ESCRITORES



A Cartomante





Autor: Machado de Assis
Título: A Cartomante, La Cartomancienne
Idiomas: port
Tradutor: Adrien Delpech(fra)
Data: 29/12/2004

LA CARTOMANCIENNE

Machado de Assis

Hamlet fait observer à Horacio qu’il y a plus de choses sur la terre et sous les cieux que n’en imagine notre philosophie. Cette même explication, la belle Rita la donnait au jeune Camille, un vendredi de novembre de 1869, alors qu’il se moquait d’elle, parce qu’elle était allée, la veille, consulter une cartomancienne. La différence, c’est qu’il employait d’autres paroles.
— Ris, ris. Les hommes sont ainsi faits; ils ne croient à rien. Eh bien! sache que je suis allée chez elle, et qu’elle a deviné les motifs de ma visite avant même que je lui eusse dit de quoi il s’agissait. A peine a-t-elle commencé à étaler les cartes qu’elle s’est écriée: «Vous aimez quelqu’um…» J’avouai que oui, et alors elle a continue d’aligner les figures, de les combiner, et elle m’a enfin declare que j’avais peur que tu ne m’oubliasses, mais que c’était à tort…
— Elle s’est trompée, interrompit Camille, en riant.
— Ne dis pas cela, Camille. Si tu savais combien j’ai couru à cause de toi. Tu le sais; je te l’ai dit. Ne ris pas de moi, ne ris pas.
Camille lui prit les mains, la regarda, sérieux et fixe. Il jura qu’il l’aimait beaucoup et que ses craintes étaient puériles. En tous cas, quand elle aurait peur, la meilleure cartomancienne c’était encore lui-même. Ensuite, il la gronda; quelle imprudence d’aller dans cette maison. Villela pouvait le savoir, et ensuite…
— Allons donc! toutes mes precautions étaient prises en entrant.
— Où demeure-t-elle?
— Tout près d’ici, rue da Guarda-Velha; personne ne passait à ce moment. Rassure-toi: je ne suis pas folle.
Camille rit une autre fois:
— Vraiment, tu crois à ces choses? Lui demanda-t-il.
Ce fut alors que, traduisant Hamlet, sans le savoir, en prose vulgaire, elle lui dit qu’il y avait en ce monde beaucoup de choses mystérieuses et réelles. S’il n’y croyait pas, tant pis! il n’en était pas moins vrai que la cartomancienne avait tout deviné. Quoi encore? La meilleure prevue, c’est qu’elle était maintenant tranquille et rassérénée.
Elle pensait qu’il allait lui donner la réplique, mais il se retint, ne voulant pas lui enlever de ses illusions. D’ailleurs, dans son enfance, et même plus tard, il était demeuré superstitieusement emprisonné au milieu d’un arsenal de croyances que sa mere lui avait inculquées, et qui s’étaient évanouies vers sa vingtième année. Le jour qu’il laissa tomber toute cette végétation parasite, et qu’il ne resta plus que le tronc de la religion, il enveloppa, dans un même doute d’abord, puis dans une negation totale, ces deux enseignements qu’il avait reçus de sa mere. Camille ne croyait à rien. Pourquoi? Il n’aurait pu le dire, il ne possédait aucun argument, se limitant à tout nier. Et je m’exprime mal; car nier, c’est encore affirmer, et il ne formulait pas son incrédulité. Devant le mystérieux, il se contenta de hausser les épaules et de passer son chemin.
Il se séparèrent contents, lui surtout. Rita était certaine d’être aimée. Camille, non seulement possédait cette certitude, mais encore il voyait sa maîtresse trembler et se risquer pour lui, courir les tireuses de cartes, et bien qu’il la censurât, il ne pouvait s’empêcher d’être flatté. La maison de rendez-vous se trouvait dans l’ancienne rue dos Barbonos, où demeurait une femme née dans la même province que Rita. Celle-ci descendit par la rue das Mangueiras, dans la direction de Botafogo, où elle habitait. Camille prit la Guarda-Velha, et regarda, au passage, la maison de la cartomancienne.
