ESCRITORES



Passagem por Nova York





Autor: Jorge Sá Earp
Título: Passagem por Nova York, Passage par New York
Idiomas: port, fra
Tradutor: Jenny Jeanmart(fra)
Data: 28/12/2004

PASSAGE PAR NEW YORK

 

Jorge Sá Earp

 

La fonctionnaire aux cheveux blonds (d’un blond évidemment artificiel), dont le maquillage avait été appliqué en vitesse aux aurores, le réprimanda d’un regard sévère lancé de son guichet de contrôle des passeports car le maladroit avait dépassé la ligne jaune. Derrière Jonas, des mots en portugais (un portugais parlé avec l’accent du Portugal) résonnaient comme du métal – effet d’une courte nuit de mauvais sommeil, bercée par le ronflement des moteurs et par de généreuses doses de whisky et de vin. Jonas se retourna et se trouva face à un type basané avec lequel il amorça une conversation pendant les quelques minutes de l’attente. Le bonhomme était originaire des Açores et depuis des années vivait à Montréal qu’il allait rejoindre en avion quelques heures plus tard.
Quand Jonas recouvra sa liberté à la sortie de l’aéroport, il ne trouva pas de chariot pour l’aider à transporter sa valise. À vrai dire, elle n’était ni grande ni lourde.
La ville apparut derrière une petite élévation de la route. Immense, avec des édifices qui semblaient plutôt être les contreforts d’une grande muraille. Elle était donc là. À l’attendre. Le chauffeur, descendant d’Italiens, essaya d’entamer la conversation, tandis que le matin projetait entre les nuages gris de pâles rayons sur le ciment, les briques des façades du Queens, l’asphalte, les pompes à essence. De l’avion, Jonas avait observé la lumière qui se réverbérait sur la mer : boue et verre. Soleil sur une paire de lunettes fumées. La dame aux yeux étincelants était venue de Seattle passer le carnaval à Rio. Elle lui avait offert des bonbons à la menthe qui l’avaient transporté vers un lointain moment de son enfance.
Salem Hotel entre la 1e et la 2e. La réceptionniste l’examina du coin de l’œil. Une femme corpulente, frisant la cinquantaine, très pâle, les cheveux noirs et de grands yeux verdâtres. Le buste bien droit, la taille certainement prise par une gaine, elle portait une robe rose fuchsia et de faux bijoux. Elle fit glisser une fiche sur le comptoir et d’une voix veloutée, lui demanda : « Signez, s’il vous plaît. »
La chambre était petite, tapissée de papier peint d’un brun délavé. La fenêtre s’ouvrait sur une cour entourée d’immeubles en briques. Jonas resta un petit moment le regard fixé sur un escalier de secours. Il se sentait si fatigué qu’il défit à peine sa valise, se jeta sur le lit à ressort et s’endormit profondément.
Il s’éveilla plusieurs heures plus tard. Au lieu des échelles d’incendie, il ne voyait à travers la fenêtre que l’obscurité. Il chercha l’interrupteur, se retourna et peu à peu reconnut les fleurs sépia du papier peint. Après s’être lavé le visage, il se regarda dans le miroir et une énorme envie de ne pas quitter l’hôtel ce soir-là s’empara de lui. Il prit peur qu’en sortant, on puisse le menacer avec un couteau ou un revolver dans une ruelle déserte. Mais il écarta ensuite cette funeste possibilité et sortit de la chambre.
Il attendit l’ascenseur en compagnie d’une petite vieille aux cheveux teints couleur acajou, emmitouflée dans une étole de renard et portant chapeau. Une atmosphère chaleureuse de veille de bal flottait dans le hall, sur les meubles, les tapis, les rideaux d’un jaune fauve et d’un brun vif. Il y avait des lampes et des lustres, quelques ampoules étaient brûlées, qui semblait annoncer l’entrée imminente d’un chanteur ou d’un artiste. La réceptionniste, c’est-à-dire la gérante comme Jonas l’apprit plus tard, riait à se décrocher la mâchoire avec un jeune homme blond aux moustaches noires portant un summer. Jonas s’approcha et attendit qu’ils se remettent tous les deux de leur explosion euphorique, ce qui n’arriva pas tout de suite, car dès que la gérante ou le jeune homme se calmaient, les yeux pleins de larmes, ils recommençaient à rire quand l’un soufflait à l’oreille de l’autre un rapide commentaire. Enfin, la gérante remarqua la présence, là, près du comptoir, du garçon patient qui tenait sa clef à la main. La gérante en larmes, lui demanda alors s’il ne voulait pas écouter une histoire très drôle qui était arrivée à Willie (le barman) la nuit précédente. Jonas hésita, il vit un noir passant l’aspirateur sur le tapis près de la porte vitrée et la gérante lui offrit un Martini sec.
– O.K. répondit-il enfin.
La gérante – qui à cette heure tardive semblait s’être débarrassé de sa gaine car on voyait ses formes molles comprimer la robe rose fuchsia – satisfaite, se dirigea vers la porte vitrée et revint avec une petite coupe de Martini blanc où baignait une olive. Pendant ce temps, Jonas fit la conversation à Willie qui semblait déjà éméché. Celui-ci lui confia que tout en détestant New York il n’arrivait pas à la quitter. Il s’y était habitué. Il avait essayé de vivre à Los Angeles et à Chicago, mais non, rien n’y faisait…
La gérante, dont Jonas apprit qu’elle s’appelait Lavinia Owen, se joignit à eux et finalement raconta une histoire d’imbroglio entre Willie et des Polonais qui habitaient son quartier, près de Harlem. Jonas qui ne trouvait pas l’histoire drôle sourit toutefois pour ne pas paraître antipathique. Les deux étaient agréables de toute façon, et comme cela, affalé sur le comptoir, sirotant un Martini, il se sentait bien. Lavinia, très souriante, suggéra bientôt qu’ils aillent au bar, désert à cette heure, puisque le noir pouvait fort bien s’occuper de la réception. Jonas hésita, il pensait faire un tour, mais la gérante tout comme Willie insista pour qu’il les accompagnât.
