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Perto do Coração Selvagem

Autor: Clarice Lispector

Título: Perto do Coração Selvagem, Prés du Cœur Salvage
Idiomas: port, fra
Tradutor: Regina Helena de Oliveira Machado(fra)
Data: 28/12/2004

PRÉS DU CŒUR SALVAGE

LE PÉRE…

Clarice Lispector

La machine de papa battait tac-tac… tac-tac-tac… L’horloge s’est réveilée en tin-dlen sans poussière. Le silence a traîné zzzzzz. La garde-robe disait quoi? Robe-robe-robe. Non, non. Entre l’horloge, la machine et le silence il y avait une oreille à l’écoute, grande, couleur-de-rose et morte. Les trois sons étaient liés par la lumière du jour et par le grincer des petites feuilles de l’arbre qui se frottaient les unes aux autres rayonnantes.
Appruyant le front sur la vitre brillante et froide elle regardait la cour du voisin, le grand monde de poules-qui-ne-savaient-pas-qu’elles-allaient-mourir. Et elle pouvait sentir comme si se trouvait bien proche de son nez la terre chaude, tassée, si idirante et sèche, où elle savait bien, savait bien un ou autre ver de terre s’étirait avant d’être mangé par la poule que les gens allaient manger.
Il y a eu un moment grand, arrêté, sans rien en dedans. Elle a dilaté les yeux, attendu. Rien n’est venu. Blanc. Mais soudain en un frémissement on a remonté le jour et tout a recommencé à fonctionner, la machine trottant, la cigarette du père fumant, le silence, les petites feuilles, les poulets pelés, la clarté, les choses revivant pleines de hâte comme une bouilloire à bouillir. Il ne manquait que le tin-dlen de l’horloge qui embellissait tant. Elle a fermé les yeux, a feint de l’écouter et au son de la musique inexistante et rythmée elle s’est dressée sur les pointes des pieds. A fait trois pas de danse bien légers, ailés.
Alors subitement elle a regardé tout avec dégoût comme si elle avait mangé trop de ce mélange. «Oï, oï, oï…», elle a gémi tout bas fatiguée et après elle a pensé: que va-t-il arriver maintenant maintenant maintenant? Et toujours dans la goutte de temps qui venait rien n’arrivait si elle continuait à attendre ce qui allait arriver, tu comprends? Elle a éloigné la pensée difficile se distrayant avec un mouvement du pied nu sur le plancher de bois poussiéreux. Elle a frotté le pied, épiant le père de travers, attendant son regard impatient et nerveux. Rien n’est venu pourtant. Rien. Difficile d’aspirer les personnes comme l’aspirateur de poussière.
— Papa, j’ai inventé une poésie.
— C’est comment, son nom?
— Moi et le soleil. — Sans attendre beaucoup elle a récité: — «Les poules qui sont dans la cour ont déjà mangé deux vers de terre mais je n’ai pas vu».
— Oui? Qu’est-ce que toi et le soleil ont à voir avec la poésie?
Elle l’a regardé une seconde. Il n’avait pas compris…
— Le soleil est au-dessus des vers de terre, papa, et j’ai fait la poésie et n’ai pas vu les vers de terre… — Pause. — Je peux en inventer une autre maintenant même: «O soleil, viens jouer avc moi». Une autre plus grande:
«J’ai vu un nuage petit
pauvre ver de terre
Je crois qu’il n’a pas vu».
— Très jolies, petite, très jolies. Comment est-ce qu’on fait une poésie sibelle?
— Ce n’est pas difficile, il suffit d’aller disant.
Déjà elle avait vêtu la poupée, déjà elle l’avait dévêtue, l’avait imaginée allant à une fête ou elle brillait entre toutes les autres filles. Une voiture bleue traverse le corps d’Arlette, la tuait. Après venait la fée et la fille vivait de nouveau. La fille, la fée, la voiture bleue n’étaient que Joana, sinon le jeu serait ennuyeux. Elle s’arrangeait toujours pour trouver une façon de se placer dans le rôle principal exactement quand les événements illuminaient une figure ou l’autre. Elle travaillait sérieuse, silencieuse, les bras le long du corps. Elle n’avait pas besoin de s’approcher d’Arlette pour jouer avec elle. Même de loir elle possédait les choses.
Elle s’est divertie avec les cartons. Elle les regardait un instant et chaque carton était un élève. Joana était la maîtresse. L’un d’eux était bon et et l’autre mauvais. Oui, oui, et alors? Et maintenant maintenant maintenant? Et toujours rien ne venait si elle… ça y est.
Elle a inventé un petit homme de la traille de l’index, avec un pantalon long et un nœud de cravate. Elle l’utilisait dans la poche de son uniforme de collège. Le petit homme était une perle pour de bon, une perle de cravate, il avait la voix grosse et disait de l’intérieur de la poche: «Majesté Joana, pouvez-vous m’écouter une minute, seulement une minute pourrez-vous interrompre votre toujours occupation?» Et il déclarait après: «Je suis votre serf, princesse. Il suffit d’ordonner et je fais».
— Papa, qu’est-ce que je fais?
— Vá étudier.
— J’ai déjà étudié.
— Va jouer.
— J’ai déjà joué.
— Alors ne m’embête pas.
Elle a tournoyé et s’est arrêtée, épiant sans curiosité les murs et le plafond qui tournaient et se défaissaient. Elle a marché sur la pointe des pieds ne marchant que sur les planches foncées. Elle a fermé les yeux et a cheminé, les mains étendues, jusqu’à rencontrer un meuble. Entre elle et les objets il y avait quelque chose mais quand elle attrapait cette chose dans la main, comme une mouche, et après elle épiait – même en prenant soin que rien n’échappe – elle ne trouvait que sa propre main, rosée et désappointée. Oui, je sais, l’air, l’air! Mais ça n’avançait pas, n’expliquait pas. Cela était un de ses secrets. Jamais elle ne se permettrait de raconter, même à papa, qu’elle n’arrivait pas à prendre «la chose». Tout ce qui valait le plus exactement, elle ne pouvait pas le raconter. Elle ne disait que des bêtises aux gens. Quand elle disait à Ruth, per exemple, quelques secrets, après elle se mettait en rage contre Ruth. Le mieux c’était encore de se taire. Autre chose: si elle avait quelque douleur et si pendant que ça faisait mal elle regardait les aiguilles de l’horloge, elle voyait alors que les minutes comptées sur l’horloge passaient et la douleur continuait à faire mal. Ou alors, même quand rien ne lui faisait mal, si elle restait devant l’horloge, à épier, ce qu’elle n’était pas en train de sentir était aussi plus grand que les minutes comptées sur l’horloge. Maintenant, quand arrivait une joie ou une rage, elle courait vers l’horloge et observait les secondes en vain.
Elle est allée à la fenêtre, a tracé une croix sur le rebord et a craché dehors en ligne droite. Si elle crachait encore une fois – maintenant elle ne pourrait que la nuit – le désastre n’arriverait pas et Dieu serait tellement son ami à elle, mais tellement son ami que… que quoi?
— Papa, qu’est-ce que je fais?
— Je j’ai déjà dit: va jouer et laisse-moi!
— Mais j’ai déjà joué, je te jure.
Papa a ri:
— Mais jouer ne finit pas…
— Si, ça finit.
— Invente un autre jeu.
— Je ne veux ni jouer ni étudier.
— Tu veux faire quoi alors?
Joana a médité:
— Rien de ce que je sais…
— Tu veux voler? – demande papa distrait.
— Non – répond Joana. Pause. — Qu’est-ce que je fais?
Papa gronde cette fois:
— Tape-toi la tête contre le mur!
Elle s’éloigne faisant une petite tresse dans les cheveux lisses. Jamais jamais jamais oui oui, elle chante tout bas. Elle a appris à tresser ces jours-ci. Elle va vers la petite table des livres, joue avec eux en les regardant à distance. Maîtresse de maison mari enfants, vert est homme, blanc est femme, incarnat peut être fils ou fille. «Jamais» est homme ou femme? Pourquoi «jamais» n’est ni fils ni fille? Et «oui»? Oh, il y avait beaucoup de choses entièrement impossibles. On pouvait rester des après-midis entiers à penser. Par exemple: qui a dit pour la première fois ainsi: jamais?
Papa termine le travail et va la trouver assise en train de pleurer.
— Mais qu’est-ce que c’est, fillette? – la prend dans ses bras, regarde sans étonnement le petit visage ardent et triste.
— Qu’est-ce que c’est?
— Je n’ai rien à faire.
Jamais jamais oui oui. Tout était comme le bruit du tramway avant de s’endormir, jusqu’à jusqu’à ce que l’on sente un peu de peur et on dort. la bouche de la machine était fermée comme une bouche de vieille, mais venait cela serrant son cœur comme le bruit du tramway, seulement, elle n’allait pas s’endormir. C’était l’étreinte du père. Le père medite un instant. Mais personne ne peut faire quelque chose pour les autres, on aide. L’enfant va, si libre, si maigrelette et précoce… Il respire pressé, secoue la tête. Un petit œuf, c’est ça, un petit œuf vivant. Que va devenir Joana?

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Prés du Cœur Salvage. Traduit du brésilien par Regina Helena de Oliveira Machado. Paris, Des Femmes, 1981, p. 9-16.

PERTO DO CORAÇÃO SELVAGEM

O PAI…

Clarice Lispector

A MÁQUINA DO PAPAI batia tac-tac… tac-tac-tac… O relógio acordou em tin-dlen sem poeira. O silêncio arrastou-se zzzzzz. O guarda-roupa dizia o quê? roupa-roupa-roupa. Não, não. Entre o relógio, a máquina e o silêncio havia uma orelha à escuta, grande, cor-de-rosa e morta. Os três sons estavam ligados pela luz do dia e pelo ranger das folhinhas da árvore que se esfregavam umas nas outras radiantes.
Encostando a testa na vidraça brilhante e fria olhava para o quintal do vizinho, para o grande mundo das galinhas-que-não-sabbiam-que-iam-morrer. E podia sentir como se estivesse bem próxima de seu nariz a terra quente, socada, tão cheirosa e seca, onde bem sabia, bem sabia uma ou outra minhoca se espreguiçava antes de ser comida pela galinha que as pessoas iam comer.
Houve um momento grande, parado, sem nada dentro. Dilatou os olhos, esperou. Nada veio. Branco. Mas de repente num estremecimento deram corda no dia e tudo recomeçou a funcionar, a máquina trotando, o cigarro do pai fumegando, o silêncio, as folhinhas, os frangos pelados, a claridade, as coisas revivendo cheias de pressa como uma chaleira a ferver. Só faltava o tin-dlen do relógio que enfeitava tanto. Fechou os olhos, fingiu escutá-lo e ao som da música inexistente e ritmada ergueu-se na ponta dos pés. Deu três passos de dança bem leves, alados.
Então subitamente olhou com desgosto para tudo como se tivesse comido demais daquela mistura. “Oi, oi, oi…”, gemeu baixinho cansada e depois pensou: o que vai acontecer agora agora agora? E sempre no pingo de tempo que vinha nada acontecia se ela continuava a esperar o que ia acontecer, compreende? Afastou o pensamento difícil distraindo-se com um movimento do pé descalço no assoalho de madeira poeirento. Esfregou o pé espiando de través para o pai, aguardando seu olhar impaciente e nervoso. Nada veio porém. Nada. Difícil aspirar as pessoas como o aspirador de pó.
— Papai, inventei uma poesia.
— Como é o nome?
— Eu e o sol. — Sem esperar muito recitou: — “As galinhas que estão no quintal já comeram duas minhocas mas eu não vi”.
— Sim? Que é que você e o sol têm a ver com a poesia?
Ela olhou-o um segundo. Ele não compreendera…
— O sol está em cima das minhocas, papai, e eu fiz a poesia e não vi as minhocas… – Pausa. — Posso inventar outra agora mesmo: “Ó sol, vem brincar comigo”. Outra maior:
“Vi uma nuvem pequena
coitada da minhoca
acho que ela não viu”.
— Lindas, pequenas, lindas. Como é que se faz uma poesia tão bonita?
— Não é difícil, é só ir dizendo.
Já vestira a boneca, já a despira, imaginara-a indo a uma festa onde brilhava entre todas as outras filhas. Um carro azul atravessava o corpo de Arlete, matava-a. Depois vinha a fada e a filha viva de novo. A filha, a fada, o carro azul não eram senão Joana, do contrário seria pau a brincadeira. Sempre arranjava um jeito de se colocar no papel principal exatamente quando os acontecimentos iluminavam uma ou outra figura. Trabalhava séria, calada, os braços ao longo do corpo. Não precisava aproximar-se de Arlete para brincar com ela. De longe mesmo possuía as coisas.
Divertiu-se com os papelões. Olhava-os um instante e cada papelão era um aluno. Joana era a professora. Um deles bom e outro mau. Sim, sim, e daí? E agora agora agora? E sempre nada vinha se ela… pronto.
Inventou um homenzinho do tamanho do furabolos, de calça comprida e laço de gravata. Ela usava-o no bolso da farda de colégio. O homenzinho era uma pérola de bom, uma pérola de gravata, tinha a voz grossa e dizia de dentro do bolso: “Majestade Joana, podeis me escutardes um minuto, só um minuto podereis interromperdes vossa sempre ocupação?” E declarava depois: “Sou vosso servo, princesa. É só mandar que eu faço”.
— Papai, que é que eu faço?
— Vá estudar.
— Já estudei.
— Vá brincar.
— Já brinquei.
— Então não amole.
Deu um corrupio e parou, espiando sem curiosidade as paredes e o teto que rodavam e se desmanchavam. Andou na ponta dos pés só pisando as tábuas escuras. Fechou os olhos e caminhou, as mãos estendidas, até encontrar um móvel. Entre ela e os objetos havia alguma coisa, mas quando agarrava essa coisa na mão, como a uma mosca, e depois espiava – mesmo tomando cuidado para que nada escapasse – só encontrava a própria mão, rósea e desapontada. Sim, eu sei o ar, o ar! mas não adiantava, não explicava. Esse era um de seus segredos. Nunca se permitiria contar, mesmo a papai, que não conseguia pegar “a coisa”. Tudo o que mais valia exatamente ela não podia contar. Só falava tolices com as pessoas. Quando dizia a Rute, por exemplo, alguns segredos, ficava depois com raiva de Rute. O melhor era mesmo calar. Outra coisa: se tinha alguma dor e se enquanto doía ela olhava os ponteiros do relógio, via então que os minutos contados no relógio iam passando e a dor continuava doendo. Ou senão, mesmo quando não lhe doía nada, se ficava defronte do relógio espiando, o que ela não estava sentindo também era maior que os minutos contados no relógio. Agora, quando acontecia uma alegria ou uma raiva, corria para o relógio e observava os segundos em vão.
Foi à janela, riscou uma cruz no parapeito e cuspiu fora em linha reta. Se cuspisse mais uma vez – agora só poderia à noite – o desastre não aconteceria e Deus seria tão amigo dela, mas tão amigo que… que o quê?
— Papai, que é que eu faço?
— Eu já lhe disse: vá brincar e me deixe!
— Mas eu já brinquei, juro.
Papai riu:
— Mas brincar não termina…
— Termina sim.
— Invente outro brinquedo.
— Não quero brincar nem estudar.
— Quer fazer o quê então?
Joana meditou:
— Nada do que sei…
— Quer voar?, pergunta papai distraído.
— Não, responde Joana. – Pausa. — Que é que eu faço?
Papai troveja dessa vez:
— Bata com a cabeça na parede!
Ela se afasta fazendo uma trancinha nos cabelos escorridos. Nunca nunca nunca sim sim, canta baixinho. Aprendeu a trançar um dia desses. Vai para a mesinha dos livros, brinca com eles olhando-os a distância. Dona de casa marido filhos, verde é homem, branco é mulher, encarnado pode ser filho ou filha. “Nunca” é homem ou mulher? Por que “nunca” não é filho nem filha? E “sim”? Oh, tinha muitas coisas inteiramente impossíveis. Podia-se ficar tardes inteiras pensando. Por exemplo: quem disse pela primeira vez assim: nunca?
Papai termina o trabalho e vai encontrá-la sentada chorando.
— Mas que é isso, menininha? – pega-a nos braços, olha sem susto o rostinho ardente e triste. — O que é isso?
— Não tenho nada o que fazer.
Nunca nunca sim sim. Tudo era como o barulho do bonde antes de adormecer, até que sente um pouco de medo e se dorme. A boca da máquina fechara como uma boca de velha, mas vinha aquilo apertando seu coração como o barulho do bonde; só que ela não ia adormecer. Era o abraço do pai. O pai medita um instante. Mas ninguém pode fazer alguma coisa pelos outros, ajuda-se. Anda tão solta a criança, tão magrinha e precoce… respira apressado, balança a cabeça. Um ovinho, é isso, um ovinho vivo. O que vai ser de Joana?

