ESCRITORES



ONDE ANDARÁ DULCE VEIGA?





Autor: Caio Fernando Abreu
Título: ONDE ANDARÁ DULCE VEIGA?, QU’EST DEVENUE DULCE VEIGA?
Idiomas: port, fra
Tradutor: Claire Cayron
Data: 26/12/2004

QU’EST DEVENUE DULCE VEIGA?

Lundi

Les Vagins Dentés

1

Caio Fernando Abreu

Je devrais chanter.
M’etouffer de rire ou pleurer, je devrais, mais j’ai désappris ces choses-là. Alors. je pourrais peut-être allumer un cierge, courir à l’église de la Consolation, réciter un Pater, un Ave, un Credo, tout ce que je sais encore, puis glisser une pièce – si j’en avais une et je n’en ai jamais ces derniers temps – dans le tronc métallique «pour les âmes du Purgatoire». Remercier, implorer la grâce, comme au temps où j’avais la foi.
C’etait le bom temps, pensai-je. J’allumai une cigarette. Et ne pris aucune de ces attitudes dramatiques comme si dans un coin il y avait une caméra pour m’épier. Ou Dieu lui-même. Sans juge ni parterre, sans close ni zoom, je restai là, cloué sur place, en ce brûlant début de soirée de février, les yeux sur le téléphone que je venais de raccrocher. Je ne fis même pas un signe de croix et ne levai pas les yeux au ciel. Le minimum, supposai-je, dont on a l’obligation dans ces cas-là même si on ne croit en rien, par réflexe conditionné mystique.
Un mirade avait eu lieu. Un drôle de miracle, mais capital pour quelqu’un qui, comme moi, n’avait pas une riche famille, de l’argent placé, des biens immeubles ou un héritage et ne faisait que tenter de vivre dans une ville infernable comme celle qui bourdonnait dehous, au-delà de la fenêtre encore fermée de l’appartement. Rien d’aussi sensationnel que de retrouver soudain la vue ou de se lever d’un fauteuil roulant, le visage illuminé, avec la légèreté de qui marche sur les eaux. J’étais toujours aussi myope et mês genoux avaient fréquemment la tremblote, je ne sais si de faim chronique ou de pure tristesse, mais yeux et jambes fonctionnaient encore normalement. Les autres parties de mon corps, à dire vsai, un peu moins bien.
Mon cou, que je touchai. Et mon cerveau, par exemple.
Ça suffit, me dis-je à moi-même, planté tout nu dans la pénombre maladive de midi. Pense au miracle, mon vieux. Tout simple, presque insignifiant dans as simplicité, le petit miracle, capable d’apporter quelque apaisement dans la série de soubresauts sans rime ni raison qu’avec une certaine complaisance et sans la moindre originalité j’avais pus l’habitude d’appeler ma vie, portait un nom. Il s’appelait: un emploi.
Je regardai mon visage dans le vieux miroir rayé, les marques dont je ne savais plus si elles appartenaient à la glace ou à ma peau, et je me saluai d’une inclinaison de tête: «Très bien, félicitations. Tu as désormais un emploi.» Mais je n’arrivais pas à sentir le moindre frisson de dignité, le moindre frémissement d’espérance qui pût illuminer mês yeux rouges ou gonfler ma poitrine fatiguée sur laquelle – je ne voulais pas m’en souvenir mais je m’en souvins quand même – moins d’une semaine plus tôt j’avais découvert le premier poil blanc.
Je soupirai.
En vérité, seul un parfait idiot ou quelqu’un de totalement inexpérimenté aurait pu ressentir, je ne dis pas une extase, mais quelque enthousiasme pour avoir obtenu un petit emploi de reporter au Diário da Cidade, peut-être le pire journal au monde. Je pense que je n’étais pas devenu idiot, pas complètement au moins. Et quant à l’expérience, bon, ce visage marqué, encore gonflé de sommeil, avec une barbe de trois jours, m’observant entre les rayures du miroir, semblait en avoir pas mal. Très bien, dit le visage dans la glace, si tu tiens à confronde l’expérience et la décrépitude… Je soupirai de nouveau. Non, chère image, noircir des pages et des pages sur les machines à écrire de ce torchon préinformatique n’était certainement pas un motif pour sauter de joie.
