ESCRITORES



A descobretado mundo





Autor: Clarice Lispector
Título: A descobretado mundo, La decouverte du monde
Idiomas: port, fra
Tradutor: Jacques et Teresa Thiériot (fra)
Data: 28/12/2004

LA DÉCOUVERTE DU MONDE

1967

19 AOÛT 1967

Clarice Lispector


LES SALES GOSSES

Je ne peux pas. Je ne peux pas, penser à la scène que j’ai vue, de mês yeux vue, et qui est réelle. L’enfant le soir souffre de la faim et dit à sa mère: Maman, j’ai faim. Elle répond avec douceur: Dors. Il dit: Mais j’ai faim. Elle insiste. Dors. Il dit: je ne peux pas, j’ai faim. Elle répète, exaspérée: Dors. Il insiste. Elle crie, douloureuse: Dors, sale gosse! Tous deux gardent le silence dans le noir, immobiles. Peut-être qu’il dort? pense-t-elle, éveillée. Et lui a trop peur pour se plaindre. Dans la nuit noire, tous deux n’arrivent pas à fermer l’œil. Finalement, à bout de douleur et de fatigue, tous deux somnolent, dans le nid de la résignation. Et moi je ne supporte pas la résignation. Ah, comme je dévore avec appétit et plaisir la révolte.

LA SURPRISE

Se regarder dans la glace et se dire ravie: Comme je suis mystérieuse. Je suis vraiment délicate et forte. Et l’arc des lèvres garde l’innocence.
Il n’y a aucun homme ni aucune femme qui, s’étant regardé pas hasard dans une glace, ne se soit étonné de soi-même. Pendant une fraction de seconde on se voit comme un objet fait pour être regardé. On pourrait appeler cela narcissisme, mais moi je l’appellerais: joie d’être. Joie de trouver dans la figure extérieure les échos de la figure interne. Ah, alors c’est vrai que je ne me suis pas imaginée: j’existe.


JOUER À PENSER

L’art de penser sans riques. Sans las chemins de l’émotion auxquels conduit la pensée, penser aurait été déjà catalogué comme une des façons de se divertir. On n’invite pas des amis pour ce jeu à cause de la cérémonie qu’il y a à penser. Le mieux c’est d’inviter simplement pour une visite et, comme si on me s’y attendait pas, on pense ensemble, sous le déguisement des mots.
Toutefois il s’agit là d’un jeu superficiel. Car pour penser profondément – ce qui est le degré le plus haut du hobby – il faut être seul. En effet, s’abandonner à penser est une grande émotion et on n’a le courage de penser en face d’ «autrui» que lorsque la confiance est grande au point qu’on n’éprouve aucune gêne à se servir, si c’est nécessaire, du mot « autrui». En otre, on exige beaucoup de celui qui nous regarde penser: qu’il ait un grand cœur, amour, affection, et l’expérience de s’être livré lui aussi à l’acte de penser. On exige tout autant de celui qui entend les mots et les silences qu’on exigerait pour sentir. Non, ce n’est pas vrai. Pour sentir on exige davantage.
Bien, mais pour ce qui est de penser comme divertissement, l’absence de risques le met à la portée de tous. Qu’il y ait un risque, c’est évident. On s’amuse et on peut se retrouver le cœur lourd. Mais, en général, une fois prises les précautions intuitives, in n’y a pas de danger.
Comme hobby, il offre l’avantage d’être par excellence transportable. Encore qu’en plein air il soit encore meilleur, à mon avis. À certaines heures de l’après-midi, par exemple, où la maìson pleine de lumière semble plutôt vidée par la lumière, tandis que toute la ville vibre au travail et que nous sommes seuls à travailler à la maison, mais personne ne le sait – à ces moments où la dignité se referait si nous avions un atelier de réparations ou une salle de couture –, à ces moments-là: on pense. Ainsi: on commence à partir du point exact où l’on se trouve, même si ce n’est pas l’après-midi; sauf que la nuit, je ne le conseille pas.
Une fois par exemple – à l’époque où j’envoyais le linge à laver à la blanchisserie –, j’ étais en train de dresser la liste. Peut-être à cause de l’habitude de donner un titre ou d’une soudaine envie d’avoir un cahier bien tenu comme à l’école, j’écrivus: Liste de… Et ce fut à cet instant que surgit l’envie de ne pas être sérieuse. C’est là le premier signal de l’animus brincandi, en matière de penser comme hobby. Et je m’amusai à écrire: Liste de sentiments. Ce que je voulais dire par là, j’ai dû remettre à plus tard le soin de l’examiner – un autre signal qu’on est sur la bonne voie, c’est de ne pas se désespérer parce qu’on ne comprend pas; l’attitude à prendre: on ne perd pas pour attendre, on ne perd pas pour ne pas comprendre.
Alors je commençai une petite liste de sentiments dont je ne sais pas le nom. Si je reçois un cadeau donné avec affection par une personne que je n’aime pas, comment s’appelle ce que je ressens? Le regret qu’on a d’une personne qu’on n’aime plus, ce chagrin et cette rancœur, comment cela s’appelle-t-il? Être occupée, et soudain s’arrêter parce que je me suis sentie en proie à un rassérénant et béat désœuvrement, comme si une lumière miraculeuse était entrée dans la pièce: comment s’appelle ce que j’ai ressenti?
Mais je dois vous prévenir. Parfois on commence à jouer à penser, et voilà qu’à l’improviste c’est le jeu qui se met à jouer avec nous. Ce n’est pas bon. C’est tout an plus fructifère.

