ESCRITORES



O lustre





Autor: Clarice Lispector
Título: O lustre, Le Lustre
Idiomas: port, fra
Tradutor: Jacques et Teresa Thiériot (fra)
Data: 28/12/2004

LE LUSTRE: ROMAN

Clarice Lispector

 

Elle serait fluide toute sa vie durant. Mais ce qui avait accusé ses contours et les avait attirés vers un centre, ce qui l’avait illuminée contre le monde et lui avait donné un intime pouvoir, ç’avait été le secret. Secret auquel elle ne saurait jamais penser en termes clairs, de crainte d’envahir et de dissoudre son image. Et qui pourtant avait cristallisé au plus profond d’elle-même un noyau lointain et vivant et jamais n’avait perdu sa magie – l’alimentant dans son flou insoluble comme la seule réalité qui à ses yeux devrait toujours être perdue. Debout sur le pont fragile, tous deux se penchaient sur la rivière et Virginia, inquiète, se sentait flageoler comme si ses pieds nus flottaient sur les remous calmes des eaux. C’était un jour sec et violent, fait de larges aplats; les arbres grinçaient au vent tiède crispé par de brusques refroidissements. Sa robe mince et déchirée de gamine était traversée par des frissons d’air frais. La bouche sérieuse, pressée sur la branche morte du pont, Virginia plongeait ses yeux distraits dans le eaux. Soudain elle se figea, tendue et légère:
? Regarde!
Daniel avait tourné rapidement la tête – accroché à une pierre, un chapeau trempé, alourdi et foncé par l’eau, que le flux de la rivière essayait brutalement d’entraîner, et qui résistait. Jusqu’à ce qu’il perdît ses dernières forces, et, emporté par le courant rapide, disparût en tressautant dans les bouillons d’écume, content eût-on dit. Ils hésitaient, sous le coup de la surprise.
? Nous ne pouvons en parler à personne, finit par chuchoter Virginia, d’une voix distante et vertigineuse.
? Oui…, même son frère avait eu peur, il acquiesçait… et les eaux continuaient leur course. Même si on nous questionne à propos du noy…
? Oui, faillit crier Virginia… Et ils se turent de toutes leurs forces, les yeux écarquillés et farouches.
? Virginia…, dit Daniel, lentement, avec une crudité qui rendait son visage tout auguleux, je vais jurer.
? Oui… mon Dieu, mais on jure toujours…
Daniel réfléchissait tout en la regardant et elle ne bougeait pas son visage, dans l’attente qu’il trouvât en elle la réponse.
? Par exemple… que tout ce que nous sommes… se change en rien… si on en parle à quelqu’un.
Il avait dit des mots si graves, si beaux, la rivière roulait, la rivière roulait. Les feuilles couvertes de pousière, les feuilles épaisses et humides des berges, la rivière roulait. Elle voulut répondre et dire oui, oh oui! ardemment, presque heureuse, en riant malgré ses lèvres sèches… mais elle ne pouvait parler, elle ne savait plus respirer, tant elle était troublée. Les pupilles dilatées, le visage soudain étréci et décoloré, précautionneusement elle fit un signe d’assentiment de la tête. Daniel s’écarta, Daniel s’éloignait. Non! Elle voulait crier et lui dire de l’attendre, de ne pas la laisser seule sur la riivère, mais il continuait. Le cœur battant dans un corps subitement vidé de son sang, le cœur débridé, tombant furieusement, les eaux qui couraient, elle essaya d’entrouvrir ses lèvres, de souffler ne fût-ce qu’un mot blafard. Tel le cri impossible, dans un cauchemar, aucun son ne s’entendit et les nuages glissaient, véloces dans le ciel, vers un destin. Sous ses pieds les eaux murmuraient – et en proie à une claire hallucination elle pensait: ah oui, ainsi donc elle allait tomber et se noyer, ah oui. Quelque chose d’intense et de livide comme le terreur mais de triomphant, une certaine joie folle et attentive emplissait à présent son corps et elle s’attendait à mourir, la main crispée comme pour toujours sur la branche du pont. Alors Daniel se retourna:
