o corredor deserto. E aí caiu em outra esquina. Que a levou a outro corredor que desembocou em outra esquina.
Então continuou automaticamente a entrar pelos corredores que sempre davam para outros corredores. Onde seria a sala da aula inaugural? Pois junto desta encontraria as pessoas com quem marcara encontro. A conferência era capaz de já ter começado. Ia perdê-la, ela que se forçava a não perder nada de cultural porque assim se mantinha jovem por dentro, já que até por fora ninguém adivinhava que tinha quase 70 anos, todos lhe davam uns 57.
Mas agora, perdida nos meandros internos e escuros do Maracanã, a senhora já arrastava pés pesados de velha.
Foi então que subitamente encontrou num corredor um homem surgido do nada e perguntou-lhe pela conferência que o senhor disse ignorar. Mas esse homem pediu informações a um segundo homem que também surgira repentinamente ao dobramento do corredor.
Então este segundo homem informou que havia visto perto da arquibancada da direita, em pleno estádio aberto, “duas damas e um cavalheiro, uma de vermelho”. A Sra. Xavier tinha dúvida de que essas pessoas fossem o grupo com quem devia se encontrar antes da conferência, e na verdade já perdera de vista o motivo pelo qual caminhava sem nunca mais parar. De qualquer modo seguiu o homem para o estádio, onde parou ofuscada no espaço oco de luz escancarada e mudez aberta, o estádio nu desventrado, sem bola nem futebol. Sobretudo sem multidão. Havia uma multidão que existia pelo vazio de sua ausência absoluta.
As duas damas e o cavalheiro já haviam sumido por algum corredor?
Então o homem disse com desafio exagerado: “Pois vou procurar para a senhora e vou encontrar de qualquer jeito essa gente, eles não podem ter sumido no ar.”
E de fato de muito longe ambos os viram. Mas um segundo depois tornaram a desaparecer. Parecia um jogo infantil onde gargalhadas amordaçadas riam da Sra. Jorge B. Xavier.
Então entrou com o homem por outros corredores. Aí este homem também sumiu numa esquina.
A senhora já desistira da conferência que no fundo pouco lhe importava. Contanto que saísse daquele emaranhado de caminhos sem fim. Não haveria porta de saída? Então sentiu como se estivesse dentro de um elevador enguiçado entre um andar e outro. Não haveria porta de saída?
Então eis que subitamente lembrou-se das palavras de informação da amiga pelo telefone: “fica mais ou menos perto do Estádio do Maracanã.” Diante dessa lembrança entendeu o seu engano de pessoa avoada e distraída que só ouvia as coisas pela metade, a outra ficando submersa. A Sra. Xavier era muito desatenta. Então, pois, não era no Maracanã o encontro, era apenas perto dali. No entanto o seu pequeno destino quisera-a perdida no labirinto.
Sim, então a luta recomeçou pior ainda: queria por força sair de lá e não sabia como nem por onde.
E de novo apareceu no corredor aquele homem que procurava as pessoas e que de novo lhe garantiu que as acharia porque não podiam ter sumido no ar. Ele disse assim mesmo:
— As pessoas não podem ter sumido no ar!
A senhora informou:
— Não precisa mais se incomodar de procurar, sim? Muito obrigada, sim? Porque o lugar onde preciso encontrar as pessoas não é no Maracanã.
O homem parou imediatamente de andar para olhá-la perplexo:
— Então que é que a senhora está fazendo aqui?
Ela quis explicar que sua vida era assim mesmo, mas nem sequer sabia o que queria dizer com o “assim mesmo” nem com “sua vida”, nada respondeu. O homem insistiu na pergunta, entre desconfiado e cauteloso: que é que ela está fazendo ali? Nada respondeu apenas em pensamento a senhora, já então prestes a cair de cansaço. Mas não lhe respondeu, deixou-o pensar que era louca. Além do mais ela nunca se explicava. Sabia que o homem a julgava louca – e quem dissera que não? pois não sentia aquela coisa que ela chamava de “aquilo” por vergonha? Se bem que soubesse ter a chamada saúde mental tão boa que só podia se comparar com sua saúde física. Saúde física já agora arrebentada pois rastejava os pés de muitos anos de caminho pelo labirinto. Sua via crucis. Estava vestida de lã muito grossa e sufocava suada ao inesperado calor de um auge de verão, esse dia de verão que era um aleijão do inverno. As pernas lhe doíam doíam ao peso da velha cruz. Já se resignara de algum modo a nunca mais sair do Maracanã e a morrer ali de coração exangue.
(…)

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Onde estivestes de noite. Rio de Janeiro, Nova Fronteira, 1980, p. 7-11.

OÙ ÉTAIS-TU PENDANT LA NUIT ?

 

A la recherche d’une dignité

 