Le bar était décoré comme un club de chasse. Une tête d’élan examinait des étagères pleines de bouteilles adossées à un mur recouvert de miroirs, un tapis en peau de tigre, des tabourets recouverts de peau de vache et toute la panoplie caractéristique des maisons de chasseurs. Lavinia redressa sa lourde masse pour trouver l’équilibre sur un tabouret, tandis que Willie secouait énergiquement un drink de son invention dans un shaker. Le drink fut baptisé « Polish Head », sous une pluie de rires, par la gérante et son adjoint.
Jonas se sentait bien et il se rendit compte qu’il était déjà tellement ivre qu’il n’arrivait quasiment pas à se maintenir en équilibre sur le tabouret. L’élan hautain se divisait en deux ou trois têtes et ondulait, comme s’il cavalcadait en bande. Jonas comprit qu’il était grand temps de prendre congé de la gérante et de Willie, qui semblaient être très intimes – lui presque allongé sur les bras charnus et les seins généreux de la patronne.
Hébété, il atteint l’ascenseur et finalement sa chambre. Il se jeta sur le lit et sur la croupe d’une bande d’antilopes qui l’emportèrent vers la savane. Le lendemain, la soif l’éveilla. Jonas téléphona à la réception, mais personne ne répondit. Il ne lui restait plus qu’à descendre et boire quelques gorgées d’eau au breakfast. Il rencontra à nouveau la dame rousse de la veille.
« This weather, this terrible weather…»
Elle lui raconta que comme elle habitait l’hôtel, elle ne pouvait s’offrir une chambre avec salle de bain et que tous les matins elle mourait de froid en traversant le couloir.
– Il n’y a plus de café, lui dit sèchement la gérante. Vous vous êtes levé très tard.
Jonas regarda la montre style années cinquante qui indiquait onze
heures. Comment avait-il pu dormir autant ? se demanda-t-il. Il se conforma aux règles du Salem Hotel et s’apprêtait à sortir quand le domestique noir qui faisait aussi office de portier l’intercepta.
L’homme se lança dans une conversation sur les paris. Il lui demanda si le jeu l’intéressait. Jonas voulut savoir de quel genre de jeu il s’agissait, car il avait un faible pour le poker et s’il n’avait rien à faire un soir ou s’il manquait d’argent, il pourrait tenter sa chance avec le noir. Max (c’était le nom du bellman) parla alors de paris sur les chevaux et tira un bulletin de sa poche. Jonas répondit que les courses ne l’avaient jamais vraiment intéressé, mais si c’était un pari peu onéreux, il pourrait essayer. Max commença alors à lui expliquer le fonctionnement des paris, le système des placés, les chevaux favoris et toutes les ficelles propres à ce sport. Jonas s’assit, examina avec attention le bulletin des placés de cet après-midi et paria. Max lui conseilla de ne pas rater la deuxième course où un des chevaux, Beresford, était de loin le meilleur. Il continua à bavarder avec Max et la gérante, en le voyant, l’appela pour le déjeuner.
Jonas scruta la rue par les larges fenêtres du restaurant et regretta de ne pas encore avoir eu l’occasion de se promener. Pourquoi avait-il bu autant de Martinis secs avec Willie et Lavinia ? Pourquoi avait-il entamé cette vaine conversation avec le couple et avait-il raté la pétillante nuit de New York? L’hôtel était si confortable… Son désir avoué était de rester là, dans ce tiède abri, tout au long de son séjour à New York, pour ensuite prendre le train pour Boston où il passerait deux mois chez tante Dalva, la cousine de sa grand-mère, pour suivre un cours de littérature américaine. Tante Dalva habitait apparemment une belle maison avec jardin, avait épousé un Américain et avait un fils, Bob, un peu plus jeune que Jonas. Il ne l’avait jamais vue.
Willie lui servit un hamburger grillé accompagné d’une salade et d’un coca-cola. Contrairement à la soirée précédente, le garçon se montra réservé. Jonas spécula qu’il avait la gueule de bois ou simplement qu’il se sentait fatigué, peut-être pour ne pas vouloir s’accuser de s’être montré trop distant en réponse à la franche camaraderie initiale de Willie.
Après le frugal repas et un café déplorablement aqueux, Jonas se leva, revêtit son manteau et se dirigea vers l’extérieur. Arrivé à la porte, un vent glacial le frappa au visage et à la poitrine. Il se figea sur le seuil, empêchant la fermeture de la porte automatique et ce ne fut pas la rafale glacée qui le dissuada de l’idée de retourner dans sa chambre, mais encore plus une impulsion incontrôlée et inexplicable.
Il prit donc l’ascenseur et en descendant au troisième étage rencontra de nouveau la petite vieille enveloppée de son habituel renard :
« O this weather, this disgusting and terrible weather… » se plaignit-elle comme si elle chantait une ballade.
Jonas s’assit et fixa du regard les échelles d’incendie accrochées aux murs de briques de l’immeuble voisin. Des échelles en fer noires. Le ciel nuageux irradiait une lumière aveuglante.
