ESCRITORES



PEQUENAS EPIFANIAS





Autor: Caio Fernando Abreu
Título: PEQUENAS EPIFANIAS
Idiomas: port, fra
Tradutor:
Data: 26/12/2004

PETITES ÉPIPHANIES

Caio Fernando Abreu

Il y a quelques jours, Dieu – ou ce qu’on appelle, avec tant d’insouciance, Dieu – m’a envoyé un cadeau ambigu: une possibilité d’amour. Ou de ce qu’on appelle, avec la même insouciance et quelque hâte, l’amour. Vous savez de quoi je parle.
Avant que j’aie pu m’étonner et que, m’étant étonné, j’aie pu hésiter entre y aller ou pas, vouloir ou pas – j’y étais déjà. Et c’était bon d’y être. Comprenez-moi bien – il n’y a pas eu la moindre intimité du genre que certainement vous imaginez. En vérité, il ne s’est presque rien passé. Deux ou trois déjeuners, quelques silences. fragments de ce qu’on appelle, avec la même insouciance, «ma vie». Qui sont aussi des fragments de «sa vie». Se croisant soudain, par pur mystère, sur les nappes blanches parmi les verres de vin ou d’eau, au milieu des miettes et des cendriers pleins que les garçons vidaient rapidement pour qu’on se sente propres. Et c’est ainsi qu’on se sentait.
Derrière ce qui advenait, sans crainte aucune je redécouvrais des magies. Et soudain je me sentais protégé, vous savez comment: ma vie entière – ces petits bouts désarticulés – s’organisait d’une autre manière, prenait du sens. Rien de mal ne m’arriverait, j’en étais sûr, tant que je serais dans le champ magnétique de cette autre personne. Les yeux de l’autre personne me regardaient, me reconnaissaient comme une autre personne, et doucement me posaient des questions, tâtaient des terrains: ah vous ne prenez pas de sucre, ah vous buvez du whisky, ah vous êtes Balance. Dessinant des esquisses, tous les deux. Palpant des signes diffus, de vagues promesses.
Ne plus jamais quitter le centre de cet espace pour les rudes rues anonymes. Ne plus jamais quitter ce chaud giron qu’est avoir un visage pour une autre personne qui elle aussi a un visage pour soi, dans la nasse ordinaire et sans visage du quotidien emprisonnant le cœur. Or au quatrième ou cinquième jour, arrive un passage obsédant d’une nouvelle de Clarice Lispector – «Tentation» – dans ma tête étourdie d’enchantement: «Mais tous deux étaient retenus. Lui, par sa nature enchaîneé. Elle, par son impossible enfance». Je cite de mémoire, peut-être pas correctement. Il s’agit de la rencontre, à trois heures de l’après-midi, entre une fillette rousse assise sur une marche et un basset, roux lui aussi, passant au bout d’une laisse. Il s’arrête. Ils se regardent. Sont éblouis, faits l’un pour l’autre. Mais sa maîtresse le tire. Ils s’en va. Et rien n’arrive.
D’ailleurs, je ne voulais pas. Il aurait fallu créer des climats, suggérer des invitations, servir des vins, allumer des bougies, faire des mines. Pour entendre un «non», peut-être. À moins qu’au gré d’un grand vent cette autre vie vogue spontanément vers moi. Mais elle n’a pas vogué. D’ailleurs, sans m’en rendre compte, j’étais dans l’apprentissage solitaire du ne-pas-demander. Je n’ai compris qu’au bout de quelques jours, quand un ami m’a parlé – avec insouciance, lui aussi – de «petites épiphanies». Minuscules, quasiment des bribes de révélations de Dieu, tels des joyaux incrustés dans le quotidien.
C’était cela, cette autre vie, inopinément mêlée à la mienne, regardant l’opacité de ma vie avec les mêmes yeux attentifs que moi la sienne: une petite épiphanie. Puis sont venus le temps, la distance, la poussière. Mais j’en aigardé en mémoire quelque chose de doux qui a mourri mês lendemains d’absence et de faim. Surtout le soir, les dimanches. J’ai retrouvé la manie de fumer en regardant au-delà des fenêtres, pour vois ce que personne ne verrait.
Au-delà des fenêtres, je retrouve ce moment de miel et de sang que Dieu a placé avec tant de brièveté, et de délicatesse, devant mês yeux depuis si longtemps incapables de voir: une possibilité d’amour. J’incline la tête, reconnaissant. Et si je tends la main, dans la poussière du dedans de moi, je peux aussi toucher autre chose. Cette petite épiphanie. Avec un corps et un visage. Que je parcours lentement, trait à trait, quand je suis seul et que j’ai peur. Alors je souris. Et cesse presque d’avoir faim.