? Viens, dit-il l’air étonné.
Elle le regarda du fond tranquille de son silence.
? Viens, espèce d’idiote, répéta-t-il en colère.
Un temps mort étira longuement les choses. Elle et Daniel étaient deux points silencieux et immobiles à jamais. Mais je suis déjà morte, semblait-elle penser tandis qu’elle se déprenait du pont comme si elle en avait été coupée par une faux. Je suis déjà morte, répétait sa pensée, et sur des pieds étranges son visage blanc courait lourdement vers Daniel.
Une fois sur la route – son sang s’était remis à pulser régulièrement dans ses veines –, ils s’éloignèrent en marchant rapidement, côte à côte. Dans la poussière, on voyait la trace hésitante de l’unique automobile de Brejo Alto. Sous le ciel lustré le jour vibrait en ce dernier moment avant la nuit, dans le sentiers et dans les arbres le silence se concentrait, lourd de touffeur – elle sentait sur son dos les derniers rayons tièdes du soleir, les nuages épais d’un or intense. Pourtant il régnait un vague froid, comme venu du boqueteau déjà plongé dans l’ombre. Ils regardaient devant eux le corps élancé – il y avait une menace de transition dans l’air qu’ils respiraient… L’instant suivant allait apporter un cri et quelque chose confusément se détruirait, ou bien la nuit légère calmerait soudain cette existence excessive, fruste et solitaire.
Ils avançaient à grands pas. Un parfum flottait qui dilatait le cœur. Les ombres peu à peu couvraient le chemin et quand Daniel poussa le lourd portail du jardin, la nuit reposait déjà. Les lucioles trouaient la pénombre de points livides. Ils s’arrêtèrent un moment dans le noir, indécis, avant de se mêler à ceux qui ne savaient pas, échangèrent un regard comme pour la dernière fois.
? Daniel, murmura Virginia, même à toi je ne peux pas en parler?
? Non, dit-il, surpris par sa propre réponse.
Ils hésitèrent un instant, délicats, paisibles. Non, non!… elle disait non à la peur qui s’approchait, comme pour gagner du temps avant de se précipiter. Non, non, disait-elle en évitant de regarder à l’entour. La nuit était tombée, la nuit était tombée. Ne pas se précipiter! Mais soudain quelque chose ne se contint plus et commença d’arriver. Oui, là même allaient se lever les vapeurs de l’aube maladive, pâle, comme la fin d’une douleur – Virginia les voyait, saisie d’un calme soudain, soumise et pensive. Chaque branche sèche se cacherait sous une luminosité d caverne. Cette terre au-delà des arbres, castrée en bourgeon par le brûlage, apparaîtrait à travers le brouillard mou, noircie et difficile comme à travers un passé – elle la voyait maintenant paisible et inexprenssive, comme privée de mémoire. L’homme mort glisserait pour la dernière fois entre les arbres endormis et glacés. Telles des heures sonnant au loin, Virginia sentirait sur son corps le toucher de sa présence, elle se lèverait de son lit très lentement, sûre et aveugle comme une somnambule, et dans son cœur un point pulserait faiblement, presque défaillant. Elle lèverait la vitre de la fenêtre à guillotine, les poumons envahis par la brume froide. Plongeant son regard dans le noir aveuglant, ses sens frémissant dans l’’space glacé et coupant, elle ne percevrait rien sinon la quiétude ombreuse, les branches tordues et immobiles… la longue étendue perdant ses limites dans un