ESCRITORES



Os Tambores de São Luís





Autor: Josué Montello
Título: Os Tambores de São Luís, Les Tambours Noirs)
Idiomas: port, fra
Tradutor: Jacques Thiériot, Marie-Pierre Mazeas, Monique Le Moing(fra)
Data: 29/12/2004

LES TAMBOURS NOIRS

Chapitre 1

Josué Montello

Jusque-là les tambours de la Maison des Minas avaient accompagné ses pas, et il apercevait encore les trois tambourinaires, sur la gauche de la véranda, qui battaient à grands coups leurs instruments rituels sur fond de clarines et de calebasses, tandis que la grande prêtresse Andréza Maria laissait glisser son châle sur ses avant-bras pour recevoir l’esprit de Toï-Zamadone, le maître de lieu.

De temps à autre, le vent se calmait ou changeait de direction,son pas décidé sur la chaussée déserte étouffait le martèlement des tambours soudain muets dans le silence de la nuit. Mais presque aussitôt, leur battement et l’image de la grande prêtresse, entourée de ses novices tout de blanc vêtues, revenaient à son esprit, portés par une bourrasque rafraîchissante : il revoyait sa maigreur altière, son port de reine et les premiers fils d’argent de sa chevelure.

Elle était venue en personne le chercher à l’entrée du quérébétan. Il n’avait d’autre intention que d’écouter les tambours et de regarder les danses quelques instants, assis sur le grand banc de la véranda, le visage tourné vers l’espace sacré parsemé de bougies. Le banc était déjà entièrement occupé. De nombreux fidèles étaient assis sur le sol de terre battue, les mains croisées autour des genoux ; d’autres restaient debout adossés au mur. Mais la grande prêtresse, qui l’avait conduit par la main, avait invité l’un d’eux à céder sa place sur le banc ; de là, il pouvait de façon vraiment privilégiée voir battre les tambours et danser les novices dans le clappement des calebasses, au son métallique des clarines.

Il sentait par moments le besoin d’y aller, irrésistiblement poussé par une nostalgie maladive qu’il n’aurait su lui-même définir ou expliquer, malgré toute l’acuité de son intelligence supérieure. Oui, à écouter battre les tambours rituels, il se sentait réintégrer le monde magique de ses origines africaines : une sensation nouvelle de paix l’envahissait jusqu’au plus profond de son être.

Il en sortait étrangement apaisé : son corps semblait plus léger et plus exquises ses journées, comme si la divinité qui accompagne sur terre les pas de chaque Noir lui fût à nouveau propice.

Dans le ciel, un mince croissant de lune au-dessus de l’église de Saint-Pantaleón ; pourtant sur la ville endormie glissait une douce clarté violacée et une multitude d’étoiles scintillaient dans cette nuit d’été. A chaque coin de rue un réverbère en sentinelle et le chuintement de son bec de gaz ; l’enfilade des maisons fermées. Tout près, vers la rue de l’Envie, le roulement accéléré d’un fiacre ; le galop du cheval sur les pavés de la chaussée. Et toujours le martèlement frénétique et régulier des tambours, tantôt lointain, tantôt proche, mais bien plus vif que le claquement des fers des chevaux.

A l’angle de la rue de la Promenade et de la rue du Mocambo (1), avant de passer sur le trottoir d’en face, Damien s’arrêta un instant, aveuglé par la clarté du gaz.

Protégé de l’humidité par son feutre anglais, dernier cadeau de Noel du gouverneur Louis Domingues, le dos droit, le corps sec et raide, les épaules hautes, il avait l’air plus grand. A quatre-vingts ans, avec cette lueur vive dans les yeux, cette démarche assurée, ce port de tête, il en faisait soixante… moins peut-être. Jusqu1au début du sièle, il n’avait pas quitté la canne à pommeau d’argent avec laquelle, pour la première fois, il avait pénétré dans le palais de justice, sa serviette d’avocat occasionnel sous le bras, pour défendre un autre Noir comme lui. Il s’habillait maintenant avec simplicité, toujours impeccable, rasé de près, le veston boutonné jusqu’au menton, une épingle en or fixée à sa cravate.

– Excusez-moi…

Damien sursauta en entendant la voix rauque qui venait de derrière son épaule droite, du côté de la rue du Mocambo. Il n’avait perçu aucun bruit de pas. Il se retrouva face à Satyre Cardoso, tout petit mais bien fait, mal fagoté dans son habit défraîchi de magicien, le faux-col remonté, les joues creuses, moustachu, une étincelle de folie dans les yeux ; et qui d’emblée lui dit, en lui présentant du bout des doigts un morceau de papier imprimé:

– Voilà une invitation pour mon prochain spectacle.

– Toujours pour La Chute du drapeau.

– Oui ! Le public la redemande. Et c’est lui qui commande.

Damien voulut savoir pourquoi le vieux magicien préférait cette heure de la nuit pour distribuer ses invitations, alors que toutes les maisons étaient fermées.

– Le jour, rétorqua-t-il, les gamins me courent après, et m’appellent Troïre. Ils vont même jusqu’à pousser les chiens à me mordre. La nuit, c’est plus calme : les gamins dorment.

Là-dessus, il descendit la rue du Mocambo, et glissa ses bouts de papier sous les portes, sans bruit, effleurant à peine le trottoir de son pas léger.