Villela, Camille et Rita, trois noms, une aventure et aucune explication préalable. Donnons-en. Les deux premiers étaient amis d’enfance Villela suivit la carrière de la magistrature; Camille entra dans le fonctionnarisme, contre la volonté de son père, qui voulait le voir médecin. Mais le père mourut, et Camille préféra n’être rien du tout, jusqu’au jour où sa mere lui trouva un employ public. Au commencement de 1869, Villela revint de sa province, où il s’était marié avec une personne jolie et frivole; il abandonna la magistrature, et ouvrit un cabinet d’avocat. Camille lui trouva une maison du côté de Botafogo, et alla le recevoir à bord.
— C’est vous, Monsieur, s’écria Rita en lui tendant la main. Vous ne vous imaginez pas à quel point mon mari est votre ami. Il parle sans cesse de vous.
Camille et Villela se regardèrent avec tendresse. Ils étaient vraiment amis. Ensuite Camille s’avoua à lui-même que la femme de Villela ne démentait pas les lettres du mari. Et vraiment elle était gracieuse et vive dans sés gestes, avec sés regards chauds, as bouche fine et interrogative. Elle était un peu plus âgée qu’eux. Elle avait trente ans, Villela vingt-neuf et Camille vingt-six. Cependant le port grave de Villela le faisait paraître plus âgé que sa femme, tandis que Camille était un ingénu dans la vie morale et dans la vie pratique. Il lui manquait aussi bien l’action du temps que ces lunettes de cristal que la nature met dans le berceau de quelques-uns pour anticiper sur les années. Ni expérience, ni intuition.
Ils firent vie commune. La frequentation assidue les rendit intimes. Peu après, la mere de Camille mourut, et, dans ce désastre (c’en fut un vraiment), Villela et Rita entourèrent Camille de leur amitié. L’un s’ocuppa de l’enterrement, des messes et de l’inventaire, l’autre soigna le cœur du jeune homme, et personne ne s’entendait mieux à cela.
Comment ils em arrivèrent à l’amour, il ne lê sut jamais. En vérité, il se plaisait à passer les heures pres d’elle. Elle était son infirmière morale, presque um sœur, mais surtout elle était femme et jolie. L’odor de femina: voilà ce qu’il respirait d’elle, autour d’elle, ce dont il s’imprégnait. Ils lisaient les mêmes livres, allaient ensemble au théâtre et à la promenade. Camille lui enseignait les dames, les échecs, et ils y jouaient, la nuit: – elle mal, – lui un peu moins mal, et pour lui être agréable: voilà pour l’ambiance. Quant à l’actoin personnelle, les yeux insistants de Rita, qui cherchaient souvent les siens, qui le consultaient avant le mari, les mains glacées, les attitudes insolites… Un jour d’anniversaire, il reçut de Villela une jolie canne en cadeau, et de Rita, une simple carte de visite, avec un compliment écrit au crayon, et ce fut à cette occasion qu’il lut dans son propre cœur. Il ne pouvait détourner les yeux du billet. Les paroles étaient banales; mais il y a des banalities sublimes, ou pour le moins délectables. Le vieux fiacre ou l’on s’est pour la première fois promené, stores baissés, avec la femme aimée, vant le char d’Apollon. Tel est l’homme, Telles sont les choses qui l’entourent.
Camille voulut sincèrement fuir; mais déjà il ne pouvait plus. Rita comme un serpent s’approcha de lui, l’enveloppa tout entire, fit craquer ses dans un spasme, et, goutte à goutte, lui versa le poison dans la bouche. Il en demeura étourdi et subjugué. Embarras, remords, craintes, desires, il éprouva tout en même temps. Mais la bataille fut courte et la victoire delirante. Adieu, scrupules! La sandale prit bien vite la forme du pied, et tous deux s’en furent par le grand chemin, les mains jointes, merchant légèrement sur les herbes et les graviers, sans éprouver autre chose que des regrets, quand ils étaient éloignés l’un de l’autre. La confiance et l’estime de Villela demeuraient inaltérables.
(…)

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Fonte: ASSIS, Machado de. Quelques contes: La Cartomancienne. Traduit du portugais par Adrien Delpech. Paris, Garnier Frères Libraires-éditeurs, 1910, p. 3-10.