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Perto do Coração Selvagem. 16º edição. Rio de Janeiro, Francisco Alves, 1995, p. 19-24

 
 

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SILÊNCIO

Autor: Clarice Lispector
Título: SILENCIO
Idiomas: esp
Tradutor: Hilda Figueroa (esp)
Data: 28/12/2004

SILENCIO

 

Clarice Lispector

Es inmenso el silencio de la noche en la montaña. Es tan yermo. En vano se intenta el esfuerzo para no escuchar, pensar aprisa para disfrazarlo. O inventar un plan, frágil punto que mal nos une al súbitamente improbable mañana. Cómo trascender esa paz que nos acecha. Tan gran silencio, que la desesperación tiene pudor. Montañas tan altas, que la angustia siente pudor. Los oídos se afinan, se inclina la cabeza, el cuerpo todo escucha: ni un solo rumor. Ni un gallo. Estar al alcance de esa profunda meditación del silencio. De ese silencio sin memoria de palabras. Si es muerte, cómo alcanzarte…
Es un silencio insomne, inmóvil, mas insomne; y sin fantasmas. Es terrible —Sin un solo fantasma. Inútil provocarlo con la posibilidad de una puerta que crujiente se abra, de un velo que al abrirse pronuncia alguna cosa. Él es vacío, sin promesa. Si al menos hubiese aire. Viento es ira, ira es vida. O nieve. Que es muda, mas deja rastro —todo blanquece, los niños ríen, los pasos crujen y marcan. Hay una continuidad que es vida. Mas este silencio no deja testimonio. No se puede hablar del silencio como de la nieve: ¿Sentiste el silencio de esta noche? Quien escuchó, calla.
La noche, desciende con las pequeñas alegrías de quien enciende lámparas con el cansancio que tanto justifica al día. Los niños de Berna dormitan, se cierran las últimas puertas. Brillan las calles en las piedras del suelo, brillan vacías. Y finalmente las luces más distantes se extinguen.
Mas este primer silencio aún no es el silencio. Que se espere, pues las hojas de los árboles van a acomodarse mejor todavía. Tal vez algún tardío paso, con esperanza se atreva por los peldaños.
Mas hay un momento en que se yergue el espíritu atento del cuerpo descansado, y de la tierra, la alta luna. Entonces él, el silencio, aparece.
Late el corazón al advertirlo.
Se puede pensar aprisa en el día que pasó. O en los amigos que pasaron y se perdieron para siempre. Mas es inútil desdeñarlo: hay silencio. Aún el peor sufrimiento, que es el de la amistad perdida, es apenas fuga. Pues si al comienzo, el silencio parece aguardar una respuesta —Cómo ansiamos ser llamados a responder— pronto se descubre que de ti, nada exige, apenas tal vez tu silencio. Cuántas horas se pierden en la oscuridad suponiendo que el silencio te sentencia —como esperamos en vano ser juzgados por Dios. Surgen las justificaciones, trágicas justificaciones forjadas, humildes disculpas hasta la dignidad. Es tan delicado para el ser humano mostrar al fin su indignidad y ser perdonado con la disculpa de que se es un ser humillado de nacimiento.
Hasta que descubre que ni su indignidad quiere él. Él es el silencio. Se puede intentar también engañarlo. Dejar caer al suelo el libro de cabecera como por acaso. Mas, horror —El libro cae dentro del silencio y se pierde en él, en su abismal y muda pausa. ¿Y si cantara enloquecido un pájaro? Inútil esperanza. El canto cruzaría apenas el silencio, como una leve flauta.
Entonces, si hay osadía, no se lucha más. Se entra en él. Se va con él. Nosotros, los únicos fantasmas de una noche de Berna. Que se entre. Que no se espere el resto de la oscuridad delante de sí, sólo a él. Será como si estuviéramos en un navío tan descomunalmente grande que ignoráramos estar en una nave. Y que ésta navegara de tal modo que ignorásemos estarnos yendo. Un hombre no puede más que eso. Vivir en la orilla de la muerte y de las estrellas es vibración, pero más tensa de lo que las cuerdas de las venas podrían soportar. No hay siquiera un hijo de astro y de mujer como piadoso intermediario. El corazón tiene que presentarse solo frente a la nada y solo golpear alto en las tinieblas. Solo se siente en los oídos el propio corazón. Cuando éste se presenta al desnudo, no es comunicación, es sumisión, pues no fuimos hechos sino para el pequeño silencio.
Si no hay valor, que no se entre. Que se espere el resto de la oscuridad frente al silencio. Con sólo los pies mojados por la espuma de algo que se extiende dentro de nosotros. Que se espere. Uno indisoluble por el otro. Uno al lado del otro. Dos cosas que no se ven en la oscuridad. Que se espere. No el fin del silencio, sino el bendito auxilio de un tercer elemento, la luz del alba.
Después nunca más se olvida. Inútil huir a otra ciudad. Pues cuando menos se espera se le puede reconocer —de repente. Al cruzar una calle en medio de las bocinas de los coches. Entre una y otra carcajada fantasmagórica. Después de una palabra dicha. A veces en el mismo corazón de la palabra. Los oídos se asombran, la mirada se desorbita. Desde entonces es fantasma.

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Fuente : (www.fuentes.csh.udg.mx)/ Traducción de Hilda Figueroa

 
 

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Uma aprendizagem

Autor: Clarice Lispector
Título: Uma aprendizagem, ou O livro dos prazeres, Un apprentissage, ou Le livre des plaisirs
Idiomas: port, fra
Tradutor: Jacques et Teresa Thiériot(fra)
Data: 28/12/2004