Il y avait déjà plusieurs années que Damien voyait apparaître en ville cette silhouette caricaturale, toujours par monts et par vaux, avec son haut-de-forme noir, son habit, ses souliers éculés, sa serviette en cuir, noire elle aussi, sous le bras, et qui se présentait sur la place des Carmes, au palais du gouverneur, à la rédaction des journaux, au lycée, à l’évêché, et aussi à la porte des églises, aux messes dominicales et aux mariages, comme l’ ” illusionniste du Maranão”. Quelques jours après leur première rencontre, par pure curiosité, Damien avait assisté, au théâtre Saint-Louis, à son premier spectacle, qui s’était redonné, depuis, chaque année : un tour de magie bien au point, intitulé La Chute du drapeau. Satyre montait jusqu’au dernier barreau d’une échelle installée au beau milieu de la scène et de là-haut, déployant un drapeau, il déclamait un interminable galimatias sans queue ni tête, écrit dans une langue supposée de son invention, le grammazin, dont il présentait d’abord le principe sur un tableau : “Le A de l’alphabet grammazin est semblable au A de l’alphabet portuguais, avec cette différence qu’il s’écrit la tête en bas et se prononce bé.” Puis il se drapait dans l’étendard. Un coup de feu sec éclatait, l’assistance sursautait. Et sans hésiter le magicien prenait son envol et… tombait avec fracas au pied de l’échelle, sur les planches de la scène.

– Bis, bis, lui criait-on du poulailler.

Et Satyre répétait son monologue, une fois, deux fois, encore et encore, avec le même coup de feu et la même chute, jusqu’à ce que Damien, bouleversé par sa folie, se mît à protester : “Assez ! Ça suffit !” Alors le magicien finissait par se retirer en boitant, une main sur sa hanche blessée, tandis que le rideau tombait sous les cris et les sifflets.

Avant que Satyre ne disparaisse, toujours occupé à glisser ses imprimés sous les portes, Damien changea de trottoir, suivi du battement obstiné des tambours. Dans l’axe derrière lui s’étendait le cimetière du Vautour où reposaient dans la sainte paix du Seigneur le père Polycarpe, Geneviève Pia, Aparecida, ,maître Celso de Magalhães, dame Benben, dame Pascale, dame Calu et ce cher baron, chacun dans son caveau ou sa tombe. En face, la place de la Caserne ; plus loin, vers la droite, la rue des Potagers, la place de la Prision, la place du Jenipapier et enfin le quartier du Cognassier, avec la maison de son arrière-petite-fille, sur une colline verte qui dévalait vers la mer.

C’est Tian en personne, dans la voiture avec laquelle il était allé chercher la sage-femme, qui lui avait apporté la nouvelle : au crépuscule, Béa, toute, retournée de mettre au monde son premier enfant, avait senti de violentes douleurs.

– D’accord, j’irai la voir. Mais pas maintenant. Le premier accouchement donne souvent de fausses alertes. A mon avis ce sera pour le milieu de la nuit.

Et avant que Tian ne reparte:

– De mon temps, les plus jeunes attendaient les plus vieux.

– Aujourd’hui, tout change.

Toute la famille, affolée par l’arrivée du premier arrière-arrière-petit-fils, l’avait laissé seul avec la domestique qui avait expédié le service du dîner… avant de courir à son tour chez Béa. Damien s’habilla lentement, conscient qu’il était inutile de se presser et il s’accorda même un petit somme dans la chaise à bacule de la véranda ; malgré les aboiements et l’agitation de Velours, en plein rut insatisfait, il lui confia la garde de la maison.

Il était resté un bon bout de temps au coin de la rue des Spondias, à attendre l’apparition d’un fiacre qui l’emménerait au quartier du Cognassier. Il avait fini par admettre que si cela devait dépendre d’une voiture, il ne connaîtrait son arrière-arrière-petit-fils que dèjá grand. La seule solution, c’était d’y aller à pied, en profitant de la fraîcheur de la nuit.

En entrant dans la rue de Saint-Pantaleón, à une bonne distance du cimetière des Anglais, il éprouva soudain une sensation de froid de la tête aux pieds, comme si un courant d’air glacé l’eût saisi par-derrière. Il respira un grand coup et poursuivit son chemin, sans accélerer ni ralentir le pas ; il tentait de se convaincre que la rafale venait de la rue de l’Alouette ; il s’arrêta un peu plus loin, palpa les poches de son pantalon, à la recherche de son paquet de cigarettes. Il les avait bien prises, mais pas sa boîte d’allumettes.

– Eh oui ! Voilà c’ que c’est qu’ d’être vieux : quand on se souvient d’une chose, on en oublie une autre. Faut se faire une raison !

Très digne, il reprit son chemin, essayant de distraire so regard de la solitude de la longue rue. Le vent se remit à souffler, mais cette fois plus fort, comme si le temps allait changer. Le ciel dégagé le tranquillisa cependant. Une fenêtre claqua ; une branche d’arbre se brisa sur un mur et s’abattit sur le trottoir ; plus loin, une vitre vola en éclats sous le choc violent d’une autre fenêtre ; une boîte de conserve vide roula le caniveau.

Avant même d’arriver au bout du pâté de maisons, il eut l’impression qu’il se passait quelque chose d’étrange, lié à sa propre personne. Il essaya de se libérer de cette impression désagréable, mais elle le reprit, insidieuse, oppressante, avec l’insistance d’un mauvais présage. Il pensa à Béa. Non, il ne popuvait s’agir d’elle : le médecin l’avait vue le matin même et avait garanti que l’accouchement serait normal. Tout allait bien, l’enfant était bien placé ; il n’y avait plus qu’à attendre le bon vouloir de la nature, sous la surveillance attentive de l’experte commère Ludovine.