22 avril 1986.

EN MÉMOIRE DE LILIAN

Nous sommes tous immortels. Théoriquement immortels, bien sûr. Hypocritement immortels. Car jamais nous ne voyons en la mort une possibilité quotidienne, comme celle d’arriver en retard au travail ou de se couper en se rasant, par exemple. Dans notre tête, la mort n’advient pas comme il peut advenir que je fasse un número de téléphone et qu’au lieu d’obtenir une réponse, ça sonne occupé. La mort, dans notre imagination, devrait être précédée d’un certain «climat», d’une certaine «préparations». D’une certaine «gardeur».
Voilà sans doute pourquoi je suis (nous sommes tous, je pense) tellement abasourdis lorsque, sans préparation aucune, elle advient tout à coup. Alors l’effroi, le sentiment d’abandon, l’incompréhension aussi, envahissent l’ordre établi supposé inébranlable (et pour cela même «éternel») du quotidien. La mort d’une personne connue et/ou aimée viole cet ordre précaire, cette fausse éternité. La mort, et l’amour. Car l’amour, comme la mort, existe – et de façon aussi dissimulée. En retrait, invisible. Mais si puissamment que, comme la mort – et l’amour est aussi une sorte de mort (mort de la solitude, mort de l’ego barricadé, indivisible, furieusement et égoïstement incommunicable) –, il nous désarme. En advenant, l’amour et la mort démasquent notre pathétique fragilité.
Amour et mort étant inséparables, je vous raconte, comme qui dirait «il était une fois»: samedi après-midi, j’étais craintivement en plein amour (je ne croyais plus à l’existence de l’amour, et la vie m’apportait un démenti), quand le téléphone a sonné). À l’autre bout du fil, quelqu’un m’a annoucé la mort de Lilian Lemmertz. Je ne croyais pas non plus que la mort existait, à ce moment-là ou à un autre, toutes les fois que j’ai besoin de m’enivrer un peu des urgences de la vie, parce que si j’envisage à chaque minute la possibilité de la mort alors je cesse immédiatement de vivre. Je reste les yeux grands ouverts, immobile, au bord du gouffre annoncé.
J’ai changé de chaîne, en somme: j’ai continué à vivre. Pour combattre la mort, je suis allé voir un show autobiographique de Elza Soares. J’ai bu, j’ai fumé, j’ai bavardé, aimé, encore et toujours plus. Mais dans n’importe lequel de ces actes: la mort de Lilian. Et je me suis souvenu de notre seule conversation, quand elle jouait En attendant Godot et que j’avais été l’interviewer. Nous avions parlé une soirée entière. Elle était plus que belle. Elle était vive, sarcastique, tourmentée, compliquée. Un rien démesurée. Une reine.
Lilian avait de la noblesse. Je pensais à des comédiennes, j’énumérais: Marília Pera, Fernanda Montenegro. Et Lilian Lemmertz, avec cet air racé, ce port, cette bouche curieussement fragile et amère, qui démentait l’éclat, parfois glacé, de ses yeux. Un petit air de Jeanne Moreau, mais unique en son genre. Elle qui n’a jamais pu avoir le grand rôle de sa vie – Phèdre, Petra (von Kant), Pixote – son heure de gloire. Brillante mais avec, au fond, cet air d’humanité écartelée qu’a aussi Marília Pera. Écouter Lilian donnait le frisson, faisait venir les larmes aux yeux: l’excés d’humain émerveille et terrorise. Comme l’amour et la mort.
Je garde le souvenir de Lilian non dans le rôle du professeur de A Lição de Amor, ou de la pocharde de Caixa de Sombras, ou de la maîtresse de maison de Baila Comigo , je choisis de la laisser dans la peau de l’un des vagabonds de Samuel Beckett. Ventre postiche, bretelles, pantalons à mi-mollets, chapeau melon. Clownesque, attendant Godot. Qui est venu, finalement. Lilian était seule. Il l’a emmenée. Sa subite étreinte était-elle froide? Peut-être pas.
À présent, au bout de la nuit de dimanche, loin du doux giron de l’amour, la mort visite mon appartement et je me demande, après ce récent point final, comment récupéren mon immortalité. J’en ai besoin, demain matin. Quand le monde continuera. Juste sans Lilian. Et donc un peu plus laid, un peu plus sale. Plus incompréhensible, et moins noble.