Il n’avait pas envie de sortir, il n’arrivait simplement pas à rassembler ses forces pour quitter l’hôtel. Il resta couché sur le lit pendant un temps considérable. Quand la lumière devint plus faible, une angoisse le terrassa : « Il faut que je sorte de cet hôtel ! » Il attrapa le téléphone et composa le numéro de tante Dalva à Boston. On mit du temps à répondre et en entendant une voix d’adolescent à l’autre bout il raccrocha au plus vite.
S’étant endormi pendant un nombre d’heures indéfini, il fut réveillé brusquement par la sonnerie du téléphone. Maximilian le félicitait à grands cris d’avoir gagné tous les paris, y compris celui de la deuxième course, Beresford étant arrivé premier. Quelques minutes plus tard, c’était Mrs. Owen qui l’appelait lui proposant de s’amuser à un petit jeu ce soir-là. Jonas s’excusa. Il était décidé à faire un tour à Broadway.
– Qu’est-ce que vous allez faire à Broadway ? C’est dangereux.
– Mais non, ce n’est pas dangereux.
En descendant (cette fois il ne rencontra pas la vieille dame, qui devait être au lit grelottant de froid) il remarqua les deux battants de la porte du bar grands ouverts, une grande table de jeu autour de laquelle se tenaient la gérante, le portier et le serveur, éclairés par une unique lampe à abat-jour suspendue quasiment au ras de la tête des joueurs. Jonas s’approcha du «casino », s’assit à la table et sans dire un mot se mit à jouer au baccara. La gérante servait à la fois de croupier, faisait glisser les cartes d’un étui métallique et les recueillait à l’aide d’une spatule en bois.
« Les jeux sont faits, Messieurs, les jeux sont faits… », elle exhortait les autres à lancer leurs paris.
De temps en temps Willie allait jusqu’au bar, agitait et servait directement son « Polish Head » à ses compagnons de jeu.
Les yeux irrités, ivre, épuisé, Jonas constata qu’il avait perdu tout l’argent gagné aux courses de chevaux cet après-midi. Max et la gérante avaient englouti tous ses gains. Willie n’avait gagné que quelques pièces, mais lâchait des éclats de rire, conséquence de la boisson. L’hôte prit alors congé et retourna dans sa chambre, non sans s’être auparavant approché de la porte automatique qui s’ouvrit trois fois.
La gérante l’appela très tôt et d’une voix irritée lui annonça qu’il devait quitter la chambre, car en fait cela faisait une semaine qu’il ne descendait plus dans le hall. La chambre était immonde avec des morceaux de pain, de hamburger, de jambon, des croûtes de fromage, des noyaux d’olives, des bouteilles de coca-cola, des canettes de bière, des restes de pizza froids, des papiers déchiquetés et des mégots de cigarettes. « Une porcherie », selon elle.
– Vous ne laissez même pas entrer Max pour faire le ménage ! Et puis, vous me devez huit cents dollars cash ! D’ailleurs la chambre sera occupée demain, et je vous conseille de déguerpir aujourd’hui même, mon jeune ami !
Jonas se prit la tête entre les mains et se recroquevilla sur le lit. À l’extérieur le froid avait augmenté, un vent violent sifflait par les interstices de la fenêtre et la vitre était fouettée par la pluie. Il avait fait semblant – c’est vrai – de n’avoir pas entendu les coups nerveux de Max le matin, parce qu’il le haïssait de l’avoir persuadé de parier sur Beresford et d autres chevaux et d’avoir ouvertement triché au baccara. Leur relation s’était détériorée depuis que le noir avait, sans autre forme de procès, envahi sa chambre à sept heures du matin, tout de suite après la séance de jeu-marathon qui s’était prolongé dans la nuit, et avec la plus grande des familiarités, l’avait jeté hors du lit. Jonas qui, bien que timide, perdait tout contrôle quand on le réveillait brusquement et si tôt, avait expulsé Max en hurlant dans un mélange de portugais et d’anglais. Le bellman ouvrit de grands yeux, lui lança une insulte et disparut pendant deux jours.
( Les détritus éparpillés dans la chambre, auxquels faisait allusion la gérante, étaient les restes de repas qu’il commandait par téléphone à un magasin en face.)
Lorsqu’il revint pour faire la chambre, Max, comme prétexte peut-être pour entamer la conversation et faire la paix avec Jonas, fit ce commentaire en entrant :
– Je ne sais pas si vous le savez, mais Lavinia et Willie sont amants. Non, ce ne sont pas mes affaires, je sais, mais si par hasard – il fronça le sourcil et leva le doigt, comme pour proférer une menace – si par hasard le patron venait à l’apprendre… il les flanquerait sur-le-champ tous les deux à la porte !
