ESCRITORES



Perto do Coração Selvagem





Autor: Clarice Lispector

Título: Perto do Coração Selvagem, Prés du Cœur Salvage
Idiomas: port, fra
Tradutor: Regina Helena de Oliveira Machado(fra)
Data: 28/12/2004

PRÉS DU CŒUR SALVAGE

LE PÉRE…

Clarice Lispector

La machine de papa battait tac-tac… tac-tac-tac… L’horloge s’est réveilée en tin-dlen sans poussière. Le silence a traîné zzzzzz. La garde-robe disait quoi? Robe-robe-robe. Non, non. Entre l’horloge, la machine et le silence il y avait une oreille à l’écoute, grande, couleur-de-rose et morte. Les trois sons étaient liés par la lumière du jour et par le grincer des petites feuilles de l’arbre qui se frottaient les unes aux autres rayonnantes.
Appruyant le front sur la vitre brillante et froide elle regardait la cour du voisin, le grand monde de poules-qui-ne-savaient-pas-qu’elles-allaient-mourir. Et elle pouvait sentir comme si se trouvait bien proche de son nez la terre chaude, tassée, si idirante et sèche, où elle savait bien, savait bien un ou autre ver de terre s’étirait avant d’être mangé par la poule que les gens allaient manger.
Il y a eu un moment grand, arrêté, sans rien en dedans. Elle a dilaté les yeux, attendu. Rien n’est venu. Blanc. Mais soudain en un frémissement on a remonté le jour et tout a recommencé à fonctionner, la machine trottant, la cigarette du père fumant, le silence, les petites feuilles, les poulets pelés, la clarté, les choses revivant pleines de hâte comme une bouilloire à bouillir. Il ne manquait que le tin-dlen de l’horloge qui embellissait tant. Elle a fermé les yeux, a feint de l’écouter et au son de la musique inexistante et rythmée elle s’est dressée sur les pointes des pieds. A fait trois pas de danse bien légers, ailés.
Alors subitement elle a regardé tout avec dégoût comme si elle avait mangé trop de ce mélange. «Oï, oï, oï…», elle a gémi tout bas fatiguée et après elle a pensé: que va-t-il arriver maintenant maintenant maintenant? Et toujours dans la goutte de temps qui venait rien n’arrivait si elle continuait à attendre ce qui allait arriver, tu comprends? Elle a éloigné la pensée difficile se distrayant avec un mouvement du pied nu sur le plancher de bois poussiéreux. Elle a frotté le pied, épiant le père de travers, attendant son regard impatient et nerveux. Rien n’est venu pourtant. Rien. Difficile d’aspirer les personnes comme l’aspirateur de poussière.
— Papa, j’ai inventé une poésie.
— C’est comment, son nom?
— Moi et le soleil. — Sans attendre beaucoup elle a récité: — «Les poules qui sont dans la cour ont déjà mangé deux vers de terre mais je n’ai pas vu».
— Oui? Qu’est-ce que toi et le soleil ont à voir avec la poésie?
Elle l’a regardé une seconde. Il n’avait pas compris…
— Le soleil est au-dessus des vers de terre, papa, et j’ai fait la poésie et n’ai pas vu les vers de terre… — Pause. — Je peux en inventer une autre maintenant même: «O soleil, viens jouer avc moi». Une autre plus grande:
«J’ai vu un nuage petit
pauvre ver de terre
Je crois qu’il n’a pas vu».
— Très jolies, petite, très jolies. Comment est-ce qu’on fait une poésie sibelle?
— Ce n’est pas difficile, il suffit d’aller disant.
Déjà elle avait vêtu la poupée, déjà elle l’avait dévêtue, l’avait imaginée allant à une fête ou elle brillait entre toutes les autres filles. Une voiture bleue traverse le corps d’Arlette, la tuait. Après venait la fée et la fille vivait de nouveau. La fille, la fée, la voiture bleue n’étaient que Joana, sinon le jeu serait ennuyeux. Elle s’arrangeait toujours pour trouver une façon de se placer dans le rôle principal exactement quand les événements illuminaient une figure ou l’autre. Elle travaillait sérieuse, silencieuse, les bras le long du corps. Elle n’avait pas besoin de s’approcher d’Arlette pour jouer avec elle. Même de loir elle possédait les choses.
Elle s’est divertie avec les cartons. Elle les regardait un instant et chaque carton était un élève. Joana était la maîtresse. L’un d’eux était bon et et l’autre mauvais. Oui, oui, et alors? Et maintenant maintenant maintenant? Et toujours rien ne venait si elle… ça y est.