-Et elle y est déjà !

Mais alors dans la Maison des Minas, tout près de lui, éclata le fracas des tambours ; ni le tintement des clarines ni le bruit de crécelle des calebasses ne réussirent à couvrir leur roulement accéléré et nerveux qui emportait les novices dans un tourbillon sans fin. Chaque battement semblait vouloir rattraper le suivant, sans qu’aucun tambourinaire rompe le rythme vertigineux. Seul ce battement frénétique était perceptible, étouffant le son des autres instruments ; et c’est lui seul que le vent emportait de tous côtés et dispersait dans la grande nuit d’août qui enveloppait la ville.

Une fois de l’aure côté de la rue, Damien s’aperçut qu’il était sur le trottoir du Quérébétan.
Il ralentit le pas dans l’idée d’y entrer. C’était à l’angle de la ruelle des Créoles, une maison basse, au toit saillant, récemment chaulée, avec des volets et une porte à deux battants qui donnait sur la rue de Saint-Pantaléon. Un seul battant était ouvert. Planté sur le seuil, Damien jeta un coup d’oeil à l’intérieur ; le couloir et la véranda étaient déjà pleins, les novices dansaient autour de la grande prêtresse Andréza Maria. Il s’apprêtait à entrer dans le couloir quand celle-ci remonta son chalê sur ses épaules, imposant aux tambourinaires une trêve inattendue, aussitôt rompue par un battement plus fort, sur un autre rythme ; elle s’avança alors vers la porte, au milieu de la foule qui s’écartait pour lui laisser le passage. Damien fit encore un pas et attendit qu’elle vienne le chercher.

Plus tard, quand il sortit, il n’aurait su dire au juste combien de temps il y était resté. Vingt minutes ? Une demi-heure ? Davantage ? Sans doute davantage. L’important, c’est qu’après avoir écouté les tambourinaires et assité aux danses rituelles, il se sentait prêt à aller à la recontre de son arrière-arrière-petit-fils. Assis sur le banc à regarder les novices danser au milieu des bougies, il redevenait ce Noir, pur descendant de sa race, si proche de ses lointaines racines africaines. Et, dans cer état d’esprit, après avoir descendu la ruelle des Créoles, il s’engagea dans la rue de la Promenade, toujours accompagné des tambours.

Longue et rectiligne, elle lui semblait interminable : de chaque côté, des maisons aux carreaux de faïence, des grilles en fer finement ouvragées, des vitres de couleur dans l’éventail des fenêtres, et ici et là un portail de pierre. Faute de montre pour regarder l’heure (la sienne était chez Manec-orfèvre pour un nettovage complet du mécanisme depuis déjà une semaine), c’était en vain que Damien vérifiait de temps en temps la position de la lune, qui tantôt se cachait derrière les greniers les plus élevés, tantôt réapparaissait un peu plus loin, courbe et pointue comme la corne du bumba-meu-Boi, qui pénètre sur le terre-plein.

A l’angle de la rue Sainte-Anne, le bec de gaz était sur le point de s’éteindre, réduit à une toute petite flamme qui se recroquevillait dans le globe poussiéreux, comme apeurée par la nuit et l’obscurité qui se refermait sur elle. Le tintamarre d’une poubelle bringuebalée sur les pavés le fit à nouveau sursauter : un chien maigre n’ayant que la peau et les os et traînant la patte la poussait de son museau dans les ordures qui se répandaient sur le trottoir plongé dans l’obscurité. Au bruit des pas de Damien, tout proche, le chien prit peur à son tour ; il retira aussitôt sa tête de l’intéricur de la poubelle, et, claudiquant, courut vers l’autre côté de la rue, un os dans la gueule.

Un peu plus loin, du côté de la rue de la Butte, Damien entend soudain le son maladroit d’un piano. Et tandis qu’il tend l’oreille pour essayer de retrouver les mesures de la valse, à la hauteur de l’hôpital portugais, un fiacre débouche de la rue de la Promenade. Le piétinement des chevaux et le fracas des roues sont si proches qu’il attend que la voiture le dépasse à toute allure, en direction de la place de la Caserne. Comme elle tarde à passer, il se retourne et ne la voit pas : dans la rue déserte, seul le chien ronge son os à la lueur d’un autre réverbère. Le fiacre a tourné dans la rue du Mocambo et le vacarme s’éloigne vers la place de la Joie ; le piano se tait et là-bas, dans le sanctuaire des Minas, le battement des tambours résonne à nouveau.
Damien se souvint que dame Anne Jansen, tous les vendredis, au beau milieu de la nuit, sortait de sa tombe et faisait un tour complet de la ville, dans un carrosse tiré par un quadrige sans tête, conduit par un squelette brandissant un fouet.

– Racontars ! réagit Damien. Une histoire à dormir debout, inventée par les ennemis politiques de la vieille ! Les morts ne veulent que le repos.