Jonas ressentit un brusque malaise. Il se trouvait mêlé à des gens qui n’avaient rien à voir avec lui, qui n’auraient pas la moindre importance dans sa vie future. Il sentit une soudaine répulsion pour cet hôtel, comme si toutes les chambres étaient remplies d’immondices. Il fallait qu’il s’en aille pour Boston. Il se demanda comment payer l’hôtel : huit cents bucks, avait dit Lavinia Owen. Il téléphonerait à sa tante. Il marqua le code et le numéro de la maison de Boston. Pendant que la sonnerie retentissait, il imagina sa honte indescriptible à devoir confesser à tante Dalva sa ruine au jeu avec le personnel de l’hôtel ! Quelqu’un répondit, la même voix d’adolescent des jours précédents. Il raccrocha. Il opta pour une autre solution au problème ; il descendrait et expliquerait honnêtement tout à Lavinia Owen. Il avait perdu à un jeu auquel elle-même l’avait convié, ainsi que ses subordonnés, et à présent il n’avait plus d’argent pour payer ses dettes envers l’hôtel. Elle devait comprendre – augura Jonas et il sortit de la chambre et se croisa avec la petite vieille rousse toujours emmitouflée dans son renard. Ils prirent ensemble l’ascenseur et dans la cabine, Jonas, tout en observant son visage ratatiné, son regard lointain, ce vide propre aux personnes âgées, pensa un instant lui confier son angoisse, mais il y renonça tout de suite. L’ascenseur était arrivé. En ouvrant la porte pour laisser passer la petite vieille, Jonas remarqua un policier qui parlait avec la gérante, à la réception.
Il s’immobilisa quelques secondes et entra à nouveau dans la cabine de l’ascenseur.
Il retéléphona à sa tante. La même voix d’adolescent répondit et demanda d’attendre un instant avec une intonation qui parut à Jonas être celle de quelqu’un qui depuis toujours savait que c’était lui qui appelait et raccrochait sur-le-champ.
– Allo ? Tante Dalva ? C’est Jonas. Je suis à New York. Oui, je suis arrivé il y a déjà deux semaines. Oui, excusez-moi, mais… c’est que la ville est tellement… j’ai beaucoup aimé, je ne la connaissais pas, et j’ai fini par rester plus longtemps que prévu. Oui, excusez-moi… je sais que j’aurais dû prévenir, mais… Tante Dalva, j’ai un très gros problème.
Il avala sa salive d’un coup et poursuivit :
– Tante Dalva : j’ai été attaqué hier.
Il attendit pour écouter la réaction à l’autre bout du fil, mais la Tante ne répondit rien, comme si elle n’avait pas entendu.
– Voilà, et maintenant je n’ai pas d’argent pour payer l’hôtel. Ils m’ont présenté une note de huit cents dollars. Est-ce que vous pourriez me les prêter et après je…
– Mais bien sûr, mon petit (ici, en réalité tante Dalva parla anglais : Sure, dear, sure…) je te les prête, donne-moi le nom de ce bouge !
Le soulagement provoqué par les paroles de la tante fut si grand que Jonas resta encore allongé sur le lit aux ressorts grinçants pendant un bon moment. Il descendit pour annoncer à Lavinia que le paiement arriverait le lendemain par la poste. En s’approchant de la réception, il nota encore la présence du policier. Willie sortait du restaurant à cet instant :
– Lavinia m’a dit que vous alliez rester encore quelques jours avec nous, c’est vrai?
– Pas du tout ! Je pars demain.
– En bateau?
« C’est bizarre qu’il me pose cette question… Et c’est bizarre que Lavinia lui ait dit que j’allais rester… », pensa Jonas en constatant que son séjour dans cet hôtel se déroulait comme dans ces cauchemars, où l’on est conscient toutefois que l’on est en train de rêver. Il s’approcha de Lavinia qui paraissait encore plus voluptueusement obèse dans son profond décolleté. Pendant qu’il parlait, elle serrait les lèvres comme si elle se passait du rouge à lèvres.
– Vous voyez ? Il a dit demain, par la poste ! – elle s’adressait au policier, ce qui augmenta la crainte de Jonas.
– Cela arrive rapidement, répondit l’autre. (Au ton de la conversation qu’ils reprirent dès qu’il s’éloigna, Jonas comprit que le policier était un vieil ami et qu’il devait passer par l’hôtel tous les jours, lors de sa ronde.)
À présent il ne lui restait qu’une chose à faire : une promenade à Central Park pour laver ses poumons de l’air sale du Salem Hotel. Il regarda la porte en verre qui s’ouvrait et se fermait automatiquement. Des clients entraient et sortaient. Il passa quelques minutes à observer le mouvement mécanique de la porte. Derrière elle, derrière le store métallique, la ville. Un frisson d angoisse lui parcourut la colonne vertébrale: pourquoi Willie n’apparaissait-il pas maintenant pour l’inviter à une partie de poker ? Pourquoi Max ne balayait-il pas le sol en lui chuchotant des tuyaux sur la prochaine course de l’après-midi ? Non, le vent froid qui soufflait au dehors l’appelait. Il devait y aller.
Il se redressa et prit une décision. Il retournerait dans sa chambre. Il faisait trop froid. Il devait retourner dans la chambre et soigner son rhume, car il avait maintenant l’impression que son nez coulait. Il n’avait rien senti auparavant, le matin, quand il avait téléphoné à sa tante de Boston. Il monta et resta enroulé dans les couvertures jusqu’au lendemain, lorsque vers dix heures Lavinia lui téléphona. Il fit ses valises en vitesse, en se disant que New York aille se faire voir, qu’il ne voulait simplement pas connaître cette ville et voilà. Ce qu’il voulait, c’était connaître et visiter Boston, Boston la Britannique, et non pas ce tas d’ordures du Nouveau Monde.
Cette fois la petite vieille n’était pas dans l’ascenseur. Jonas pensa qu’elle était fort probablement morte de pneumonie toute seule dans sa chambre.