Clarice Lispector

Mme Jorge B. Xavier aurait été bien incapable de dire comment elle était entrée. Certainement pas par le portail principal. Il lui semblait être passée comme en un rêve par une sorte d’ouverture exiguë parmi les gravats d’un chantier de construction, s’être comme faufilée de biais dans un trou creusé exprès pour elle. Le fait est qu’elle ne reprit ses esprits qu’une fois à l’intérieur.
Et quand elle eut repris ses esprits elle constata qu’elle se trouvait e effet très à l’intérieur. Elle avançait dans les interminables souterrains du stade de maracanã qui lui firent l’effet de cavernes étroites, débouchant sur des salles aveugles ou munies d’une unique fenêtre donant sur le stade. Celui-ci, torride et déset à cette heure, réverbérait sous un soleil intense une chaleur inhabituelle pour un jour de plein hiver.
La dame s’engagea alors dans un corridor sombre qui la conduisit vers un autre, plus sombre encore. Il lui sembla que ces galeries souterraines étaient bien basses de plafond.
Le nouveau corridor la mena à un autre et celui-ci à un autre.
Le corridor vide marqua un coude. Ce coude franchi, la dame tomba sur un autre tournant. Qui la mena vers un autre corridor qui présentait un nouveau coude.
Comme une automate la dame s’engageait docilement dans des corridors qui menaient inexorablement à d’autres corridors. Où se trouvait donc la salle où devait avoir lieu le cours inaugural ? C’était devant cette salle qu’elle devait retrouver les personnesavec qui elle avait rendez-vous. La conférence avait peut-être déjàcommencé. Elle allait la rater, elle qui se faisait un devoir de ne manquer aucun évément culturel, ainsi se maintenant-elle jeune, de l’intérieur, puisque à la voir, personne ne devinait qu’ele avait presque soixante-dix ans, on lui en donnait plutôt dans les cinquante-sept.
Mais maintenant qu’elle était égarée dans les méandres souterrains et obscurs du Maracanã, la dame traînait des pieds de plomb, des pieds de vieille.
Alors soudain, elle rencontra dans un corridor un homme surgi du néant qu’elle questionna sur la conférence. L’homme répondit qu’il n’était pas au courant mais il se renseigna auprès d’un deuxième homme, surgi subitement, lui aussi, au détour du corridor.
Ce deuxième individu déclara qu’il avait aperçu, au pied des gradins de droite, en plein stade, à ciel ouvert, «deux dames et un monsieur, une des dames étant vêtue de rouge». Mme Xavier se demandait s’il s’agissait bien des personnes qu’elle était censée rencontrer avant la conférence et, à vrai dire, elle ne savait plus trop pourquoi elle avait tant déambulé. Elle suivit pourtant l’homme jusqu’à la piste où elle s’arrêta net, éblouie par cet espace vide dans lequel déferlait la lumière muette, stade mis à nu, éventré, sans ballon ni match de football. Et surtout sans foule. La foule pourtant était présente, convoquée par le vide, surgie de cette absence absolue.
Où étaient donc les deux dames et le monsieur ? Avaient-ils disparu dans quelque corridor ?
Sur un ton de défi outrancier l’homme dit alors :
— Oh, mais je vais aller à la recherche de ces gens et je finirai bien par vous les dénicher, ils ne peuvent pas s’être évanouis dans les airs.
Et de fait tous deux les aperçurent dans le lointain. Une seconde plus tard le groupe avait de nouveau disparu, on eût dit un cache-cache enfantin, un fou rire muselé émanait d’ailleurs de Mme Jorge B. Xavier.
Laquelle s’engagea avec l’homme dans d’autres corridors. Et soudain, il s’évapora lui aussi à un détour du corridor.
La dame avait définitivement renoncé à la conférence dont, au fond, elle se moquait pas mal. Tout ce qu’elle souhaitait maintenant c’était sortir de cet enchevêtrement de couloirs sans fin. N’y avait-il pas, quelque part, une porte de sortie ? Elle se sentit comme à l’intérieur d’un ascenseur arrêté entre deux étages. N’y avait-il pas de porte de sortie ?
Alors, soudain, elle se souvint d’un renseignement donné par son amie au téléphone : «Cet endroit n’est pas très loin du stade de Maracanã». Elle comprit aussitôt sa méprise, propre à une personne étourdie et distraite qui n’entendait les choses qu’à moitié, le reste tombant dans le vide. Mme Xavier était extrêmement inattentive. Il lui apparaissait maintenant que le rendez-vous n’était pas au stade même, mais dans son voisinage. Or son destin chétif avait voulu qu’elle s’égarãt dans le labyrinthe.
Sa lutte n’en reprit qu’avec plus d’acharnement : la dame voulait coûte que coûte sortir de là mais, comment, par où, elle ne le savait pas. Réapparut dans le corridor l’homme parti à la recherche du groupe, qui, de nouveau, lui jura qu’il retrouverait ces gens parce qu’ils ne pouvaient pas s’être évanouis dans les airs. Ce furent ses paroles exactes :
— Ces gens ne peuvent pas s’être évanouis dans les airs !
Mais la dame déclara :
— Il est inutile que vous fatiguiez à les chercher plus longtemps. Je vous remercie beaucoup. Voyez-vous, l’endroit où je dois rencontrer ces gens n’est pas le Maracanã.
L’homme s’arrêta net et la regarda, perplexe :
— Mais alors, que faites-vous ici ?
La dame voulut expliquer que sa vie était toujours comme cela, mais elle ne savait pas ce qu’elle entendait par «toujours comme cela» ou par «sa vie», et elle ne répondit pas. Pris entre le soupçon et la discrétion l’homme insista sur sa question : que faisait-elle là ? Rien, rétorqua in petto la dame, prête maintenant à s’écrouler de fatigue. Mais elle ne lui répondit rien, le laissant penser qu’elle était folle. D’ailleurs elle ne donnait jamais d’explications. Elle se rendait compte que l’homme le prenait pour une cinglée – et qui pourrait affirmer qu’elle n’en était pas une ? N’était-elle pas la proie de cette chose que, pudiquement, elle appelait «cela» ? Elle se savait pourtant en possession d’une santé mentale aussi solide que sa santé physique. Santé physique à présent bien compromise, la dame ne pouvait presque plus soulever ses pieds épuisés d’avoir cheminé de si longues années dans le labyrinthe. Elle avait eu son chemin de croix. Vêtue d’une robe de laine très épaisse, elle suffoquait et transpirait dans la chaleur inattendue de cet apogée d’un été, de cette journée estivale qui était en fait une difformité de l’hiver. D’avoir tant porté sa vieille croix, ses jambes lui faisaient mal. Elle s’était en quelque sorte résignée à ne plus jamais sortir du Maracanã, et à mourir là, d’un cœur exsangue.
(…)

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Fonte : LISPECTOR, Clarice. Où étais-tu pendant la nuit ? Traduit du brésilien par Geneviève Leibrich et Nicole Biros. Paris, Des Femmes, 1985, p. 9-13.

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ESCRITORES

Perto do Coração Selvagem

Autor: Clarice Lispector

Título: Perto do Coração Selvagem, Prés du Cœur Salvage
Idiomas: port, fra
Tradutor: Regina Helena de Oliveira Machado(fra)
Data: 28/12/2004