Elle a inventé un petit homme de la traille de l’index, avec un pantalon long et un nœud de cravate. Elle l’utilisait dans la poche de son uniforme de collège. Le petit homme était une perle pour de bon, une perle de cravate, il avait la voix grosse et disait de l’intérieur de la poche: «Majesté Joana, pouvez-vous m’écouter une minute, seulement une minute pourrez-vous interrompre votre toujours occupation?» Et il déclarait après: «Je suis votre serf, princesse. Il suffit d’ordonner et je fais».
— Papa, qu’est-ce que je fais?
— Vá étudier.
— J’ai déjà étudié.
— Va jouer.
— J’ai déjà joué.
— Alors ne m’embête pas.
Elle a tournoyé et s’est arrêtée, épiant sans curiosité les murs et le plafond qui tournaient et se défaissaient. Elle a marché sur la pointe des pieds ne marchant que sur les planches foncées. Elle a fermé les yeux et a cheminé, les mains étendues, jusqu’à rencontrer un meuble. Entre elle et les objets il y avait quelque chose mais quand elle attrapait cette chose dans la main, comme une mouche, et après elle épiait – même en prenant soin que rien n’échappe – elle ne trouvait que sa propre main, rosée et désappointée. Oui, je sais, l’air, l’air! Mais ça n’avançait pas, n’expliquait pas. Cela était un de ses secrets. Jamais elle ne se permettrait de raconter, même à papa, qu’elle n’arrivait pas à prendre «la chose». Tout ce qui valait le plus exactement, elle ne pouvait pas le raconter. Elle ne disait que des bêtises aux gens. Quand elle disait à Ruth, per exemple, quelques secrets, après elle se mettait en rage contre Ruth. Le mieux c’était encore de se taire. Autre chose: si elle avait quelque douleur et si pendant que ça faisait mal elle regardait les aiguilles de l’horloge, elle voyait alors que les minutes comptées sur l’horloge passaient et la douleur continuait à faire mal. Ou alors, même quand rien ne lui faisait mal, si elle restait devant l’horloge, à épier, ce qu’elle n’était pas en train de sentir était aussi plus grand que les minutes comptées sur l’horloge. Maintenant, quand arrivait une joie ou une rage, elle courait vers l’horloge et observait les secondes en vain.
Elle est allée à la fenêtre, a tracé une croix sur le rebord et a craché dehors en ligne droite. Si elle crachait encore une fois – maintenant elle ne pourrait que la nuit – le désastre n’arriverait pas et Dieu serait tellement son ami à elle, mais tellement son ami que… que quoi?
— Papa, qu’est-ce que je fais?
— Je j’ai déjà dit: va jouer et laisse-moi!
— Mais j’ai déjà joué, je te jure.
Papa a ri:
— Mais jouer ne finit pas…
— Si, ça finit.
— Invente un autre jeu.
— Je ne veux ni jouer ni étudier.
— Tu veux faire quoi alors?
Joana a médité:
— Rien de ce que je sais…
— Tu veux voler? – demande papa distrait.
— Non – répond Joana. Pause. — Qu’est-ce que je fais?
Papa gronde cette fois:
— Tape-toi la tête contre le mur!
Elle s’éloigne faisant une petite tresse dans les cheveux lisses. Jamais jamais jamais oui oui, elle chante tout bas. Elle a appris à tresser ces jours-ci. Elle va vers la petite table des livres, joue avec eux en les regardant à distance. Maîtresse de maison mari enfants, vert est homme, blanc est femme, incarnat peut être fils ou fille. «Jamais» est homme ou femme? Pourquoi «jamais» n’est ni fils ni fille? Et «oui»? Oh, il y avait beaucoup de choses entièrement impossibles. On pouvait rester des après-midis entiers à penser. Par exemple: qui a dit pour la première fois ainsi: jamais?
Papa termine le travail et va la trouver assise en train de pleurer.
— Mais qu’est-ce que c’est, fillette? – la prend dans ses bras, regarde sans étonnement le petit visage ardent et triste.
— Qu’est-ce que c’est?
— Je n’ai rien à faire.
Jamais jamais oui oui. Tout était comme le bruit du tramway avant de s’endormir, jusqu’à jusqu’à ce que l’on sente un peu de peur et on dort. la bouche de la machine était fermée comme une bouche de vieille, mais venait cela serrant son cœur comme le bruit du tramway, seulement, elle n’allait pas s’endormir. C’était l’étreinte du père. Le père medite un instant. Mais personne ne peut faire quelque chose pour les autres, on aide. L’enfant va, si libre, si maigrelette et précoce… Il respire pressé, secoue la tête. Un petit œuf, c’est ça, un petit œuf vivant. Que va devenir Joana?