La porte vitrée s’ouvrait et se fermait en un mouvement presque hypnotique. Il devait y aller. Il saisit sa valise, elle lui parut plus lourde, bien qu’il n’ait rien acheté et il la déposa sur le sol. Il regarda encore une fois autour de lui, la réception du Salem Hotel, les murs ocres, les fauteuils bruns, la moquette, les rideaux, le lustre de cristal. Il devait y aller. Tante Dalva l’attendait. Elle avait été très gentille de lui avancer l’argent. La porte s’ouvrait et se fermait. Max et Willie se tenaient derrière lui, comme s’ils étaient anxieux le voir partir, comme si leur présence à cet endroit allait garantir son premier pas au-dehors depuis son arrivée, comme s’ils le poussaient légèrement dans le dos et qu’il s’entêtait à revenir, comme ces poupées en plastique auxquelles les enfants donnent des coups et qui oscillent en souriant. Il devait y aller. La porte s’ouvrit encore une fois, il aspira la bouffée d’air qui vint de l’extérieur, s’appuya sur Max et Willie et se prépara à partir avant qu’elle ne se fermât à nouveau.

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Fonte: Earp, Jorge Sá. Un billet pour New York. Traduction de Jenny Jeanmart. Inédito

PASSAGEM POR NOVA YORK


Jorge Sá Earp

A funcionária loura (de um louro notadamente falsificado), com a maquiagem aplicada às pressas tão cedo de manhã, repreendeu-o com o olhar severo por trás do balcão de controle de passaportes, já que ele meio que sem jeito tinha ultrapassado a faixa amarela. Atrás de Jonas palavras em português (um português luso) ecoaram metalicamente – efeito de uma noite breve e mal dormida, embalada pelo ronco do motor e por doses generosas de uísque e de vinho. Jonas se virou e deu com um cara moreno com quem entabulou conversa, durante os minutos de espera. O gajo provinha dos Açores e há anos vivia em Montreal, para onde apanharia o avião algumas horas mais tarde.
Quando Jonas se libertou do aeroporto, não encontrou carrinho para ajudá-lo a carregar sua mala. Para dizer a verdade, ela não era nem grande nem pesada.
A cidade emergiu por trás de uma pequena elevação da estrada. Imensa, com edifícios que mais pareciam colunas de uma grande muralha. Ali estava então. À espera. O chofer, descendente de italianos, tentou puxar conversa, enquanto a manhã projetava raios tênues por entre as nuvens cinzentas e sobre o cimento, os tijolos das fachadas do Queens, o asfalto, as bombas de gasolina. Do avião Jonas percebera a luz incidindo sobre o mar: lama e vidro. Sol sobre um par de lentes fumé. A senhora de olhos fulgurantes viera de Seattle passar o carnaval no Rio. Tinha lhe oferecido balas de hortelã, que o transportaram para um longínquo momento da infância.
Salem Hotel entre a 1ª e a 2ª. A recepcionista examinou-o com o canto dos olhos. Uma mulher corpulenta, beirando os cinqüenta, muito pálida, os cabelos pretos e os olhos grandes e esverdeados. Tinha o busto erguido, a cintura certamente ajustada a uma cinta, usava um vestido rosa fúcsia e bijuterias. Deslizou uma ficha sobre o balcão e com a voz aveludada pediu-lhe: “Assine, por favor”.
O quarto era pequeno, coberto com papel de parede marrom esmaecido. A janela abria-se para um pátio rodeado de edifícios de tijolinhos. Jonas ficou por algum tempo com os olhos postos numa escada de emergência. Se sentia tão esgotado que mal desarrumou a mala, se atirou na cama de molas e adormeceu profundamente.
Acordou muitas horas depois. Em vez das escadas de incêndio só via a escuridão na janela. Procurou o interruptor, revirou-se e aos poucos foi reconhecendo as flores sépia do papel de parede. Depois de lavar o rosto, olhou-se no espelho e sobreveio-lhe uma vontade enorme de não deixar o hotel naquela noite. Receou que, ao sair alguém encostasse uma faca ou um revólver em suas costas em alguma viela deserta. Mas logo afastou essa possibilidade nefasta e saiu do quarto.
Esperou o elevador em companhia de uma velhinha com os cabelos tingidos de acaju, agasalhada em uma estola de raposa e de chapéu. O hall guardava uma atmosfera quente, de véspera de baile, com seus móveis, tapetes e cortinas de um amarelo-fulvo e castanho cerrado. Havia abajures e lustres com lâmpadas queimadas, o que parecia anunciar a entrada de algum cantor ou artista em poucos instantes. A recepcionista, quer dizer, a gerente, como Jonas veio a saber mais tarde, ria a bandeiras despregadas com um rapaz louro de bigodes pretos, vestido num summer. Jonas se aproximou e esperou que ambos se restabelecessem da explosão eufórica, o que não aconteceu de imediato, pois tanto a gerente quanto o garçom tão-logo se refaziam da gargalhada, com os olhos cheios de lágrimas, renovavam o riso após rápidos comentários que um soprava no ouvido do outro. Por fim, a gerente percebeu a figura paciente do rapaz ali, à beira do balcão segurando a chave do quarto. A gerente às lágrimas, perguntou-lhe então se não queria escutar uma história engraçadíssima que se passara com Willie (o garçom) na noite passada. Jonas hesitou, viu um sujeito negro passando aspirador no tapete junto a uma porta envidraçada, e a gerente lhe ofereceu um Martini seco.
— O.K., ele respondeu por fim.