PRÉS DU CŒUR SALVAGE

LE PÉRE…

Clarice Lispector

La machine de papa battait tac-tac… tac-tac-tac… L’horloge s’est réveilée en tin-dlen sans poussière. Le silence a traîné zzzzzz. La garde-robe disait quoi? Robe-robe-robe. Non, non. Entre l’horloge, la machine et le silence il y avait une oreille à l’écoute, grande, couleur-de-rose et morte. Les trois sons étaient liés par la lumière du jour et par le grincer des petites feuilles de l’arbre qui se frottaient les unes aux autres rayonnantes.
Appruyant le front sur la vitre brillante et froide elle regardait la cour du voisin, le grand monde de poules-qui-ne-savaient-pas-qu’elles-allaient-mourir. Et elle pouvait sentir comme si se trouvait bien proche de son nez la terre chaude, tassée, si idirante et sèche, où elle savait bien, savait bien un ou autre ver de terre s’étirait avant d’être mangé par la poule que les gens allaient manger.
Il y a eu un moment grand, arrêté, sans rien en dedans. Elle a dilaté les yeux, attendu. Rien n’est venu. Blanc. Mais soudain en un frémissement on a remonté le jour et tout a recommencé à fonctionner, la machine trottant, la cigarette du père fumant, le silence, les petites feuilles, les poulets pelés, la clarté, les choses revivant pleines de hâte comme une bouilloire à bouillir. Il ne manquait que le tin-dlen de l’horloge qui embellissait tant. Elle a fermé les yeux, a feint de l’écouter et au son de la musique inexistante et rythmée elle s’est dressée sur les pointes des pieds. A fait trois pas de danse bien légers, ailés.
Alors subitement elle a regardé tout avec dégoût comme si elle avait mangé trop de ce mélange. «Oï, oï, oï…», elle a gémi tout bas fatiguée et après elle a pensé: que va-t-il arriver maintenant maintenant maintenant? Et toujours dans la goutte de temps qui venait rien n’arrivait si elle continuait à attendre ce qui allait arriver, tu comprends? Elle a éloigné la pensée difficile se distrayant avec un mouvement du pied nu sur le plancher de bois poussiéreux. Elle a frotté le pied, épiant le père de travers, attendant son regard impatient et nerveux. Rien n’est venu pourtant. Rien. Difficile d’aspirer les personnes comme l’aspirateur de poussière.
— Papa, j’ai inventé une poésie.
— C’est comment, son nom?
— Moi et le soleil. — Sans attendre beaucoup elle a récité: — «Les poules qui sont dans la cour ont déjà mangé deux vers de terre mais je n’ai pas vu».
— Oui? Qu’est-ce que toi et le soleil ont à voir avec la poésie?
Elle l’a regardé une seconde. Il n’avait pas compris…
— Le soleil est au-dessus des vers de terre, papa, et j’ai fait la poésie et n’ai pas vu les vers de terre… — Pause. — Je peux en inventer une autre maintenant même: «O soleil, viens jouer avc moi». Une autre plus grande:
«J’ai vu un nuage petit
pauvre ver de terre
Je crois qu’il n’a pas vu».
— Très jolies, petite, très jolies. Comment est-ce qu’on fait une poésie sibelle?
— Ce n’est pas difficile, il suffit d’aller disant.
Déjà elle avait vêtu la poupée, déjà elle l’avait dévêtue, l’avait imaginée allant à une fête ou elle brillait entre toutes les autres filles. Une voiture bleue traverse le corps d’Arlette, la tuait. Après venait la fée et la fille vivait de nouveau. La fille, la fée, la voiture bleue n’étaient que Joana, sinon le jeu serait ennuyeux. Elle s’arrangeait toujours pour trouver une façon de se placer dans le rôle principal exactement quand les événements illuminaient une figure ou l’autre. Elle travaillait sérieuse, silencieuse, les bras le long du corps. Elle n’avait pas besoin de s’approcher d’Arlette pour jouer avec elle. Même de loir elle possédait les choses.
Elle s’est divertie avec les cartons. Elle les regardait un instant et chaque carton était un élève. Joana était la maîtresse. L’un d’eux était bon et et l’autre mauvais. Oui, oui, et alors? Et maintenant maintenant maintenant? Et toujours rien ne venait si elle… ça y est.
Elle a inventé un petit homme de la traille de l’index, avec un pantalon long et un nœud de cravate. Elle l’utilisait dans la poche de son uniforme de collège. Le petit homme était une perle pour de bon, une perle de cravate, il avait la voix grosse et disait de l’intérieur de la poche: «Majesté Joana, pouvez-vous m’écouter une minute, seulement une minute pourrez-vous interrompre votre toujours occupation?» Et il déclarait après: «Je suis votre serf, princesse. Il suffit d’ordonner et je fais».
— Papa, qu’est-ce que je fais?
— Vá étudier.
— J’ai déjà étudié.
— Va jouer.
— J’ai déjà joué.
— Alors ne m’embête pas.
Elle a tournoyé et s’est arrêtée, épiant sans curiosité les murs et le plafond qui tournaient et se défaissaient. Elle a marché sur la pointe des pieds ne marchant que sur les planches foncées. Elle a fermé les yeux et a cheminé, les mains étendues, jusqu’à rencontrer un meuble. Entre elle et les objets il y avait quelque chose mais quand elle attrapait cette chose dans la main, comme une mouche, et après elle épiait – même en prenant soin que rien n’échappe – elle ne trouvait que sa propre main, rosée et désappointée. Oui, je sais, l’air, l’air! Mais ça n’avançait pas, n’expliquait pas. Cela était un de ses secrets. Jamais elle ne se permettrait de raconter, même à papa, qu’elle n’arrivait pas à prendre «la chose». Tout ce qui valait le plus exactement, elle ne pouvait pas le raconter. Elle ne disait que des bêtises aux gens. Quand elle disait à Ruth, per exemple, quelques secrets, après elle se mettait en rage contre Ruth. Le mieux c’était encore de se taire. Autre chose: si elle avait quelque douleur et si pendant que ça faisait mal elle regardait les aiguilles de l’horloge, elle voyait alors que les minutes comptées sur l’horloge passaient et la douleur continuait à faire mal. Ou alors, même quand rien ne lui faisait mal, si elle restait devant l’horloge, à épier, ce qu’elle n’était pas en train de sentir était aussi plus grand que les minutes comptées sur l’horloge. Maintenant, quand arrivait une joie ou une rage, elle courait vers l’horloge et observait les secondes en vain.
Elle est allée à la fenêtre, a tracé une croix sur le rebord et a craché dehors en ligne droite. Si elle crachait encore une fois – maintenant elle ne pourrait que la nuit – le désastre n’arriverait pas et Dieu serait tellement son ami à elle, mais tellement son ami que… que quoi?
— Papa, qu’est-ce que je fais?
— Je j’ai déjà dit: va jouer et laisse-moi!
— Mais j’ai déjà joué, je te jure.
Papa a ri:
— Mais jouer ne finit pas…
— Si, ça finit.
— Invente un autre jeu.
— Je ne veux ni jouer ni étudier.
— Tu veux faire quoi alors?
Joana a médité:
— Rien de ce que je sais…
— Tu veux voler? – demande papa distrait.
— Non – répond Joana. Pause. — Qu’est-ce que je fais?
Papa gronde cette fois:
— Tape-toi la tête contre le mur!
Elle s’éloigne faisant une petite tresse dans les cheveux lisses. Jamais jamais jamais oui oui, elle chante tout bas. Elle a appris à tresser ces jours-ci. Elle va vers la petite table des livres, joue avec eux en les regardant à distance. Maîtresse de maison mari enfants, vert est homme, blanc est femme, incarnat peut être fils ou fille. «Jamais» est homme ou femme? Pourquoi «jamais» n’est ni fils ni fille? Et «oui»? Oh, il y avait beaucoup de choses entièrement impossibles. On pouvait rester des après-midis entiers à penser. Par exemple: qui a dit pour la première fois ainsi: jamais?
Papa termine le travail et va la trouver assise en train de pleurer.
— Mais qu’est-ce que c’est, fillette? – la prend dans ses bras, regarde sans étonnement le petit visage ardent et triste.
— Qu’est-ce que c’est?
— Je n’ai rien à faire.
Jamais jamais oui oui. Tout était comme le bruit du tramway avant de s’endormir, jusqu’à jusqu’à ce que l’on sente un peu de peur et on dort. la bouche de la machine était fermée comme une bouche de vieille, mais venait cela serrant son cœur comme le bruit du tramway, seulement, elle n’allait pas s’endormir. C’était l’étreinte du père. Le père medite un instant. Mais personne ne peut faire quelque chose pour les autres, on aide. L’enfant va, si libre, si maigrelette et précoce… Il respire pressé, secoue la tête. Un petit œuf, c’est ça, un petit œuf vivant. Que va devenir Joana?

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Prés du Cœur Salvage. Traduit du brésilien par Regina Helena de Oliveira Machado. Paris, Des Femmes, 1981, p. 9-16.