A CARTOMANTE

Machado de Assis

Hamlet observa a Horácio que há mais coisas no céu e na terra do que sonha a nossa filosofia. Era a mesma explicação que dava a bela Rita ao moço Camilo, numa sexta-feira de novembro de 1869, quando este ria dela, por ter ido na véspera consultar uma cartomante; a diferença é que o fazia por outras palavras.
— Ria, ria. Os homens são assim; não acreditam em nada. Pois saiba que fui, e que ela adivinhou o motivo da consulta, antes mesmo que eu lhe dissesse o que era. Apenas começou a botar as cartas, disse-me: “A senhora gosta de uma pessoa…” Confessei que sim, e então ela continuou a botar as cartas, combinou-as, e no fim declarou-me que eu tinha medo de que você me esquecesse, mas que não era verdade…
— Errou! interrompeu Camilo, rindo.
— Não diga isso, Camilo. Se você soubesse como eu tenho andado, por sua causa. Você sabe; já lhe disse. Não ria de mim, não ria…
Camilo pegou-lhe nas mãos, e olhou para ela sério e fixo. Jurou que lhe queria muito, que os seus sustos pareciam de criança; em todo o caso, quando tivesse algum receio, a melhor cartomante era ele mesmo. Depois, repreendeu-a; disse-lhe que era imprudente andar por essas casas. Vilela podia sabê-lo, e depois…
— Qual saber! tive muita cautela ao entrar na casa.
— Onde é a casa?
— Aqui perto na rua da Guarda Velha; não passava ninguém nessa ocasião. Descansa; eu não sou maluca.
Camilo riu outra vez:
— Tu crês deveras nessas coisas? perguntou-lhe.
Foi assim que ela, sem saber que traduzia Hamlet em vulgar, disse-lhe que havia muita coisa mentirosa e verdadeira neste mundo. Se ele não acreditava, paciência; mas o certo é que a cartomante adivinhara tudo. Que mais? A prova é que ela agora estava tranqüila e satisfeita.
Cuido que ele ia falar, mas reprimiu-se. Não queria arrancar-lhe as ilusões. Também ele, em criança, e ainda depois, foi supersticioso, teve um arsenal inteiro de crendices, que a mãe lhe incutiu e que aos vinte anos desapareceram. No dia em que deixou cair toda essa vegetação parasita, e ficou só o tronco da religião, ele como tivesse recebido da mãe ambos os ensinos, envolveu-os na mesma dúvida, e logo depois em uma só negação total. Camilo não acreditava em nada. Por quê? Não poderia dizê-lo, não possuía um só argumento; limitava-se a negar tudo. E digo mal, porque negar é ainda firmar, e ele não formulava a incredulidade; diante do mistério, contentou-se em levantar os ombros, e foi andando.
Separam-se contentes, ele ainda mais que ela. Rita estava certa de ser amada; Camilo, não só o estava, mas via-a estremecer e arriscar-se por ele, correr às cartomantes, e, por mais que a repreendesse, não podia deixar de sentir-se lisonjeado. A casa do encontro era na rua dos Barbonos, onde morava uma comprovinciana de Rita. Esta desceu pela rua das Mangueiras, na direção de Botafogo, onde residia; Camilo desceu pela Guarda Velha, olhando de passagem para a casa da cartomante.
Vilela, Camilo e Rita, três nomes, uma aventura, e nenhuma explicação das origens. Vamos a ela. Os dois primeiros eram amigos de infância. Vilela seguiu a carreira de magistrado. Camilo entrou no funcionalismo, contra a vontade do pai, que queria vê-lo médico; mas o pai morreu, o Camilo preferiu não ser nada, até que a mãe lhe arranjou um emprego público. No princípio de 1869, voltou Vilela da província, onde casara com uma dama formosa e tonta; abandonou a magistratura e veio abrir banca de advogado. Camilo arranjou-lhe casa para os lados de Botafogo, e foi a bordo recebê-lo.