A gerente – que agora à noite parecia ter-se livrado da cinta, pois percebiam-se suas formas balofas comprimirem o vestido rosa fúcsia – encaminhou-se satisfeita à porta envidraçada e de lá voltou com uma tacinha de Martini branco com uma azeitona dentro. Nesse meio tempo, Jonas se entreteve em conversa com Willie, que já parecia meio bêbado. Ele contou-lhe que ao mesmo tempo que detestava Nova York, não conseguia deixar a cidade. Tinha se acostumado. Tinha tentado viver em Los Angeles e Chicago, mas nada, não adiantava…
A gerente, quem Jonas soube chamar-se Lavinia Owen, juntou-se a eles e finalmente relatou um imbroglio entre Willie e uns polacos que moravam no bairro dele, perto do Harlem. Jonas não achou engraçado o episódio, porém sorriu para não parecer antipático. Ambos eram agradáveis de qualquer modo e, assim, debruçado ao balcão, bebericando Martini, sentia-se bem. Lavinia, muito risonha, logo sugeriu que fossem ao bar, vazio àquela hora, já que o negro bem poderia ocupar-se da recepção. Jonas hesitou, pensava em dar uma volta, mas tanto a gerente quanto Willie insistiram que os acompanhasse.
O bar tinha decoração de um clube de caça. Uma cabeça de alce examinava prateleiras cheias de garrafas contra uma parede espelhada, um tapete de tigre, bancos forrados de pele de boi e toda essa parafernália característica das casas de caçadores. Lavinia ergueu sua pesada massa, a fim de se equilibrar num banco alto, enquanto Willie sacudia energicamente um drink de sua invenção em uma coqueteleira. O drink fora batizado de “Polish Head” pela gerente e seu auxiliar debaixo de muitas risadas.
Jonas se sentia bem e quando se deu conta já estava tão bêbado que mal podia suster-se sobre o banco. O alce sobranceiro se dividia em duas ou três cabeças e ondulava, como se cavalgasse em bando. Jonas percebeu que já iam horas e se despediu da gerente e de Willie, que pareciam estar na maior intimidade – ele quase estirado sobre os braços gordos e dos seios fartos da patroa.
Zonzo, alcançou o elevador e finalmente o quarto. Atirou-se na cama e no dorso de um bando de antílopes, que o carregaram savana afora.
Dia seguinte uma sede o despertou. Jonas telefonou para a recepção, mas ninguém atendeu. Não havia outro meio senão descer e tomar goles d’água durante o breakfast. Encontrou-se então de novo com a senhora ruiva da noite anterior.
“This weather, this terrible weather…”
Contou que como morava no hotel, não podia pagar um quarto com banheiro e que todas as manhãs morria de frio ao atravessar o corredor.
— Não tem mais café, disse-lhe secamente o gerente. Você levantou muito tarde.
Jonas olhou o relógio tipo década de 50, que marcava onze horas. Como tinha podido dormir tanto? perguntou-se. Enfim, conformou-se com as regras internas do Salem Hotel e ia preparar-se para sair, quando o faxineiro negro, que também trabalhava como porteiro, o interceptou.
O homem entabulou uma conversa sobre apostas. Perguntou-lhe se não se interessava pelo jogo. Jonas quis saber de que espécie de jogo se tratava, já que tinha um fraco pelo pôquer e em alguma noite, caso não tivesse o que fazer ou o dinheiro se acabasse, poderia bem tentar a sorte com o crioulo. Max (era esse o nome do bellman) falou então sobre apostas em cavalos e sacou um bilhete do bolso. Jonas respondeu que nunca realmente se interessara por corridas, mas se fosse uma aposta barata poderia tentar. Max daí começou a explicar-lhe o procedimento das apostas, o sistema de páreos, os animais favoritos e todos os macetes peculiares ao esporte. Jonas sentou-se, examinou cuidadosamente o bilhete com os páreos daquela tarde e fez uma aposta. Max sugeriu-lhe que não perdesse o segundo páreo, quando um dos cavalos, o Beresford, era de longe o preferido. Entreteve-se na conversa com Max e ao dar por si a gerente o chamava para o almoço.
Jonas espiou a rua através das amplas janelas do restaurante e lamentou-se de ainda não ter tido oportunidade de dar um passeio. Por que fora beber tantos Martinis secos com Willie e Lavinia? Por que entabulara aquela conversa vazia com a dupla e perdera a noite borbulhante de Nova York? O hotel era tão confortável… Não escondia também o desejo de permanecer ali, sob aquele abrigo morno, o tempo todo de sua estada em Nova York para depois tomar o trem e partir para Boston onde passaria dois meses hospedado em casa de tia Dalva, prima-irmã de sua avó, para freqüentar um curso de Literatura Americana. Tia Dalva, parece, habitava uma bela casa com jardim, casara-se com um americano e tinha um filho, Bob, poucos anos mais moço que ele. Jonas nunca a vira.
Willie serviu-lhe um hambúrguer tostado com uma salada de alface e Coca-cola. Ao contrário da noite anterior, o garçom se mostrou reservado. Jonas especulou que tivesse ressaca ou se sentisse apenas cansado, talvez por não querer acusar-se de algum fora que tivesse cometido contra a boa camaradagem inicial de Willie.
Depois da refeição frugal e um café deploravelmente aguado, Jonas ergueu-se, vestiu o sobretudo e se dirigiu para a rua. À porta um vento gelado bateu-lhe no rosto e no peito. Ele estacou no limiar, impedindo a porta automática de se fechar e não foi a rajada fria que o demoveu da idéia de regressar ao quarto, mas tão-somente um impulso sem controle e inexplicável.
Tomou, portanto, o elevador e ao descer no terceiro andar encontrou de novo a velhinha envolta em sua habitual renard:
O this weather, this disgusting and terrible weather…, ela se queixou como se cantasse uma balada.