PERTO DO CORAÇÃO SELVAGEM

O PAI…

Clarice Lispector

A MÁQUINA DO PAPAI batia tac-tac… tac-tac-tac… O relógio acordou em tin-dlen sem poeira. O silêncio arrastou-se zzzzzz. O guarda-roupa dizia o quê? roupa-roupa-roupa. Não, não. Entre o relógio, a máquina e o silêncio havia uma orelha à escuta, grande, cor-de-rosa e morta. Os três sons estavam ligados pela luz do dia e pelo ranger das folhinhas da árvore que se esfregavam umas nas outras radiantes.
Encostando a testa na vidraça brilhante e fria olhava para o quintal do vizinho, para o grande mundo das galinhas-que-não-sabbiam-que-iam-morrer. E podia sentir como se estivesse bem próxima de seu nariz a terra quente, socada, tão cheirosa e seca, onde bem sabia, bem sabia uma ou outra minhoca se espreguiçava antes de ser comida pela galinha que as pessoas iam comer.
Houve um momento grande, parado, sem nada dentro. Dilatou os olhos, esperou. Nada veio. Branco. Mas de repente num estremecimento deram corda no dia e tudo recomeçou a funcionar, a máquina trotando, o cigarro do pai fumegando, o silêncio, as folhinhas, os frangos pelados, a claridade, as coisas revivendo cheias de pressa como uma chaleira a ferver. Só faltava o tin-dlen do relógio que enfeitava tanto. Fechou os olhos, fingiu escutá-lo e ao som da música inexistente e ritmada ergueu-se na ponta dos pés. Deu três passos de dança bem leves, alados.
Então subitamente olhou com desgosto para tudo como se tivesse comido demais daquela mistura. “Oi, oi, oi…”, gemeu baixinho cansada e depois pensou: o que vai acontecer agora agora agora? E sempre no pingo de tempo que vinha nada acontecia se ela continuava a esperar o que ia acontecer, compreende? Afastou o pensamento difícil distraindo-se com um movimento do pé descalço no assoalho de madeira poeirento. Esfregou o pé espiando de través para o pai, aguardando seu olhar impaciente e nervoso. Nada veio porém. Nada. Difícil aspirar as pessoas como o aspirador de pó.
— Papai, inventei uma poesia.
— Como é o nome?
— Eu e o sol. — Sem esperar muito recitou: — “As galinhas que estão no quintal já comeram duas minhocas mas eu não vi”.
— Sim? Que é que você e o sol têm a ver com a poesia?
Ela olhou-o um segundo. Ele não compreendera…
— O sol está em cima das minhocas, papai, e eu fiz a poesia e não vi as minhocas… – Pausa. — Posso inventar outra agora mesmo: “Ó sol, vem brincar comigo”. Outra maior:
“Vi uma nuvem pequena
coitada da minhoca
acho que ela não viu”.
— Lindas, pequenas, lindas. Como é que se faz uma poesia tão bonita?
— Não é difícil, é só ir dizendo.
Já vestira a boneca, já a despira, imaginara-a indo a uma festa onde brilhava entre todas as outras filhas. Um carro azul atravessava o corpo de Arlete, matava-a. Depois vinha a fada e a filha viva de novo. A filha, a fada, o carro azul não eram senão Joana, do contrário seria pau a brincadeira. Sempre arranjava um jeito de se colocar no papel principal exatamente quando os acontecimentos iluminavam uma ou outra figura. Trabalhava séria, calada, os braços ao longo do corpo. Não precisava aproximar-se de Arlete para brincar com ela. De longe mesmo possuía as coisas.
Divertiu-se com os papelões. Olhava-os um instante e cada papelão era um aluno. Joana era a professora. Um deles bom e outro mau. Sim, sim, e daí? E agora agora agora? E sempre nada vinha se ela… pronto.
Inventou um homenzinho do tamanho do furabolos, de calça comprida e laço de gravata. Ela usava-o no bolso da farda de colégio. O homenzinho era uma pérola de bom, uma pérola de gravata, tinha a voz grossa e dizia de dentro do bolso: “Majestade Joana, podeis me escutardes um minuto, só um minuto podereis interromperdes vossa sempre ocupação?” E declarava depois: “Sou vosso servo, princesa. É só mandar que eu faço”.
— Papai, que é que eu faço?
— Vá estudar.
— Já estudei.
— Vá brincar.
— Já brinquei.
— Então não amole.
Deu um corrupio e parou, espiando sem curiosidade as paredes e o teto que rodavam e se desmanchavam. Andou na ponta dos pés só pisando as tábuas escuras. Fechou os olhos e caminhou, as mãos estendidas, até encontrar um móvel. Entre ela e os objetos havia alguma coisa, mas quando agarrava essa coisa na mão, como a uma mosca, e depois espiava – mesmo tomando cuidado para que nada escapasse – só encontrava a própria mão, rósea e desapontada. Sim, eu sei o ar, o ar! mas não adiantava, não explicava. Esse era um de seus segredos. Nunca se permitiria contar, mesmo a papai, que não conseguia pegar “a coisa”. Tudo o que mais valia exatamente ela não podia contar. Só falava tolices com as pessoas. Quando dizia a Rute, por exemplo, alguns segredos, ficava depois com raiva de Rute. O melhor era mesmo calar. Outra coisa: se tinha alguma dor e se enquanto doía ela olhava os ponteiros do relógio, via então que os minutos contados no relógio iam passando e a dor continuava doendo. Ou senão, mesmo quando não lhe doía nada, se ficava defronte do relógio espiando, o que ela não estava sentindo também era maior que os minutos contados no relógio. Agora, quando acontecia uma alegria ou uma raiva, corria para o relógio e observava os segundos em vão.
Foi à janela, riscou uma cruz no parapeito e cuspiu fora em linha reta. Se cuspisse mais uma vez – agora só poderia à noite – o desastre não aconteceria e Deus seria tão amigo dela, mas tão amigo que… que o quê?
— Papai, que é que eu faço?
— Eu já lhe disse: vá brincar e me deixe!
— Mas eu já brinquei, juro.
Papai riu:
— Mas brincar não termina…
— Termina sim.
— Invente outro brinquedo.
— Não quero brincar nem estudar.
— Quer fazer o quê então?
Joana meditou:
— Nada do que sei…
— Quer voar?, pergunta papai distraído.
— Não, responde Joana. – Pausa. — Que é que eu faço?
Papai troveja dessa vez:
— Bata com a cabeça na parede!
Ela se afasta fazendo uma trancinha nos cabelos escorridos. Nunca nunca nunca sim sim, canta baixinho. Aprendeu a trançar um dia desses. Vai para a mesinha dos livros, brinca com eles olhando-os a distância. Dona de casa marido filhos, verde é homem, branco é mulher, encarnado pode ser filho ou filha. “Nunca” é homem ou mulher? Por que “nunca” não é filho nem filha? E “sim”? Oh, tinha muitas coisas inteiramente impossíveis. Podia-se ficar tardes inteiras pensando. Por exemplo: quem disse pela primeira vez assim: nunca?
Papai termina o trabalho e vai encontrá-la sentada chorando.
— Mas que é isso, menininha? – pega-a nos braços, olha sem susto o rostinho ardente e triste. — O que é isso?
— Não tenho nada o que fazer.
Nunca nunca sim sim. Tudo era como o barulho do bonde antes de adormecer, até que sente um pouco de medo e se dorme. A boca da máquina fechara como uma boca de velha, mas vinha aquilo apertando seu coração como o barulho do bonde; só que ela não ia adormecer. Era o abraço do pai. O pai medita um instante. Mas ninguém pode fazer alguma coisa pelos outros, ajuda-se. Anda tão solta a criança, tão magrinha e precoce… respira apressado, balança a cabeça. Um ovinho, é isso, um ovinho vivo. O que vai ser de Joana?

