ESCRITORES



Uma aprendizagem





Autor: Clarice Lispector
Título: Uma aprendizagem, ou O livro dos prazeres, Un apprentissage, ou Le livre des plaisirs
Idiomas: port, fra
Tradutor: Jacques et Teresa Thiériot(fra)
Data: 28/12/2004

UN APPRENTISSAGE,
OU LE LIVRE DES PLAISIRS


L’Origine du printemps ou La mort nécessaire en plein jour


Clarice Lispector

, tellement occupée, à cause des courses que la bonne avait faites à la va-vite car de plus en plus elle bâclait son travail, même si elle ne venait que pour préparer le déjeuner et le dîner, elle avait donné plusieurs coups de téléphone pour régler des problèmes, le plus difficile pour appeler le plombier, elle était allée à la cuisine ranger les achats et disposer dans la corbeille les pommes qui étaient sa meilleure nourriture, tant pis si elle ne savait pas garnir une corbeille, mais Ulysse lui avait laissé entrevoir la possibilité à l’avenir par exemple d’enjoliver une corbeille, elle regarda ce que la bonne avait laissé pour le dîner avant de s’en aller, car le déjeuner avait été très mauvais, entre-temps elle avait remarqué que la petite terrasse qui était un avantage de son appartement en rez-de-chaussée avait besoin d’être lavée, elle avait reçu un coup de téléphone pour l’inviter à un cocktail de bienfaisance au profit de quelque chose qu’elle n’avait pas très bien compris mais qui avait un rapport avec son école primaire, Dieu merci elle était en vacances, elle était allée à la penderie choisir la robe qu’elle mettrait pour se rendre extrêmement attirante lors de son rendez-vous avec Ulysse qui lui avait déjà dit qu’elle n’avait pas de goût pour s’habiller, elle se rappela que c’était samedi et donc il aurait plus de temps car ce jour-là il ne donnait pas de cours d’été à l’Université, elle pensa à ce en quoi il se transformait pour elle, à ce qu’il semblait vouloir qu’elle sût, elle supposa qu’il voulait lui apprendre à vivre sans douleur tout simplement, il avait dit une fois qu’il voulait, si on lui demandait son nom, qu’elle ne répondît pas « Lori » mais qu’elle pût répondre « mon nom c’est moi », car ton nom, avait-il dit, est un moi, elle se demanda si la robe noire et blanche conviendrait,
alors du ventre même, comme une secousse lointaine de terre dont on sait à peine que c’est l’annonce d’un séisme, de l’utérus, du coeur contracté vint le tremblement gigantesque d’une violente douleur ébranlée, de tout le corps l’ébranlement – et en subtiles grimaces du visage et du corps, avec la difficulté d’un pétrole déchirant la terre – vint finalement la grande crise de larmes sèches, une crise muette sans aucun son qu’elle pût elle-même entendre, qu’elle n’avait pas pressentie, n’avait jamais voulue et n’avait pas prévue – secouée comme l’arbre solide qui est plus profondément ébranlé que l’arbre fragile – finalement canaux et veines éclatés, alors
elle s’assit pour se reposer et au bout d’un instant elle faisait comme si elle était une femme bleue parce que le crépuscule plus tard serait peut-être bleu, elle fait comme si elle filait avec des fils d’or les sensations, elle fait comme si l’enfance était aujourd’hui et argentée de jouets, elle fait comme si une veine ne s’était pas ouverte et elle fait comme si dans un silence tout blanc n’en coulait pas un sang écarlate, et qu’elle ne fût pas d’une pâleur mortelle mais cela faisait comme si c’était vrai de vrai, il fallait au milieu du faire comme si dire la vérité de pierre opaque pour qu’elle contrastât avec le faire comme si vert moiré, elle fait comme si elle aimait et était aimée, elle fait comme si elle n’avait pas besoin de mourir de regret, elle fait comme si elle était couchée dans la paume transparente de la main de Dieu, non pas Lori mais son nom secret dont pour l’instant elle ne pouvait pas encore jouir, elle fait comme si elle vivait et n’était pas en