UN APPRENTISSAGE,
OU LE LIVRE DES PLAISIRS


L’Origine du printemps ou La mort nécessaire en plein jour


Clarice Lispector

, tellement occupée, à cause des courses que la bonne avait faites à la va-vite car de plus en plus elle bâclait son travail, même si elle ne venait que pour préparer le déjeuner et le dîner, elle avait donné plusieurs coups de téléphone pour régler des problèmes, le plus difficile pour appeler le plombier, elle était allée à la cuisine ranger les achats et disposer dans la corbeille les pommes qui étaient sa meilleure nourriture, tant pis si elle ne savait pas garnir une corbeille, mais Ulysse lui avait laissé entrevoir la possibilité à l’avenir par exemple d’enjoliver une corbeille, elle regarda ce que la bonne avait laissé pour le dîner avant de s’en aller, car le déjeuner avait été très mauvais, entre-temps elle avait remarqué que la petite terrasse qui était un avantage de son appartement en rez-de-chaussée avait besoin d’être lavée, elle avait reçu un coup de téléphone pour l’inviter à un cocktail de bienfaisance au profit de quelque chose qu’elle n’avait pas très bien compris mais qui avait un rapport avec son école primaire, Dieu merci elle était en vacances, elle était allée à la penderie choisir la robe qu’elle mettrait pour se rendre extrêmement attirante lors de son rendez-vous avec Ulysse qui lui avait déjà dit qu’elle n’avait pas de goût pour s’habiller, elle se rappela que c’était samedi et donc il aurait plus de temps car ce jour-là il ne donnait pas de cours d’été à l’Université, elle pensa à ce en quoi il se transformait pour elle, à ce qu’il semblait vouloir qu’elle sût, elle supposa qu’il voulait lui apprendre à vivre sans douleur tout simplement, il avait dit une fois qu’il voulait, si on lui demandait son nom, qu’elle ne répondît pas « Lori » mais qu’elle pût répondre « mon nom c’est moi », car ton nom, avait-il dit, est un moi, elle se demanda si la robe noire et blanche conviendrait,
alors du ventre même, comme une secousse lointaine de terre dont on sait à peine que c’est l’annonce d’un séisme, de l’utérus, du coeur contracté vint le tremblement gigantesque d’une violente douleur ébranlée, de tout le corps l’ébranlement – et en subtiles grimaces du visage et du corps, avec la difficulté d’un pétrole déchirant la terre – vint finalement la grande crise de larmes sèches, une crise muette sans aucun son qu’elle pût elle-même entendre, qu’elle n’avait pas pressentie, n’avait jamais voulue et n’avait pas prévue – secouée comme l’arbre solide qui est plus profondément ébranlé que l’arbre fragile – finalement canaux et veines éclatés, alors
elle s’assit pour se reposer et au bout d’un instant elle faisait comme si elle était une femme bleue parce que le crépuscule plus tard serait peut-être bleu, elle fait comme si elle filait avec des fils d’or les sensations, elle fait comme si l’enfance était aujourd’hui et argentée de jouets, elle fait comme si une veine ne s’était pas ouverte et elle fait comme si dans un silence tout blanc n’en coulait pas un sang écarlate, et qu’elle ne fût pas d’une pâleur mortelle mais cela faisait comme si c’était vrai de vrai, il fallait au milieu du faire comme si dire la vérité de pierre opaque pour qu’elle contrastât avec le faire comme si vert moiré, elle fait comme si elle aimait et était aimée, elle fait comme si elle n’avait pas besoin de mourir de regret, elle fait comme si elle était couchée dans la paume transparente de la main de Dieu, non pas Lori mais son nom secret dont pour l’instant elle ne pouvait pas encore jouir, elle fait comme si elle vivait et n’était pas en train de mourir car vivre en fin de compte n’était guère que s’approcher de plus en plus de la mort, elle fait comme si elle n’avait pas les bras tombés de perplexité quand les fils d’or qu’elle filait s’entremêlaient et elle ne savait pas dénouer le fin fil froid, elle fait comme si elle était assez habile pour défaire les noeuds de la corde de marin qui lui liaient les poignets, elle fait comme si elle avait un panier de perles rien que pour regarder la couleur de la lune car elle est lunaire, elle fait comme si elle fermait les yeux et des êtres aimés surgiraient quand elle les ouvrirait embués de gratitude, elle fait comme si tout ce qu’elle avait n’était pas comme si, elle fait comme si sa poitrine se décontractait et qu’une lumière toute dorée et légère la guidât dans une forêt d’écluses muettes et de tranquilles mortalités, elle fait comme si elle n’était pas lunaire, elle fait comme si elle ne pleurait pas des larmes rentrées
-car à présent doucement, malgré les yeux secs, son coeur était humide; elle était maintenant sortie de la voracité de vivre. Elle eut l’idée d’écrire à Ulysse pour lui raconter ce qui s’était passé,
mais rien ne s’était passé de dicible avec des mots écrits ou parlés, excellent ce système qu’Ulysse avait inventé: ce qu’elle ne savait pas ou n’aurait pu dire, elle l’écrirait et lui donnerait le papier sans mot dire – mais cette fois il n’y avait vraiment rien à raconter.
Maintenant lucide et calme, Lori se rappela qu’elle avait lu que les mouvements hystériques d’un animal captif avaient pour but de libérer, grâce à un de ces mouvements, la chose ignorée qui l’enchaînait – l’ignorance du mouvement unique, précis et libérateur était ce qui rendait hystérique l’animal: il recourait au dérèglement – durant le savant dérèglement de Lori, elle avait eu pour elle-même sur le moment les avantages libérateurs venus de sa vie la plus primitive et animale: elle avait recouru hystériquement à tant de sentiments contradictoires et violents que le sentiment libérateur avait fini par la dégager du filet, dans son ignorance animale elle ne savait même pas comment,
elle était fatiguée de son effort d’animal libéré.
Et maintenant était venu le moment de décider si elle continuerait ou non à voir Ulysse. Soudain révoltée, elle refusa d’apprendre ce que lui patiemment semblait vouloir lui enseigner et elle-même apprendre – elle se révoltait surtout parce que à son avis ce n’était pas une époque de « méditation » qui tout à coup lui paraissait ridicule: elie vibrait d’un pur désir comme cela lui arrivait avant et après ses règles. Mais c’était comme s’il voulait qu’elle apprît à marcher avec ses propres jambes et alors seulement, préparée pour la liberté par Ulysse, elle serait à lui – que voulait-il d’elle, outre tranquillement la désirer? Au début Lori s’était trompée et avait cru qu’Ulysse voulait lui transmettre certaines choses de ses cours de philosophie mais il avait dit: « Ce n’est pas de philosophie que tu as besoin, en ce cas ce serait facile: tu assisterais à mes cours comme auditrice et moi je bavarderais avec toi en d’autres termes »,
puisque maintenant le séisme servirait à son hystérie et que maintenant elle était libérée, elle pourrait même remettre à plus tard la décision de ne pas voir Ulysse: oui mais voilà aujourd’hui elle voulait le voir et, bien qu’elle ne supportât pas son muet désir, elle savait qu’en fait c’était elle qui le provoquait pour essayer de venir à bout de la patience avec laquelle il attendait; avec l’argent que son père lui envoyait eile achetait des robes coûteuses toujours très ajustées, c’est tout ce qu’elle savait faire pour l’attirer et
c’était le moment de s’habiller: elle se regarda dans la glace et elle n’était belle que par le fait d’être une femme: son corps était mince et solide, un des motifs imaginaires qu’avait Ulysse de la désirer; elle choisit une robe d’un tissu lourd, malgré la chaleur, d’une forme indécise, la forme serait son corps mais
se faire belle était un rituel qui lui conférait de la gravité: l’étoffe cessait d’être un simple tissu, elle se changeait en matière de chose et c’était cette étoffe à qui avec son corps elle donnait corps – comment un simple morceau de tissu pouvait-il acquérir tant de mouvement? ses cheveux lavés le matin et séchés au soleil de la petite terrasse étaient en soie châtain la plus ancienne – beile? non, femme: Lori alors se maquilla soigneusement les lèvres et les yeux, ce qu’elle faisait, selon une collègue, très mal, elle vaporisa du parfum sur son front et à la naissance des seins – la terre était parfumée de l’odeur de mille feuilles et fleurs écrasées: Lori se parfumait et c’était là une de ses imitations du monde, elle qui essayait tellement d’apprendre la vie – avec le parfum, d’une certaine façon elle accentuait ce qu’elle était et c’est pourquoi elle ne pouvait pas mettre des parfums qui la contredisaient: se parfumer relevait d’une sagesse instinctive, venue de millénaires de femmes qui avaient appris apparemment passives et, comme tout art, cela exigeait qu’elle eût un minimum de connaissance d’elle-même: elle mettait un parfum légèrement entêtant, délectable comme de l’humus, comme si sa tête couchée écrasait de l’humus, un parfum dont elle ne révélait pas le nom à ses collègues-institutrices: parce qu’il était à elle, il était elle, puisque pour Lori se parfumer était un acte secret et presque religieux
-mettrait-elle des boucles d’oreille? elle hésita, car elle voulait des oreilles seulement délicates et simples, quelque chose de modestement nu, hésita un peu plus: une richesse encore plus grande serait de cacher avec ses cheveux ses oreilles de biche et les rendre secrètes, mais elle ne résista pas: elle les découvrit, tirant les cheveux derrière les oreilles incongrues et pâles: reine égyptienne? non, ornée toute comme les femmes bibliques, et il y avait également quelque chose dans ses yeux maquillés qui disait avec mélancolie: déchiffremoi, mon amour, ou bien je serai contrainte de te dévorer, et
maintenant prête, habillée, belle autant qu’elle pouvait réussir à l’être, de nouveau l’assaillit le doute: irait-elle ou non au rendez-vous avec Ulysse – prête, les bras ballants, pensive, irait-elle ou non au rendez-vous? Avec Ulysse elle se comportait comme une vierge qu’elle n’était plus, bien qu’elle eût la certitude qu’il devinait cela également, cet étranger sage qui cependant ne semblait pas deviner qu’elle voulait l’amour.
Une fois de plus, au milieu de ses hésitations confuses, ce qui la tranquillisa ce fut ce qui si souvent lui servait d’appui serein: le fait que tout ce qui existait, existait avec une précision absolue et dans le fond ce qu’elle finirait par faire ou ne pas faire n’échapperait pas à cette précision; ce qui était de la taille d’une tête d’épingle ne dépassait d’aucune fraction de millimètre la tailie d’une tête d’épingle: tout ce qui existait était d’une grande perfection. Sauf que la majeure partie de ce qui existait avec une telle perfection était, techniquement, invisible: la vérité, claire et exacte en soi, déjà devenait vague et presque insensible pour la femme.
Bon, soupira-t-elle, si cette vérité perdait de sa clarté, au moins elle savait qu’il y avait un sens secret des choses de la vie. De sorte que, parfois, elle finissait par pressentir, quoique confuse, la perfection –
de nouveau ces pensées, que d’une certaine façon, elle utilisait comme pense-bête (grâce auxquelles, à cause de la perfection qui existait, elle finirait par toucher au but) – une fois de plus le pense-bête agit en elle et, les yeux encore obscurcis à présent par la pensée perturbée, elle décida de voir Ulysse au moins cette fois encore.
(…).

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Un apprentissage, ou Le livre des plaisirs. Traduit du brésilien par Jacques et Teresa Thiériot. Paris : Des femmes, 1992. p. 11-18.

UMA APRENDIZAGEM,
OU O LIVRO DOS PRAZERES


A origem da Primavera ou A morte necessária em pleno dia


Clarice Lispector

, estando tão ocupada, viera das compras de casa que a empregada fizera às pressas porque cada vez mais matava serviço, embora só viesse para deixar almoço e jantar prontos, dera vários telefonemas tomando providências, inclusive um dificílimo para chamar o bombeiro de encanamentos de água, fora à cozinha para arrumar as compras e dispor na fruteira as maçãs que eram a sua melhor comida, embora não soubesse enfeitar uma fruteira, mas Ulisses acenara-lhe com a possibilidade futura de por exemplo embelezar uma fruteira, viu o que a empregada deixara para jantar antes de ir embora, pois o almoço estivera péssimo, enquanto notara que o terraço pequeno que era privilégio de seu apartamento por ser térreo precisava ser lavado, recebera um telefonema convidando-a para um coquetel de caridade em benefício de alguma coisa que ela não entendeu totalmente mas que se referia ao seu curso primário, graças a Deus que estava em férias, fora ao guarda-roupa escolher que vestido usaria para se tornar extremamente atraente para o encontro com Ulisses que já lhe dissera que ela não tinha bom-gosto para se vestir, lembrou-se de que sendo sábado ele teria mais tempo porque não dava nesse dia as aulas de férias na Universidade, pensou no que ele estava se transformando para ela, no que ele parecia querer que ela soubesse, supôs que ele queria ensinar-lhe a viver sem dor apenas, ele dissera uma vez que queria que ela, ao lhe perguntarem seu nome, não respondesse “Lóri” mas que pudesse responder “meu nome é eu”, pois teu nome, dissera ele, é um eu, perguntou-se se o vestido branco e preto serviria,
então do ventre mesmo, como um estremecer longínquo de terra que mal se soubesse ser sinal do terremoto, do útero, do coração contraído veio o tremor gigantesco duma forte dor abalada, do corpo todo o abalo – e em sutis caretas de rosto e de corpo afinal com a dificuldade de um petróleo rasgando a terra – veio afinal o grande choro seco, choro mudo sem som algum até para ela mesma, aquele que ela não havia adivinhado, aquele que não quisera jamais e não previra – sacudida como a árvore forte que é mais profundamente abalada que a árvore frágil – afinal rebentados canos e veias, então
sentou-se para descansar e em breve fazia de conta que ela era uma mulher azul porque o crepúsculo mais tarde talvez fosse azul, faz de conta que fiava com fios de ouro as sensações, faz de conta que a infância era hoje e prateada de brinquedos, faz de conta que uma veia não se abrira e faz de conta que dela não estava em silêncio alvíssimo escorrendo sangue escarlate, e que ela não estivesse pálida de morte mas isso fazia de conta que estava mesmo de verdade, precisava no meio do faz de conta falar a verdade de pedra opaca para que contrastasse com o faz de conta verde-cintilante, faz de conta que amava e era amada, faz de conta que não precisava morrer de saudade, faz de conta que estava deitada na palma transparente da mão de Deus, não Lóri mas o seu nome secreto que ela por enquanto ainda não podia usufruir, faz de conta que vivia e não que estivesse morrendo pois viver afinal não passava de se aproximar cada vez mais da morte, faz de conta que ela não ficava de braços caídos de perplexidade quando os fios de ouro que fiava se embaraçavam e ela não sabia desfazer o fino fio frio, faz de conta que ela era sábia bastante para desfazer os nós de corda de marinheiro que lhe atavam os pulsos, faz de conta que tinha um cesto de pérolas só para olhar a cor da lua pois ela era lunar, faz de conta que ela fechasse os olhos e seres amados surgissem quando abrisse os olhos úmidos de gratidão, faz de conta que tudo o que tinha não era faz de conta, faz de conta que se descontraía o peito e uma luz douradíssima e leve a guiava por uma floresta de açudes mudos e de tranqüilas mortalidades, faz de conta que ela não era lunar, faz de conta que ela não estava chorando por dentro
–pois agora mansamente, embora de olhos secos, o coração estava molhado; ela saíra agora da voracidade de viver. Lembrou-se de escrever a Ulisses contando o que se passara,
mas nada se passara dizível em palavras escritas ou faladas, era bom aquele sistema que Ulisses inventara: o que não soubesse ou não pudesse dizer, escreveria e lhe daria o papel mudamente – mas dessa vez não havia sequer o que contar.
Agora lúcida e calma, Lóri lembrou-se de que lera que os movimentos histéricos de um animal preso tinham como intenção libertar, por meio de um desses movimentos, a coisa ignorada que o estava prendendo – a ignorância do movimento único, exato e libertador era o que tornava um animal histérico: ele apelava para o descontrole – durante o sábio descontrole de Lóri ela tivera para si mesma agora as vantagens libertadoras vindas de sua vida mais primitiva e animal: apelara histericamente para tantos sentimentos contraditórios e violentos que o sentimento libertador terminara desprendendo-a da rede, na sua ignorância animal ela não sabia sequer como,
estava cansada do esforço de animal libertado.
E agora chegara o momento de decidir se continuaria ou não vendo Ulisses. Em súbita revolta ela não quis aprender o que ele pacientemente parecia querer ensinar e ela mesma aprender – revoltava-se sobretudo porque aquela não era para ela época de “meditação” que de súbito parecia ridícula: estava vibrando em puro desejo como lhe acontecia antes e depois da menstruação. Mas era como se ele quisesse que ela aprendesse a andar com as próprias pernas e só então, preparada para a liberdade por Ulisses, ela fosse dele – o que é que ele queria dela, além de tranqüilamente desejá-la? No começo Lóri enganara-se e pensara que Ulisses queria lhe transmitir algumas coisas das aulas de filosofia mas ele disse: “não é de filosofia que você está precisando, se fosse seria fácil: você assistiria às minhas aulas como ouvinte e eu conversaria com você em outros termos”,
pois que agora o terremoto serviria à sua histeria e agora que estava libertada podia até adiar para o futuro a decisão de não ver Ulisses: só que hoje queria vê-lo e, apesar de não tolerar o mudo desejo dele, sabia que na verdade era ela quem o provocava para tentar quebrar a paciência com que ele esperava; com a mesada que o pai mandava comprava vestidos caros sempre justos, era só isso que sabia fazer para atraí-lo e
estava na hora de se vestir: olhou-se ao espelho e só era bonita pelo fato de ser uma mulher: seu corpo era fino e forte, um dos motivos imaginários que faziam com que Ulisses a quisesse; escolheu um vestido de fazenda pesada, apesar do calor, quase sem modelo, o modelo seria o seu próprio corpo mas
enfeitar-se era um ritual que a tornava grave: a fazenda já não era um mero tecido, transformava-se em matéria de coisa e era esse estofo que com o seu corpo ela dava corpo – como podia um simples pano ganhar tanto movimento? seus cabelos de manhã lavados e secos ao sol do pequeno terraço estavam de seda castanha mais antiga – bonita? não, mulher: Lóri então pintou cuidadosamente os lábios e os olhos, o que ela fazia, segundo uma colega, muito mal feito, passou perfume na testa e no nascimento dos seios – a terra era perfumada com cheiro de mil folhas e flores esmagadas: Lóri se perfumava e essa era uma das suas imitações do mundo, ela que tanto procurava aprender a vida – com o perfume, de algum modo intensificava o que quer que ela era e por isso não podia usar perfumes que a contradiziam: perfumar-se era de uma sabedoria instintiva, vinda de milênios de mulheres aparentemente passivas aprendendo, e, como toda arte, exigia que ela tivesse um mínimo de conhecimento de si própria: usava um perfume levemente sufocante, gostoso como húmus, como se a cabeça deitada esmagasse húmus, cujo nome não dizia a nenhuma de suas colegas-professoras: porque ele era seu, era ela, já que para Lóri perfumar-se era um ato secreto e quase religioso
–usaria brincos? hesitou, pois queria orelhas apenas delicadas e simples, alguma coisa modestamente nua, hesitou mais: riqueza ainda maior seria a de esconder com os cabelos as orelhas de corça e torná-las secretas, mas não resistiu: descobriu-as, esticando os cabelos para trás das orelhas incongruentes e pálidas: rainha egípcia? não, toda ornada como as mulheres bíblicas, e havia também algo em seus olhos pintados que dizia com melancolia: decifra-me, meu amor, ou serei obrigada a devorar, e
agora pronta, vestida, o mais bonita quanto poderia chegar a sê-lo, vinha novamente a dúvida de ir ou não ao encontro com Ulisses – pronta, de braços pendentes, pensativa, iria ou não ao encontro? com Ulisses ela se comportava como uma virgem que não era mais, embora tivesse certeza de que também isso ele adivinhava, aquele sábio estranho que no entanto não parecia adivinhar que ela queria amor.
Mais uma vez, nas suas hesitações confusas, o que a tranqüilizou foi o que tantas vezes lhe servia de sereno apoio: é que tudo o que existia, existia com uma precisão absoluta e no fundo o que ela terminasse por fazer ou não fazer não escaparia dessa precisão; aquilo que fosse do tamanho da cabeça de um alfinete, não transbordava nenhuma fração de milímetro além do tamanho de uma cabeça de alfinete: tudo o que existia era de uma grande perfeição. Só que a maioria do que existia com tal perfeição era, tecnicamente, invisível: a verdade, clara e exata em si própria, já vinha vaga e quase insensível à mulher.
Bem, suspirou ela, se não vinha clara, pelo menos sabia que havia um sentido secreto das coisas da vida. De tal modo sabia que às vezes, embora confusa, terminava pressentindo a perfeição –
de novo esses pensamentos, que de algum modo usava como lembrete (de que, por causa da perfeição que existia, ela terminaria acertando) – mais uma vez o lembrete agiu nela e com seus olhos ainda escuros agora pelo pensamento perturbado, decidiu que veria Ulisses pelo menos mais esta vez.
(…).