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Prés du Cœur Salvage. Traduit du brésilien par Regina Helena de Oliveira Machado. Paris, Des Femmes, 1981, p. 9-16.

PERTO DO CORAÇÃO SELVAGEM

O PAI…

Clarice Lispector

A MÁQUINA DO PAPAI batia tac-tac… tac-tac-tac… O relógio acordou em tin-dlen sem poeira. O silêncio arrastou-se zzzzzz. O guarda-roupa dizia o quê? roupa-roupa-roupa. Não, não. Entre o relógio, a máquina e o silêncio havia uma orelha à escuta, grande, cor-de-rosa e morta. Os três sons estavam ligados pela luz do dia e pelo ranger das folhinhas da árvore que se esfregavam umas nas outras radiantes.
Encostando a testa na vidraça brilhante e fria olhava para o quintal do vizinho, para o grande mundo das galinhas-que-não-sabbiam-que-iam-morrer. E podia sentir como se estivesse bem próxima de seu nariz a terra quente, socada, tão cheirosa e seca, onde bem sabia, bem sabia uma ou outra minhoca se espreguiçava antes de ser comida pela galinha que as pessoas iam comer.
Houve um momento grande, parado, sem nada dentro. Dilatou os olhos, esperou. Nada veio. Branco. Mas de repente num estremecimento deram corda no dia e tudo recomeçou a funcionar, a máquina trotando, o cigarro do pai fumegando, o silêncio, as folhinhas, os frangos pelados, a claridade, as coisas revivendo cheias de pressa como uma chaleira a ferver. Só faltava o tin-dlen do relógio que enfeitava tanto. Fechou os olhos, fingiu escutá-lo e ao som da música inexistente e ritmada ergueu-se na ponta dos pés. Deu três passos de dança bem leves, alados.
Então subitamente olhou com desgosto para tudo como se tivesse comido demais daquela mistura. “Oi, oi, oi…”, gemeu baixinho cansada e depois pensou: o que vai acontecer agora agora agora? E sempre no pingo de tempo que vinha nada acontecia se ela continuava a esperar o que ia acontecer, compreende? Afastou o pensamento difícil distraindo-se com um movimento do pé descalço no assoalho de madeira poeirento. Esfregou o pé espiando de través para o pai, aguardando seu olhar impaciente e nervoso. Nada veio porém. Nada. Difícil aspirar as pessoas como o aspirador de pó.
— Papai, inventei uma poesia.
— Como é o nome?
— Eu e o sol. — Sem esperar muito recitou: — “As galinhas que estão no quintal já comeram duas minhocas mas eu não vi”.
— Sim? Que é que você e o sol têm a ver com a poesia?
Ela olhou-o um segundo. Ele não compreendera…
— O sol está em cima das minhocas, papai, e eu fiz a poesia e não vi as minhocas… – Pausa. — Posso inventar outra agora mesmo: “Ó sol, vem brincar comigo”. Outra maior:
“Vi uma nuvem pequena
coitada da minhoca
acho que ela não viu”.
— Lindas, pequenas, lindas. Como é que se faz uma poesia tão bonita?
— Não é difícil, é só ir dizendo.
Já vestira a boneca, já a despira, imaginara-a indo a uma festa onde brilhava entre todas as outras filhas. Um carro azul atravessava o corpo de Arlete, matava-a. Depois vinha a fada e a filha viva de novo. A filha, a fada, o carro azul não eram senão Joana, do contrário seria pau a brincadeira. Sempre arranjava um jeito de se colocar no papel principal exatamente quando os acontecimentos iluminavam uma ou outra figura. Trabalhava séria, calada, os braços ao longo do corpo. Não precisava aproximar-se de Arlete para brincar com ela. De longe mesmo possuía as coisas.
Divertiu-se com os papelões. Olhava-os um instante e cada papelão era um aluno. Joana era a professora. Um deles bom e outro mau. Sim, sim, e daí? E agora agora agora? E sempre nada vinha se ela… pronto.