— É o senhor? exclamou Rita, estendendo-lhe a mão. Não imagina como meu marido é seu amigo; falava sempre do senhor.
Camilo e Vilela olharam-se com ternura. Eram amigos deveras. Depois, Camilo confessou de si para si que a mulher do Vilela não desmentia as cartas do marido. Realmente, era graciosa e viva nos gestos, olhos cálidos, boca fina e interrogativa. Era um pouco mais velha que ambos: contava trinta anos, Vilela vinte e nove e Camilo vinte e seis. Entretanto, o porte grave de Vilela fazia-o parecer mais velho que a mulher, enquanto Camilo era um ingênuo na vida moral e prática. Faltava-lhe tanto a ação do tempo, como os óculos de cristal, que a natureza põe no berço de alguns para adiantar os anos. Nem experiência, nem intuição.
Uniram-se os três. Convivência trouxe intimidade. Pouco depois morreu a mãe de Camilo, e nesse desastre, que o foi, os dois mostraram-se grandes amigos dele. Vilela cuidou do enterro, dos sufrágios e do inventário; Rita tratou especialmente do coração, e ninguém o faria melhor.
Como daí chegaram ao amor, não o soube ele nunca. A verdade é que gostava de passar as horas ao lado dela; era a sua enfermeira moral, quase uma irmã, mas principalmente era mulher e bonita. Odor di femina: eis o que ele aspirava nela, e em volta dela, para incorporá-lo em si próprio. Liam os mesmo livros, iam juntos a teatros e passeios. Camilo ensinou-lhe as damas e o xadrez e jogavam às noites – ela mal –, ele, para lhe ser agradável, pouco menos mal. Até aí as coisas. Agora a ação da pessoa, os olhos teimosos de Rita, que procuravam muita vez os dela, que os consultavam antes de o fazer ao marido, as mãos frias, as atitudes insólitas. Um dia, fazendo ele anos, recebeu de Vilela uma rica bengala de presente, e de Rita apenas um cartão com um vulgar cumprimento a lápis, e foi então que ele pôde ler no próprio coração; não conseguia arrancar os olhos do bilhetinho. Palavras vulgares; mas há vulgaridades sublimes, ou, pelo menos, deleitosas. A velha caleça de praça, em que pela primeira vez passeaste com a mulher amada, fechadinhos ambos, vale o carro de Apolo. Assim é o homem, assim são as coisas que o cercam.
Camilo quis sinceramente fugir, mas já não pôde. Rita, como uma serpente, foi-se acercando dele, envolveu-o todo, fez-lhe estalar os ossos num espasmo, e pingou-lhe o veneno na boca. Ele ficou atordoado e subjugado. Vexame, sustos, remorsos, desejos, tudo sentiu de mistura, mas a batalha foi curta e a vitória delirante. Adeus escrúpulos! Não tardou que o sapato se acomodasse ao pé, e aí foram ambos, estrada fora, braços dados, pisando folgadamente por cima de ervas e pedregulhos, sem padecer nada mais que algumas saudades, quando estamos ausentes um do outro. A confiança e estima de Vilela continuavam a ser as mesmas.
(…)

Fonte: ASSIS, Machado de. Várias Histórias: A Cartomante. 4ª ed. São Paulo, Ática, 2000, p. 13-15.



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