soudain et insondable brouillard – la était la limite du monde posible! Alors, fragile comme un souvenir, elle entreverráit la tache fatiguée du noyé s’éloigner, disparaître et réapparaître parmi des brumes, plonger enfin dans la blancheur. Pour toujours! soufferait l’ample vent dans les arbres. Elle l’appellerait, presque sans voir: eh l’homme, vous, l’homme! pour le retenir, pour le ramener! Mais c’était pour toujours et même si Granja Quieta s’étiolait et que de nouvelles terres surgissent indéfiniment, jamais cet homme ne reviendra, Virginia, jamais, jamais, Virginia. Jamais. Elle s’arracha de la somnolence où elle avait glisée, ses yeux acquirent une vie perspicace et chatoyante, des exclamations contenues lancinaient dans sa poitrine étrécie, l’incompréhension ardue et asphyxiée précipait son cœur dans le noir de la nuit. Je ne veux pas que la chouette ulule, se cria-t-elle dans un sanglot muet. Mais la chouette aussitôt émit un chuintement noir sur une blanche. Elle sursauta – n’avait-elle pas ululé avant sa pensée? Ou au même instant? Je ne veux pas entendre les arbres, disait-elle en tâtonnant en elle-même, en avançant stupéfaite. Et les arbres, sous l’effet d’un coup de vent subit, bougeaient avec une rumeur lente de vie étrange et haute. Ou bien n’avait-ce pas été un pressentiment? s’implorait-elle. Je ne veux pas que Daniel bouge. Mais Daniel bougeait. Le souffle léger, dotée d’une ouïe nouvelle et surprise, elle semblait capable de pénétrer les choses, de s’en évader en silence comme une ombre, faible et aveugle, elle sentait la couleur et le son de ce qui était sur le point d’arriver. Elle avançait, tremblante, devant elle-même, elle volait avec ses sens en avant, traversant l’air tendu et parfumé de cette nuit nouvelle. Je ne veux pas que l’oiseau vole, se disait-elle à présent, avec dans sa poitrine une quase-lumière malgré sa terreur, et par une perception lasse et difficile, elle pressentait les mouvements à venir des choses juste un instant avant qu’ils ne résonnent. Et, l’eût-elle voulu, elle dirait: je ne veux pas entendre le roulement de la rivière, il n’y avait à proximité aucune rivière mais elle entendrait ses pleurs assourdis sur de petites pierres… et maintenant… maintenant oui!…
? Virginia! Daniel!
Pêle-même tout se précipitait, affolé et obscur, l’appel de leur mère sourdait du fond de la demeure et faisait surgir entre eux une nouvelle présence. La voix n’avait pas alteré le silence de la nuit mais avait réparti son obscurité comme si le cri avait été un éclair blanc. Avant d’avoir conscience de ses mouvements, Virginia se retrouva à l’intérieur de la maison, derrière la porte refermée. Le salon, l’escalier se perdaient dans un silence sombre et indistinct. Les flammes des lampes à huile vacillaient, épuisées par le souffle insistant et muet du vent qui les mouvait. A ses côtés se trouvait Daniel, les lèvres exsangues, dures et ironiques. Dans la quiétude de la Granja un cheval en liberté foulait lentement les herbes de ses pattes fines. Dans la cuisine on remuait des couverts, le son subit d’une cloche et le pas d’Esmeralda traversèrent rapidement une chambre… La lampe allumée vacillait calmement, l’escalier endormi respirait. Alors – ce n’était ni de soulagement ni d’avoir mis fin à la frayeur, mais en soi inexplicable, vivant et mystérieux – alors elle sentit une longue clarté, un haut instant ouvert en elle-même. Caressant de ses doigts froids la vieille bâde de la porte, elle entrouvrit les yeux, tout en souriant malicieusement, profondément satisfaite.