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Uma aprendizagem, ou O livro dos prazeres. 17ª ed. Rio de Janeiro: Francisco Alves, 1990. p. 17-25.
 

 
 

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ESCRITORES

LAÇOS DE FAMÍLIA: CONTOS

Autor: Clarice Lispector
Título: Uma Galinha,The Chicken, Une Poule
Idiomas: port, eng, fra
Tradutor: Jacques et Teresa Thiériot (fra), Giovanni Pontiero(eng)
Data: 28/12/2004

LAÇOS DE FAMÍLIA: CONTOS


Uma Galinha


Clarice Lispector

Era uma galinha de domingo. Ainda viva porque não passava de nove horas da manhã.
Parecia calma. Desde sábado encolhera-se num canto da cozinha. Não olhava para ninguém, ninguém olhava para ela. Mesmo quando a escolheram, apalpando sua intimidade com indiferença, não souberam dizer se era gorda ou magra. Nunca se adivinharia nela um anseio.
Foi pois uma surpresa quando a viram abrir as asas de curto vôo, inchar o peito e, em dois ou três lances, alcançar a murada do terraço. Um instante ainda vacilou – o tempo da cozinheira dar um grito – e em breve estava no terraço do vizinho, de onde, em outro vôo desajeitado, alcançou um telhado. Lá ficou em adorno deslocado, hesitando ora num, ora noutro pé. A família foi chamada com urgência e consternada viu o almoço junto de uma chaminé. O dono da casa lembrando-se da dupla necessidade de fazer esporadicamente algum esporte e de almoçar vestiu radiante um calção de banho e resolveu seguir o itinerário da galinha: em pulos cautelosos alcançou o telhado onde esta hesitante e trêmula escolhia com urgência outro rumo. A perseguição tornou-se mais intensa. De telhado a telhado foi percorrido mais de um quarteirão da rua. Pouco afeita a uma luta mais selvagem pela vida a galinha tinha que decidir por si mesma os caminhos a tomar sem nenhum auxílio de sua raça. O rapaz, porém, era um caçador adormecido. E por mais ínfima que fosse a presa o grito de conquista havia soado.
Sozinha no mundo, sem pai nem mãe, ela corria, arfava, muda, concentrada. Às vezes, na fuga, pairava ofegante num beiral de telhado e enquanto o rapaz galgava outros com dificuldade tinha tempo de se refazer por um momento. E então parecia tão livre.
Estúpida, tímida e livre. Não vitoriosa como seria um galo em fuga. Que é que havia nas suas vísceras que fazia dela um ser? A galinha é um ser. É verdade que não se poderia contar com ela para nada. Nem ela própria contava consigo, como o galo crê na sua crista. Sua única vantagem é que havia tantas galinhas que morrendo uma surgiria no mesmo instante outra tão igual como se fora a mesma.
Afinal, numa das vezes em que parou para gozar sua fuga, o rapaz alcançou-a. Em seguida carregada em triunfo por uma asa através das telhas e pousada no chão da cozinha com certa violência. Ainda tonta, sacudiu-se um pouco, em cacarejos roucos e indecisos.
Foi então que aconteceu. De pura afobação a galinha pôs um ovo. Surpreendida, exausta. Talvez fosse prematuro. Mas logo depois, nascida que fora para a maternidade, parecia uma velha mãe habituada. Sentou-se sobre o ovo e assim ficou respirando, abotoando e desabotoando os olhos. Seu coração tão pequeno num prato solevava e abaixava as penas enchendo de tepidez aquilo que nunca passaria de um ovo. Só a menina estava perto e assistiu a tudo estarrecida. Mal porém conseguiu desvencilhar-se do acontecimento despregou-se do chão e saiu aos gritos:
-Mamãe, mamãe, não mate mais a galinha, ela pôs um ovo! Ela quer o nosso bem!
Todos correram de novo à cozinha e rodearam mudos a jovem parturiente. Esquentando seu filho, esta não era nem suave nem arisca, nem alegre nem triste, não era nada, era uma galinha. O que não sugeria nenhum sentimento especial. O pai, a mãe e a filha olhavam já há algum tempo, sem propriamente um pensamento qualquer. Nunca ninguém acariciou uma cabeça de galinha. O pai afinal decidiu-se com certa brusquidão:
-Se você mandar matar esta galinha nunca mais comerei galinha na minha vida!
-Eu também! jurou a menina com ardor.
A mãe, cansada, deu de ombros.
Inconsciente da vida que lhe fora entregue, a galinha passou a morar com a família. A menina, de volta do colégio, jogava a pasta longe sem interromper a corrida para a cozinha. O pai de vez em quando ainda se lembrava: “E dizer que a obriguei a correr naquele estado!” A galinha tornara-se a rainha da casa. Todos, menos ela, o sabiam. Continuou entre a cozinha e o terraço dos fundos, usando suas duas capacidades: a de apatia e a do sobressalto.
Mas quando todos estavam quietos na casa e pareciam tê-la esquecido, enchia-se de uma pequena coragem, resquícios da grande fuga – e circulava pelo ladrilho, o corpo avançando atrás da cabeça, pausado como num campo, embora a pequena cabeça a traísse: mexendo-se rápida e vibrátil, com o velho susto de sua espécie já mecanizado.
Uma vez ou outra, sempre mais raramente, lembrava de novo a galinha que se recortara contra o ar à beira do telhado, prestes a anunciar. Nesses momentos enchia os pulmões com o ar impuro da cozinha e, se fosse dado às fêmeas cantar, ela não cantaria mas ficaria muito mais contente. Embora nem nesses instantes a expressão de sua vazia cabeça se alterasse. Na fuga, no descanso, quando deu à luz ou bicando milho – era uma cabeça de galinha, a mesma que fora desenhada no começo dos séculos.
Até que um dia mataram-na, comeram-na e passaram-se anos.

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Laços de família: contos. – 11ª.ed. – Rio de Janeiro: J. Olympio, 1979. p. 31-34.

LIENS DE FAMILLE: CONTES ET NOUVELLES


Une Poule


Clarice Lispector

C’était une poule au pot dominicale. Encore vivante parce que neuf heures n’avaient pas encore sonné.
Elle avait l’air calme. Depuis la veille, elle s’était retatinée dans un coin de la cuisine. Elle ne regardait personne, personne ne la regardait. Même quand ils l’avaient choisie, après avoir palpé son intimité avec indifférence, ils n’auraient su dire si elle était grasse ou maigre. Jamais on n’aurait deviné en elle la moindre velléité.
Ce fut donc une surprise quand ils la virent ouvrir ses ailes peu faites pour le vol, gonfler la poitrine et en deux ou trois essors, atteindre le muret de la terrasse. Un instant encore elle hésita, le temps que la cuisinière pousse un cri, et en un clin d’oiel elle était déjà sur la terrasse du voisin d’où elle s’envola à la va-comme-je-te-pousse pour gagner un toit. Plantée là comme un ornement déplacé, sans savoir sur quelle patte sautiller. La famille, convoquée de tout urgence, consternée, aperçut son déjeuner à côté d’une cheminée. Le maître de maison, se rappelant la double nécessité et de faire de temps en temps du sport et de déjeuner, enfila, la mine radieuse, un caleçon de bain et décida de suivre l’itinéraire de la poule : à petits sauts précautionneux, il atteignit le toit où celle-ci, hésitante et tremblante, choisissait en hâte un autre cap. La poursuite s’intensifia: de toit en toit, plus d’un pâté de maisons fut parcouru. Peu encline à une lutte vraiment sauvage pour la vie, la poule devait décider par elle-même les chemins à prendre, sans le moindre secours de sa race. L’homme toutefois, était un chasseur qui sommeillait. Et si infime que fût la proie, l’heure de l’hallali avait sonné.
Seule au monde, sans père ni mère, elle courait, haletait, muette, concentrée. Parfois elle interrompait sa fuite pour se poser, pantelante, sur la saillie d’un toit, et tandis que l’homme en escaladait d’autres à grand-peine, elle avait le temps de récupérer ses forces un moment. Et alors elle avait l’air vraiment libre.
Stupide, timide et libre. Et non pas victorieuse comme le serait un coq en cavale. Qu’y avait-il dans ses entrailles qui faisait d’elle un être ? La poule est un être. C’est vrai qu’on ne saurait compter sur elle pour quoi que ce soit. Elle même ne comptait par sur elle, comme le coq qui lui, croit en sa crête. Son seut avantage, c’est qu’il existait tant et tant de poules que lorsque l’une mourait, surgissait au même instant une autre toute pareille comme si c’était la même.
Finalement, l’une des fois où elle s’arrêta pour jouir de sa fugue, l’homme l’atteignit. Parmi des cris et des plumes, la voilà attrapée. Aussitôt triomphalement transportée par une aile de toit en toit et déposée sur le sol de la cuisine avec une certaine violence. Encore étourdie, elle s’ébroua un peu avec des gloussements enroués et indécis.
C’est alors que l’événement se produisit. Sous le simple coup de l’affolement la poule pondit un oeuf. Surprise, épuisée. Peut-être avant terme. Mais tout de go, puisq’elle était née pour la maternitée, elle avait déjà l’air d’une vieille mère habituée. Elle s’assit sur son oeuf et garda la pose, reprenant son souffle, boutonnant et déboutonnant ses yeux. Son coeur, si petit dans une assiette, soulevait et abaissait ses plumes, enveloppant de tiédeur ce qui ne serait jamais qu’un oeuf. Seule la petit fille de la maison était là et assista ébahie à la scène. A peine parvint – elle à se détacher de l’événement qu’elle décolla ses pieds et sortit en braillant :
-M’man, m’man, ne tue plus la poule, elle a pondu un oeuf ! Elle nous veut du bien !
Tous coururent de nouveau à la cuisine et firent cercle, bouche bée, autour de la jeune parturiente. Réchauffant son enfant, celle-ci n’était ni douce ni hargneuse, ni gaie ni triste, elle n’était rien, elle était une poule. Ce qui en soi n’inspirait aucun sentiment particulier. Le père, la mère et la fille la regardaient depuis déjà un bon moment, sans la moindre pensée proprement dite. Jamais personne n’a caressé une tête de poule. Le père finit par se décider avec une certaine brusquerie :
-Si tu fais tuer cette poule, je ne mangerai jamais plus de volaille de ma vie !
-Moi non plus, jura la fillette avec ardeur.
La mère, fatiguée, haussa les épaules.
Inconsciente de la vie que lui avait été dévolve, la poule dès lors habita avec la famille. La gamine, de retour de l’école, balançait son sac au loin sans interrompre sa course vers la cuisine. Le père de temps à autre se rappelait encore : « Et dire que je l’ai obligée à courir dans cet était !» La poule était devenue la reine de la maison. Tous, sauf elle, le savaient. Elle continua de partager sa vie entre la cuisine et la terrasse de derrière, utilisant ses deux aptitudes : l’apathie et le sursaut.
Mais quand tous étaient bein tranquilles à la maison et semblaient l’avoir oubliée, elle s’armait d’un petit courage, les restes de sa grande cavale, et elle se baladait sur le carrelage, le corps avançant à la suite de la tête, posément comme dans un champ, bien que sa petite tête la trahît : secouée par un mouvement rapide et vibratile, provoqué par le vieil effroi de son espèce désormais mécanisé.
De temps à autre, mais de plus en plus rarement, elle rappelait de nouveau la poule qui s’était découpée sur le ciel, au bord du toit, prête à caqueter. Alors elle emplissait ses poumons de l’air impur de la cuisine et même si les femelles avaient pu chanter, elle n’allait pas chanter mais s’en trouverait plus satisfaite. Et pourtant, même à ces moments – là, l’expression de sa tête vide ne changeait pas : pendant sa fugue, au repos, au moment d’accoucher ou picorant du maïs, c’était une tête de poule, la même tête qui avait été dessinée au commencement des siècles.
Jusqu’au jour où ils la tuèrent, la mangèrent, et des années passèrent.