COSMONAUTE SUR LA TERRE

Avec bien du retard, je réfléchis à propos des cosmonautes. Ou plutôt à propos du premier cosmonaute. Moins d’un jour après Gagarine, nos sentiments étaient déjà attardés, pris à contre-pied par la vitesse avec laquelle l’évérement nous dépassait. Maintenant, donc, c’est avec un retard accru que je repense à cette question – une question difficile à saisir.
Un jour, un petit garçon, prévenu que la balle avec laquelle il jouait pouvait tomber sur le parquet et importuner les voisins du dessous, répondit: Mais non, le monde maintenant est automatique; quand une main jette en l’air la balle, l’autre est automatique et l’attrape elle ne tombe pas.
Le problème c’est que notre main n’est pas encore suffisamment automatique. Quand Gagarine est morté, il avait peur, car si l’automatique du monde ne fontionnait pas, la balle ferait plus que déranger les voisins du dessous. Et moi j’ai eu peur que ma main guère automatique tremble devant la possibilité de ne pas être suffisamment rapide et laisse l’«événement cosmonaute» m’échapper. La responsabilité de le saisir était importante, la responsabilité de ne pas laisser tomber la balle qu’on nous a lancée.
Le besoin de rendre tout un peu plus logique – ce qui d’une certaine façon équivant à l’automatique – m’oblige à analyser pertinemment la peur salutaire qui m’a saisie:
– Dorénavant, quand je parlerai de la Terre, je ne dirai plus indistinctement «le monde». Je considérerai l’expression «carte mondiale» comme impropre. Quand je dirai «mon monde», je me rappellerai avec un frisson de joie que ma carte elle aussi doit être refondue et que personne ne me garantit que, vu du dehors, non monde n’est pas bleu. Considérations: avant le premier cosmonaute, tout un chacun avait raison de dire, se référant à sa propre naissance: «Je suis venu au monde.» Mais ce n’est que depuis peu que nous naissons pour le monde. Presque gênés.
– Pour voir le bleu, nous regardons le ciel. La terre est bleue aux yeux de qui la regarde du ciel. Le bleu est-il une couleur en soi, ou une question de distance? Ou une question de grande nostalgie? L’innaccessible est toujours bleu.
– Si j’étais le premier cosmonaute, ma joie ne se renoucellerait que lorsqu’un deuxièure homme reviendrait du monde de l’espace: car lui aussi aurait vu. Parce que aucune description ne peut se substituer à «avoir vu». Jusqu’à ce qu’un autre homme ait vu également, je garderais en moi un grand silence, même si je parlais. Considération: j’émets l’hypothèse que quelqu’un dans le monde a déjà vu Dieu. Et n’en a jamais dit un mot. Car, si personne d’autre ne l’a vu, il est inutile d’en parler.
– La grande gr6ace du hasard: être encore vivants quand le grand monde a commencé. Pour ce qui est à venir: nous devons moins fumer, mieux prendre soin de nous, afin d’avoir davantage le temps de vivre et de voir un plus; outre demander aux scientifiques de se hâter – car notre temps personnel est pressant.