Jonas sentou-se e fixou as escadas de incêndio contra a parede de tijolos do prédio vizinho. Escadas negras de ferro. O céu nublado irradiava uma luz cegante.
Não tinha vontade de sair, não conseguia simplesmente reunir forças para deixar o hotel. E se deixou ficar assim deitado na cama por um tempo considerável. Quando a luz se tornou mais tênue, uma aflição o fulminou: “Preciso sair desse hotel!” Apanhou então o telefone e discou o número de Tia Dalva em Boston. Custaram a responder e ao escutar uma voz de adolescente do outro lado, mais do que depressa desligou.
Tendo adormecido algumas horas imprecisas, despertou abruptamente com a campainha do telefone. Maximilian o parabenizava aos gritos por Jonas ter vencido todas as apostas, inclusive a do segundo páreo, já que Beresford tinha alcançado o primeiro lugar. Minutos depois quem o chamava era Mrs. Owen com a proposta de se entreterem com um joguinho naquela noite. Jonas se desculpou. Estava decidido a dar uma volta pela Broadway.
– O que você vai fazer na Broadway? É perigoso.
– Perigoso nada.
Ao descer (dessa vez não encontrou a velha dama, que deveria estar na cama
coberta e tiritando de frio), divisou então as duas folhas da porta do bar inteiramente abertas, uma mesa larga de jogo tendo a gerente, o garçom e o porteiro à volta, iluminados por um único abajur, que pendia quase rente às cabeças dos jogadores. Jonas se aproximou do “cassino”, sentou-se à mesa e sem dizer palavra, pôs-se a jogar bacará. A gerente fazia as vezes de croupier, deslizava as cartas de um estojo metálico e as recolhia por meio de uma espátula de madeira.
“Les jeux sont faits, messieurs, les jeux sont faits…”, ela exortava os demais a lançarem suas apostas.
Willie, de vez em quando, ia até o bar, chacoalhava e servia em seguida aos companheiros de jogatina o seu “Polish Head”.
Com os olhos piscos, bêbado, exausto, Jonas reconheceu que perdera todo o dinheiro ganho com os cavalos naquela tarde. Max e a gerente praticamente haviam abocanhado todo o seu quinhão. Willie ganhara uns trocados, mas emitia um riso solto, efeito de seu drinque. O hóspede então se despediu e voltou para o seu quarto, não sem antes chegar até a porta automática que se abriu três vezes.
A gerente ligou bem cedo e com uma voz irritadiça disse-lhe que devia deixar o quarto, pois afinal há uma semana ele não aparecia no hall. O quarto se encontrava imundo, com pedaços de pão, hambúrguer, presunto, cascas de queijo, caroços de azeitona, garrafas de coca-cola, latas de cerveja, restos de pizza fria, papel laminado e pontas de cigarro. “Um nojo”, segundo ela.
– Você nem mesmo permite que o Max entre para fazer a limpeza! E olhe: você me deve oitocentas pratas cash! Além disso tenho o quarto ocupado amanhã e acho bom você cair fora hoje mesmo, garotão!
Jonas apertou a cabeça com as mãos e enroscou-se todo na cama. Do lado de fora o frio recrudescera, e um vento forte zunia pelas frinchas da janela, fazendo a chuva açoitar a vidraça. Ele fingira – era verdade – que não escutara as batidas nervosas do Max de manhã, porque o odiara por tê-lo persuadido a apostar em Beresford e outros cavalos e ter trapaceado deslavadamente no bacará. A relação entre ambos se agravara depois que o crioulo invadira o quarto dele às sete da manhã, sem mais nem menos, logo após aquela maratona de jogo noite adentro e com a maior intimidade o expulsara da cama. Jonas, que apesar de tímido perdia o controle se o despertavam bruscamente e tão cedo, expulsou Max aos gritos do quarto, numa mistura de português com inglês. O bellman arregalou os olhos, dirigiu-lhe um palavrão e desapareceu por dois dias.
(Os detritos espalhados pelo quarto, a que se referia a gerente, eram restos dos lanches que encomendara pelo telefone a uma loja em frente).
Quando retornou para fazer a limpeza, Max, talvez como pretexto para puxar conversa e assim fazer as pazes com Jonas, entrou com esse comentário:
– Eu não sei se você sabe, mas Lavinia e Willy são amantes. Não, eu não tenho nada com isso, eu sei, mas se por acaso… – aqui ele apertou bastante um olho e agitou um dedo em riste, como se proferisse uma ameaça: – Se por acaso o patrão descobre… põe os dois na rua num instante!”
Jonas então foi acometido de um súbito mal-estar. Sentiu-se envolvido com pessoas que não tinham nada a ver com ele, nem teriam qualquer importância em sua vida futura. Daí veio-lhe uma brusca repulsa por aquele hotel, como se todos os quartos estivessem recheados de detritos. Tinha de viajar para Boston. Inquietou-se sobre como pagar o hotel: oitocentos bucks, Lavinia Owen tinha dito. Telefonaria a sua tia então. Discou o código e o número da casa em Boston. Enquanto a campainha tocava, pensou na imensa vergonha que seria ter de confessar a tia Dalva sua ruína no jogo com o próprio pessoal do hotel! Alguém atendeu, a mesma voz de adolescente de dias atrás. Desligou. Optou por outra solução para o problema; desceria e explicaria honestamente tudo a Lavinia Owen. Perdera no jogo, a que se tivera lançado a convite dela mesma e de seus subordinados e agora não tinha meios de quitar sua dívida com o hotel. Ela tinha que entender – Jonas augurou e saiu do quarto, quando encontrou a velhinha ruiva agasalhada sempre em sua renard. Tomaram o elevador juntos e dentro da cabine, Jonas, enquanto observava seu rosto encarquilhado, seu olhar distante, nesse alheamento próprio das pessoas idosas, pensou até em confidenciar-lhe sua angústia, mas logo desistiu. O elevador tinha chegado. Ao abrir a porta para a velhinha, Jonas distinguiu na recepção, conversando com a gerente, um policial.