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Fonte : LISPECTOR, Clarice. Liens de famille : contes et nouvelles. Traduits du brésilien par Jacques et Teresa Thiériot. Paris [França] : Des Femmes, 1989. p. 43-48.

FAMILY TIES


The Chicken


Clarice Lispector

It was the chicken for Sunday’s lunch. Still alive, because it was still only nine o’clock in the morning. She seemed placid enough. Since Saturday she had huddled in a corner of the kitchen. She looked at no one and no one paid any attention to her. Even when they had chosen the chicken, feeling the intimacy of her body with indifference, they could not tell if she were plump or thin. No one would ever have guessed that the chicken felt anxious.
It was a surprise, there fore, when they saw her spread open her stubby wings, puff out her breast, and in two or three attempts, fly to the backyard wall. She still hesitated for a second – sufficient time for the cook to cry out – and soon she was on their neighbour’s terrace, from which, in another awkward flight, she reached the roof. There the chicken remained, like a displaced ornament, perched hesitantly now on one foot, now on the other. The family was hastily summoned and in consternation saw their lunch outlined against a chimney. The master of the house, reminding himself of the two fold necessity of sporadically engaging in sport and of getting the family some lunch, appeared resplendent in a pair of swimming trinks and resolved to follow the path traced by the chicken, in cautious leaps and bounds, he scaled the roof where the chicken: hesitant and tremulous, urgently decided on another route. The chase now intensified. From roof to roof, more than a block along the road was covered. Little accustomed to such a savage struggle for survival, the chicken, had to decide for herself the paths she must follow without any assistance from her race. The man, however, was a natural hunter. And no matter how a abject the prey, the cry of victory was in the air.
Alone in the world, without father or mother, the chicken was running and panting, dumb and intent. At times during her escape she hovered on some roof edge, gasping for breath and, while the man strenuously clambered up somewhere else, she had time to rest for a moment. And she seemed so free. Stupid, timid, and free. Not victorious as a cock would be in flight. What was it in the chicken’s entrails that made her a being? The chicken is, in fact, a being. It is true that one would not be able to rely upon her for anything. Nor was she even self – reliant like the cock who believes in his crest. Her only advantage was that there were so many chickens that when one died, another automatically appeared, so similar in appearance that it might well be the same chicken.
Finally, on one of those occasions when she paused to enjoy her bid for freedom, the man reached her. Amid shrieks and feathers, she was caught. She was immediately carried off in triumph by one wing across the roof tiles and dumped somewhat violently on the kitchen floor. Still giddy, she shook herself a little with raucous and uncertain cackles.
It was then that in happened. Positively flustered, the chicken laid an egg. She was surprised and exhausted. Perhaps it was premature. But from the moment she was born, as if destined for motherhood, the chicken had shown all the signs of being instinctively maternal. She settled on the egg and there she remained, breathing as her eyes buttoned and unbuttoned. Her heart, which looked so tiny on a plate, raised and lowered her feathers, warming that egg which would never be anything else. Only the girl of the house was on the scene, and she assisted at the event in utter dismay. No sooner had she disengaged herself from the event than she jumped up from the floor and ran out shouting.
‘ Mummy! Mummy! Don’t kill the chicken, she’s laid an egg! The chicken loves us!’
They all ran back into the kitchen and stood round the young mother in silence. Warming her offspring, she was neither gentle nor cross, neither happy nor sad; she was nothing, she was simply a chicken – a fact that did not suggest any particular feeling. The father, mother, and daughter had been standing there for some time now, without thinking about anything in particular. No one was known to have caressed a chicken on the head. Finally, the father decided, with a certain brusqueness, ‘If you have this chicken killed, I will never again eat a fowl as long as I live!’
‘ Nor me!’ the little girl promised with passion.
The mother, feeling weary, shrugged her shoulders. Unconscious of the life that had been spared her, the chicken became part of the family. The little girl, upon returning from school, would toss her school bag down without disturbing the chicken’s wanderings across the kitchen. The father, from time to time, still remembered. ‘And to think that I made her run in that state!’
The chicken became the queen of the household. Everybody, except her, knew it. She ran to and fro, from the kitchen to the terrace at the back of the house, exploiting her two sources of power: apathy and fear.
But when everyone was quiet in the house and seemed to have forgotten her, she puffed up with modest courage, the last traces of her great escape. She circled the tiled floor, her body advancing behind her head, as unhurried as if in an open field, although her small head betrayed her, darting back and forth in rapid vibrant movements, with the age – old fear of her species now ingrained. Once in a while, but ever more infrequently, she remembered how she had stood out against the sky on the roof edge ready to cry out. At such moments, she filled her lungs with the stuffy atmosphere of the kitchen and, had females been given the power to crow, she would not have crowed but would have felt much happier. Not even at those moments, however, did the expression on her empty head alter. In flight or in repose, when she gave birth or while pecking grain, hers was a chicken’s head, identical to that drawn at the beginning of time. Until one day they killed her and ate her, and the years rolled on.

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Family Ties. Translated with an after word by Giovanni Pontiero. Manchester [Inglaterra]: Carcanet, 1985. p. 28-31.

 
 

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ESCRITORES

O AMANUENSE BELMIRO

Autor: Ciro dos Anjos
Título: O AMANUENSE BELMIRO, BELMIRO, EL AMANUENSE BELMIRO
Idiomas: port, fra, esp
Tradutor:
Data: 28/12/2004

O AMANUENSE BELMIRO

7

A donzela Arabela

Ciro dos Anjos

Aconteceu-me ontem uma coisa realmente extraordinária. Não tendo conseguido conter-me em casa, desci para a Avenida, segundo habito antigo. Já ela estava repleta de carnavalescos, que aproveitavam, como podiam, sua terceira noite.
Pus-me a examinar colombinas fáceis, do lado da Praça Sete, quando inesperadamente me vi envolvido no fluxo de um cordão. Procurei desvencilhar-me, como pude, mas a onda humana vinha imensa, crescendo em torno de mim, por trás, pela frente e pelos flancos. Entreguei-me, então, aquela humanidade que me pareceu mais cansada que alegre. Os sambas eram tristes e homens pingavam suor. Um máscara-de-macaco deu-me o braço e mandou-me cantar. Respondi-lhe que, em rapaz, consumi a garganta em serenatas e que esta, já agora, não ajudava. Imagino a figura que fiz, de colarinho alto e pince-nez, no meio daquela roda alegre, pois os foliões e engraçaram comigo, e fui, por momentos, o atrativo do cordão. Tanto fizeram que, sem perceber o disparate, me pus a entoar velha canção de Vila Caraíbas.
Uma gargalhada espantosa explodiu em torno de mim. Deram-me uma corrida e, depois de me terem atirado confete a boca, abandonaram-me ao meio da rua embriagado de éter. Novo cordão levou-me, porém, para outro lado, e, nesse vaivém, fui arrastado pelos acontecimentos. Um jato de perfume me atingia as vezes. Procurava, com os olhos gratos, a origem dessa caricia, mas percebia, desanimado, que aquele jato resvalara de outro rosto a que o destinara uma boneca holandesa. Contudo, aquelas migalhas me consolaram e comoviam. Dêem-me um jato de éter perdido no espaço e construirei um reino. Mas a boneca holandesa foi arrastada por um príncipe russo, que a livrou dos braços de um marinheiro.
Bebendo aqui, bebendo ali, acabei presa de grande excitação, correndo atrás de choros, de blocos e cordões. Não sei como, envolvido em que grupo, entrei no salão de um clube, acompanhando a massa na sua liturgia pagã.
Lembra-me que homens e mulheres, a um de fundo, mãos postas nos quadris do que ia a frente, dançavam, encadeados, e entoavam os coros que descem do Morro. Toadas tristes, que vem da carne.
A certo momento, alguém e enlaçou o braço, cantando: “Segura, meu bem, segura na mão, não deixes partir o cordão…” O braço que se lembrou do meu braço tinha uma branca e fina mão. Jamais esquecerei: uma branca e fina mão. Olhei ao lado: a dona da mão era uma branca e doce donzela. Foi uma visão extraordinária. Pareceu-me que descera até a mim a branca Arabela, a donzela do castelo que tem uma torre escura onde as andorinhas vão pousar. Pobre mito infantil! Nas noites longas da fazenda, contava-se história da casta Arabela, que morreu de amor e que na torre do castelo entoava doridas melodias.
Efeito da excitação de espírito me que me achava, ou de qualquer outra perturbação, senti-me fora do tempo e do espaço, e meus olhos só percebiam a doce visão. Era ela, Arabela. Como estava bela! A música lasciva se tornou distante, e as vozes dos homens chegavam a mim, lentas e desconexas. Em meio dos corpos exaustos, a incorpórea e casta Arabela. Parecia que eu me comunicava com Deus e que um anjo descera sobre mim. Meu corpo se desfazia em harmonias, e alegre música de pássaros se produzira no ar. Não me lembra quanto tempo durou o encantamento e só vagamente me recordo de que, em um momento impossível de localizar, no tempo e no espaço, a mão me fugiu. Também tenho uma vaga idéia de que alguém me apanhou do chão, pisado e machucado, e me pôs num canapé onde, já sol alto, fui dar acordo de mim.
O mito donzela Arabela tem enchido minha vida. Esse absurdo romantismo de Vila Caraíbas tem uma força que supera as zombarias do Belmiro sofisticado e faz crescer, desmesuradamente, em mim, um Belmiro patético e obscuro. Mas viviam os mitos, que são o pão dos homens.
Nesta noite de quarta-feira de cinzas, chuvosa e reflexiva, bem noto que vou entrando numa fase da vida em que o espírito abre mão de suas conquistas, e o homem procura a infância, numa comovente pesquisa das remotas origens do ser.
Há muito que ando em estado de entrega. Entregar-se a gente as puras e melhores emoções, renunciar aos rumos da inteligência e viver simplesmente pela sensibilidade – descendo de novo cautelosamente, a margem do caminho, o véu que cobre a face real das coisas e que foi, aqui e ali, descerrado por mão imprudente – parece-me a única estrada possível. Onde houver claridade, converta-se em fraca luz de crepúsculo, para que as coisas se tornem indefinidas e possamos gerar nossos fantasmas. Seria uma fórmula para nos conciliarmos com o mundo.

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Fonte: ANJOS, Ciro dos. O amanuense Belmiro. Rio de Janeiro, José Olympio, 1971, p. 19-21.