10 juin 1986.

PEQUENAS EPIFANIAS

Caio Fernando Abreu

Dois ou três almoços, uns silêncios.
Fragmentos disso que chamamos de “minha vida”.

Há alguns dias, Deus – ou isso que chamamos assim, tão descuidadamente, de Deus –, enviou-me certo presente ambíguo: uma possibilidade de amor. Ou disso que chamamos, também com descuido e alguma pressa, de amor. E você sabe a que me refiro.
Antes que pudesse me assustar e, depois do susto, hesitar entre ir ou não ir, querer ou não querer – eu já estava lá dentro. E estar dentro daquilo era bom. Não me entenda mal – não aconteceu qualquer intimidade dessas que você certamente imagina. Na verdade, não aconteceu quase nada. Dois ou três almoços, uns silêncios. Fragmentos disso que chamamos, com aquele mesmo descuido, de “minha vida”. Outros fragmentos, daquela “outra vida”. De repente cruzadas ali, por puro mistério, sobre as toalhas brancas e os copos de vinho ou água, entre casquinhas de pão e cinzeiros cheios que os garçons rapidamente esvaziavam para que nos sentíssemos limpos. E nos sentíamos.
Por trás do que acontecia, eu redescobria magias sem susto algum. E de repente me sentia protegido, você sabe como: a vida toda, esses pedacinhos desconexos, se armavam de outro jeito, fazendo sentido. Nada de mal me aconteceria, tinha certeza, enquanto estivesse dentro do campo magnético daquela outra pessoa. Os olhos da outra pessoa me olhavam e me reconheciam como outra pessoa, e suavemente faziam perguntas, investigavam terrenos: ah você não come açúcar, ah você não bebe uísque, ah você é do signo de Libra. Traçando esboços, os dois. Tateando traços difusos, vagas promessas.
Nunca mais sair do centro daquele espaço para as duras ruas anônimas. Nunca mais sair daquele colo quente que é ter uma face para outra pessoa que também tem uma face para você, no meio da tralha desimportante e sem rosto de cada dia atravancando o coração. Mas no quarto, quinto dia, um trecho obsessivo do conto de Clarice Lispector – Tentação – na cabeça estonteada de encanto: “Mas ambos estavam comprometidos. Ele, com sua natureza aprisionada. Ela, com sua infância impossível”. Cito de memória, não sei se correto. Fala no encontro de uma menina ruiva, sentada num degrau às três da tarde, com um cão basset também ruivo, que passa acorrentado. Ele pára. Os dois se olham. Cintilam, prometidos. A dona o puxa. Ele se vai. E nada acontece.
De mais a mais, eu não queria. Seria preciso forjar climas, insinuar convites, servir vinhos, acender velas, fazer caras. Para talvez ouvir não. A não ser que soprasse tanto vento que velejasse por si. Não velejou. Além disso, sem perceber, eu estava dentro da aprendizagem solitária do não-pedir. Só compreendi dias depois, quando um amigo me falou – descuidado, também – em pequenas epifanias. Miudinhas, quase pífias revelações de Deus feito jóias encravadas no dia-a-dia.
Era isso – aquela outra vida, inesperadamente misturada à minha, olhando a minha opaca vida com os mesmos olhos atentos com que eu a olhava: uma pequena epifania. Em seguida vieram o tempo, a distância, a poeira soprando. Mas eu trouxe de lá a memória de qualquer coisa macia que tem me alimentado nestes dias seguintes de ausência e fome. Sobretudo à noite, aos domingos. Recuperei um jeito de fumar olhando para trás das janelas, vendo o que ninguém veria.
Atrás das janelas, retomo esse momento de mel e sangue que Deus colocou tão rápido, e com tanta delicadeza, frente aos meus olhos há tanto tempo incapazes de ver: uma possibilidade de amor. Curvo a cabeça, agradecido. E se estendo a mão, no meio da poeira de dentro de mim, posso tocar também em outra coisa. Essa pequena epifania. Com corpo e face. Que reponho devagar, traço a traço, quando estou só e tenho medo. Sorrio, então. E quase paro de sentir fome.