Inventou um homenzinho do tamanho do furabolos, de calça comprida e laço de gravata. Ela usava-o no bolso da farda de colégio. O homenzinho era uma pérola de bom, uma pérola de gravata, tinha a voz grossa e dizia de dentro do bolso: “Majestade Joana, podeis me escutardes um minuto, só um minuto podereis interromperdes vossa sempre ocupação?” E declarava depois: “Sou vosso servo, princesa. É só mandar que eu faço”.
— Papai, que é que eu faço?
— Vá estudar.
— Já estudei.
— Vá brincar.
— Já brinquei.
— Então não amole.
Deu um corrupio e parou, espiando sem curiosidade as paredes e o teto que rodavam e se desmanchavam. Andou na ponta dos pés só pisando as tábuas escuras. Fechou os olhos e caminhou, as mãos estendidas, até encontrar um móvel. Entre ela e os objetos havia alguma coisa, mas quando agarrava essa coisa na mão, como a uma mosca, e depois espiava – mesmo tomando cuidado para que nada escapasse – só encontrava a própria mão, rósea e desapontada. Sim, eu sei o ar, o ar! mas não adiantava, não explicava. Esse era um de seus segredos. Nunca se permitiria contar, mesmo a papai, que não conseguia pegar “a coisa”. Tudo o que mais valia exatamente ela não podia contar. Só falava tolices com as pessoas. Quando dizia a Rute, por exemplo, alguns segredos, ficava depois com raiva de Rute. O melhor era mesmo calar. Outra coisa: se tinha alguma dor e se enquanto doía ela olhava os ponteiros do relógio, via então que os minutos contados no relógio iam passando e a dor continuava doendo. Ou senão, mesmo quando não lhe doía nada, se ficava defronte do relógio espiando, o que ela não estava sentindo também era maior que os minutos contados no relógio. Agora, quando acontecia uma alegria ou uma raiva, corria para o relógio e observava os segundos em vão.
Foi à janela, riscou uma cruz no parapeito e cuspiu fora em linha reta. Se cuspisse mais uma vez – agora só poderia à noite – o desastre não aconteceria e Deus seria tão amigo dela, mas tão amigo que… que o quê?
— Papai, que é que eu faço?
— Eu já lhe disse: vá brincar e me deixe!
— Mas eu já brinquei, juro.
Papai riu:
— Mas brincar não termina…
— Termina sim.
— Invente outro brinquedo.
— Não quero brincar nem estudar.
— Quer fazer o quê então?
Joana meditou:
— Nada do que sei…
— Quer voar?, pergunta papai distraído.
— Não, responde Joana. – Pausa. — Que é que eu faço?
Papai troveja dessa vez:
— Bata com a cabeça na parede!
Ela se afasta fazendo uma trancinha nos cabelos escorridos. Nunca nunca nunca sim sim, canta baixinho. Aprendeu a trançar um dia desses. Vai para a mesinha dos livros, brinca com eles olhando-os a distância. Dona de casa marido filhos, verde é homem, branco é mulher, encarnado pode ser filho ou filha. “Nunca” é homem ou mulher? Por que “nunca” não é filho nem filha? E “sim”? Oh, tinha muitas coisas inteiramente impossíveis. Podia-se ficar tardes inteiras pensando. Por exemplo: quem disse pela primeira vez assim: nunca?
Papai termina o trabalho e vai encontrá-la sentada chorando.
— Mas que é isso, menininha? – pega-a nos braços, olha sem susto o rostinho ardente e triste. — O que é isso?
— Não tenho nada o que fazer.
Nunca nunca sim sim. Tudo era como o barulho do bonde antes de adormecer, até que sente um pouco de medo e se dorme. A boca da máquina fechara como uma boca de velha, mas vinha aquilo apertando seu coração como o barulho do bonde; só que ela não ia adormecer. Era o abraço do pai. O pai medita um instante. Mas ninguém pode fazer alguma coisa pelos outros, ajuda-se. Anda tão solta a criança, tão magrinha e precoce… respira apressado, balança a cabeça. Um ovinho, é isso, um ovinho vivo. O que vai ser de Joana?

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Perto do Coração Selvagem. 16º edição. Rio de Janeiro, Francisco Alves, 1995, p. 19-24

 

 



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