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Perto do Coração Selvagem. 16º edição. Rio de Janeiro, Francisco Alves, 1995, p. 19-24

 
 

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SILÊNCIO

Autor: Clarice Lispector
Título: SILENCIO
Idiomas: esp
Tradutor: Hilda Figueroa (esp)
Data: 28/12/2004

SILENCIO

 

Clarice Lispector

Es inmenso el silencio de la noche en la montaña. Es tan yermo. En vano se intenta el esfuerzo para no escuchar, pensar aprisa para disfrazarlo. O inventar un plan, frágil punto que mal nos une al súbitamente improbable mañana. Cómo trascender esa paz que nos acecha. Tan gran silencio, que la desesperación tiene pudor. Montañas tan altas, que la angustia siente pudor. Los oídos se afinan, se inclina la cabeza, el cuerpo todo escucha: ni un solo rumor. Ni un gallo. Estar al alcance de esa profunda meditación del silencio. De ese silencio sin memoria de palabras. Si es muerte, cómo alcanzarte…
Es un silencio insomne, inmóvil, mas insomne; y sin fantasmas. Es terrible —Sin un solo fantasma. Inútil provocarlo con la posibilidad de una puerta que crujiente se abra, de un velo que al abrirse pronuncia alguna cosa. Él es vacío, sin promesa. Si al menos hubiese aire. Viento es ira, ira es vida. O nieve. Que es muda, mas deja rastro —todo blanquece, los niños ríen, los pasos crujen y marcan. Hay una continuidad que es vida. Mas este silencio no deja testimonio. No se puede hablar del silencio como de la nieve: ¿Sentiste el silencio de esta noche? Quien escuchó, calla.
La noche, desciende con las pequeñas alegrías de quien enciende lámparas con el cansancio que tanto justifica al día. Los niños de Berna dormitan, se cierran las últimas puertas. Brillan las calles en las piedras del suelo, brillan vacías. Y finalmente las luces más distantes se extinguen.
Mas este primer silencio aún no es el silencio. Que se espere, pues las hojas de los árboles van a acomodarse mejor todavía. Tal vez algún tardío paso, con esperanza se atreva por los peldaños.
Mas hay un momento en que se yergue el espíritu atento del cuerpo descansado, y de la tierra, la alta luna. Entonces él, el silencio, aparece.
Late el corazón al advertirlo.
Se puede pensar aprisa en el día que pasó. O en los amigos que pasaron y se perdieron para siempre. Mas es inútil desdeñarlo: hay silencio. Aún el peor sufrimiento, que es el de la amistad perdida, es apenas fuga. Pues si al comienzo, el silencio parece aguardar una respuesta —Cómo ansiamos ser llamados a responder— pronto se descubre que de ti, nada exige, apenas tal vez tu silencio. Cuántas horas se pierden en la oscuridad suponiendo que el silencio te sentencia —como esperamos en vano ser juzgados por Dios. Surgen las justificaciones, trágicas justificaciones forjadas, humildes disculpas hasta la dignidad. Es tan delicado para el ser humano mostrar al fin su indignidad y ser perdonado con la disculpa de que se es un ser humillado de nacimiento.
Hasta que descubre que ni su indignidad quiere él. Él es el silencio. Se puede intentar también engañarlo. Dejar caer al suelo el libro de cabecera como por acaso. Mas, horror —El libro cae dentro del silencio y se pierde en él, en su abismal y muda pausa. ¿Y si cantara enloquecido un pájaro? Inútil esperanza. El canto cruzaría apenas el silencio, como una leve flauta.
Entonces, si hay osadía, no se lucha más. Se entra en él. Se va con él. Nosotros, los únicos fantasmas de una noche de Berna. Que se entre. Que no se espere el resto de la oscuridad delante de sí, sólo a él. Será como si estuviéramos en un navío tan descomunalmente grande que ignoráramos estar en una nave. Y que ésta navegara de tal modo que ignorásemos estarnos yendo. Un hombre no puede más que eso. Vivir en la orilla de la muerte y de las estrellas es vibración, pero más tensa de lo que las cuerdas de las venas podrían soportar. No hay siquiera un hijo de astro y de mujer como piadoso intermediario. El corazón tiene que presentarse solo frente a la nada y solo golpear alto en las tinieblas. Solo se siente en los oídos el propio corazón. Cuando éste se presenta al desnudo, no es comunicación, es sumisión, pues no fuimos hechos sino para el pequeño silencio.
Si no hay valor, que no se entre. Que se espere el resto de la oscuridad frente al silencio. Con sólo los pies mojados por la espuma de algo que se extiende dentro de nosotros. Que se espere. Uno indisoluble por el otro. Uno al lado del otro. Dos cosas que no se ven en la oscuridad. Que se espere. No el fin del silencio, sino el bendito auxilio de un tercer elemento, la luz del alba.
Después nunca más se olvida. Inútil huir a otra ciudad. Pues cuando menos se espera se le puede reconocer —de repente. Al cruzar una calle en medio de las bocinas de los coches. Entre una y otra carcajada fantasmagórica. Después de una palabra dicha. A veces en el mismo corazón de la palabra. Los oídos se asombran, la mirada se desorbita. Desde entonces es fantasma.

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Fuente : (www.fuentes.csh.udg.mx)/ Traducción de Hilda Figueroa

 
 

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ESCRITORES

Uma aprendizagem

Autor: Clarice Lispector
Título: Uma aprendizagem, ou O livro dos prazeres, Un apprentissage, ou Le livre des plaisirs
Idiomas: port, fra
Tradutor: Jacques et Teresa Thiériot(fra)
Data: 28/12/2004