Mais il fallait être content. Quand on veut, on peut. Et je commençais a l’être. En fin de compte, ce pouvait être le premier pas pour m’arrancher au marécage de dépression et d’autocompassion dans lequel je barbotais depuis presque un an. La formule marécage-de-dépression-&-etc. me plut si fort que je faillis chercher un papier pour la noter. Je m’étais défait du vice paranoïa que consistant à imaginer que j’étais constamment filmé ou évalué par un dieu doté d’un ceil à facettes comme celui des mouches, mais pas de celui d’être écrit quelque part. Si j’avais été danseur, peut-être aurais-je imaginé que j’étais, à chaque mouvement, sculpté quelque part? Ah! le geste, véritable apologie esthétique de la forme pure.
C’étrait drôle. Et plutôt schizophrénique. Mais soudain la réalité était devenue moins rhétorique.
«Vous commencez aujourd’hui, mon vieux», avait dit Castilhos au téléphone. De cette voix au fond de laquelle, par une vieille habitude sublittéraire, je pouvais, situer quelque chose que j’aurais nommé complicité douce-amère mais qui n’était rien d’autre qu’un abus de nicotine et de ras-lebol: «Et tâchez de ne pas me faire une merde dès le premier jour, OK? J’ai garanti que vous valiez le coup.»
Etonnant: la veille je m’etais couché dans la peau d’un journaliste de presque quarante ans au chômage, endetté, amer, solitaire et déçu, et je me réveillais le lendemain, comme par magie, avec cette voix du passé m’informant par téléphone que je valais le coup. Dorénavant, une vie bourrée de faits. Action, mouvement, dynamisme. Clap! Dieu passe à une autre page de son éternel, et ennuyeux, scénario. Le sculpteur fait sauter un nouvel éclat de marbre.
Je mis l’eau à chauffer pour le café – des champignons blanchâtres croissaient dans l’humidité de la cuisine. Sympathiques, presque bucoliques. J’ouvris la radio, passai sous la douche. L’appartement était si petit qu’on pouvait faire tout ça presque en même temps. D’une main je me savonnais la tête, de l’autre je réglais le volume de la radio dans la pièce, tandis que je tendais já jambe pour éteindre le gaz quand l’eau bouillait.
Allez! En avant toutes! Sus donc! criai-je sous l’eau glacée. Zorro est arrivé!
J’entendis alors à la radio une chanson qui me sembla connue. Elle disait quelque chose comme «peu importe la réalité, ce qui importe c’est l’illusion», ce avec quoi j’étais pleinement d’accord. Du moins ces derniers mois: il ne m’était arrivé que des illusions. Mais la musique qui résonnait dans une quelconque soute de ma mèmoire était aussi vieille qu’un boléro, un fox, tandis que ce qui sortait à présent de la radio était un de ces rocks avec basse eléctrique désespérée, percussion vénéneuse et synthétiseurs hystériques. La voix de la chanteuse faisait penser à du verre pilé dans un broyeur. De toute façon, me dis-je, les paroles sont bonnes. Et tontes les choses dont je me souvenais, ou pensais me souvenir parce qu’à force de les évoquer j’avais fini par les transformer en pure – et mauvaise – littérature, n’avaient plus d’importance.
Le reste de ma dernière savonnette glissa entre mês doigts. Il était si petit qu’il disparut par les trous de la bonde.