EL AMANUENSE BELMIRO

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La doncella Arabela

Ciro dos Anjos

Acontecióme ayer una cosa realmente extraordinaria. No habiendo logrado quedarme en casa por la noche, descendí hacia la Avenida, según mi antigua costumbre. Estaba llena de máscaras que aprovechaban como podían su tercera noche.
Me quedé mirando las colombinas fáciles que había por el lado de la plaza Sete, cuando inesperadamente me vi envuelto en un grupo de máscaras. Procuré escapar como pudiera, pero la onda humana era enorme, crecía en torno mío por detrás, por delante y por ambos lados. Me entregué entonces a aquella humanidad que me pareció más cansada que alegre. Las zambas eran tristes y los hombres chorreaban sudor como si salieran del fondo de una mina. Una máscara, que semejaba un mono, me dió el brazo y me ordeno que cantara. Respondíle que de rapaz había consumido mi garganta en serenatas, por lo que ahora no podía ayudarles. Imagino la figura que hice, de cuellecito alto y pince-nez, en medio de aquel corro alegre, pues los cantantes la tomaron conmigo y fui por unos momentos el hazmerreír del grupo. Tanto hicieron que sin darme cuenta de que aquello era un disparate me puse a entonar una vieja canción de Vila Caraíbas.
Una carcajada espantosa hizo explosión en torno mío. Me persiguieron corriendo, después de haberme metido confetti por la boca, dejándome luego en medio de la calle embriagado por el éter de los perfumadores. Una nueva banda me empujó todavía hacia otro lado, y en este vaivén fuí arrastrado por los acontecimientos. Un chorro del volátil perfume me llegaba de vez en cuando. Procuraba, con los ojos agradecidos, averiguar de dónde provenía aquella caricia, pero advertía, desanimado, que me llegaba de rechazo, pues no era a mí a quien la destinaba cierta joven disfrazada de muñeca holandesa. Con todo, aquellas salpicaduras me consolaban y conmovían. Dadme un poco de perfume perdido en el espacio y construiré un reino. Mas la muñeca fué arrastrada por un príncipe ruso, que la libró de los brazos de un marinero.
Bebiendo aquí y allá acabé presa de gran excitación, corriendo en pos de máscaras y músicos. No sé cómo ni envuelto en qué grupo entré en el salón de un club, acompañado a la masa en su liturgia pagana.
Recuerdo que hombres y mujeres, de uno en fondo, con las manos puestas en las caderas del que marchaba delante, bailaban encadenados y entonaban los sensuales coros que descienden de los cerros. Eran cánticos muy tristes, que provenían de la carne.
De pronto, alguien me tomó por el brazo, cantando: “Agárrate bien, agárrate bien, no rompas el corro…” El brazo que se cogió del mío tenía una blanca y fina mano. Nunca lo olvidaré. Era una blanca y fina mano. Me volvi. La dueña de la mano era una blanca y dulce doncella. Fué una visión extraordinaria. Me pareció que descendía hasta mi la blanca Arabela, la doncella del castillo que tiene una torre oscura donde se van a posar las golondrinas. ¡Pobre mito infantil!… En las largas noches de la hacienda se contaba la historia de la casta Arabela, que murió de amor y que en la torre del castillo entonaba tristes melodías.
Por efecto de la excitación en que me hallaba o debido a cualquier otra alteración, el caso es que sentíme fuera del tiempo y del espacio, de modo que mis ojos sólo percibían la dulce visión. Era ella, Arabela. ¡Qué bella estaba!… La música lasciva se hizo distante y las voces de los hombres llegaban hasta mí lentas e inconexas. En medio de los cuerpos exhaustos, Arabela surgía, incorpórea y casta. Parecía que yo me comunicase con Dios y que un angel hubiese descendido sobre mí. Mi cuerpo se deshacía en armonías, y uma alegre música de pájaros estremecía el aire.
No sé cuánto tiempo duró el encantamiento, y sólo recuerdo vagamente que en un instante imposible de localizar en el tiempo o en el espacio, aquella mano se me escapó. También tengo una vaga idea de que alguien me recogió del suelo, pisado y magullado, y me puso en un sofá donde, ya siendo de día, recobre el sentido.
El mito de la doncella Arabela ha llenado mi vida. Este absurdo romanticismo de Vila Caraíbas tiene una fuerza tal que supera a las burlas del Belmiro sofisticado y hace crecer en mí desmesuradamente un Belmiro patético y oscuro. Pero vivan los mitos, que son el pan de los hombres.
En esta noche de miércoles de ceniza, lluviosa y reflexiva, me doy cuenta de que voy entrando en una fase de la vida en que el espíritu prescinde de sus conquistas y el hombre torna a la infancia en una conmovedora pesquisa de los remotos Orígenes del ser.
Hace mucho que vivo en estado de entrega. Entregarse a las puras y mejores emociones, renunciar a los rumbos de la inteligencia y vivir simplemente por la sensibilidad – cerrando de nuevo, cautelosamente, al margen del camino, el velo que cubre la faz real de las cosas y que fué descorrido acá y allá por mano imprudente – paréceme el único camino posible. Donde hubiere claridad, hágase la débil luz del crepúsculo, para que las cosas se tornen indefinidas y podamos engendrar nuestros fantasmas. Acaso fuera ésta una fórmula para conciliarnos con el mundo.

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Fonte: ANJOS, Ciro dos. El amanuense Belmiro: novela. México, Tezontle, 1954, p. 28-31.

BELMIRO


7

La Princesse Arabelle


Ciro dos Anjos

Il m’est arrivé hier soir une chose réellement extraordinaire. Ne pouvant plus tenir à la maison, je descendis dans l’avenue, comme j’en ai l’habitude. Elle était déjà pleine de fêtards qui profitaient come ils pouvaient de leur troisième nuit de carnaval.
J’examinais d’accortes colombines du côté de la Praça Sete quand, de manière inattendue, je me vis entraîné dans le flux d’un cordão : J’essayai de m’en dégager comme je plus, mais la vague humaine était immense et grandissait autour de moi, derrière, devant et sur les flancs. Je m’abandonnai alors à cette humanité qui me parut plus fatiguée que gaie. Les sambas étaient tristes et les hommes dégoulinaient de sueur. Un homme-singe me donna le bras et me dit de chanter. Je lui répondis que, jeune homme, je m’étais ruiné la voix en sérénades et qu’en la circonstance elle m’était de peu d’utilité. J’imagine la tête que je fis à ce moment – là, en col dur et pincez-nez au milieu de cette ronde joyeuse, car les farceurs me trouvèrent à leur goût et je fus pour quelques instants le clou du cordão. Ils firent tant et si bien que, sans m’apercevoir du ridicule de la situation, je me mis à chanter un vieil air de Vila Caraïbas.
Un énorme rire éclata autour de moi. M’entraînant dans une course éperdue, ils m’abandonnèrent bientôt au milieu de la rue, ivre d’éther et des confettis plein la bouche. Un autre cordão me poussa alors d’un autre côté et, ballotté dans ce va-et-vient incessant, je devins le jouet des événements. Parfois une giclée de parfum m’atteignait. Je cherchais, les yeux reconnaissants, l’origine de cette douce attention. Mais je découvrais, bientôt déçu, la coulée de parfum sur un autre visage auquel le destinait une poupée hollandaise. Malgré tout, ces miettes me consolaient et me touchaient. Qu’on me donne un jet d’éther perdu dans l’espace et je construirai un royaume ! Pendant ce temps la poupée hollandaise fut enlevée par un prince russe qui la délivra des bras d’un marin.
À force de boire ici et là, je finis par être la proie d’une grande excitation, courant derrière les choros les blocos et les cordões . Puis, je ne sais trop comment, ni mêlé à quel groupe, j’entrai dans les salons d’un club, accompagnant la foule dans sa liturgie païenne.
Je me souviens, hommes et femmes en file indienne, les mains posées sur les hanches de celui qui allait devant, dansaient enchaînes et entonnaient des airs venu de là-haut, du Morro³ , des chansons tristes tirées de la chair.
À un moment donné quelqu’on me prit le bras en chantant : « Tiens bon ma main, mon coeur, tiens bon. Ne laisse pas s’échapper le cordão… » Le bras qui se souvint de mon bras avait une main blanche et fine. Je n’oublierai jamais : une main blanche et fine. Je tournai la tête : la propriétaire de la main était une blanche et douce demoiselle. Ce fut une vision extraordinaire. Il me semblait que la blanche Arabelle était descendue jusqu’à moi, la princesse du château à la tour sombre où les hirondelles vont se poser. Pauvre mythe de mon enfance ! Pendant les longues nuits de la fazenda, on racontait l’histoire de la chaste Arabelle qui mourut d’amour et dont le chant désolé emplissait la tour du château.
Effet de l’excitation sur mon esprit ou de quelqu’autre perturbation, je me sentis hors du temps et de l’espace, mes yeux ne voyaient que la douce apparition. C’était elle, Arabelle. Comme elle était belle ! La musique lascive s’éloigna, les voix des hommes me parvenaient, lentes et incohérentes. Au milieu des corps exténués, l’incorporelle et chaste Arabelle. Il me semblait que je communiquais avec Dieu et qu’un ange était descendu jusqu’à moi. Mon corps se dissolvait en harmonies et l’air vibrait d’un joyeux chant d’oiseau.
Je ne me rappelle pas combien de temps dura l’enchantement, je sais seulement qu’à un moment difficile à situer dans le temps et dans l’espace, la main m’échappa. J’ai aussi la vague impression que quelqu’un me ramassa par terre, piétiné, meutri, et m’étendit sur un canapé. Le soleil était déjà haut quand je me réveillai.
Le mythe de la princesse Arabelle a rempli ma vie. Cet absurde romantisme de Vila Caraïbas a plus de force que tous les sarcasmes du Belmiro sophistiqué, et fait grandir en moi, démesurément, un Belmiro pathétique et sombre. Mais soit ! Et que vivent les mythes qui sont le plain des hommes.
En cette nuit de mercredi des Cendres, pluvieuse et recueillie, je vois bien que j’entre dans une phase de la vie où l’esprit renonce à ses conquêtes, où l’homme part à la recherche de son enfance dans une quête émouvante des loitaines origines de l’être.
Il y a longtemps, pour ma part, que je connais cet état d’abandon. S’abandonner aux pures et aux meilleures émotions, renoncer aux effets de l’intelligence et vivre simplement à travers sa sensibilité – descendre à nouveau soigneusement, au bord du chemin, le voile qui couvre la face réelle des choses et qui fut ça et là soulevé d’une main imprudente – me semble la seule voie possible. À la clarté préférons la lumière fragile du crépuscule, à l’heure où les choses deviennent indécises et nous laissent à loisir engendrer nos fantasmes. Peut-être y a-t-il là une manière de nous réconcilier avec le monde ?

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Fonte : ANJOS, Ciro dos. Belmiro (Belo Horizonte, 1935) : roman. Traduit du portuguais par Cecile Tricoire. Paris : A.M. Metailie, 1988. p. 110-111.

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ESCRITORES

Canção

Autor: Cecília Meireles
Título: Canção,Canción e Sugestão, Sugestión
Idiomas: port, esp
Tradutor: Blanca Luz Pulido(esp)
Data: 27/12/2004

 

Canción

Cecília Meireles

Puse en mi sueño un navío
y al navío sobre el mar;
después, abrí el mar con las manos,
y mi sueño naufragó.
Mis manos están aún mojadas
del azul de las abiertas olas,
y el color gotea de mis dedos
pintando la arena desierta.
El viento llegó de muy lejos,
la noche se dobla de frío;
debajo del agua ya muere
mi sueño, dentro de un navío.
Lloraré cuando sea preciso,
para que el mar se levante,
y mi navío llegue al fondo
y mi sueño ya no exista.
Después, todo será perfecto:
playa en calma, aguas quietas,
mis ojos secos como piedras
y mis dos manos quebradas.

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Fonte: (www.fuentes.csh.udg.mx)/ Traducción de Blanca Luz Pulido

 
 

Sugestión

Cecília Meireles

Sucede así – cualquier cosa
serena, libre, fiel.
Flor que se cumple, sin pregunta.
Ola que se violenta, a causa de ejercicio indiferente.
Luna que envuelve igual a los novios abrazados y a los soldados ya fríos.
También como este aire de la noche: susurrante de silencios, lleno de nacimientos y pétalos.
Igual a la piedra detenida, conservando su demorado destino. Y la nube leve y bella, viviendo de nunca llegar a ser.
La cigarra quema en su música, al camello que mastica su larga soledad,
Al pájaro que busca el fin del mundo, al buey que va con inocencia hacia el monte.
Sucede así, cualquier cosa serena, libre, fiel.
No como al resto de los hombres.

Sugestão

Sede assim – qualquer coisa
serena, isenta, fiel.
Flor que se cumpre, sem pergunta.
Onda que se esforça, por exercício desinteressado.
Lua que envolve igualmente os noivos abraçados e os soldados já frios.
Também como esse ar da noite: sussurrante de silêncios, cheio de nascimentos e pétalas.
Igual à pedra detida, sustentado seu demorado destino. E a nuvem, leve e bela, vivendo de nunca chegar a ser.
A cigarra queimando-se em música, ao camelo que mastiga sua solidão.
Ao pássaro que procura o fim do mundo, ao boi que vai com inocência para a monte.
Sede assim, qualquer coisa serena, isenta, fiel.
Näo como o resto dos homens.

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Fonte: http://autordelasemana.uchile.cl/poesiabrasil/antologia.html.

Canção

No desequilíbrio dos mares,
as proas giram sozinhas…
Numa das naves que afundaram
é que certamente tu vinhas.

Eu te esperei todos os séculos
sem desespero e sem desgosto,
e morri de infinitas mortes
guardando sempre o mesmo rosto

Quando as ondas te carregaram
meus olhos, entre águas e areias,
cegaram como os das estátuas,
a tudo quanto existe alheias.

Minhas mãos pararam sobre o ar
e endureceram junto ao vento,
e perderam a cor que tinham
e a lembrança do movimento.

E o sorriso que eu te levava
desprendeu-se e caiu de mim:
e só talvez ele ainda viva
dentro destas águas sem fim.

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Fonte: http://www.geocities.com/Paris/Rue/1020/.