train de mourir car vivre en fin de compte n’était guère que s’approcher de plus en plus de la mort, elle fait comme si elle n’avait pas les bras tombés de perplexité quand les fils d’or qu’elle filait s’entremêlaient et elle ne savait pas dénouer le fin fil froid, elle fait comme si elle était assez habile pour défaire les noeuds de la corde de marin qui lui liaient les poignets, elle fait comme si elle avait un panier de perles rien que pour regarder la couleur de la lune car elle est lunaire, elle fait comme si elle fermait les yeux et des êtres aimés surgiraient quand elle les ouvrirait embués de gratitude, elle fait comme si tout ce qu’elle avait n’était pas comme si, elle fait comme si sa poitrine se décontractait et qu’une lumière toute dorée et légère la guidât dans une forêt d’écluses muettes et de tranquilles mortalités, elle fait comme si elle n’était pas lunaire, elle fait comme si elle ne pleurait pas des larmes rentrées
-car à présent doucement, malgré les yeux secs, son coeur était humide; elle était maintenant sortie de la voracité de vivre. Elle eut l’idée d’écrire à Ulysse pour lui raconter ce qui s’était passé,
mais rien ne s’était passé de dicible avec des mots écrits ou parlés, excellent ce système qu’Ulysse avait inventé: ce qu’elle ne savait pas ou n’aurait pu dire, elle l’écrirait et lui donnerait le papier sans mot dire – mais cette fois il n’y avait vraiment rien à raconter.
Maintenant lucide et calme, Lori se rappela qu’elle avait lu que les mouvements hystériques d’un animal captif avaient pour but de libérer, grâce à un de ces mouvements, la chose ignorée qui l’enchaînait – l’ignorance du mouvement unique, précis et libérateur était ce qui rendait hystérique l’animal: il recourait au dérèglement – durant le savant dérèglement de Lori, elle avait eu pour elle-même sur le moment les avantages libérateurs venus de sa vie la plus primitive et animale: elle avait recouru hystériquement à tant de sentiments contradictoires et violents que le sentiment libérateur avait fini par la dégager du filet, dans son ignorance animale elle ne savait même pas comment,
elle était fatiguée de son effort d’animal libéré.
Et maintenant était venu le moment de décider si elle continuerait ou non à voir Ulysse. Soudain révoltée, elle refusa d’apprendre ce que lui patiemment semblait vouloir lui enseigner et elle-même apprendre – elle se révoltait surtout parce que à son avis ce n’était pas une époque de « méditation » qui tout à coup lui paraissait ridicule: elie vibrait d’un pur désir comme cela lui arrivait avant et après ses règles. Mais c’était comme s’il voulait qu’elle apprît à marcher avec ses propres jambes et alors seulement, préparée pour la liberté par Ulysse, elle serait à lui – que voulait-il d’elle, outre tranquillement la désirer? Au début Lori s’était trompée et avait cru qu’Ulysse voulait lui transmettre certaines choses de ses cours de philosophie mais il avait dit: « Ce n’est pas de philosophie que tu as besoin, en ce cas ce serait facile: tu assisterais à mes cours comme auditrice et moi je bavarderais avec toi en d’autres termes »,
puisque maintenant le séisme servirait à son hystérie et que maintenant elle était libérée, elle pourrait même remettre à plus tard la décision de ne pas voir Ulysse: oui mais voilà aujourd’hui elle voulait le voir et, bien qu’elle ne supportât pas son muet désir, elle savait qu’en fait c’était elle qui le provoquait pour essayer de venir à bout de la patience avec laquelle il attendait; avec l’argent que son père lui envoyait eile achetait des robes coûteuses toujours très ajustées, c’est tout ce qu’elle savait faire pour l’attirer et
c’était le moment de s’habiller: elle se regarda dans la glace et elle n’était belle que par le fait d’être une femme: son corps était mince et solide, un des motifs imaginaires qu’avait Ulysse de la désirer; elle choisit une robe d’un tissu lourd, malgré la chaleur, d’une forme indécise, la forme serait son corps mais