________________

Fonte: ABREU, Caio Fernando. Qu’est devenue Dulce Veiga?. Traduction du portugais (Brésil) et postface par Claire Cayron. Paris, Editions Autrement, 1994, p. 7-10.

ONDE ANDARÁ DULCE VEIGA?


Segunda-Feira

Vaginas dentatas

1

Caio Fernando Abreu

Eu deveria cantar.
Rolar de rir ou chorar, eu deveria, mas tinha desaprendido essas coisas. Talvez então pudesse acender uma vela, correr até a igreja da Consolação, rezar um Pai Nosso, uma Ave Maria e uma Glória ao Pai, tudo que eu lembrava, depois enfiar algum trocado, se tivesse, e nos últimos meses nunca, na caixa de metal “Para as Almas do Purgatório”. Agradecer, pedir luz, como nos tempos em que tinha fé.
Bons tempos aqueles, pensei. Acendi um cigarro. E não tomei nenhuma dessas atitudes, dramáticas como se em algum canto houvesse sempre uma câmera cinematográfica à minha espreita. Ou Deus. Sem juiz nem platéia, sem close nem zoom, fiquei ali parado no começo da tarde escaldante de fevereiro, olhando o telefone que acabara e desligar. Nem sequer fiz o sinal da cruz ou levantei os olhos para o céu. O mínimo, suponho, que um sujeito tem a obrigação de fazer nesses casos, mesmo sem nenhuma fé, como se reagisse a uma espécie de reflexo condicionado místico.
Acontecera um milagre. Um milagre à toa, mas básico para quem, como eu, não tinha pais ricos, dinheiro aplicado, imóveis nem herança e apenas tentava viver sozinho numa cidade infernal como aquela que trepidava lá fora, além da janela ainda fechada do apartamento. nada muito sensacional, tipo recuperar de súbito a visão ou erguer-se da cadeira de rodas com o semblante beatificado e a leveza de quem pisa sobre as águas. Embora a miopia ficasse cada vez mais aguda e os joelhos tremessem com freqüência, não sabia se fome crônica ou pura tristeza, meus olhos e pernas ainda funcionavam razoavelmente. Outros órgãos, verdade, bem menos.
Toquei o pescoço. E o cérebro, por exemplo.
Já chega, disse para mim mesmo, parado nu no meio da penumbra gosmenta do meio-dia. Pense nesse milagre, homem. Singelo, quase insignificante na sua simplicidade, o pequeno milagre capaz de trazer alguma paz àquela série de solavancos sem rumo nem ritmo que eu, com certa complacência e nenhuma originalidade, estava habituado a chamar de minha vida, tinha um nome. Chamava-se – um emprego.
Olhei minha cara no velho espelho riscado, as marcas que eu nem sabia mais se pertenciam ao vidro ou à pele, cumprimentei com uma curvatura de cabeça: “Muito bem, parabéns. Você agora tem um emprego”. Mas não conseguia sentir nenhum calafrio de dignidade, nenhum frêmito de esperança que pudesse iluminar meus olhos vermelhos ou empurrar para fora meu fatigado peito onde – não queria lembrar, mas lembrei – há menos de uma semana descobrira o primeiro fio de cabelo branco.
Suspirei.
Verdade que só um completo idiota ou alguém totalmente inexperiente sentiria, nem digo êxtase, mas qualquer espécie de animação por ter conseguido um trabalhinho de repórter no Diário da Cidade, talvez o pior jornal do mundo. Acho que ainda não tinha me transformado num idiota, não completamente pelo menos. E quanto à experiência – bem, aquela cara marcada, ainda inchada de sono, com barba de três dias, me observando por entre os risos do espelho, parecia tê-la de sobra. Tudo bem, disse a cara no espelho, já que você prefere mesmo confundir experiência com devastação… Suspirei outra vez. Não, querida cara, encher laudas e laudas nas máquinas de escrever daquele pasquim pré-informático certamente não era motivo para dar pulinhos.
Mas eu tinha que ficar contente. E quando você quer, você fica. Comecei a ficar. Afinal, aquele podia ser o primeiro passo para emergir do pântano de depressão e autopiedade onde refocilava há quase um ano. Gostei tanto da expressão pântano-de-depressão-&-etc. que quase procurei papel para anotá-la. Perdera o vício paranóico de imaginar estar sendo sempre filmado ou avaliado por um deus de olhos multifacetados, como os das moscas, mas não o de estar sendo escrito. Se fosse bailarino, talvez imaginasse estar constantemente, em qualquer movimento, sendo esculpido? Ah, cada gesto, uma verdadeira apologia estética da forma pura.
Era engraçado. E bastante esquizofrênico. mas de repente o real tinha-se tornado bem menos retórico.
“Você começa hoje, cara” – dissera Castilhos no telefone. Com aquela voz no fundo da qual, para manter o velho hábito subliterário, eu poderia localizar algo que chamaria de áspera-ternura-cúmplice, mas na verdade não passava de excesso de nicotina e saco cheio: “e vê se não me faz cagada logo no primeiro dia, oquêi? Garanti pros homens que você é da pesada”.
Espantoso: na noite anterior eu fora dormir como um jornalista desempregado, endividado, amargo, solitário e desiludido de quase quarenta anos para acordar no dia seguinte, magicamente, com aquela voz do passado me comunicando pelo telefone que eu era – da pesada. A partir de hoje, uma vida feita de fatos. Ação, movimento, dinamismo. A claquete bate. Deus vira mais uma página de seu infinito, chatíssimo roteiro. O escultor tira outra lasca do mármore.
Coloquei água para fazer café, cogumelos branquicentos cresciam na umidade da cozinha. Simpáticos, até meio bucólicos. Liguei o rádio, entrei no chuveiro. O apartamento era tão pequeno que a gente podia fazer todas essas coisas praticamente ao mesmo tempo. Com uma das mãos, ensaboava a cabeça, com a outra controlava o volume do rádio na sala, enquanto estendia uma das pernas para apagar o fogo quando a água fervesse.
– Eia! Avante! Sus! – gritei embaixo da água gelada. Ai – pi – ai – ô, Silver!
Enquanto ouvi no rádio uma música que parecia conhecida. Dizia qualquer coisa como “a realidade não importa, o que importa é a ilusão”, no que eu concordava plenamente. Pelo menos nos últimos meses, não me acontecera nada além de fantasias. Mas a música que ressoava em algum porão da memória era antiga como um bolero, um fox, e o que saía do rádio agora era um desses rocks com baixo elétrico desesperados, percussão envenenada e sintetizadores histéricos. A voz da cantora lembrava vidro moído num liquidificador. De qualquer forma, pensei, a letra está certa. E todas as coisas que eu lembrava, ou achava que lembrava, porque de tanto lembrar delas acabara por transformá-las em mera – e péssima – literatura, já não importavam mais.
O resto do último sabonete escorregou entre meus dedos. Era tão pequeno que desapareceu pelo ralo.

________________

Fonte: ABREU, Caio Fernando. Onde andará Dulce Veiga? São Paulo, Companhia das Letras, 1990. p. 10-14.



Voltar ao topo