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. Le Lustre: roman. Traduit du brésilien par Jacques et Teresa Thiériot. Paris, Des Femmes, 1990. p. 7-13.

O LUSTRE: ROMANCE

 

 

 

Clarice Lispector

Ela seria fluida durante toda a vida. Porém o que dominara seus contornos e os atraíra a um centro, o que a iluminara contra o mundo e lhe dera íntimo poder fora o segredo. Nunca saberia pensar nele em termos claros temendo invadir e dissolver a sua imagem. No entanto ele formara no seu interior um núcleo longínquo e vivo e jamais perdera a magia – sustentava-a na sua vaguidão insolúvel como a única realidade que para ela sempre deveria ser a perdida. Os dois se debruçavam sobre a ponte frágil e Virgínia sentia os pés nus vacilarem de insegurança como se estivessem soltos sobre o redemoinho calmo das águas.
Era um dia violento e seco, em largas cores fixas; as árvores rangiam sob o vento morno crispado de céleres friagens. O vestido ralo e rasgado de menina era atravessado por estremecimentos de frescura. A boca séria premida contra o galho morto da ponte, Virgínia mergulhava os olhos distraídos nas águas. De súbito imobilizara-se tensa e leve:
– Olhe!
Daniel voltara a cabeça rapidamente – preso a uma pedra estava um chapéu molhado, pesado e escuro de água. O rio correndo arrastava-o com brutalidade e ele resistia. Até que perdendo a última força foi levado pela correnteza ligeira e em saltos sumiu entre espumas quase alegre. Eles hesitavam surpresos.
– Não podemos contar a ninguém, sussurrou finalmente Virgínia, a voz distante e vertiginosa.
– Sim… – mesmo Daniel se assustara e concordava… as águas continuavam correndo – Nem que nos perguntem sobre o afog…
– Sim! quase gritou Virgínia… calaram-se com força, os olhos engrandecidos e ferozes.
– Virgínia…, disse o irmão devagar numa crueza que deixava seu rosto cheio de ângulos, vou jurar.
– Sim… meu Deus, mas sempre se jura…
Daniel pensava olhando-a e ela não movia o rosto à espera de que ele encontrasse nela a resposta.
– Por exemplo… que tudo o que a gente é… vire nada… se a gente falar disso a alguém.
Ele falara tão grave, ele falara tão belo, o rio rolava, o rio rolava. As folhas cobertas de poeira, as folhas espessas e úmidas das margens, o rio rolava. Quis responder e dizer que sim, que sim! ardentemente, quase feliz, rindo com os lábios secos… mas não podia falar, não sabia respirar; como perturbava. Com os olhos dilatados, o rosto de súbito pequeno e sem cor, ela assentiu cautelosamente com a cabeça. Daniel afastou-se, Daniel afastava-se. Não! queria ela gritar e dizer que esperasse, que não a deixasse sozinha sobre o rio; mas ele continuava. O coração batendo num corpo subitamente vazio de sangue, o coração jogando, caindo furiosamente, as águas correndo, ela tentou entreabrir os lábios, soprar uma palavra pálida que fosse. Como o grito impossível num pesadelo, nenhum som se ouviu e as nuvens deslizavam rápidas no céu para um destino. Sob os seus pés rumorejavam as águas – numa clara alucinação ela pensava: ah sim, então ia cair e afogar-se, ah sim. Alguma coisa intensa e lívida como o terror mas triunfante, certa alegria doida e atenta enchia-lhe agora o corpo e ela esperava para morrer, a mão cerrada como para sempre no galho da ponte. Daniel voltou-se então.
– Vem, disse ele surpreendido.
Ela olhou-o do fundo tranqüilo de seu silêncio.
– Venha, sua idiota, repetiu ele colérico.
Um instante morto estendeu longamente as coisas. Ela e Daniel eram dois pontos quietos e imóveis para sempre. Mas eu já morri, parecia pensar enquanto se desprendia da ponte como se dela fosse cortada como uma foice. Eu já morri, ainda pensava e sobre pés estranhos seu rosto branco corria pesadamente até Daniel.
Andando pela estrada, o sangue voltara a bater com ritmo nas suas veias, eles se adiantavam depressa, juntos. Na poeira via-se a marca hesitante do único automóvel de Brejo Alto. Sob o céu brilhante o dia vibrava no seu último momento antes da noite, nos atalhos e nas árvores o silêncio se concentrava pesado de mormaço – ela sentia nas costas os últimos raios mornos de sol, as nuvens grossas tensamente douradas. Fazia um vago frio no entanto, como se viesse do bosque em sombra. Eles olhavam para a frente o corpo aguçado –, havia uma ameaça de transição no ar que se respirava… o próximo instante traria um grito e alguma coisa perplexamente se destruiria, ou a noite leve amansaria de súbito aquela existência excessiva, bruta e solitária. Eles caminhavam rápidos. Fazia um perfume que dilatava o coração. As sombras iam aos poucos cobrindo o caminho e quando Daniel empurrou o pesado portão do jardim a noite repousava. Os vagalumes abriam pontos lívidos na penumbra. Pararam um momento indecisos na escuridão antes de se misturarem aos que não sabiam, olhando-se como pela última vez.