se faire belle était un rituel qui lui conférait de la gravité: l’étoffe cessait d’être un simple tissu, elle se changeait en matière de chose et c’était cette étoffe à qui avec son corps elle donnait corps – comment un simple morceau de tissu pouvait-il acquérir tant de mouvement? ses cheveux lavés le matin et séchés au soleil de la petite terrasse étaient en soie châtain la plus ancienne – beile? non, femme: Lori alors se maquilla soigneusement les lèvres et les yeux, ce qu’elle faisait, selon une collègue, très mal, elle vaporisa du parfum sur son front et à la naissance des seins – la terre était parfumée de l’odeur de mille feuilles et fleurs écrasées: Lori se parfumait et c’était là une de ses imitations du monde, elle qui essayait tellement d’apprendre la vie – avec le parfum, d’une certaine façon elle accentuait ce qu’elle était et c’est pourquoi elle ne pouvait pas mettre des parfums qui la contredisaient: se parfumer relevait d’une sagesse instinctive, venue de millénaires de femmes qui avaient appris apparemment passives et, comme tout art, cela exigeait qu’elle eût un minimum de connaissance d’elle-même: elle mettait un parfum légèrement entêtant, délectable comme de l’humus, comme si sa tête couchée écrasait de l’humus, un parfum dont elle ne révélait pas le nom à ses collègues-institutrices: parce qu’il était à elle, il était elle, puisque pour Lori se parfumer était un acte secret et presque religieux
-mettrait-elle des boucles d’oreille? elle hésita, car elle voulait des oreilles seulement délicates et simples, quelque chose de modestement nu, hésita un peu plus: une richesse encore plus grande serait de cacher avec ses cheveux ses oreilles de biche et les rendre secrètes, mais elle ne résista pas: elle les découvrit, tirant les cheveux derrière les oreilles incongrues et pâles: reine égyptienne? non, ornée toute comme les femmes bibliques, et il y avait également quelque chose dans ses yeux maquillés qui disait avec mélancolie: déchiffremoi, mon amour, ou bien je serai contrainte de te dévorer, et
maintenant prête, habillée, belle autant qu’elle pouvait réussir à l’être, de nouveau l’assaillit le doute: irait-elle ou non au rendez-vous avec Ulysse – prête, les bras ballants, pensive, irait-elle ou non au rendez-vous? Avec Ulysse elle se comportait comme une vierge qu’elle n’était plus, bien qu’elle eût la certitude qu’il devinait cela également, cet étranger sage qui cependant ne semblait pas deviner qu’elle voulait l’amour.
Une fois de plus, au milieu de ses hésitations confuses, ce qui la tranquillisa ce fut ce qui si souvent lui servait d’appui serein: le fait que tout ce qui existait, existait avec une précision absolue et dans le fond ce qu’elle finirait par faire ou ne pas faire n’échapperait pas à cette précision; ce qui était de la taille d’une tête d’épingle ne dépassait d’aucune fraction de millimètre la tailie d’une tête d’épingle: tout ce qui existait était d’une grande perfection. Sauf que la majeure partie de ce qui existait avec une telle perfection était, techniquement, invisible: la vérité, claire et exacte en soi, déjà devenait vague et presque insensible pour la femme.
Bon, soupira-t-elle, si cette vérité perdait de sa clarté, au moins elle savait qu’il y avait un sens secret des choses de la vie. De sorte que, parfois, elle finissait par pressentir, quoique confuse, la perfection –
de nouveau ces pensées, que d’une certaine façon, elle utilisait comme pense-bête (grâce auxquelles, à cause de la perfection qui existait, elle finirait par toucher au but) – une fois de plus le pense-bête agit en elle et, les yeux encore obscurcis à présent par la pensée perturbée, elle décida de voir Ulysse au moins cette fois encore.
(…).