Et palpant à nouveau la poche de son pantalon, il en sortit une cigarette qu’il prit entre ses lèvres. Un peu plus loin, le bistrot du coin de la Grand-Rue était peut-être encore ouvert. Comment avait-il pu oublier ses allumettes ? Surtout lui qui en vieillissant ne se privait jamais de ses petites cigarettes nocturnes pour attendre le sommeil…

Il se revit sortant au petit matin de la chambre de Marie Quiterie, au rez-de-chaussée d’une demeure de la rue de l’Étoile. Un peu plus loin, dans la montée de la rue de Nazareth, au-delà de l’escalier de la rue de la Craie, il fut surpris par un fracas assourdissant de vaisselle brisée. Intrigué, il ralentit. On cassait de la vaisselle sans répit, pièce par pièce ou par lots, et les morceaux volaient de tous côtés sous des coups réguliers.

Du haut de l’escalier, dans la clarté du jour qui naissait, il vit en contrebas, sur la dernière marche de la demeure du commandeur Antoine Meireles, un groupe de Noirs armés de gourdins qui cassaient à un rythme accéléré des piles et des piles de vases de nuit en faïence entassés sur le trottoir.

Damien descendit les marches quatre à quatre, et avant d’arriver en bas, devinant ce qui se passait, il se mit à rire.

Depuis des mois déjà, tout Saint-Louis en faisait quotidiennement des gorges chaudes, dans les conciliabules de la place des Carmes, dans les conversations de la promenade publique, dans les messes basses de sacristie. Ennemi juré de dame Anne Jansen avec il vivait à couteaux tirés, le commandeur Meireles avait fait venir d’Angleterre un millier de superbes pots de chambre en faïence décorés dans le fond du portrait de la vieille, dans le but de les vendre pour une bouchée de pain. Dame Anne Jansen, mise au courant, supporta patiemment les ricanements de la ville. Elle se garda bien de réagir sur le coup ; elle laissa faire le temps, mais fit acheter à la boutique du commandeur, par deux, par trois, et même par dix, les pots de chambre à son effigie, jusqu’au jour où elle eut la certitude qu’elle avait bien mis la main sur tout le lot.

Par simple curiosité, et contenant à grand-peine son envie de rire, Damien demanda à l’un des Noirs :

– De qui êtes-vous les esclaves ?

– De dame Anne Jansen.

Ils étaient une trentaine, costauds, bien baraqués, et tous sans exception fracassaient les pissoirs avec une rage insolente. Les coups redoublaient et le moindre choc faisait voler la porcelaine en éclats. Ce tintamarre inhabituel avait peu à peu réveillé tout le voisinage. Des visages encore endormis apparaissaient aux volets entrouverts des étages ; quelques curieux se penchaient même aux balcons ; d’autres, en pantoufles et en robe de chambre au beau milieu de la rue, riaient à gorge déployée devant le massacre des pots de chambre. Une insupportable odeur d’urine fétide se dégageait d’un vase de nuit déposé dans un coin ; il était presque trois fois plus grand que les autres et fermé d’un couvercle, en faïence lui aussi.

– Et celui-là ? s’enquit Damien.

– Ma maîtresse a dit d’vider l’urine sur la tête du commandeur s’il vient demander des explications.

Sans interrompre ses gestes vigoureux, le Noir ouvrit vers Damien une bouche rieuse pourvue d’une dentition impressionnante, et, entre deux pots de chambre, conclut par ce commentaire:

– Dame Anne Jansen c’est pas un être humain. J’ l’ai assez dit. S’y frotter c’est donner des verges pour se faire battre. Vous pouvez me croire!

Une cigarette éteinte au coin des lèvres, Damien se dirigea vers la Grand-Rue : il se demandait où il pourrait bien trouver une boîte d’allumettes dans le quartier. Mais avant même d’atteindre le coin de la rue, il aperçut en face d’une vaste demeure aux fenêtres ogivales la porte entrebâilllée d’un bistrot.

Et toujours le son des tambours qui le suivait pas à pas, les jeux de cache-cache de la pleine lune et le scintillement des étoiles dans le firmament. Le vent sifflait, s’engouffrant dans la rue déserte, balayant les trottoirs pour s’évanouir enfin dans la valse diabolique d’un tourbillon.

Dans le bistrot, seule brillait une lampe à huile suspendue au mur enfumé par un support métallique. La flamme vacillante dans son verre noirce tombait sur le comptoir, mais laissait en partie dans la pénombre les quelques tables vides de la petite salle. Derrière le comptoir, personne.

Damien franchit la marche de la porte d’entrée, fit quelques pas et frappa dans ses mains. En attendant qu’on s’occupe de lui, il promena son regard dans la pièce et s’approcha du comptoir. Sur sa droite, il découvrit soudain entre les deux première tables, gisant dans une mare de sang, la maigre et longue silhouette d’un Noir, plutôt bien habillé, à plat ventre, un couteau planté dans le dos à la hauteur du coeur. Figé d’épouvante, il le fixa un bon moment. Il ne distinguait que sa nuque et une partie de son cou, mais ne pouvait voir son visage. Ainsi vêtu, il n’était sans doute pas du coin. Il déplaça légèrement le corps dans l’espoir d’y trouver encore un souffle de vie : celui-ci resta inerte, le bras droit écrasé sous le torse, dans la position où il était tombé.

La flamme mourait doucement. Damien, les sourcils froncés, regarda autour de lui. Dans le fond, s’entassaient sur une table un verre cassé, un cendrier rempli de mégots et de cendres et des bouteilles d’alcool presque toutes renversées sur la plaque de marbre. Quand il avança en direction de la lampe, les débris de verre crissèrent sous la semelle de ses bottines. Alors, mû par un soupçon, il regarda derrière le comptoir : un autre cadavre était étendu sur le carrelage, le tête probablement fendue par un coup violent. Il était de face, le buste à demi appuyé entre le comptoir et les étagères à bouteilles. La lumière rougeâtre et de plus en plus ténue qui tombait sur lui permit à Damien de reconnaître sans hésiter le visage couvert de sang coagulé de l’homme corpulent aux moustaches en crocs, qui, quelques jours auparavant, ici même, lui avait vendu un paquet de cigarettes.