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ESCRITORES

POEMAS

Autor: Cecília Meireles
Título: POEMAS
Idiomas: port,esp
Tradutor:
Data: 27/12/2004

POEMAS

Cecília Meireles

 


 
MOTIVO
Eu canto porque o instante existe
e a minha vida está completa.
Não sou alegre nem sou triste:
sou poeta.
Irmão das coisas fugidias,
não sinto gozo nem tormento.
Atravesso noites e dias
no vento.
Se desmorono ou se edifico,
se permaneço ou me desfaço,
– não sei, não sei. Não sei se fico
ou passo.
Sei que canto. E a canção é tudo.
Tem sangue eterno a asa ritmada.
E um dia sei que estarei mudo:
– mais nada.
SERENATA
Repara na canção tardia
que nitidamente se eleva,
num arrulho de fonte fria.
O orvalho treme sobre a treva
e o sonho da noite procura
a voz que o vento abraça e leva.
Repara na canção tardia
que oferece a um mundo desfeito
sua flor de melancolia.
É tão triste, mas tão perfeito,
o movimento em que murmura,
como o do coração no peito.
Repara na canção tardia
que por sobre o teu nome, apenas,
desenha a sua melodia.
E nessas letras tão pequenas
o universo inteiro perdura.
E o tempo suspira na altura
por eternidades serenas.
METAMORFOSE
Súbito pássaro
dentro dos muros
caído,
pálido barco
na onda serena
chegado.
Noite sem braços!
Cálido sangue
corrido.
E imensamente
o navegante
mudado.
Seus olhos densos
apenas sabem
ter sido.
Seu lábio leva
um outro nome
mandado.
Súbito pássaro
por altas nuvens
bebido.
Pálido barco
nas flores quietas
quebrado.
Nunca jamais
e para sempre
perdido
o eco do corpo
no próprio vento
pregado.

_______________
Fonte: MEIRELES, Cecília. Poemas. [Poesias. Espanhol e Português. Poemas/ Cecília Meireles; prólogo y selección de José de Souza Rodrígues; traducción de Ricardo Silva-Santisteban.] Lima: Centro de Estudios Brasileños, 1983. p. 22, 26, 46, 48.


POEMAS

 
MOTIVO

Canto porque el instante existe
y ya mi vida está completa.
No soy alegre ni soy triste:
soy poeta.
Hermano de las cosas fugitivas
no siento gozo ni tormento.
Atravieso noches y días
en el viento.
Si desmorono o si edifico,
permanezco o me desvanezco,
-no sé, no sé. No sé si me quedo
o si paso.
Sé que canto. Y la canción lo es todo.
Tiene sangre eterna el ala ritmada.
Y un día sé que estaré mudo:
-nada más.
Serenata
Repara en la canción tardía
que nítidamente se eleva
con un murmullo de fuente fría.
El rocío tiembla en lo oscuro
y el viento de la noche procura
la voz que el viento abraza y lleva.
Repara en la canción tardía
que ofrece a un mundo derrotado
su flor de melancolía.
Es tan triste mas tan perfecto
el movimiento en que murmura
como un corazón en el pecho.
Repara en la canción tardía
que por sobre tu nombre, apenas,
dibuja su melodía.
Y en esas letras tan pequeñas
entero el universo perdura.
Y el tiempo suspira en la altura
por eternidades serenas.
METAMORFOSIS
Pájaro súbito
entre los muros
caído,
pálido barco
venido en la onda
serena.
¡Noche sin brazos!
Cálida sangre
corrida.
E inmensamente
el navegante
mudado.
Sus ojos densos
apenas saben
que fueron.
Su labio lleva
distinto nombre
enviado.
Pájaro súbito
por altas nubes
bebido.
Pálido barco
en flores quietas
quebrado.
Ya para siempre
y para siempre perdido
eco del cuerpo
en el mismo aire
clavado.

__________________
Fonte: MEIRELES, Cecília. Poemas. [Poesias. Espanhol e Português. Poemas/ Cecília Meireles; prólogo y selección de José de Souza Rodrígues; traducción de Ricardo Silva-Santisteban.] Lima: Centro de Estudios Brasileños, 1983. p. 23, 27, 47, 49.

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ESCRITORES

RETRATO EM LUAR

Autor: Cecília Meireles
Título: RETRATO EM LUAR, RITRATTO AL CHIAR DI LUNA
Idiomas: port, ita
Tradutor: Anton Angelo Chiocchio(ita)
Data: 28/12/2004

RETRATO EM LUAR


Cecília Meireles

 

Meus olhos ficam neste parque,
minhas mãos no musgo dos muros,
para o que um dia vier buscar-me,
entre pensamentos futuros.

Não quero pronunciar teu nome,
que a voz é o apelido do vento,
e os graus da esfera me consomem
toda, no mais simples momento.

São mais duráveis a hera, as malvas,
que a minha face deste instante.
Mas posso deixá-la em palavras,
gravada num tempo constante.

Nunca tive os olhos tão claros
e o sorriso em tanta loucura.
Sinto-me toda igual às árvores:
solitária, perfeita e pura.

Aqui estão meus olhos nas flores,
meus braços ao longo dos ramos:
e, no vago rumor das fontes,
uma voz de amor que sonhamos.

RITRATTO AL CHIAR DI LUNA

Cecília Meireles

Lascio i miei occhi in questo parco
le mani nel muschio dei muri,
per quegli che un giorno a cercarmi
verrà, tra pensieri futuri.

Non voglio chiamarti per nome:
parrebbe il sibilo del vento;
brucio tra i gradi della sfera
tutta, nel semplice momento.

Durano piá l’edera, l’erba
che il viso mio di quest’istante.
Ma posso fissarlo in parole,
scolpirlo in un tempo costante.

Mai gli occhi ho avuti tanto chiari
e folle il riso, come l’aria…
mi sento tutta uguale agli alberi:
perfetta, pura e solitaria.

Qui l’occhio mio vede dal fíore,
qui il braccio mio teso é nel ramo,
qui voci d’acque vaghe echeggiano
quella d’amore che sognamo.

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Fonte: http://www.secrel.com.br/jpoesia/aangel03.html. Trad: Anton Angelo Chiocchio.

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ESCRITORES

CANÇÃO DO BOÊMIO

Autor: Castro Alves
Título: CANÇÃO DO BOÊMIO
Idiomas: port
Tradutor:
Data: 26/12/2004

CANÇÃO DO BOÊMIO
(RECITATIVO DA MEIA HORA DE CINISMOCOMÉDIA DE COSTUMES ACADÊMICOS)
(De Espumas flutuantes)

Castro Alves

Música de EMILIO DO LAGO

Que noite fria! Na deserta rua
Tremem de medo os lampiões sombrios.
Densa garoa faz fumar a lua,
Ladram de tédio vinte cães vadios.
Nini formosa! por que assim fugiste?
Embalde o tempo à tua espera conto.
Não vês, não vós?… Meu coração é triste
Como um calouro quando leva ponto.
A passos largos eu percorro a sala
Fumo um cigarro, que filei na escola…
Tudo no quarto de Nini me fala
Embalde fumo… tudo aqui me amola.
Diz-me o relógio cinicando a um canto
“Onde está ela que não veio ainda?”
Diz-me a poltrona “por que tardas tanto?
Quero aquecer-te rapariga linda.”
Em vão a luz da crepitante vela
De Hugo clareia uma canção ardente;
Tens um idílio — em tua fronte bela…
Um ditirambo — no teu seio quente…
Pego o compêndio… inspiração sublime
P’ra adormecer… inquietações tamanhas…
Violei à noite o domicílio, ó crime!
Onde dormia uma nação… de aranhas…
Morrer de frio quando o peito é brasa…
Quando a paixão no coração se aninha!?…
Vós todos, todos, que dormis em casa,
Dizei se há dor, que se compare à minha!.. .
Nini! o horror deste sofrer pungente
Só teu sorriso neste mundo acalma…
Vem aquecer-me em teu olhar ardente…
Nini! tu és o cache-nez dest’alma.
Deus do Boêmio!… São da mesma raça
As andorinhas e o meu anjo louro…
Fogem de mim se a primavera passa
Se já nos campos não há flores de ouro…
E tu fugiste, pressentindo o inverno.
Mensal inverno do viver boêmio…
Sem te lembrar que por um riso terno
Mesmo eu tomara a primavera a prêmio..
No entanto ainda do Xerez fogoso
Duas garrafas guardo ali… Que minas!
Além de um lado o violão saudoso
Guarda no seio inspirações divinas…
Se tu viesses… de meus lábios tristes
Rompera o canto… Que esperança inglória…
Ela esqueceu o que jurar lhe vistes
Ó Paulicéia, ó Ponte-grande, ó Glória!…
Batem!… que vejo! Ei-la afinal comigo…
Foram-se as trevas… fabricou-se a luz…
Nini! pequei… dá-me exemplar castigo!
Sejam teus braços… do martírio a cruz!…

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ESCRITORES

The Slave Ship

Autor: Castro Alves
Título: The Slave Ship, Le Navire Négrier
Idiomas:
Tradutor: Van Der Haegen(fra), DAVID BARNHART (eng)
Data:

Le Navire Négrier

Castro Alves

 