UN APPRENTISSAGE,
OU LE LIVRE DES PLAISIRS


L’Origine du printemps ou La mort nécessaire en plein jour


Clarice Lispector

, tellement occupée, à cause des courses que la bonne avait faites à la va-vite car de plus en plus elle bâclait son travail, même si elle ne venait que pour préparer le déjeuner et le dîner, elle avait donné plusieurs coups de téléphone pour régler des problèmes, le plus difficile pour appeler le plombier, elle était allée à la cuisine ranger les achats et disposer dans la corbeille les pommes qui étaient sa meilleure nourriture, tant pis si elle ne savait pas garnir une corbeille, mais Ulysse lui avait laissé entrevoir la possibilité à l’avenir par exemple d’enjoliver une corbeille, elle regarda ce que la bonne avait laissé pour le dîner avant de s’en aller, car le déjeuner avait été très mauvais, entre-temps elle avait remarqué que la petite terrasse qui était un avantage de son appartement en rez-de-chaussée avait besoin d’être lavée, elle avait reçu un coup de téléphone pour l’inviter à un cocktail de bienfaisance au profit de quelque chose qu’elle n’avait pas très bien compris mais qui avait un rapport avec son école primaire, Dieu merci elle était en vacances, elle était allée à la penderie choisir la robe qu’elle mettrait pour se rendre extrêmement attirante lors de son rendez-vous avec Ulysse qui lui avait déjà dit qu’elle n’avait pas de goût pour s’habiller, elle se rappela que c’était samedi et donc il aurait plus de temps car ce jour-là il ne donnait pas de cours d’été à l’Université, elle pensa à ce en quoi il se transformait pour elle, à ce qu’il semblait vouloir qu’elle sût, elle supposa qu’il voulait lui apprendre à vivre sans douleur tout simplement, il avait dit une fois qu’il voulait, si on lui demandait son nom, qu’elle ne répondît pas « Lori » mais qu’elle pût répondre « mon nom c’est moi », car ton nom, avait-il dit, est un moi, elle se demanda si la robe noire et blanche conviendrait,
alors du ventre même, comme une secousse lointaine de terre dont on sait à peine que c’est l’annonce d’un séisme, de l’utérus, du coeur contracté vint le tremblement gigantesque d’une violente douleur ébranlée, de tout le corps l’ébranlement – et en subtiles grimaces du visage et du corps, avec la difficulté d’un pétrole déchirant la terre – vint finalement la grande crise de larmes sèches, une crise muette sans aucun son qu’elle pût elle-même entendre, qu’elle n’avait pas pressentie, n’avait jamais voulue et n’avait pas prévue – secouée comme l’arbre solide qui est plus profondément ébranlé que l’arbre fragile – finalement canaux et veines éclatés, alors
elle s’assit pour se reposer et au bout d’un instant elle faisait comme si elle était une femme bleue parce que le crépuscule plus tard serait peut-être bleu, elle fait comme si elle filait avec des fils d’or les sensations, elle fait comme si l’enfance était aujourd’hui et argentée de jouets, elle fait comme si une veine ne s’était pas ouverte et elle fait comme si dans un silence tout blanc n’en coulait pas un sang écarlate, et qu’elle ne fût pas d’une pâleur mortelle mais cela faisait comme si c’était vrai de vrai, il fallait au milieu du faire comme si dire la vérité de pierre opaque pour qu’elle contrastât avec le faire comme si vert moiré, elle fait comme si elle aimait et était aimée, elle fait comme si elle n’avait pas besoin de mourir de regret, elle fait comme si elle était couchée dans la paume transparente de la main de Dieu, non pas Lori mais son nom secret dont pour l’instant elle ne pouvait pas encore jouir, elle fait comme si elle vivait et n’était pas en train de mourir car vivre en fin de compte n’était guère que s’approcher de plus en plus de la mort, elle fait comme si elle n’avait pas les bras tombés de perplexité quand les fils d’or qu’elle filait s’entremêlaient et elle ne savait pas dénouer le fin fil froid, elle fait comme si elle était assez habile pour défaire les noeuds de la corde de marin qui lui liaient les poignets, elle fait comme si elle avait un panier de perles rien que pour regarder la couleur de la lune car elle est lunaire, elle fait comme si elle fermait les yeux et des êtres aimés surgiraient quand elle les ouvrirait embués de gratitude, elle fait comme si tout ce qu’elle avait n’était pas comme si, elle fait comme si sa poitrine se décontractait et qu’une lumière toute dorée et légère la guidât dans une forêt d’écluses muettes et de tranquilles mortalités, elle fait comme si elle n’était pas lunaire, elle fait comme si elle ne pleurait pas des larmes rentrées
-car à présent doucement, malgré les yeux secs, son coeur était humide; elle était maintenant sortie de la voracité de vivre. Elle eut l’idée d’écrire à Ulysse pour lui raconter ce qui s’était passé,
mais rien ne s’était passé de dicible avec des mots écrits ou parlés, excellent ce système qu’Ulysse avait inventé: ce qu’elle ne savait pas ou n’aurait pu dire, elle l’écrirait et lui donnerait le papier sans mot dire – mais cette fois il n’y avait vraiment rien à raconter.
Maintenant lucide et calme, Lori se rappela qu’elle avait lu que les mouvements hystériques d’un animal captif avaient pour but de libérer, grâce à un de ces mouvements, la chose ignorée qui l’enchaînait – l’ignorance du mouvement unique, précis et libérateur était ce qui rendait hystérique l’animal: il recourait au dérèglement – durant le savant dérèglement de Lori, elle avait eu pour elle-même sur le moment les avantages libérateurs venus de sa vie la plus primitive et animale: elle avait recouru hystériquement à tant de sentiments contradictoires et violents que le sentiment libérateur avait fini par la dégager du filet, dans son ignorance animale elle ne savait même pas comment,