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Fonte : Montello, Josué. Les tambours noirs. La saga du nègre brésilien : roman. Traduit du brésilien par Jacques Thiériot, Marie-Pierre Mazeas, Monique Le Moing. France : Flammarion, 1987. Chap. 1. p. 11-19.

NOTA

Mocambo : Il s’agit du lieu où se réfugiaient les esclaves en fuite dans la forêt. (N. d. T.).

OS TAMBORES DE SÃO LUÍS

Capítulo 1

Josué Montello

Até ali os Tambores da Casa-Grande das Minas tinham seguido seus passos, e ele via ainda os três tamboreiros, no canto esquerdo da varanda, rufando forte os seus instrumentos rituais, com o acompanhamento dos ogãs e das cabaças, enquanto a nochê Andreza Maria deixava cair o xale para os antebraços, recebendo Toi-Zamadone, o dono do lugar.

Por vezes, no seu passo firme pela calçada deserta, deixava de ouvir o tantantã dos tambores, calados de repente no silêncio da noite, com o vento que amainava ou mudava de direção. Daí a pouco Damião tornava a ouvi-los, trazidos por uma rajada mais fresca, e outra vez a imagem da nochê, cercada pelas noviches vestidas de branco, lhe refluía à consciência, magra, direita, porte de rainha, a cabeça começando a branquear.

Fora ela que viera buscá-lo, à entrada do querebetã. A intenção dele era apenas ouvir um pouco os tambores e olhar as danças, sentado no comprido banco da varanda, de rosto voltado para o terreiro pontilhado de velas. Já o banco estava repleto. Muitas pessoas tinham sentado no chão de terra batida, com as mãos entrelaçadas em redor dos joelhos; outras permaneciam de pé, recostadas contra a parede. Mas a nochê, que o trouxera pela mão, fez sair do banco um dos assistentes, e ele ali se acomodou, em posição realmente privilegiada, podendo ver de perto os tambores tocando e as noviches dançando, por entre o tinir de ferro dos ogãs e o chocalhar das cabaças.

Vez por outra sentia necessidade de ir ali, levado por invencível ansiedade nostálgica, que ele próprio, com toda a agudeza de sua inteligência superior, não saberia definir ou explicar. O certo é que, ouvindo bater os tambores rituais, como que se reintegrava no mundo mágico de sua progênie africana, enquanto se lhe alastrava pela consciência uma sensação nova de paz, que mergulhava na mais profunda essência de seu ser. Dali saía misteriosamente apaziguado, e era mais leve o seu corpo e mais suave o seu dia, qual se voltasse a lhe ser propício o vodum que acompanha na Terra os passos de cada negro.

Embora só houvesse no céu uma fatia de lua nova, por cima da igreja de São Pantaleão, uma tênue claridade violácea descia sobre a cidade adormecida, com a multidão de estrelas que faiscavam na noite de estio. Em cada esquina, a sentinela de um lampião, com seu bico de gás chiante. Todas as casas fechadas. Perto, para os lados da Rua da Inveja, o apressado rolar de um carro, com o ruído do cavalo a galope nas pedras do calçamento. E sempre o baticum dos tambores, ora fugindo, ora voltando, sem perder a cadência frenética, muito mais ligeira que o retinir das ferraduras.
No canto da Rua do Passeio com a Rua do Mocambo, antes de passar para a calçada fronteira, Damião parou um momento, batido em cheio pela claridade do gás.

Resguardado do sereno pelo chapéu de feltro inglês, presente do Governador Luís Domingues no último Natal, parecia mais comprido, a espinha dorsal direita, o corpo seco e rijo, os ombros altos. Aos oitenta anos, dava a impressão de ter sessenta, ou talvez menos, com muita luz nos olhos, o passo seguro, a cabeça levantada. Até o começo do século, não dispensava a bengala de castão de prata com que entrou pela primeira vez no sobrado do Foro, sobraçando a sua pasta de solicitador, para defender outro negro. Agora, trajava com simplicidade, muito limpo, a barba escanhoada, o paletó abotoado acima do peito, um alfinete de ouro junto ao laço da gravata.

– Faça favor…

Damião assustou-se com a voz rouca que lhe vinha por trás do ombro direito, do lado da Rua do Mocambo. Não tinha sentido rumor de passos. E deu de frente com o Sátiro Cardoso, pequenino, enxuto, metido na sua sovada casaca de mágico, o colarinho alto, o rosto encovado, bigode, nos negros olhos uma faísca de loucura, e que logo lhe disse, com um pedaço de papel impresso na ponta dos dedos:

– É o convite para o meu próximo espetáculo.

– Outra vez A queda da Bandeira?

– É. O pessoal pede sempre. E o público é quem manda.

Damião quis ainda saber por que o velho mágico preferia aquela hora da noite, com as casas fechadas, para distribuir os seus convites.

– De dia – redargüiu ele, dando-lhe outro convite – os moleques vêm atrás de mim, me chamando de Troíra. Chegam a atiçar cachorros para me morder. De noite é mais calmo: os moleques estão dormindo.