___________

Fonte: LISPECTOR, Clarice. Un apprentissage, ou Le livre des plaisirs. Traduit du brésilien par Jacques et Teresa Thiériot. Paris : Des femmes, 1992. p. 11-18.

UMA APRENDIZAGEM,
OU O LIVRO DOS PRAZERES


A origem da Primavera ou A morte necessária em pleno dia


Clarice Lispector

, estando tão ocupada, viera das compras de casa que a empregada fizera às pressas porque cada vez mais matava serviço, embora só viesse para deixar almoço e jantar prontos, dera vários telefonemas tomando providências, inclusive um dificílimo para chamar o bombeiro de encanamentos de água, fora à cozinha para arrumar as compras e dispor na fruteira as maçãs que eram a sua melhor comida, embora não soubesse enfeitar uma fruteira, mas Ulisses acenara-lhe com a possibilidade futura de por exemplo embelezar uma fruteira, viu o que a empregada deixara para jantar antes de ir embora, pois o almoço estivera péssimo, enquanto notara que o terraço pequeno que era privilégio de seu apartamento por ser térreo precisava ser lavado, recebera um telefonema convidando-a para um coquetel de caridade em benefício de alguma coisa que ela não entendeu totalmente mas que se referia ao seu curso primário, graças a Deus que estava em férias, fora ao guarda-roupa escolher que vestido usaria para se tornar extremamente atraente para o encontro com Ulisses que já lhe dissera que ela não tinha bom-gosto para se vestir, lembrou-se de que sendo sábado ele teria mais tempo porque não dava nesse dia as aulas de férias na Universidade, pensou no que ele estava se transformando para ela, no que ele parecia querer que ela soubesse, supôs que ele queria ensinar-lhe a viver sem dor apenas, ele dissera uma vez que queria que ela, ao lhe perguntarem seu nome, não respondesse “Lóri” mas que pudesse responder “meu nome é eu”, pois teu nome, dissera ele, é um eu, perguntou-se se o vestido branco e preto serviria,
então do ventre mesmo, como um estremecer longínquo de terra que mal se soubesse ser sinal do terremoto, do útero, do coração contraído veio o tremor gigantesco duma forte dor abalada, do corpo todo o abalo – e em sutis caretas de rosto e de corpo afinal com a dificuldade de um petróleo rasgando a terra – veio afinal o grande choro seco, choro mudo sem som algum até para ela mesma, aquele que ela não havia adivinhado, aquele que não quisera jamais e não previra – sacudida como a árvore forte que é mais profundamente abalada que a árvore frágil – afinal rebentados canos e veias, então
sentou-se para descansar e em breve fazia de conta que ela era uma mulher azul porque o crepúsculo mais tarde talvez fosse azul, faz de conta que fiava com fios de ouro as sensações, faz de conta que a infância era hoje e prateada de brinquedos, faz de conta que uma veia não se abrira e faz de conta que dela não estava em silêncio alvíssimo escorrendo sangue escarlate, e que ela não estivesse pálida de morte mas isso fazia de conta que estava mesmo de verdade, precisava no meio do faz de conta falar a verdade de pedra opaca para que contrastasse com o faz de conta verde-cintilante, faz de conta que amava e era amada, faz de conta que não precisava morrer de saudade, faz de conta que estava deitada na palma transparente da mão de Deus, não Lóri mas o seu nome secreto que ela por enquanto ainda não podia usufruir, faz de conta que vivia e não que estivesse morrendo pois viver afinal não passava de se aproximar cada vez mais da morte, faz de conta que ela não ficava de braços caídos de perplexidade quando os fios de ouro que fiava se embaraçavam e ela não sabia desfazer o fino fio frio, faz de conta que ela era sábia bastante para desfazer os nós de corda de marinheiro que lhe atavam os pulsos, faz de conta que tinha um cesto de pérolas só para olhar a cor da lua pois ela era lunar, faz de conta que ela fechasse os olhos e seres amados surgissem quando abrisse os olhos úmidos de gratidão, faz de conta que tudo o que tinha não era faz de conta, faz de conta que se descontraía o peito e uma luz douradíssima e leve a guiava por uma floresta de açudes mudos e de tranqüilas mortalidades, faz de conta que ela não era lunar, faz de conta que ela não estava chorando por dentro
–pois agora mansamente, embora de olhos secos, o coração estava molhado; ela saíra agora da voracidade de viver. Lembrou-se de escrever a Ulisses contando o que se passara,
mas nada se passara dizível em palavras escritas ou faladas, era bom aquele sistema que Ulisses inventara: o que não soubesse ou não pudesse dizer, escreveria e lhe daria o papel mudamente – mas dessa vez não havia sequer o que contar.
Agora lúcida e calma, Lóri lembrou-se de que lera que os movimentos histéricos de um animal preso tinham como intenção libertar, por meio de um desses movimentos, a coisa ignorada que o estava prendendo – a ignorância do movimento único, exato e libertador era o que tornava um animal histérico: ele apelava para o descontrole – durante o sábio descontrole de Lóri ela tivera para si mesma agora as vantagens libertadoras vindas de sua vida mais primitiva e animal: apelara histericamente para tantos sentimentos contraditórios e violentos que o sentimento libertador terminara desprendendo-a da rede, na sua ignorância animal ela não sabia sequer como,