elle était fatiguée de son effort d’animal libéré.
Et maintenant était venu le moment de décider si elle continuerait ou non à voir Ulysse. Soudain révoltée, elle refusa d’apprendre ce que lui patiemment semblait vouloir lui enseigner et elle-même apprendre – elle se révoltait surtout parce que à son avis ce n’était pas une époque de « méditation » qui tout à coup lui paraissait ridicule: elie vibrait d’un pur désir comme cela lui arrivait avant et après ses règles. Mais c’était comme s’il voulait qu’elle apprît à marcher avec ses propres jambes et alors seulement, préparée pour la liberté par Ulysse, elle serait à lui – que voulait-il d’elle, outre tranquillement la désirer? Au début Lori s’était trompée et avait cru qu’Ulysse voulait lui transmettre certaines choses de ses cours de philosophie mais il avait dit: « Ce n’est pas de philosophie que tu as besoin, en ce cas ce serait facile: tu assisterais à mes cours comme auditrice et moi je bavarderais avec toi en d’autres termes »,
puisque maintenant le séisme servirait à son hystérie et que maintenant elle était libérée, elle pourrait même remettre à plus tard la décision de ne pas voir Ulysse: oui mais voilà aujourd’hui elle voulait le voir et, bien qu’elle ne supportât pas son muet désir, elle savait qu’en fait c’était elle qui le provoquait pour essayer de venir à bout de la patience avec laquelle il attendait; avec l’argent que son père lui envoyait eile achetait des robes coûteuses toujours très ajustées, c’est tout ce qu’elle savait faire pour l’attirer et
c’était le moment de s’habiller: elle se regarda dans la glace et elle n’était belle que par le fait d’être une femme: son corps était mince et solide, un des motifs imaginaires qu’avait Ulysse de la désirer; elle choisit une robe d’un tissu lourd, malgré la chaleur, d’une forme indécise, la forme serait son corps mais
se faire belle était un rituel qui lui conférait de la gravité: l’étoffe cessait d’être un simple tissu, elle se changeait en matière de chose et c’était cette étoffe à qui avec son corps elle donnait corps – comment un simple morceau de tissu pouvait-il acquérir tant de mouvement? ses cheveux lavés le matin et séchés au soleil de la petite terrasse étaient en soie châtain la plus ancienne – beile? non, femme: Lori alors se maquilla soigneusement les lèvres et les yeux, ce qu’elle faisait, selon une collègue, très mal, elle vaporisa du parfum sur son front et à la naissance des seins – la terre était parfumée de l’odeur de mille feuilles et fleurs écrasées: Lori se parfumait et c’était là une de ses imitations du monde, elle qui essayait tellement d’apprendre la vie – avec le parfum, d’une certaine façon elle accentuait ce qu’elle était et c’est pourquoi elle ne pouvait pas mettre des parfums qui la contredisaient: se parfumer relevait d’une sagesse instinctive, venue de millénaires de femmes qui avaient appris apparemment passives et, comme tout art, cela exigeait qu’elle eût un minimum de connaissance d’elle-même: elle mettait un parfum légèrement entêtant, délectable comme de l’humus, comme si sa tête couchée écrasait de l’humus, un parfum dont elle ne révélait pas le nom à ses collègues-institutrices: parce qu’il était à elle, il était elle, puisque pour Lori se parfumer était un acte secret et presque religieux
-mettrait-elle des boucles d’oreille? elle hésita, car elle voulait des oreilles seulement délicates et simples, quelque chose de modestement nu, hésita un peu plus: une richesse encore plus grande serait de cacher avec ses cheveux ses oreilles de biche et les rendre secrètes, mais elle ne résista pas: elle les découvrit, tirant les cheveux derrière les oreilles incongrues et pâles: reine égyptienne? non, ornée toute comme les femmes bibliques, et il y avait également quelque chose dans ses yeux maquillés qui disait avec mélancolie: déchiffremoi, mon amour, ou bien je serai contrainte de te dévorer, et
maintenant prête, habillée, belle autant qu’elle pouvait réussir à l’être, de nouveau l’assaillit le doute: irait-elle ou non au rendez-vous avec Ulysse – prête, les bras ballants, pensive, irait-elle ou non au rendez-vous? Avec Ulysse elle se comportait comme une vierge qu’elle n’était plus, bien qu’elle eût la certitude qu’il devinait cela également, cet étranger sage qui cependant ne semblait pas deviner qu’elle voulait l’amour.
Une fois de plus, au milieu de ses hésitations confuses, ce qui la tranquillisa ce fut ce qui si souvent lui servait d’appui serein: le fait que tout ce qui existait, existait avec une précision absolue et dans le fond ce qu’elle finirait par faire ou ne pas faire n’échapperait pas à cette précision; ce qui était de la taille d’une tête d’épingle ne dépassait d’aucune fraction de millimètre la tailie d’une tête d’épingle: tout ce qui existait était d’une grande perfection. Sauf que la majeure partie de ce qui existait avec une telle perfection était, techniquement, invisible: la vérité, claire et exacte en soi, déjà devenait vague et presque insensible pour la femme.
Bon, soupira-t-elle, si cette vérité perdait de sa clarté, au moins elle savait qu’il y avait un sens secret des choses de la vie. De sorte que, parfois, elle finissait par pressentir, quoique confuse, la perfection –
de nouveau ces pensées, que d’une certaine façon, elle utilisait comme pense-bête (grâce auxquelles, à cause de la perfection qui existait, elle finirait par toucher au but) – une fois de plus le pense-bête agit en elle et, les yeux encore obscurcis à présent par la pensée perturbée, elle décida de voir Ulysse au moins cette fois encore.
(…).