E lá se foi, Rua do Mocambo abaixo, a enfiar o papelucho por baixo das portas, sem ruído, apenas roçando o chão da calçada com seu passo macio.

Já fazia alguns anos que Damião vira aparecer na cidade aquela figura caricata, debaixo de uma cartola preta, casaca, sapatos cambados, a andar acima e abaixo, com uma pasta de couro, também preta, e apresentando-se no Largo do Carmo, no Palácio do Governo, na redação dos jornais, no Liceu, no Paço Episcopal, e também à porta das igrejas, nas missas dominicais e nos casamentos, como – o Ilusor Maranhense. Dias depois, apenas por curiosidade, tinha ido assistir, no Teatro São Luís, ao seu primeiro espetáculo, que daí em diante se repetia todos os anos: a caprichada mágica intitulada A queda da Bandeira. Sátiro subia uma escada, até o último degrau, bem no centro do palco, e dali, com uma bandeira desfraldada, recitava comprido bestialógico, cheio de palavras abstrusas, numa suposta língua de sua invenção, o gramazino, da qual proporcionava antes um pano de amostra com esta explicação: “O A do alfabeto gramazino é a mesma coisa que o A do alfabeto em português, com a diferença de que se escreve de cabeça para baixo e tem o som de bé.” Em seguida, enrolava-se na bandeira. Um tiro de pólvora seca estrondava, assustando a platéia. E eis que o mágico se atirava lá do alto, em arremesso, como se fosse voar, e caía pesadamente cá embaixo, nas tábuas do chão.

– Bis, bis – gritavam-lhe da torrinha.

E Sátiro repetiu o monólogo, uma, duas, várias vezes, com o mesmo tiro e a mesma queda, até que Damião, compadecido de sua insânia, começou a reclamar – Chega! Chega! – e o mágico afinal se retirou, manquejando, uma das mãos no quadril machucado, enquanto o pano do teatro vinha descendo, debaixo de gritos e assobios.

Antes que ele desaparecesse, sempre a enfiar o impresso por baixo das portas, Damião mudou de calçada, ainda ouvindo o baticum dos tambores. Para trás, em linha reta, ficava o Cemitério do Gavião, com o Padre Policarpo, a Genoveva Pia, a Aparecida, o Dr. Celso de Magalhães, a Dona Bembém, a Dona Páscoa, a Dona Calu, o amigo Barão, cada qual no seu jazigo ou na sua cova rasa, na santa paz do Senhor. À frente, era o Largo do Quartel; em seguida, torcendo para a direita, a Rua das Hortas, o Largo da Cadeia, a Praia do Jenipapeiro e por fim a Gamboa, com a casa de sua bisneta, num cômoro verde que escorregava para o mar.

O próprio Tião, no mesmo carro em que fora buscar a parteira, viera dar-lhe a notícia de que, antes do anoitecer, a Biá começara a sentir fisgadas fortes, no alvoroço de dar à luz do primeiro filho.

– Deixei sua bisneta gemendo. A casa já está cheia de parentes. É bom que o senhor também esteja lá, para receber o seu trineto.

– Sim, irei – concordara. – Mas não já. O primeiro parto dá muito rebate falso. Isso é coisa para o meio da noite.

E antes do Tião sair:

– Eu sou do tempo em que os mais moços esperavam pelos mais velhos.

– Hoje, tá tudo mudando – emendou o Tião.

E como o tinham deixado só, no rebuliço do primeiro trineto da família, apenas com a criada que lhe servira apressadamente o jantar (e também se fora para a casa da Biá). Damião se vestiu devagar, sabendo que não adiantava ter pressa, e ainda passou por um cochilo, na cadeira de balanço da varanda, antes de deixar a casa entregue ao Veludo, que andava na fase de latir e correr, próprio do cio insatisfeito.
Levara bom tempo na esquina da Rua das Cajazeiras, a ver se aparecia um carro que o transportasse à Gamboa. Terminara reconhecendo que, se dependesse mesmo de um carro, só iria conhecer o trineto depois de grande. O jeito era ir a pé, aproveitando a fresca da noite.

Ao entrar na Rua de São Pantaleão, já distante do Cemitério dos Ingleses, experimentou de repente uma sensação de frio, que lhe desceu da cabeça aos pés, como se um sopro gelado o tivesse apanhado por trás, em toda a extensão do corpo. Respirou fundo, e prosseguiu no seu caminho, sem aumentar nem diminuir o passo, ao mesmo tempo que procurava convencer-se de que a rajada viera da Rua da Cotovia. Parou adiante, apalpando os bolsos da calça, à procura do maço de cigarros. Tinha trazido os cigarros, mas esquecera a caixa de fósforos.

– Velho é assim mesmo: quando se lembra de uma coisa, esquece outra. Paciência.

Senhor de si, voltou a caminhar, procurando espairecer os olhos no ermo da rua longa. De novo o vento soprou, agora mais forte, como se o tempo fosse mudar. O céu limpo tranqüilizou Damião. Uma janela bateu; por cima de um muro, estalou um galho de árvore, que resvalou para a calçada; adiante, uma vidraça partiu, no bater violento de outra janela; uma lata vazia rolou pelo meio-fio.

Antes de alcançar o fim do quarteirão, ele teve a impressão de que algo estranho, que se associava à sua pessoa, estaria ocorrendo naquele momento. Tentou sacudir de si a impressão aborrecida, e esta retornou, insidiosa, opressiva, com a teimosia de um mau presságio. Pensou na Biá. Não, não seria nada com ela: o médico tinha-a visto pela manhã, e assegurara que seu parto seria normal. Tudo bem, e a criança no seu lugar; era só esperar agora pela reação da natureza, sob a vigilância experiente da Comadre Ludovina.