estava cansada do esforço de animal libertado.
E agora chegara o momento de decidir se continuaria ou não vendo Ulisses. Em súbita revolta ela não quis aprender o que ele pacientemente parecia querer ensinar e ela mesma aprender – revoltava-se sobretudo porque aquela não era para ela época de “meditação” que de súbito parecia ridícula: estava vibrando em puro desejo como lhe acontecia antes e depois da menstruação. Mas era como se ele quisesse que ela aprendesse a andar com as próprias pernas e só então, preparada para a liberdade por Ulisses, ela fosse dele – o que é que ele queria dela, além de tranqüilamente desejá-la? No começo Lóri enganara-se e pensara que Ulisses queria lhe transmitir algumas coisas das aulas de filosofia mas ele disse: “não é de filosofia que você está precisando, se fosse seria fácil: você assistiria às minhas aulas como ouvinte e eu conversaria com você em outros termos”,
pois que agora o terremoto serviria à sua histeria e agora que estava libertada podia até adiar para o futuro a decisão de não ver Ulisses: só que hoje queria vê-lo e, apesar de não tolerar o mudo desejo dele, sabia que na verdade era ela quem o provocava para tentar quebrar a paciência com que ele esperava; com a mesada que o pai mandava comprava vestidos caros sempre justos, era só isso que sabia fazer para atraí-lo e
estava na hora de se vestir: olhou-se ao espelho e só era bonita pelo fato de ser uma mulher: seu corpo era fino e forte, um dos motivos imaginários que faziam com que Ulisses a quisesse; escolheu um vestido de fazenda pesada, apesar do calor, quase sem modelo, o modelo seria o seu próprio corpo mas
enfeitar-se era um ritual que a tornava grave: a fazenda já não era um mero tecido, transformava-se em matéria de coisa e era esse estofo que com o seu corpo ela dava corpo – como podia um simples pano ganhar tanto movimento? seus cabelos de manhã lavados e secos ao sol do pequeno terraço estavam de seda castanha mais antiga – bonita? não, mulher: Lóri então pintou cuidadosamente os lábios e os olhos, o que ela fazia, segundo uma colega, muito mal feito, passou perfume na testa e no nascimento dos seios – a terra era perfumada com cheiro de mil folhas e flores esmagadas: Lóri se perfumava e essa era uma das suas imitações do mundo, ela que tanto procurava aprender a vida – com o perfume, de algum modo intensificava o que quer que ela era e por isso não podia usar perfumes que a contradiziam: perfumar-se era de uma sabedoria instintiva, vinda de milênios de mulheres aparentemente passivas aprendendo, e, como toda arte, exigia que ela tivesse um mínimo de conhecimento de si própria: usava um perfume levemente sufocante, gostoso como húmus, como se a cabeça deitada esmagasse húmus, cujo nome não dizia a nenhuma de suas colegas-professoras: porque ele era seu, era ela, já que para Lóri perfumar-se era um ato secreto e quase religioso
–usaria brincos? hesitou, pois queria orelhas apenas delicadas e simples, alguma coisa modestamente nua, hesitou mais: riqueza ainda maior seria a de esconder com os cabelos as orelhas de corça e torná-las secretas, mas não resistiu: descobriu-as, esticando os cabelos para trás das orelhas incongruentes e pálidas: rainha egípcia? não, toda ornada como as mulheres bíblicas, e havia também algo em seus olhos pintados que dizia com melancolia: decifra-me, meu amor, ou serei obrigada a devorar, e
agora pronta, vestida, o mais bonita quanto poderia chegar a sê-lo, vinha novamente a dúvida de ir ou não ao encontro com Ulisses – pronta, de braços pendentes, pensativa, iria ou não ao encontro? com Ulisses ela se comportava como uma virgem que não era mais, embora tivesse certeza de que também isso ele adivinhava, aquele sábio estranho que no entanto não parecia adivinhar que ela queria amor.
Mais uma vez, nas suas hesitações confusas, o que a tranqüilizou foi o que tantas vezes lhe servia de sereno apoio: é que tudo o que existia, existia com uma precisão absoluta e no fundo o que ela terminasse por fazer ou não fazer não escaparia dessa precisão; aquilo que fosse do tamanho da cabeça de um alfinete, não transbordava nenhuma fração de milímetro além do tamanho de uma cabeça de alfinete: tudo o que existia era de uma grande perfeição. Só que a maioria do que existia com tal perfeição era, tecnicamente, invisível: a verdade, clara e exata em si própria, já vinha vaga e quase insensível à mulher.
Bem, suspirou ela, se não vinha clara, pelo menos sabia que havia um sentido secreto das coisas da vida. De tal modo sabia que às vezes, embora confusa, terminava pressentindo a perfeição –
de novo esses pensamentos, que de algum modo usava como lembrete (de que, por causa da perfeição que existia, ela terminaria acertando) – mais uma vez o lembrete agiu nela e com seus olhos ainda escuros agora pelo pensamento perturbado, decidiu que veria Ulisses pelo menos mais esta vez.
(…).

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Uma aprendizagem, ou O livro dos prazeres. 17ª ed. Rio de Janeiro: Francisco Alves, 1990. p. 17-25.

 

 

 



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