Estacou por uns segundos e voltou para dentro da cabine.
Telefonou de novo para a tia. A mesma voz adolescente atendeu e pediu que esperasse um momento, com uma entonação que pareceu a Jonas sempre haver sabido que era ele quem chamava e em seguida desligava.
– Alô? Tia Dalva? É Jonas. Estou em Nova York. É, cheguei já há duas semanas. É, desculpe, mas… é que a cidade é tão… eu gostei tanto, não conhecia, que acabei ficando mais tempo do que o previsto. É, desculpe… eu sei que eu devia ter avisado, mas… Tia Dalva, estou com um problema gravíssimo.
Engoliu em seco e prosseguiu:
– Tia Dalva: eu fui assaltado ontem.
Esperou escutar a reação do outro lado da linha, mas a tia não respondeu nada, como se não tivesse ouvido:
– Bem, e aí eu não tenho dinheiro pra pagar o hotel. Eles me apresentaram uma conta de oitocentos dólares. Será que a senhora podia me emprestar que depois eu…
– Mas claro, meu bem, (aqui, na realidade tia Dalva falou em inglês: Sure, dear, sure…), posso sim, me diga o nome da espelunca!
O alívio trazido com as palavras da tia foi tão grande que Jonas ainda permaneceu deitado na cama de molas rangentes por um bom tempo. Desceu para avisar Lavinia de que o pagamento chegaria no dia seguinte pelo correio. Ao se aproximar da recepção, notou ainda o policial. Willie saía nesse instante do restaurante:
– Lavinia me disse que você vai ficar mais uns dias conosco, é verdade?
– De maneira nenhuma. Parto amanhã mesmo.
– De navio?
“Que estranho ele fazer essa pergunta… E que estranho Lavinia ter dito que eu ia ficar…”, Jonas pensou, considerando que sua estada naquele hotel se desenrolava como esses pesadelos, em que se tem, no entanto, consciência de que se está sonhando. Chegou-se a Lavinia, que parecia mais voluptuosamente obesa dentro de um decote cavado. Enquanto falava, ela apertava os lábios, como se aplicasse batom.
– Você vê? Ele disse amanhã, pelo correio! – ela dirigiu-se ao policial, o que infundiu mais medo em Jonas.
– Chega rápido, o outro respondeu. (Pelo tom da conversa em que continuaram a entreter-se, tão-logo se afastou, Jonas percebeu que o policial era velho amigo e devia passar pelo hotel todos os dias, num intervalo de sua ronda).
Agora só restava fazer uma coisa: dar um passeio no Central Park para lavar os pulmões do ar sujo do Salem Hotel. Olhou a porta de vidro que abria e fechava automaticamente. Hóspedes entravam e saíam. Permaneceu uns minutos assistindo ao movimento mecânico da porta. Além dela, além do toldo amartelo, está a cidade. Uma aflição então percorreu-lhe a espinha: Por que Willie não aparecia agora e o convidava para uma partida de pôquer? Por que Max não vinha varrendo o chão e lhe segredava palpites quentes da próxima corrida à tarde? Não, o vento frio que soprava do lado de fora o chamava. Ele tinha que ir.
Endireitou-se e tomou uma decisão. Voltaria ao quarto. Fazia frio demais. Era preciso voltar ao quarto e curar seu resfriado, pois agora tinha a impressão de que seu nariz escorria. Não o havia sentido antes, de manhã, na hora em que ligara à tia de Boston. Subiu e ficou enrolado em cobertores até o dia seguinte, quando por volta das dez horas Lavinia telefonou-lhe. Fez as malas correndo enquanto dizia a si mesmo que se foda Nova York, que não queria conhecer mesmo a cidade e pronto. Queria sim conhecer e explorar Boston, a britânica Boston e não esse lixo do Novo Mundo.
Desta vez a velhinha não estava no elevador. Jonas pensou que muito provavelmente ela morreria de pneumonia dentro de seu quarto sozinha.
A porta envidraçada se abria e se fechava em um movimento quase hipnótico. Ele tinha que ir. Segurou a mala, pareceu-lhe mas pesada, apesar de não ter comprado nada e largou-a no chão. Olhou mais uma vez em volta, a sala de recepção do Salem Hotel, as paredes ocre, as poltronas marrons, o tapete, as cortinas, o lustre de cristal. Tinha que ir. Tia Dalva estava esperando. E ela fora tão amável em adiantar-lhe o dinheiro. A porta abria e fechava. Max e Willie postavam-se atrás dele, como se ansiassem por sua partida, como se com suas presenças ali garantissem seu primeiro passo para fora desde que chegara, como se empurrassem levemente suas costas e ele teimasse em voltar, como esses bonecos de plástico em que as crianças desferem socos e que oscilam sorrindo. Tinha que ir. A porta mais uma vez se abriu, ele respirou a lufada de ar que soprou do lado de fora, apoiou-se em Max e Willie e preparou-se para partir, ante que ela se fechasse de novo.

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Fonte: Earp, Jorge Sá. Passagem por Nova York. In: O Cavalo Marinho. Rio de Janeiro, Sette Letras, 1997. 126 p. p. 33-42.



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