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. La decouverte du monde. Chroniques traduites du brésilien par Jacques et Teresa Thiériot. Paris, Des Femmes, 1984, p. 11-17.

A DESCOBERTA DO MUNDO

1967

19 DE AGOSTO

Clarice Lispector


AS CRIANÇAS CHATAS

Não posso. Não posso pensar na cena que visualizei e que é real. O filho está de noite com dor de fome e diz para a mãe: estou com fome, mamãe. Ela responde com doçura: dorme. Ele diz: mas estou com fome. Ela insiste: durma. Ele diz: não posso, estou com fome. Ela repete exasperada: durma. Ele insiste. Ela grita com dor: durma, seu chato! Os dois ficam em silêncio no escuro, imóveis. Será que ele está dormindo? – pensa ela toda acordada. E ele está amedrontado demais para se queixar. Na noite negra os dois estão despertos. Até que, de dor e cansaço, ambos cochilam, no ninho da resignação. E eu não agüento a resignação. Ah, como devoro com fome e prazer a revolta.


A SURPRESA

Olhar-se ao espelho e dizer-se deslumbrada: Como sou misteriosa. Sou tão delicada e forte. E a curva dos lábios manteve a inocência.
Não há homem ou mulher que por acaso não se tenha olhado ao espelho e se surpreendido consigo próprio. Por uma fração de segundo a gente se vê como a um objeto a ser olhado. A isto se chamaria talvez de narcisismo, mas eu chamaria de: alegria de ser. Alegria de encontrar na figura exterior os ecos da figura interna: ah, então é verdade que eu não me imaginei, eu existo.


BRINCAR DE PENSAR

A arte de pensar sem riscos. Não fossem os caminhos de emoção a que leva o pensamento, pensar já teria sido catalogado como um dos modos de se divertir. Não se convidam amigos para o jogo por causa da cerimônia que se tem em pensar. O melhor
modo é convidar apenas para uma visita, e, como quem não quer nada, pensa-se junto, no disfarçado das palavras.
Isso, enquanto jogo leve. Pois para pensar fundo – que é o grau máximo do hobby – é preciso estar sozinho. Porque entregar-se a pensar é uma grande emoção, e só se tem coragem de pensar na frente de outrem quando a confiança é grande a ponto de não haver constrangimento em usar, se necessário, a palavra outrem. Além do mais exige-se muito de quem nos assiste pensar: que tenha um coração grande, amor, carinho, e a experiência de também se ter dado ao pensar. Exige-se tanto de quem ouve as palavras e os silêncios – como se exigiria para sentir. Não, não é verdade. Para sentir exige-se mais.
Bom, mas quanto a pensar como divertimento, a ausência de riscos o põe ao alcance de todos. Algum risco tem, é claro. Brinca-se e pode-se sair de coração pesado. Mas de um modo geral, uma vez tomados os cuidados intuitivos, não tem perigo.
Como hobby, apresenta a vantagem de ser por excelência transportável. Embora no seio do ar ainda seja melhor, segundo eu. Em certas horas da tarde, por exemplo, em que a casa cheia de luz mais parece esvaziada pela luz, enquanto a cidade inteira estremece trabalhando e só nós trabalhamos em casa mas ninguém sabe – nessas horas em que a dignidade se refaria se tivéssemos uma oficina de consertos ou uma sala de costuras – nessas horas: pensa-se. Assim: começa-se do ponto exato em que se estiver, mesmo que não seja de tarde; só de noite é que não aconselho.
Uma vez por exemplo – no tempo em que mandávamos roupa para lavar fora – eu estava fazendo o rol. Talvez por hábito de dar título ou por súbita vontade de ter caderno limpo como em escola, escrevi: rol de… E foi nesse instante que a vontade de não ser séria chegou. Este é o primeiro sinal do animus brincandi, em matéria de pensar – como – hobby. E escrevi esperta: rol de sentimentos. O que eu queria dizer com isto, tive que deixar para ver depois – outro sinal de se estar em caminho certo é o de não ficar aflita por não entender; a atitude deve ser: não se perde por esperar, não se perde por não entender.
Então comecei uma listinha se sentimentos dos quais não sei o nome. Se recebo um presente dado com carinho por pessoa de quem não gosto – como se chama o que sinto? A saudade que se tem de pessoa de quem a gente não gosta mais, essa mágoa e esse rancor – como se chama? Estar ocupada – e de repente parar por ter sido tomada por uma súbita desocupação desanuviadora e beata, como se uma luz de milagre tivesse entrado na sala: como se chama o que se sentiu?
Mas devo avisar. Às vezes começa-se a brincar de pensar, e eis que inesperadamente o brinquedo é que começa a brincar conosco. Não é bom. É apenas frutífero.