– Daniel…, murmurou Virgínia, nem com você eu posso falar?
– Não, disse ele surpreendido com a própria resposta.
Hesitaram um instante, delicados, quietos. Não, não!…, negava ela o medo que se aproximava, como para ganhar tempo antes de se precipitar. Não, não, dizia evitando olhar ao redor. A noite descera, a noite descera. Não se precipitar! mas de repente algo não se conteve e principiou a suceder… Sim, ali mesmo iam-se erguer os vapores da madrugada doentia, pálida, como um fim de dor – enxergava Virgínia de súbito calma, submissa e absorta. Cada galho seco se esconderia sob uma luminosidade de caverna. Aquela terra além das árvores, castrada nos brotos pela queimada seria vista através da mole neblina, enegrecida e difícil como através de um passado – via ela agora quieta e inexpressiva como sem memória. O homem morto deslizaria pela última vez entre as árvores adormecidas e geladas. Como horas soando de longe, Virgínia sentiria no corpo o toque de sua presença, levantar-se-ia da cama vagarosamente, sábia e cega como uma sonâmbula, e dentro de seu coração um ponto pulsaria fraco, quase desfalecido. Ergueria a vidraça da janela, os pulmões envolvidos pela névoa fria. Mergulhando os olhos na cegueira da escuridão, os sentidos pulsando no espaço gelado e cortante; nada perceberia senão a quietude em sombra, os galhos retorcidos e imóveis… a longa extensão perdendo os limites em súbita e insondável neblina – lá estava o limite o mundo possível! Então, frágil como uma lembrança, vislumbraria a mancha cansada do afogado afastando-se, sumindo e reaparecendo entre brumas, mergulhando enfim na brancura. Para sempre! sopraria o largo vento nas árvores. Ela chamaria quase muda: homem, mas homem!, parece retê-lo, para trazê-lo de volta! Mas era para sempre, Virgínia, ouça, para sempre e mesmo que Granja Quieta murche e novas terras surjam indefinidamente jamais o homem voltará, Virgínia, jamais, jamais, Virgínia. Jamais. Sacudiu-se do sono em que deslizara, os olhos ganharam uma vida perspicaz e cintilante, exclamações contidas doíam no seu peito estreito; a incompreensão árdua e asfixiada precipitava seu coração no escuro da noite. Não quero que a coruja pie, gritou-se num soluço sem som. E a coruja imediatamente piou negro num galho. Sobressaltou-se – ou piara antes de seu pensamento? ou no mesmo instante? Não quero ouvir as árvores, dizia-se tateando dentro de si própria, avançando estupefata. E as árvores a um súbito vento mexiam-se num rumor vagaroso de vida estranha e alta. Ou não fora um pressentimento? implorava-se ela. Não quero que Daniel se mova. E Daniel movia-se. A respiração leve, os ouvidos novos e surpresos, ela parecia poder penetrar e fugir das coisas em silêncio como uma sombra; fraca e cega, sentia a cor e o som do que quase sucedia. Avançava trêmula adiante de si mesma, voava com os sentidos para a frente atravessando o ar tenso e perfumado da noite nova. Não quero que o pássaro voe, dizia-se agora quase uma luz no peito apesar do terror, e numa percepção cansada e difícil pressentia os movimentos futuros das coisas um instante antes deles soarem. E se quisesse diria: não quero ouvir o rolar do rio, e não havia perto nenhum rio mas ela ouviria seu choro surdo sobre pequenas pedras… e agora… agora… sim…!
– Virgínia! Daniel!
Em confusão tudo se precipitava assustado e escuro, o chamado da mãe brotava dos fundos do casarão e rebentava entre os dois numa nova presença. a voz não alterara o silêncio da noite mas repartira sua escuridão como se o grito fosse um raio branco. Antes que tivesse consciência de seus movimentos, Virgínia achou-se dentro de casa, atrás da porta cerrada. A sala, a escadaria estendiam-se em silêncio indistinto e sombrio. Os candeeiros acesos vacilavam no fio sob o vento prolongado movimento mudo. Ao seu lado estava Daniel, os lábios exangues, duros e irônicos. Na quietude da Granja algum cavalo solto movia vagaroso as ervas com pernas finas. Na cozinha mexiam em talheres, um súbito som de sino e os passos de Esmeralda atravessaram rapidamente um quarto… o candeeiro aceso vacilando calmo, a escadaria dormente respirando. Então – não era de alívio nem de fim de susto, mas em si mesmo inexplicável, vivo e misterioso – então ela sentiu um longo claro, alto instante aberto dentro de si. Alisando com os dedos frios a velha aldraba da porta, entrecerrou os olhos sorrindo com malícia e profunda satisfação.

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. O Lustre: romance. 8ª. ed. Rio de Janeiro, Francisco Alves, 1992. p. 7-12.



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