O Estado de S. Paulo, 22/04/86.

EM MEMÓRIA DE LILIAN

Mais que linda: Viva, tensa,
confusa. Lilian Lemmertz
era meio rainha. E nobre.

Somos todos imortais. Teoricamente imortais, claro. Hipocritamente imortais. Por que nunca consideramos a morte como uma possibilidade cotidiana, feito perder a hora no trabalho ou cortar-se fazendo a barba, por exemplo. Na nossa cabeça, a morte não acontece como pode acontecer de eu discar um número telefônico e, ao invés de alguém atender, dar sinal de ocupado. A morte, fantasticamente, deveria ser precedida de certo “clima”, certa “preparação”. Certa “grandeza”.
Deve ser por isso que fico (ficamos todos, acho) tão abalado quando, sem nenhuma preparação, ela acontece de repente. E então o espanto e o desamparo, a incompreensão também, invadem a suposta ordem inabalável do arrumado (e por isso mesmo “eterno”) cotidiano. A morte de alguém conhecido ou/e amado estupra essa precária arrumação, essa falsa eternidade. A morte e o amor. Por que o amor, como a morte, também existe – e da mesma forma dissimulada. Por trás, inaparente. Mas tão poderoso que, da mesma forma que a morte – pois o amor é uma espécie de morte (a morte da solidão, a morte do ego trancado, indivisível, furiosa e egoisticamente incomunicável) – nos desarma. O acontecer do amor e da morte desmascaram nossa patética fragilidade.
Como amor e morte não se separam – feito quem diz “era uma vez”, conto: na tarde de sábado, estava eu assustadamente dentro do amor (eu não acreditava mais que o amor existisse, e a vida desmentia) quando o telefone tocou. Do outro lado, alguém me deu a notícia da morte de Lilian Lemmertz. E eu também não acreditava mais que a morte existisse, naquele ou neste momento, quando preciso me embriagar um pouco com urgências de vida porque se considerar a cada minuto a possibilidade da morte – então paro imediatamente de viver. Fico de olhos arregalados, imóvel, à espera do poço previsto.
Como quem muda um canal de televisão, continuei vivo. Pra rebater a morte, fui ver o show de vida de Elza Soares. E bebi e fumei e conversei e amei mais e mais ainda. Mas dentro de qualquer movimento, a morte de Lilian. E dei pra lembrar de uma única conversa nossa, quando ela fazia Esperando Godot, e fui entrevistá-la. Falamos uma tarde inteira. Ela era mais que linda. Era viva, sarcástica, tensa, confusa. Meio desmedida. E rainha.
Lilian era nobre. Eu pensava em atrizes, enumerava: Marília Pera, Fernanda Montenegro. E Lilian Lemmertz, com aquela raça, aquele porte, a boca inesperadamente frágil e amarga, desmentindo o brilho às vezes frio dos olhos. Um certo ar de Jeanne Moreau, e ninguém como ela. Que nem chegou a ter seu grande papel, sua Fedra, sua Petra, Seu Pixote, sua hora de estrela. Brilhante, mas, ao fundo, aquele ar de humanidade despedaçada que Marília também suporta. Ouvir Lilian falando era ficar arrepiado, olhos cheios de lágrimas: o humano excessivo aterroriza e maravilha. Igual à morte e ao amor.
Guardo Lilian na memória não como a professora de Lição de Amor, a bêbada de Caixa de Sombras ou a dona-de-casa de Baila Comigo – escolho guardá-la metida na pele de um dos vagabundos de Samuel Beckett. Barriga falsa, suspensórios, calças pelo meio da canela, chapéu-coco. Meio clown, esperando por Godot. Que chegou, afinal. Lilian estava sozinha. Ele a levou consigo. Terá sido frio seu súbito abraço? Quem sabe não.
Agora, no fim da noite de domingo, longe do colo morno do amor, a morte visita o apartamento e fico pensando em como recuperar minha imortalidade após este próximo ponto final. Preciso dela, amanhã de manhã. Quando o mundo continuará igual. Só que sem Lilian. E, portanto, um pouco mais feio, um pouco mais sujo. Mais incompreensível, e menos nobre.

O Estado de S. Paulo, 10/06/86.

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Fonte: ABREU, Caio Fernando. Pequenas Epifanias: Crônicas (1986/1995). VELOSO, Gil França (Org.). Porto Alegre, Sulina, 1996, p. 13-18.



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