COSMONAUTA NA TERRA

Extremamente atrasada, reflito sobre os cosmonautas. Ou melhor, sobre o primeiro cosmonauta. Quase um dia depois de Gagárin, nossos sentimentos já estavam atrasados em contraposição à velocidade com que o acontecimento nos ultrapassa. Agora, então, é atrasadíssima que repenso no assunto. É um assunto difícil de se sentir.
Um dia desses um menino, advertido de que a bola com que brincava cairia no chão e amolaria os vizinhos de baixo, respondeu: ora, o mundo já é automático, quando uma mão joga a bola no ar, a outra já é automática e pega-a, não cai não.
A questão é que nossa mão ainda não é bastante automática. Foi com susto que Gagárin subiu, pois se o automático do mundo não funcionasse a bola viria mais do que transtornar os vizinhos de baixo. E foi com susto que minha mão pouco automática tremeu à possibilidade de não ser rápida bastante e deixar o “acontecimento cosmonauta” me escapar. A responsabilidade de sentir foi grande, a responsabilidade de não deixar cair a bola que nos jogaram.
A necessidade de tornar tudo um pouco mais lógico – o que de algum modo equivale o automático – me faz tentar criteriosamente o bom susto que me pegou:
– De agora em diante, me referindo à Terra, não direi mais indiscriminadamente “o mundo”. “Mapa mundial”, considerarei expressão não apropriada; quando eu disser “o meu mundo”, me lembrarei com um susto de alegria que também meu mapa precisa ser refundido, e que ninguém me garante que, visto de fora, o meu mundo não seja azul. Considerações. antes do primeiro cosmonauta, estaria certo alguém dizer, referindo-se ao próprio nascimento, “vim ao mundo”. Mas só há pouco tempo nascemos para o mundo. Quase encabulados.
– Para vermos o azul, olhamos para o céu. A terra é azul para quem a olha do céu. Azul será uma cor em si, ou uma questão de distância? Ou uma questão de grande nostalgia? O inalcançável é sempre azul.
– Se eu fosse o primeiro astronauta, minha alegria só se renovaria quando um segundo homem voltasse lá do mundo: pois também ele vira. Porque “ter visto” não é substituível por nenhuma descrição: ter visto só se compara a te visto. Até um outro ser humano ter visto também, eu teria dentro de mim um grande silêncio, mesmo que falasse. Consideração: suponho a hipótese de alguém no mundo já ter visto Deus. E nunca ter dito uma palavra. Pois se nenhum outro viu, é inútil dizer.
– O grande favor do acaso: estarmos ainda vivos quando o grande mundo começou. Quanto ao que vem: precisamos fumar menos, cuidar mais de nós, para termos mais tempo de viver e ver um pouco mais; além de pedirmos pressa aos cientistas – pois nosso tempo pessoal urge.

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Fonte: LISPECTOR, Clarice. A descoberta do mundo. Rio de Janeiro. Nova Fronteira, 1984. p. 9-15.

 

 



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