I
Pleine mer… Ivres d’espace
files rayons de lune folâtrent — blondes phalènes
Et les vagues les poursivent et se lassent
Comme une troupe d’enfants turbulents.
Pleine mer… Du fírmament
Les astres jaillissent en écume d’or…
Sur Ia mer scintillent les feux phosphorescents
— Constellations du liquide trésor…
Pleine mer… Deux infinis
Lei s’éfreignent dans un fol embrassement
Bleus, dorés, placides, sublimes…
Lequel est le ciel? Lequel l’océan?…
Pleine mer… Ouvrant ses voiles
A la chaude haleine des brises marines
Un voilier, un brick, court à la surface des eaux
Comme les hirondelles effleurent la vague.
D’oú vient-il? Où va-t’il? Des nefs errantes
Qui connait la route dans un tel espace?
Dans ce Sahara les coursiers soulèvent la poussière
Galopent, volent, mais ne laissent point de trace.
Heureux qui peut à cette heure
Sentir de ce tableau toule la majesté! …
En bas — la mer… en haut — le firmemente..
Et dans la mer et dans le ciel — I’immensité!
Oh! Quelle douce harmonie m’apporte la brise!
Quelle suave musique s’élève au loin?
Mon Dieu! Qu’il est sublime le chant ardent
Qui vogue sur les vagues au hasard sans fin.
Hommos de mer! Ô rudes marins,
Brunis par le soleil des quatre mondes!
Enfants couvés par la tempête
Dans le berceau de ces mers profondes!
Attendez, attendez… laissez-moi boire
Cette sauvage et libre poésie…
L’orchestre — cest la mer, à la proue, qui rugit
Et le vent qui siffle dans les cordages
………………………………………….
Pourquoi fuis-tu ainsi, nef rapide?
Pourquoi fuis-tu le timide poète?
Oh! que ne puis-je suivre ton sillage
Qui dessine sur la mer — une folle comète!
Albatros! Albatros! aigle de l’océan,
Toi qui dors dans la gaze des nuages,
Réveille-toi! Léviathan de l’espace,
Albatros! Albatros! donne-moi tes ailes.
II
Qu’ímporte le berceau du nautonier
De qui il est fils, et quel est son foyer?
Il aime la cadence du vers
Que lui enseigne le viel océan!
Chantez! car la mort est divine!
Le brick glisse à la bouline
Comme un rapide dauphin.
Du haut du mât de misaine
Un pavillon, dans un geste d’adieu s’incline
Vers les vagues qui fuient au loin.
Les cantilènes de l’Espagnol
Languissantes d’amour,
Chantent les filles brunes,
Les Andalouses en ficur!
De l’Italie le fils indolent
Chante Venise exidormie,
— Terre d’amour et de trahison,
Ou dans le creux du golfe
Evoque les vers du Tasse
Près des laves du volcan!
L’Anglais — froid marin,…
Qui en mere en naissant s’est trouvé,
(Car l’AngIeterre est un navire,
Que Dieu a dans la Manche ancré),
Dur, entonne à la gloire de sa patrie,
Avec orgueil, l’hístoire
I)e Nelson et d’Aboukir.
Le Français — prédestiné —
Chante les louanges du passé
Et les lauriers de l’avenir!
Les marins hellènes
Nés de la vague ionienne
Beaux piratcs bruns
De la mer sillonnée par Ulysse,
Hommes que Phidias eut sculptés,
Chantent dans la nuit claire
Les vers qu’Homère a pleurés…
Marins de tous les rivages,
Vous savoz trouver dans les vagues
Les mélodies du ciel…
III
Descends de l’espace immense, ô aigle de l’océan!
Descends encore.. . plus encore.. . aucun regard humain,
Ne peut comme le tien plonger dans le brick rapide!
Mais que vois-je là… Quel tableau d’amertumes?
C’est un chant funèbre! Quelles figures! …
Quelle scène infame et vile!… Mon Dij-.U!… Quelle horreur!
IV
C’était un songe dantesque… le pont
Tout baigné de sang
Qui rougit l’éclat des fànaux.
Un tintement de fers — le claquement du fouet —
Des légions d’hommes noirs comme —a nuit
Horribles, qui dansent…
Des femmes noires, tenant à leur sein
Des maigres enfants, dont les bouches noires
Sont arrosées du sang de leur mères!
D’aufres, jeunes, mais nues et effrayées
Dans ce tourbillon de spectres entrainées,
Dans une angoisse et une peine vaines!
Et l’orchestre se rit ironique, strident.
Et de la ronde fantastique, le serpent
Fait de folles spirales…
Si le vieillard halète, s’il glisse
On entend des cris. . . le fouet claque
Et la ronde s’affole.
Rivée aux maillons d’une seule chaine,
La foule affamée titube
Et pleure ef danse!
L’uji délire de rage, l’aufre perd le sens,
Un autre, hébété de douleur,
En chantant, rit et pleure!
Tandis que le capitaine ordonne la manoeuvre
Puis, regardant le ciel qui se déploie
Sur la mer si pur
Il dit entre les épaisses volutes de fumée:
“Hardi, matelots, frappez dur
Faites redoubler la danse.?
Et l’orchestro se rit, ironique, strident…
Et de la ronde fantastique le serpent
Fait de folles spirales…
Comme dans un songe dantesque les ombres volent,
Cris, soupirs, jurons, prières s’élèvent!
Et Satan est pris de rire!
V
Seigneur, Dieu des malheureux!
Ditos-moi, Vous, Seigneur!
Si c’est folie, ou si c’est vrai
Tant d’horreurs devant les cieux?.
Océan, pourquoi n’effaces-tu pas
Avec l’éponge de tes vagues
Cette tache de ton manteau?…
Xs-tres! Nuits! Tempêfes!
Roulez des immensités!
Thyphon, balayez les mers!
Qui sont ces malheureux
Qui ne rencontrent en vous,
Que le rire calme de la foule
Qu’excite la furie du bourreau?
Qui sont-ils? Si l’étoile se tait,
Si la vague oppressée glisse
Comme un complice qui fuit
Devant la nuit confuse…
Dis-le, to!, Muse sévère,
Muse féconde, audacieuse!…
Ce sont les fils du désert,
Oú la lumière épouse, Ia terre.
Oú vit à ciel ouvert
La tribu des hommes nus…
Ce sons les guerriers intrépides
Qui combattent dans la solitude,
Avec les tigres mouchetés
Hier, simples, forts, braves…
Aujourd’hui misérables esclaves,
Sans lumière, sans air, sans raison
Ce sont des femmes malheur uses
Comme Agar le fut aussi.
Qui, mourant de soif, epuisées
Viennent de loin… de três loin…
Portant d’un pas affaibli
Des enfants et des chaines aux bras,
Dans l’âme — des larmes et du fiel…
Comme Agar souffrant tellement
Qtt’elles ne peuvent même pas donner
Le laif de leurs pleurs à Ismael.
Là-bas, dans les sables infinis,
Du pays des palmeraies,
Elles sont nées — enfants jolies
Elles ont vécu — fillettes gracieuses…
Un joir passe la caravane,
Quand la vierge dans la cabane
Rêve dans les voiles de la nuit…
… Adieu, é cliaumière de la forêf,
… Adieu, palmeraies autour du puits! …
… Adieu, amours… adieu! …
Puis, la grève immense…
Puis, l’océan de poussière.
Puis à l’horizon sans borne
Des déserts… rion que des déserts…
Et la faím, la fatigue, la soif…
Hélas! combien de malheureux cèdent,
Et tombent pour ne plus se relever! …
Une piace ost libre dans la chaine,
Mais le chacal sur l’arène
Trouve un corps à ronger.
Hier, la Sierra Léone,
La guerre, la chasse au lion,
Le sommeil à l’aventure
Sous les tentes de la nature!
Aujourd’hui… la cale sombre, profonde,
Infecte, étroite, immonde,
Ayant la peste pour jaguar…
Et le sommeil toujours coupé
Par l’agonie d’un moribond
Et la chute d’un corps dans la mer…
Hier, pleine liberté
La volonté pour loi.
Aujourd’hui… combie de méchanceté,
Pas même chaine les lie
— Lugubre serpent de fer —
Dans les noeuds dc l’esclavage.
Et se moquant de la mort,
La lugubre cohorte danse
Dérision… au son du fouet.
Seigneur, Dieu des malbeureux!
Dites-moi, vous, Seigneur,
Si je délire… ou si c’est vrai
Tant d’horreur devant les cieux?
Océan, pourquoi n’effaces-tu pas
Avec l’éponge de tes vagues
Cette tache de ton manteau?
Astres! Nuits! Tempêtes!
Roulez des immensités!
Typhon! Balayez les mers!
VI
Il existe un peuple, qui prête son drapeau
Pour couvrir tant d’infamie et de lâcheté! …
Et qui le laisse se transformer dans cefte fête
En impur manteau de froide bacchante! …
O Mon Dieu! mon Dieu! quel drapeau est-ce là,
Qui danse, impudent, au grand hunier?
Silence, ô Muse… pleure et pleure tant
Que le pavillon dans tes sanglots soit lavé! …
Emblème vert et or de ma patrie
Que la brise du Brésil berce et caresse,
Étendard oú la lumière du soleil
A la divine espérance se marie…
Toi qui, après la guerre pour la liberfé,
Fus arboré à la lance des héros
Mieux out valu périr dans la mêlée,
Que de couvrir un peuple dans son tombeau! …
Atroce fatalité qui écrase l’esprit!
Le brick immonde à présent efface
Le sillage que Colomb a ouvert dans les flots,
Comme un iris sur les fonds abyssaux!
Mais, c’est trop d’infamie! … Des rivagts d’outre-tombe
Levez-vous, héros du Nouveau-Monde!
Andrade! arrache ce pavillon des airs!
Colomb! Ferme la porte de tes mers?

Tradutor: Van Der Haegen

The Slave Ship
(Tragedy in the Sea)

Castro Alves

The Slave Ship
(Tragedy in the Sea)
We are on the high seas… Mad in space
The moonlight plays — golden butterfly;
And the waves run after it. . . tire
Like a band of troubled infants.
We are on the high seas… From the firmament
The stars leap like spray of gold. . .
The sea in turn lights phosphorescence,
— Constellations of liquid treasure…
We are on the high seas… Two infinites
Strain there in a mad embrace
Blue, golden, placid, sublime..
Which of the two is ocean? Which sky?…
We are on the high seas.. . Opening the sails,
To the warm breath of the marine breezes,
Sailed brig run on the crests of the seas,
As the swallows brush in the wave…
Whence do you come? Wither do you go? Of the erring ships
Who knows the course if the space is so great?
On this Sahara the coursers raise dust,
Gallop, soar, but leave no trace.
Happy he who can, there, at fhis hour,
Feel this panel’s magesty!.. .
Below — the sea… above — the firmament! …
And in the sea and in the sky — the immensity!
Oh! what sweet harmony the breeze brings me!
What soft music sounds far off!
My God! how sublime an ardent song is
Floating at random on the endless waves!
Men of the sea! Oh rude mariners,
Toasfed by the sun of the four worlds!
Children whom the tempests warmed
In the cradle of these profound abysses!
Wait! … wait! … let me drink
This savage, free poetry.. .
Orchestra — is the sea, which roars by the prow
And the wind, which whistles in the ropes.
Why do you flee thus, swift barque?
Why do you flee the fearless poet?
Would that I could accompany the furrow
You sow in the sea — mad comet!
Albatroz! Albatroz! Eagle of the ocean,
You who sleep in the gauze of the clouds,
Shake your feathers, leviathan of space
Albatroz! Albatroz! give me those wings.
II
What does the sailor’s cradle matter,
Or where he is the son, where his home?
He loves the cadence of the verse
Which is faught him by the old sea!
Sing! Death is divine!
The brig slips on the bowline — Like a swift dolphin.
Fast to the mizzen mast
The nostalgic flag points
To the waves it leaves behind.
From the Spanish, chants
Broken with languor,
They recall the dusky maidens
The Andalusians in flower!
From Italy the indolent son
Sings of sleeping Venice,
— Land of love and treachery,
Or from the gulf in its lap
Recalls the verses of Tasso
Close to the lava of the volcano.
The Englishman — cold mariner
Who from birth found himself at sea
(Because England is a ship,
Which God anchored in the Channel),
Stern, he intoans his countryls glories
Remembering, proudly, histories
Of Nelson and of Aboukir.
The Frenchman — predestined —
Sings of the triumphs of the past
And the laurels to come!
The Hellenic sailors,
Whom Ionian space created,
Beautiful dark pirates
From the sea that Ulysses cut,
Men that Phydias seulped,
Are singing in the clear night
Verses that Homer moaned…
Sailors from all lands,
Know how to find in the waves
The melodies of the skies!. . .
III
Descend from the immense space, oh eagle of the ocean,
Descend more… even more.. . human glance cannot
Like yours plunge into the flying brig!
But what is it I see there… What picture of bitterness
It’s funeral song! … What tetric figures! …
What an infamous vile scene!… My God! my God! What horror!
IV
It was a dantesque dream.. . the deck
Great lights redenning its brilliance,
Bathing it in blood.
Clang of irons. .. snap of whip …
Legions of men black as the night
Horrible dancing…
Black women, holding to their breasts
Scrawny infants whose black mouths
Are watered by the blood of their mothers:
Others, young, but nude and frightened,
In the whirlwind of specters drawn
From anxiety and vane resentment!
And the orchestra laughs, ironic, strident…
And from the fantastic circle a serpent
Spirals madly…
If the old man cringes, slips to the ground,
You hear shouts… the whip cracks.
And they fligh more and more.
Prisoned in the bars of a single jail
The famished multitude shudders,
Aud weeps and dances!
One is delirious from rabies, another is going mad,
Another, bruttish from martyrdom
Sings, groans, and laughs!
Meantime the captain commands the maneuver
And after gazing at the sky which unfolds
So pure over the sea,
Cries out of the gloom of dense obscurity,
“Shake out the whip, mariners!
Make them dance, more!…”
And the orquestra laughs ironic, strident…
And from the fantastic circle a serpent
Spirals madly…
Like a dantesque dream the shadows fly!
Shouts, ahs, curses, embodied prayers!
And Satan laughs! …
V
Lord God of the unfortunate!
Tell me Lord God!
If if is madness… or truth
So much horror under the skies?!…
Oh sea why do you not erase
With the sponge of the waves,
Your mantle, this blot?…
Stars! Nights! Tempests!
Roll down from the immensity!
Sweep the seas, typhoon!
Who are these unfortunates
Who do not find in you,
More than the calm laughter of the band
Which excitcs the torturers to fury?
Who are they? If the star hushes,
If the oppressive space slides by
Like a furtive accomplice,
Before the confused night
Say it severe Muse
Free, audacious Muse! …
They are the sons of the desert,
Where the land espouses the light
Where in the open spaces lives
A tribe of nude men. . .
They are daring warriors
Who with the, spotted tigers
Combat in the solitude.
Yesterday simple, strong, brave…
Today miserable slaves,
Lacking air, light, reason.
They are disgraced women
Like Agar was also,
Who thirsty, weakened,
Come from far far off…
Bringiiig with tepid steps,
Children and irons on their arms,
In their souls — tears and gaul. . .
Like Agar suffering so much
That not even the milk of lament
Have they to give Ismael.
Off there on the limitless sands,
From the palms of the country,
They were born — beautiful children,
They lived — gentle maidens.. .
A caravan goes by one day
When the virgin in the cabin
Apprehensive from the veils of night
… Good-bye mountain hut,
… Good-bye palms of the fountain!
… Good-bye, loves… good-bye!
Afterwards, the extensive sands
Afterwards, the ocean of dust.
Afterwards, on the immense horizon
Deserts… deserts only…
And hunger, the tiredness, the thirst…
Oh how many unfortunates give up,
And fail to rise no more! …
A place in the chain vacates,
But the jackal on the sand
Finds a body to gnaw.
Yesterday Sierra Leôa,
The war, the chase, the lion,
Sleep slept carelessly
Under the tents of amplitude!
Today the dark, deep hole
Infected, cramped, loathsome
Having the plague for a jaguar…
And sleep always broken
By death rattles
And the thud of corpses into the sea. . .
Yesterday full liberty,
Will for power…
Today… the peek of malice
They are not even free to die…
The same chain binds them
— Lugubrious iron snake —
In the threads of slavery.
And so humming of death,
The lugubrious cohort dances
To the sound of the lash … Humiliation!. . .
Lord God of the unfortunate!
Tell me, Lord God,
Am I delirious… or is it truth
So much horror under the skies?! …
Oh sea, why don’t you crase
With the sponge of the waves,
Your mantle, this blot?
Stars! nights! tempests!
Roll down from the immensity
Sweep the seas, typhoon!
VI
A people exists that lends its flag
To cover so much infamy and cowardice!.
Transforming it in that feast
Into the impure mantle of a cold bacchante! …
My God! my God! but what flag is this,
That impudent floats from the truck?
Silence, muse… weep, weep so much
That the standard may be washed, by your grief! …
Green-gold pendant of my land,
That the breeze of Brazil caresses and unfurls
Standard that in the light of the sun encloses
Promises of divine hope…
You, who in the liberty after war,
Were hoisted by heroes on the lance,
Rather that you had been torn in battle
Than serve a people as a shrowd! …
Atrocious fatality which overwhelms the mind
Extinguish this hour loathsome brig
The furrow that Columbus opened in the waves,
Like an iris in the depth of the seas!
But this is too much infamy! … From the ethereal regions
Rise, heroes of the New World!
Andrada! Rip that pendant from the air!
Columbus! Close the portais of your seas!
 
Tradutor: DAVID BARNHART