– E a Comadre Ludovina já está lá.

Foi então que escutou o romper dos tambores, ali perto, na Casa-Grande das Minas. Quase no mesmo instante tiniram os ogãs e sacudiram as cabaças, mas não suplantaram os tambores, que iam acelerando o tantantã nervoso que obriga as noviches a girarem sobre si mesmas. Dir-se-ia que uma batida queria alcançar a seguinte, sem que um tamboreiro destoasse dos outros na vertigem do compasso. E só esse baticum frenético se impunha agora, apagando o som dos outros instrumentos, e também só ele o vento levava, rua abaixo e rua acima, dispersando-o na grande noite de agosto que se fechava sobre a cidade.

Depois de passar para o outro lado da rua, Damião deu consigo na calçada do querebetã, e ali retardou a caminhada, querendo entrar. Era uma casa baixa, de beiral saliente, caiada de novo, na esquina do Beco das Crioulas, com janelas de rótulas e porta de duas folhas, sobre a Rua de São Pantaleão. Só uma banda da porta estava aberta. Parado na soleira, ele olhou para dentro e viu o corredor e a varanda já repletos, com as noviches dançando em volta da nochê Andreza Maria. E ia dar o primeiro passo no corredor, quando a nochê subiu o xale para os ombros, compelindo os tamboreiros a uma pausa brusca, logo interrompida por um bater mais forte, em outro ritmo, e veio caminhando para a porta, no espaço que se ia abrindo para lhe dar passagem. Damião tinha dado outro passo, e ali esperou que ela o levasse.

Quando saiu, ele não saberia dizer ao certo quanto tempo ali permanecera. Vinte minutos? Meia hora? Ou mais ainda? Mais ainda, certamente. O importante é que, depois de ouvir os tamboreiros e assistir às danças rituais, se sentia preparado para ir ao encontro de seu trineto. Sentado no banco, a olhar as noviches dançando rodeadas de velas, era outra vez o negro puro, filho de sua raça, em contato com as remotas raízes africanas. E assim entrou na Rua do Passeio, descendo pelo Beco das Crioulas, sempre acompanhado pelo tantantã dos tambores.

A Rua do Passeio, longa, retilínea, parecia não ter fim. Casas de azulejos de um lado e de outro, com grades de ferro rendilhadas, vidros coloridos no leque das janelas, um ou outro portal de pedra. Sem relógio para ver as horas (o seu andava na loja do Maneco Ourives, para limpeza geral da máquina, já fazia uma semana), era debalde que Damião consultava de vez em quando a posição da lua, que ora se escondia por trás dos mirantes mais altos, ora repontava adiante, curva e pontuda como um chavelho de bumba-meu-boi entrando no terreiro.

No canto da Rua de Santana, o bico de gás do lampião estava prestes a apagar, reduzido a uma chamazinha débil, que se encolhia no bocal empoeirado, com medo da noite, a escuridão a se fechar à sua volta. E outra vez Damião se assustou, agora com a zoada de uma lata de lixo, que ia sendo arrastada nas pedras do chão. Era um cão magro, só pele e osso, com uma pata traseira pendurada, que arrastava com o focinho, enquanto o lixo se esparramava na calçada escura. Ao pressentir os passos de Damião, já bem perto, o cão assustou-se também retirou depressa a cabeça de dentro da lata, e correu para o outro lado da rua, capengando, com um osso na boca.

Um pouco além, Damião ouve o som de um piano mal tocado, para os lados da Rua do Oiteiro. E enquanto apura a orelha, tentando identificar os compassos da valsa, uma carruagem dispara pela Rua do Passeio, à altura do Hospital Português, e é tão próximo o tropel dos cavalos e o estrondo das rodas, que ele fica esperando que ela passe ao seu lado, seguindo a toda brida na direção do Largo do Quartel. Como demore passar, ele se volta para trás, e não vê: na rua deserta, só o cão rói o seu osso, à luz de outro lampião. A carruagem dobrou a Rua do Mocambo, e seu rumor se afasta no sentido da Praça da Alegria, ao mesmo tempo que o piano se cala, e volta a ressoar, um pouco mais distante, o baticum dos tambores, na Casa-Grande das Minas.

Damião se lembrou que Donana Jansen saía de seu túmulo, nas noites de sexta-feira, e dava uma volta comprida pela cidade, numa carruagem puxada por duas parelhas de cavalos sem cabeça, com um esqueleto na boléia brandindo o chicote. Só se ouvia o ruído das rodas e das ferraduras, despencando ladeia abaixo.

– Bobagem – reagiu Damião. – História inventada pelos inimigos políticos da velha. Quem morreu quer sossego.

E apalpando novamente o bolso da calça, tirou fora um cigarro, que deixou no canto da boca. Mais além, talvez ainda estivesse aberto o botequim da esquina da Rua Grande. Como fora esquecer de trazer a caixa de fósforos? Logo ele que, depois de velho, não dispensava os cigarrinhos da noite, para esperar o sono…

E nisto se viu saindo do quarto da Maria Quitéria, nos baixos de um sobradinho da Rua da Estrela, já querendo amanhecer. Na subida da Rua de Nazaré, estranhou uma zoada ressoante de louça quebrada, a poucos passos, adiante da escadaria da Rua do Giz. Retardou o andar, intrigado. Era uma louça atrás da outra, e muitas a um só tempo, debaixo das mesmas pancadas firmes, que faziam voar para todos os lados os cacos partidos.