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Un apprentissage, ou Le livre des plaisirs. Traduit du brésilien par Jacques et Teresa Thiériot. Paris : Des femmes, 1992. p. 11-18.

UMA APRENDIZAGEM,
OU O LIVRO DOS PRAZERES


A origem da Primavera ou A morte necessária em pleno dia


Clarice Lispector

, estando tão ocupada, viera das compras de casa que a empregada fizera às pressas porque cada vez mais matava serviço, embora só viesse para deixar almoço e jantar prontos, dera vários telefonemas tomando providências, inclusive um dificílimo para chamar o bombeiro de encanamentos de água, fora à cozinha para arrumar as compras e dispor na fruteira as maçãs que eram a sua melhor comida, embora não soubesse enfeitar uma fruteira, mas Ulisses acenara-lhe com a possibilidade futura de por exemplo embelezar uma fruteira, viu o que a empregada deixara para jantar antes de ir embora, pois o almoço estivera péssimo, enquanto notara que o terraço pequeno que era privilégio de seu apartamento por ser térreo precisava ser lavado, recebera um telefonema convidando-a para um coquetel de caridade em benefício de alguma coisa que ela não entendeu totalmente mas que se referia ao seu curso primário, graças a Deus que estava em férias, fora ao guarda-roupa escolher que vestido usaria para se tornar extremamente atraente para o encontro com Ulisses que já lhe dissera que ela não tinha bom-gosto para se vestir, lembrou-se de que sendo sábado ele teria mais tempo porque não dava nesse dia as aulas de férias na Universidade, pensou no que ele estava se transformando para ela, no que ele parecia querer que ela soubesse, supôs que ele queria ensinar-lhe a viver sem dor apenas, ele dissera uma vez que queria que ela, ao lhe perguntarem seu nome, não respondesse “Lóri” mas que pudesse responder “meu nome é eu”, pois teu nome, dissera ele, é um eu, perguntou-se se o vestido branco e preto serviria,
então do ventre mesmo, como um estremecer longínquo de terra que mal se soubesse ser sinal do terremoto, do útero, do coração contraído veio o tremor gigantesco duma forte dor abalada, do corpo todo o abalo – e em sutis caretas de rosto e de corpo afinal com a dificuldade de um petróleo rasgando a terra – veio afinal o grande choro seco, choro mudo sem som algum até para ela mesma, aquele que ela não havia adivinhado, aquele que não quisera jamais e não previra – sacudida como a árvore forte que é mais profundamente abalada que a árvore frágil – afinal rebentados canos e veias, então
sentou-se para descansar e em breve fazia de conta que ela era uma mulher azul porque o crepúsculo mais tarde talvez fosse azul, faz de conta que fiava com fios de ouro as sensações, faz de conta que a infância era hoje e prateada de brinquedos, faz de conta que uma veia não se abrira e faz de conta que dela não estava em silêncio alvíssimo escorrendo sangue escarlate, e que ela não estivesse pálida de morte mas isso fazia de conta que estava mesmo de verdade, precisava no meio do faz de conta falar a verdade de pedra opaca para que contrastasse com o faz de conta verde-cintilante, faz de conta que amava e era amada, faz de conta que não precisava morrer de saudade, faz de conta que estava deitada na palma transparente da mão de Deus, não Lóri mas o seu nome secreto que ela por enquanto ainda não podia usufruir, faz de conta que vivia e não que estivesse morrendo pois viver afinal não passava de se aproximar cada vez mais da morte, faz de conta que ela não ficava de braços caídos de perplexidade quando os fios de ouro que fiava se embaraçavam e ela não sabia desfazer o fino fio frio, faz de conta que ela era sábia bastante para desfazer os nós de corda de marinheiro que lhe atavam os pulsos, faz de conta que tinha um cesto de pérolas só para olhar a cor da lua pois ela era lunar, faz de conta que ela fechasse os olhos e seres amados surgissem quando abrisse os olhos úmidos de gratidão, faz de conta que tudo o que tinha não era faz de conta, faz de conta que se descontraía o peito e uma luz douradíssima e leve a guiava por uma floresta de açudes mudos e de tranqüilas mortalidades, faz de conta que ela não era lunar, faz de conta que ela não estava chorando por dentro
–pois agora mansamente, embora de olhos secos, o coração estava molhado; ela saíra agora da voracidade de viver. Lembrou-se de escrever a Ulisses contando o que se passara,
mas nada se passara dizível em palavras escritas ou faladas, era bom aquele sistema que Ulisses inventara: o que não soubesse ou não pudesse dizer, escreveria e lhe daria o papel mudamente – mas dessa vez não havia sequer o que contar.
Agora lúcida e calma, Lóri lembrou-se de que lera que os movimentos histéricos de um animal preso tinham como intenção libertar, por meio de um desses movimentos, a coisa ignorada que o estava prendendo – a ignorância do movimento único, exato e libertador era o que tornava um animal histérico: ele apelava para o descontrole – durante o sábio descontrole de Lóri ela tivera para si mesma agora as vantagens libertadoras vindas de sua vida mais primitiva e animal: apelara histericamente para tantos sentimentos contraditórios e violentos que o sentimento libertador terminara desprendendo-a da rede, na sua ignorância animal ela não sabia sequer como,
estava cansada do esforço de animal libertado.
E agora chegara o momento de decidir se continuaria ou não vendo Ulisses. Em súbita revolta ela não quis aprender o que ele pacientemente parecia querer ensinar e ela mesma aprender – revoltava-se sobretudo porque aquela não era para ela época de “meditação” que de súbito parecia ridícula: estava vibrando em puro desejo como lhe acontecia antes e depois da menstruação. Mas era como se ele quisesse que ela aprendesse a andar com as próprias pernas e só então, preparada para a liberdade por Ulisses, ela fosse dele – o que é que ele queria dela, além de tranqüilamente desejá-la? No começo Lóri enganara-se e pensara que Ulisses queria lhe transmitir algumas coisas das aulas de filosofia mas ele disse: “não é de filosofia que você está precisando, se fosse seria fácil: você assistiria às minhas aulas como ouvinte e eu conversaria com você em outros termos”,
pois que agora o terremoto serviria à sua histeria e agora que estava libertada podia até adiar para o futuro a decisão de não ver Ulisses: só que hoje queria vê-lo e, apesar de não tolerar o mudo desejo dele, sabia que na verdade era ela quem o provocava para tentar quebrar a paciência com que ele esperava; com a mesada que o pai mandava comprava vestidos caros sempre justos, era só isso que sabia fazer para atraí-lo e
estava na hora de se vestir: olhou-se ao espelho e só era bonita pelo fato de ser uma mulher: seu corpo era fino e forte, um dos motivos imaginários que faziam com que Ulisses a quisesse; escolheu um vestido de fazenda pesada, apesar do calor, quase sem modelo, o modelo seria o seu próprio corpo mas
enfeitar-se era um ritual que a tornava grave: a fazenda já não era um mero tecido, transformava-se em matéria de coisa e era esse estofo que com o seu corpo ela dava corpo – como podia um simples pano ganhar tanto movimento? seus cabelos de manhã lavados e secos ao sol do pequeno terraço estavam de seda castanha mais antiga – bonita? não, mulher: Lóri então pintou cuidadosamente os lábios e os olhos, o que ela fazia, segundo uma colega, muito mal feito, passou perfume na testa e no nascimento dos seios – a terra era perfumada com cheiro de mil folhas e flores esmagadas: Lóri se perfumava e essa era uma das suas imitações do mundo, ela que tanto procurava aprender a vida – com o perfume, de algum modo intensificava o que quer que ela era e por isso não podia usar perfumes que a contradiziam: perfumar-se era de uma sabedoria instintiva, vinda de milênios de mulheres aparentemente passivas aprendendo, e, como toda arte, exigia que ela tivesse um mínimo de conhecimento de si própria: usava um perfume levemente sufocante, gostoso como húmus, como se a cabeça deitada esmagasse húmus, cujo nome não dizia a nenhuma de suas colegas-professoras: porque ele era seu, era ela, já que para Lóri perfumar-se era um ato secreto e quase religioso
–usaria brincos? hesitou, pois queria orelhas apenas delicadas e simples, alguma coisa modestamente nua, hesitou mais: riqueza ainda maior seria a de esconder com os cabelos as orelhas de corça e torná-las secretas, mas não resistiu: descobriu-as, esticando os cabelos para trás das orelhas incongruentes e pálidas: rainha egípcia? não, toda ornada como as mulheres bíblicas, e havia também algo em seus olhos pintados que dizia com melancolia: decifra-me, meu amor, ou serei obrigada a devorar, e
agora pronta, vestida, o mais bonita quanto poderia chegar a sê-lo, vinha novamente a dúvida de ir ou não ao encontro com Ulisses – pronta, de braços pendentes, pensativa, iria ou não ao encontro? com Ulisses ela se comportava como uma virgem que não era mais, embora tivesse certeza de que também isso ele adivinhava, aquele sábio estranho que no entanto não parecia adivinhar que ela queria amor.
Mais uma vez, nas suas hesitações confusas, o que a tranqüilizou foi o que tantas vezes lhe servia de sereno apoio: é que tudo o que existia, existia com uma precisão absoluta e no fundo o que ela terminasse por fazer ou não fazer não escaparia dessa precisão; aquilo que fosse do tamanho da cabeça de um alfinete, não transbordava nenhuma fração de milímetro além do tamanho de uma cabeça de alfinete: tudo o que existia era de uma grande perfeição. Só que a maioria do que existia com tal perfeição era, tecnicamente, invisível: a verdade, clara e exata em si própria, já vinha vaga e quase insensível à mulher.
Bem, suspirou ela, se não vinha clara, pelo menos sabia que havia um sentido secreto das coisas da vida. De tal modo sabia que às vezes, embora confusa, terminava pressentindo a perfeição –
de novo esses pensamentos, que de algum modo usava como lembrete (de que, por causa da perfeição que existia, ela terminaria acertando) – mais uma vez o lembrete agiu nela e com seus olhos ainda escuros agora pelo pensamento perturbado, decidiu que veria Ulisses pelo menos mais esta vez.
(…).

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Uma aprendizagem, ou O livro dos prazeres. 17ª ed. Rio de Janeiro: Francisco Alves, 1990. p. 17-25.