Do patamar da escadaria, estendeu o olhar para baixo.

Ao pé do último socalco, à porta do sobrado do Comendador Antônio Meireles, na claridade do dia que ia rompendo, um bando de negros em ação, cada qual com seu porrete de pau-roxo, quebrava depressa pilhas e pilhas de vasos de louça empilhados na calçada.

Damião desceu os socalcos quase a correr, e antes de chegar cá embaixo começou a rir, adivinhando o que se passava.

Dias e dias, já fazia alguns meses, era o assunto de São Luís inteira, nas rodas do Largo do Carmo, nas conversas do Passeio Público, no cochicho das sacristias. Inimigo de Donana Jansen, com quem vivia às turras, o Comendador Meireles tinha mandado preparar na Inglaterra, para vendê-los quase de graça, um milheiro de belos penicos de louça, com cara da velha no fundo do vaso. Donana Jansen soube do fato e suportou com paciência o riso da cidade. Não reagiu logo: deu tempo ao tempo, enquanto ia mandando comprar, aos dois, aos três, às dezenas, na loja do Comendador, os penicos com seu retrato, até ter a certeza de que, agora, sim, só ela os possuía.

Apenas por perguntar, mal contendo o frouxo de riso, Damião perguntou a um dos negros:

– De quem vocês são escravos?

– De Donana Jansen.

Eram mais de trinta negros, todos fortes, espadaúdos, e iam quebrando os urinóis com uma fúria divertida, repetindo as cacetadas rijas, que desfaziam a louça apenas com uma pancada. A vizinhança ia despertando com a zoadaria estranha. Caras estremunhadas entreabriam as rótulas, nas janelas dos sobrados, e já algumas pessoas se debruçavam das sacadas, enquanto outras, na rua, em chinelos, no chambre de dormir, riam alto, vendo as matanças dos penicos. Um cheiro insuportável de mijo podre desprendia-se de um vaso à parte, por sinal que maior que os outros, quase o triplo, e coberto com uma tampa também de louça.

– E esse aí? – quis saber Damião.

– Minha sinhá deu ordem pra despejar o mijo dele na cabeça do Comendador, se ele aparecer pra tomar satisfação.

E sem interromper as pancadas seguras, o negro abriu para Damião a dentadura farta, que lhe encheu a boca feliz, rematando com este comentário, entre um penico e outro:

– Donana Jansen não é gente. Tou cansado de dizer. Quem se mete com ela tem sarna muita pra se coçar. Ora se tem!

Ainda com o cigarro apagado no canto da boca, Damião aproximou-se da Rua Grande, pensando onde ia encontrar, ali perto, uma caixa de fósforos para comprar. E não tinha chegado à esquina, defronte de um casarão de altas janelas ogivas, quando viu entreaberta a porta do botequim.

Sempre o ruído dos tambores seguindo-lhe os passos, com a lua nova a se esconder e a brilhar, na faiscação do céu estrelado. E agora o assobio do vento, que disparava na rua deserta, varrendo as calçadas, para se desfazer no giro doido de um remoinho.

Dentro do botequim, a única luz era a chama de um candeeiro a óleo, suspenso da parede esfumaçada por um suporte de metal. Essa luz mortiça, por trás do bocal enegrecido, caía por cima do balcão, mal dando para clarear uma parte da saleta pontilhada de mesas vazias. Dentro do balcão, ninguém.

Damião subiu o degrau da porta, avançou uns passos, bateu palmas. Enquanto esperava que o atendessem, olhou em volta, aproximando-se do balcão. E foi aí que viu por terra, entre as duas primeiras mesas à sua direita, o vulto de um negro magro, comprido, bem trajado, caído de bruços numa poça de sangue, com uma facada nas costas, à altura do coração. Parado, ficou um momento a fitá-lo, de olhos crescidos. Não lhe podia ver o rosto, só a nuca e uma parte do pescoço. Pela roupa, era gente de fora. Empurrou-o de leve, para ver se lhe restava um alento de vida, mas o corpo permaneceu imóvel, com o busto achatando o braço direito, na posição em que tinha caído.

Na claridade que ia esmorecendo, Damião olhou em volta, de sobrancelhas travadas. Numa das mesas, mais para o fundo da saleta, acumulavam-se garrafas de bebida, quase todas tombadas sobre o tampo de mármore, juntamente com um copo quebrado e um cinzeiro atulhado de cinza e pontas de cigarro. Cacos de vidro rangeram debaixo da sola de suas botinas, assim que deu outro passo, na direção do candeeiro. E ali, com uma suspeita, espiou para dentro do balcão. Outro morto jazia no ladrilho do piso, com a cabeça fendida por uma paulada. Estava de frente, com o busto maio apoiado no ângulo entre o balcão e a prateleira. E a luz que descia sobre ele, muito tênue, levemente avermelhada, permitiu que Damião prontamente identificasse, pelo rosto coberto de sangue pisado, o senhor gordo, de bigode em ponta, que, dias antes, ali mesmo, lhe tinha vendido um maço de cigarros.

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Fonte: Montello, Josué. Os tambores de São Luís: romance. 5ª ed. Rio de Janeiro: Nova Fronteira, 1985. Cap. 1. p. 11-20.



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